[Mois Ciné] Octobre 2021

Aujourd’hui, nous assistons à un procès historique des plus sanglant, nous découvrons la conclusion d’une saga mythique, nous retrouvons l’antihéros ennemi de Spider-man …

[Le dernier duel – Mourir peut attendre – Venom : Let There Be Carnage]

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

Le dernier duel

film_926473Drame (2h33) de Ridley Scott
Avec Jodie Comer, Matt Damon, Adam Driver

D’après l’ouvrage Le Dernier Duel : Paris, 29 décembre 1386 d’Eric Jager. Basé sur des événements réels, le film dévoile d’anciennes hypothèses sur le dernier duel judiciaire connu en France – également nommé « Jugement de Dieu » – entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, deux amis devenus au fil du temps des rivaux acharnés. Carrouges est un chevalier respecté, connu pour sa bravoure et son habileté sur le champ de bataille. Le Gris est un écuyer normand dont l’intelligence et l’éloquence font de lui l’un des nobles les plus admirés de la cour. Lorsque Marguerite, la femme de Carrouges, est violemment agressée par Le Gris – une accusation que ce dernier récuse – elle refuse de garder le silence, n’hésitant pas à dénoncer son agresseur et à s’imposer dans un acte de bravoure et de défi qui met sa vie en danger. L’épreuve de combat qui s’ensuit – un éprouvant duel à mort – place la destinée de chacun d’eux entre les mains de Dieu.

Mon avis

   Comme indiqué dans le résumé, le film s’inspire d’une hypothèse autour de faits réels, puisque le duel judiciaire est appliqué lorsqu’il est impossible de confirmer l’une des versions d’une affaire (autrement dit, on ne sait pas et on ne saura probablement jamais la vérité sur cette histoire). Pour faire la démonstration des complexités d’un tel procès, le réalisateur à décider de découper le film en trois chapitres, chacun retraçant la « vérité » selon les trois protagonistes. Un choix qui pourra dérouter les habitués des intrigues linéaires, mais qui est intéressant pour prouver combien le souvenir d’un instant peut différer d’un point de vue à l’autre. Ici, pas de mensonges, mais un travestissement inconscient des souvenirs selon ce qui a marqué ou été compris d’une situation. Pour prendre un exemple qui ne dévoilera pas l’intrigue, lorsque Carrouges rentre de sa campagne en Ecosse, il occulte le fait d’avoir insulté son épouse de catin, persuadé d’être un homme doux et aimant qui ne pense qu’à son bien. Du point de vue de Margueritte, ces retrouvailles sont une véritable humiliation, elle qui pensait lui faire plaisir en s’achetant une robe à la mode et qui se voit renvoyer dans sa chambre parce qu’elle le couvre de déshonneur avec son décolleté. Bref, ce sont ces petits détails autant que l’affaire judiciaire qui font l’intérêt de revoir trois fois la même histoire (et rassurez-vous, très peu de scènes se répètent trois fois, après tout, ils sont rarement tous les trois ensemble).

   D’un point de vue esthétique, Ridley Scott oblige, on se retrouve avec le traditionnel cliché du « Moyen-Age, c’est sombre, c’est moche, c’est sale, c’est terne ». Dommage car on voit que certains costumes sont colorés, mais le réalisateur a préféré rester dans ses acquis avec une colorimétrie désaturée. Coté personnage, on n’échappera pas non plus à quelques clichés de genre, du style le roi complétement foufou qui ne sait pas se tenir (je sais que Charles VI était fou, mais est-on obligé de le rendre aussi caricatural ?), ou l’amie de Margueritte jalouse parce qu’elle aurait bien aimé elle aussi passer du « bon temps » avec le séduisant Le Gris (il n’y a rien de nocif dans l’idée de fantasmer sur un viol… du tout…). Quant à Ben Afleck, on se demande pourquoi ils ont tenu à lui faire cette teinture si peu naturelle (une caricature de l’être frivole aux mœurs légères, peut-être ?).

   Concernant les thématiques, de mon point de vue, le film n’est pas féministe. Il surfe sur la vague féministe, mais il ne remplit pas les critères pour se revendiquer comme tel. La preuve la plus flagrante : Jodie Comer apparait en 3e position au générique (bah oui, messieurs Damon et Driver sont plus « bankable », quoi…). Par contre, si vous venez voir la touche Scott, aucun souci, vous serez servis en scènes crues, giclées de sang et corps dénudés. Toutefois, il faudra aussi faire avec l’aspect documentaire de l’œuvre, les personnages ne pouvant s’empêcher de détailler par le menu la moindre coutume de l’époque (vous savez, comme les Experts qui s’expliquent entre eux comment fonctionne la machine sur laquelle ils bossent tous les jours). Une façon de ne pas perdre le spectateur, certes, mais qui aurait pu être mieux intégrer.

   Bref, un film intéressant dans son découpage et sa volonté de montrer une histoire selon différents points de vue, mais avec quelques défauts qui peuvent rendre le visionnage un peu long, selon que vous y soyez sensibles ou non.

   A voir si vous aimez le cinéma de Ridley Scott ou les films historiques.

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Mourir peut attendre

film_925304Action (2h43) de Cary Joji Fukunaga
Avec Rami Malek, Daniel Craig, Léa Seydoux

James Bond a quitté les services secrets et coule des jours heureux en Jamaïque. Mais sa tranquillité est de courte durée car son vieil ami Felix Leiter de la CIA débarque pour solliciter son aide : il s’agit de sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais la mission se révèle bien plus dangereuse que prévu et Bond se retrouve aux trousses d’un mystérieux ennemi détenant de redoutables armes technologiques.

Mon avis

   Maintes fois repoussée depuis l’apparition de l’épidémie de Covid, la conclusion de la saga James Bond sous l’ère Craig arrive enfin sur nos écrans. N’étant personnellement pas une fan de la franchise (encore moins du personnage), j’y ai vu un bon divertissement, un film d’action qui puise davantage dans l’aspect émotionnel que dans les précédentes œuvres. Un bon point selon moi, qui rend plus humain et plus sympathique le personnage, même si je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la perception que peuvent en avoir les amoureux de 007.

   Assez étonnamment, le film qui dure presque trois heures ne souffre pas de temps mort, même s’il ne montre aucun réel moment de bravoure. C’est bien rythmé, sans être fulgurant. En terme d’imagerie, on se retrouve avec pas mal de plans zénithaux ou de panoramas, quelques décors sympathiques, deux-trois jeux de lumière, rien d’exceptionnel, juste ce qu’il faut pour rester dans le film. La musique en revanche est toujours aussi agréable et emblématique.

 Si niveau scénario, on table sur un traditionnel « le monde est décidément très petit » et « tout est lié » qui prouve que des pans entiers du film auraient pu disparaître sans dommages collatéraux autres que l’histoire personnelle de James (j’imagine donc que c’est un bon point… je crois… :/), en revanche, on peut s’interroger sur l’intégration des personnages secondaires. Les plus anciens semblent en retrait, c’est à peine si on se souvient à quoi ils servaient. Les nouveaux sont à la limite de la caricature, notamment l’agent de la CIA qu’on ne voit pas du tout venir… ou la nouvelle 007, qui se fait marcher dessus par James Bond pendant TOUT le film. C’est simple, en comparaison, elle est incompétente et ne sert qu’à véhiculer les autres personnages. Et dire qu’on a fait toute une polémique autour d’une femme noir qui reprendrait le rôle de Daniel Craig… L’antagoniste est quant à lui intéressant, mais manque d’approfondissement pour qu’on puisse adhérer totalement à sa personnalité. Bref, si vous n’avez d’yeux que pour James, vous serez aux anges. Si en revanche, vous aimez un bon traitement pour tous les personnages, vous risquez de tiquer à certains moments.

A voir si vous aimez les James Bond ou les films d’action centrés sur l’aspect émotionnel du héros.

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Venom : Let There Be Carnage

film_926835Action (1h38) de Andy Serkis
Avec Naomie Harris, Tom Hardy, Michelle Williams

Après avoir choisi le journaliste d’enquête Eddie Brock comme hôte, le symbiote extraterrestre Venom doit affronter un nouvel ennemi du nom de Carnage, qui se trouve à être l’alter ego du tueur en série Cletus Kasady.

Mon avis

On pourrait se dire « enfin un film qui fait moins de 2h ! ». Ah, si seulement ça signifiait que le film était bon… Hélas, pas du tout. Le film court sans cesse après le temps pour caser le peu d’informations qu’il accepte de nous donner, utilisant un montage au rythme désagréable, à la limite de l’épilepsie. Après avoir jeter à la tête du spectateur une origine story de l’antagoniste des plus brouillonne, on enchaine avec une succession de plans mal foutus, mal coupés, mal pensés, sans le moindre souffle et sans la moindre volonté d’aider le spectateur à rassembler les morceaux du scénario. Les personnages sont à peine esquissés, le but de chacun tout juste effleuré, tout ne tient qu’à l’aide de gros ficelles et de retournements de situation incohérents pour faire avancer l’intrigue.

En vérité, le film semble davantage s’orienter vers une caricature de comédie romantique, avec la bromance de Venom et Eddy au cœur des scènes « d’humour », se chamaillant comme un vieux couple ne supportant plus les défauts de l’autre. Difficile toutefois de rattacher les wagons pour entamer le dernier tiers du film à base de bastons sanglantes toujours aussi illisibles que dans le premier volet. Le pire restant qu’il faut que des personnages secondaires interviennent de façon incohérente pour y mettre un terme, parce que… zut… on a complétement oublié la surpuissance de notre méchant ! Après, si vous venez voir ce genre de film sans vous soucier du fond, vous le trouverez certainement suffisamment divertissant pour justifier un déplacement en salle.

Côté casting, on ne va pas se mentir, j’ai du mal avec le jeu de Tom Hardy. Là où il semble avoir de la profondeur dans un Mad Max, ici, il conserve un air ahuri qui rend son personnage gênant et peu sympathique. Il en va de même pour Woody Harrelson qui nous offre une prestation caricaturale pour un antagoniste sans la moindre profondeur. Et que dire des symbiotes ? Venom est certes le personnage le plus amusant (et le nouveau porte-étendard de la cause LGBTQ+… sincèrement, je ne saurais pas dire si cela est perçu de façon positive par la communauté), mais il perd de son aspect anti-héros en se montrant plus coutumier de la culture humaine que les humains qui l’entourent (c’est lui qui résout les enquêtes, se lie d’amitié avec tout le monde…). Quant à Carnage… je ne suis pas une connaisseuse des comics, mais j’ai l’impression qu’il a été sous-exploité et réduit à une bouillie visuelle à exploser au sol, en attendant la confrontation avec Spider-man.

A voir si vous avez aimé le premier volet ou que vous ne vous souciez pas du scénario.

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Alors, une petite toile ? 😉

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2 réflexions sur “[Mois Ciné] Octobre 2021

    • Eleyna dit :

      Hélas comme souvent, il y a des films qui me semblaient beaucoup plus intéressants, mais qui ne passaient pas dans mon cinéma. Par contre les blockbusters américains, on les a en plusieurs séances simultanées (moins depuis le covid, mais quand même)…

      Aimé par 1 personne

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