[Mois Ciné] Septembre 2021

   Que diriez-vous ce mois-ci de découvrir les dessous d’un crash d’avion, de partir dans le désert à la récolte de l’épice, de mener l’enquête dans la cité phocéenne…

[Boîte Noire – Dune – Stillwater]

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

 

 

Boîte Noire

film_926032Thriller (2h10) de Yann Gozlan
Avec Pierre Niney, André Dussollier, Lou de Laâge

Que s’est-il passé à bord du vol Dubaï-Paris avant son crash dans le massif alpin Technicien au BEA, autorité responsable des enquêtes de sécurité dans l’aviation civile, Mathieu Vasseur est propulsé enquêteur en chef sur une catastrophe aérienne sans précédent. Erreur de pilotage, Défaillance technique, Acte terroriste ? L’analyse minutieuse des boîtes noires va pousser Mathieu à mener en secret sa propre investigation. Il ignore encore jusqu’où va le mener sa quête de vérité.

Mon avis

      Si vous avez aimé Le Chant du Loup en 2019, vous devriez trouver votre bonheur en allant voir Boîte Noire. En effet, ce film reprend le principe du thriller où le personnage principal est un acousticien engagé pour résoudre un mystère qui va très vite le dépasser. Contrairement au Chant du Loup, l’ambiance anxiogène ne joue pas sur une situation périlleuse (d’ailleurs, il y a très peu de scènes d’action), mais sur les personnalités assez troubles des personnages, du héros en particulier. C’est un point qui pourra d’ailleurs déplaire à certains spectateurs, la plupart des acteurs sont en sous-jeu, ce qui peut donner une impression de manque d’émotion, mais qui accentue le côté paranoïaque de l’enquête. Jusqu’à mettre en doute les certitudes du protagoniste, pas franchement des plus empathiques du genre.

   Bien entendu, tout l’intérêt du film tient dans sa gestion du son. On s’amuse à écouter par les oreilles du personnage, si bien qu’on peut se retrouver dans un long couloir vide, ouvrir une porte et se retrouver brusquement projeté dans une cacophonie, alors que toute la BEA apprend l’existence du crash. Ce jeu du son se retrouve aussi dans la mise en évidence de son acousie, une maladie auditive qui provoque de violents acouphènes et le force à porter des oreillettes pour atténuer les sons (une façon très intéressante de mettre en avant des handicaps auxquels on ne pense jamais).

   Du point de vue du rythme, on n’est plutôt sur un film agréable à suivre. Il n’y a toutefois pas de grandes fulgurances de mise en scène, même si on peut retenir le premier plan séquence qui montre l’intérieur de l’avion avant le crash ou encore celui ou le protagoniste s’imagine les évènements en s’asseyant sur l’un des sièges retrouvés après le crash. On peut aussi soupirer face à quelques facilités scénaristiques et un mauvaise usage quotidien de la technologie, qui est pourtant une part essentielle de l’intrigue. Malgré tout, cela reste un bon thriller à la française qui à le mérite d’explorer un univers aéronautique peu vu au cinéma.

A voir si vous avez aimé Le Chant du Loup ou si vous appréciez les thrillers français.

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Dune

film_925514Science Fiction (2h35) de Denis Villeneuve
Avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac

L’histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s’il veut préserver l’avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l’univers, la seule à même de fournir l’épice, la ressource la plus précieuse au monde capable de décupler la puissance de l’humanité. Tandis que de sombres forces se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre.

Mon avis

   Attendu par les fans du livre que l’on disait inadaptable, Dune est assurément une réussite, pour peu que vous connaissiez déjà l’histoire (ce qui n’était pas mon cas) ou que vous soyez prêts à vous accrocher durant la première heure d’exposition. Car oui, le film assume n’être qu’une première partie d’un diptyque, présentant l’univers riche en détails politiques, religieux ou en terminologies spécifiques. Autant dire qu’il ne s’agit pas d’un film de science-fiction qui vous invite à poser votre cerveau, mais bien au contraire qui exige de vous un effort de concentration afin de ne serait-ce que retenir l’identité des multiples personnages secondaires.

   Toutefois, si vous êtes du genre à rentrer dans ce type d’histoire complexe, vous serez vite séduits par l’esthétique proposée par Denis Villeneuve. Loin de l’imagerie ultra colorée de Disney qui domine le marché cinématographique, on retrouve ici une image désaturée, aux couleurs ternes qui renforcent l’atmosphère oppressante des différentes planètes. Les panoramas sont si bien pensés que la plupart des plans semblent prévus pour devenir des fonds d’écran et pour une fois, les effets spéciaux ne se font pas ressentir (exceptés pour un petit animal). Les décors sont quand à eux épurés, ce qui est plutôt agréable mais aura peut-être tendance à uniformiser les différentes cultures présentées. Heureusement, les costumes eux sont typiques de chaque peuples, et porteurs d’une certaine symbolique.

    Concernant l’intrigue, on sent qu’il s’agit seulement du début du parcours du héros, mais le rythme est plutôt plaisant, le film se permettant de conserver l’intégralité de certains voyages pour mieux présenter le contexte, l’atmosphère ou la morale des personnages (notamment une simple visite qui finit en mission de sauvetage). Globalement, il semble que le film soit respectueux de l’œuvre littéraire, mais il n’est pas non plus difficile de voir ce qui a été modifié sans même avoir lu le livre (un certain personnage à la mort improbable… qui s’avère d’ailleurs avoir changé de sexe parce que… le livre date et les femmes y ont un rôle assez limité…). Une bonne adaptation selon moi, qui modernise un classique ancré dans les qualités et les défauts de son époque. Si je devais faire un petit reproche, c’est l’absence du ressenti de la chaleur sur cette planète désertique. On prétend qu’il est impossible d’y vivre de jour et pourtant, tout le monde se promène sans transpirer ou plisser des yeux (fait amusant, c’est le deuxième film de l’année concerné par ce problème et dans lequel joue Rebecca Ferguson : voir Reminiscence ^^).

     A voir si vous êtes fan de Dune ou si vous aimez la science-fiction aux enjeux politiques.

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Stillwater

film_927008Drame (2h20) de Tom McCarthy
Avec Camille Cottin, Matt Damon, Abigail Breslin

Le film est présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2021. Un foreur de pétrole débarque à Marseille du fin fond de l’Oklahoma, pour soutenir sa fille qu’il connait à peine mais qui purge une peine de prison, accusée d’un crime qu’elle nie avoir commis. Confronté au barrage de la langue, aux différences culturelles et à un système juridique complexe, Bill met un point d’honneur à innocenter sa fille. Au cours de ce cheminement intime, il va se lier d’amitié avec une jeune femme du coin et sa petite fille tout en développant une conscience élargie de son appartenance au monde.

Mon avis

   Avant toute chose, il est indispensable pour moi de vous encourager à aller voir ce film en VO. J’ai eu la malchance d’assister à une séance en VF et je peux vous dire que ça rend le visionnage assez désagréable. En effet, l’intrigue du film repose sur la barrière de la langue ressentie par un américain en arrivant à Marseille. Quelle n’est pas alors l’incohérence perçue par le spectateur lorsque tous les personnages parlent français sans jamais se comprendre, donnant davantage l’impression de suivre un film burlesque que dramatique ! Non vraiment, pour votre bien, forcez-vous à le voir en VO.

   Au delà de cette problématique, le film est un thriller posé qui joue assez peu sur l’action ou le suspense, préférant emprunter au drame familial et à ses personnalités brisées perdues dans un monde qu’elles ne comprennent pas. Certes, le réalisateur a pris le parti d’user de clichés culturels, aussi bien pour le père américain qui porte la chemise à carreaux, mange des burgers et revendique son droit aux armes ; que pour la française bobo qui mange des tomates et fait du théâtre abstrait. Mais la rencontre entre ces deux mondes se fait avec beaucoup de tendresse et rend les échanges maladroits plutôt touchants, y compris et surtout avec la petite fille qui le suit partout.

   En terme d’imagerie, on pourra regretter une illustration assez plate de Marseille et ses environs. La ville est toutefois mise en valeur à travers l’histoire qu’on y raconte, la volonté d’y montrer la vie de différents quartiers sans jamais porter de jugement, renforçant cette humanité qui fait le cœur du récit. Bien entendu, la réussite du film vient en grande partie des acteurs, excellents dans leur registre de grand taiseux, d’artiste volubile ou de gamine curieuse. Il reste que si vous venez pour voir un Matt Damon jouer les Jason Bourne, vous serez forcément déçu car on s’approche davantage du cinéma français que du blockbuster américain.

   A voir si vous aimez les thrillers à dimension familiale ou si vous appréciez les chocs des cultures en cité phocéenne.

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Et vous, une petite toile ce mois-ci ? 😉

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