[Mois Ciné] Octobre 2019

   Ce mois-ci, il sera question de Will Smith double dose, Vincent Cassel et Reda Kateb en anges gardiens, Joaquin Pheonix qui fait le clown, Angelina Jolie avec des cornes…

(Gemini Man – Hors Normes – Joker – Maléfique : Le pouvoir du mal)

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

 

Gemini Man

film_923880Science-Fiction (1h57) de Ang Lee

Avec Will Smith, Clive Owen, Mary Elizabeth Winstead

Henry Brogan, un tueur professionnel, est soudainement pris pour cible et poursuivi par un mystérieux et jeune agent qui peut prédire chacun de ses mouvements.

Mon avis

      Gemini Man est une expérience technique à laquelle je n’ai pas adhéré, la faute au côté curieusement très artificiel de la 3D+. Que je vous explique : la 3D+ est utilisée pour obtenir un film tourné en 120 images par seconde et projeté à 60 images par seconde sur les écrans. Une volonté de se passer du traditionnel 24 images par secondes pour plus de réalisme. Hélas pour moi, l’expérience n’est pas satisfaisante. Car si le nombre d’images augmente effectivement la fluidité des mouvements et donc l’impression de voir en temps réel (ce qui est en soit assez agréable), la superposition à la 3D, elle, rend le tout incroyablement faux. C’est simple, on a l’impression que les acteurs tournent constamment sur fond vert, y compris en milieu naturel. De même les scènes d’action qui sont traditionnellement accélérées pour plus d’efficacité visuelle (vous vous doutez bien qu’en vrai, ces scènes sont plus lentes car les acteurs suivent une chorégraphie) ne correspondent pas du tout à la volonté de réalisme et ont presque un côté parodique. Je salue quand même la démarche un peu « jeu vidéo » de certaines scènes qui font passer le point de vue à la première personne, ainsi et surtout que la belle performance de l’équipe des effets spéciaux pour rajeunir Will Smith. Concernant le scénario, rien de nouveau sous le soleil. Toujours le même type de héros américain torturé, toujours une jeune femme vaguement intérêt amoureux qui se sort miraculeusement de toutes les situations, toujours les potes anciens marines qui coulent une belle vie dans des îles paradisiaques, toujours un méchant ancien frère d’arme du gentil, toujours des russes dans les parages… Bref, toujours la même chose. A voir si vous voulez expérimenter vous-même la 3D+ ou si vous aimez les films d’action sans prise de tête.

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Hors Normes

film_925045

Comédie (1h54) de Eric Toledano, Olivier Nakache

Avec Vincent Cassel, Reda Kateb, Hélène Vincent

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés « d’hyper complexes ». Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.

Mon avis

     Fidèle au style des réalisateurs, le film se veut une comédie humaniste, jouant autant sur l’humour que l’empathie. On lui reprochera peut-être d’imposer un point de vue orienté sur le système, mais ce serait oublier qu’un film n’est pas toujours un simple divertissement. De plus, avertir sur la réalité notamment institutionnelle du milieu n’empêche pas d’apprécier les blagues très drôles et soigneusement égrainées au fil des situations pourtant difficiles vécues aussi bien par les enfants que leurs familles ou les aidants. Certes, ceux qui n’aiment pas qu’on titille leur empathie diront que c’est moralisateur, mais on ne vous demande pas de devenir aidant du jour au lendemain, seulement de porter un regard davantage bienveillant sur ceux qui ne se comportent pas comme vous. Et oui, on veut nous alerter sur ce système qui refuse de gérer les cas trop complexes (principalement pour une question d’argent… c’est la même pour nos anciens, vous ne devriez pas être surpris). Car ce qui tient du légal ne favorise pas toujours ce qui est légitime, et le film le montre parfaitement. Au-delà de cette problématique, on se retrouve avec un beau casting qui sert parfaitement le propos du film, montrant avec justesse ce qu’est le don de soi et l’apprentissage des valeurs nécessaires dans de tels milieux associatifs. Car non contentes de permettre à des « cas complexes » de vivre hors de quatre murs blancs sans être shootés aux médocs, ces associations donnent aussi une chance aux jeunes de quartiers difficiles en leur proposant, comme le dit le personnage de Reda Kateb, « d’être quelqu’un ». A voir si vous aimez les films du duo Toledano/Nakache, ou si voulez aider l’association Le silence des Justes (5% des revenus du film reversés).

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Joker

film_924992Drame (2h02) de Todd Phillips

Avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Mon avis

   Si vous êtes cinéphiles, vous n’êtes pas sans savoir que ce film divise la critique, certains y percevant un appel à la violence et à la haine des plus riches (comme si on avait besoin de la culture populaire pour créer des mouvements d’indignation…). Ainsi, on vous expliquera soit qu’il s’agit d’un chef d’oeuvre, soit d’une mascarade politisée. Ce n’est pour moi, ni l’un ni l’autre. La première étape d’un tel visionnage est de consentir à suspendre ses attentes concernant les films de super-héros (ou « super-vilain » à la Venom), car il ne s’agit pas tant de raconter la vie du Joker que celle d’Arthur Fleck, un homme atteint de troubles psychiques, dépressif et rejeté par la société pour ses différences. En vérité, il aurait pu porter n’importe quel nom qu’on aurait vu le même film, car le monde de DC, assez estompé, n’est qu’un habillage marketing pour parler de problématiques plus profondes. La performance de Joaquin Phoenix, incroyable, rend le personnage touchant, et pour peu que vous soyez empathiques, ses rires pathologiques vous prendront aux tripes. Car ici, le rire d’Arthur est le symptôme d’une maladie réelle, une incapacité à contenir sa nervosité ou sa détresse autrement que par un rire extrêmement douloureux. Hélas, et c’est là pour moi que le film manque de précision, Arthur se retrouve rapidement affublé de symptômes disparates, piochés dans de nombreuses pathologies. Personnellement, ça m’a gêné, en particulier pour la création d’un certain twist qui justifie la plongée en enfer du personnage (un peu comme l’histoire autour de sa mère). Bref, on accumule les éléments pour rendre sa vie misérable, et donc son parcours « compréhensible » par un plus large public. Et ce besoin d’accumulation, je le vois comme un symptôme de notre société, incapable d’empathie tant qu’on en vient pas aux pires extrémités, ou tant qu’elle n’a pas elle-même le nez dans la merde. Et c’est là que le film rattrape ses excès, en orientant notre regard sur cette société qui juge les différences, les ignore, les contourne, estime préférable de les moquer plutôt que de les intégrer. C’est là, pour moi, la véritable thématique, non la révolte violente contre les riches (ça, c’était dans le cahier des charges de Gotham City). Ce film doit être vu pour comprendre ce que peuvent ressentir les personnes atteintes de certaines pathologies, sans toutefois en conclure qu’un trouble psychique aboutit nécessairement à un rejet (parfois violent) de la société. Car s’il y a bien une vérité à saisir, c’est que c’est la société qui les rejette, et non l’inverse.  A voir si vous aimez les films racontant les drames personnels ou si vous désirez découvrir une version assez réaliste du Joker.

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Maléfique : Le pouvoir du mal

film_925231Fantastique (1h59) de Joachim Rønning

Avec Elle Fanning, Angelina Jolie, Michelle Pfeiffer

Plusieurs années après avoir découvert pourquoi la plus célèbre méchante Disney avait un cœur si dur et ce qui l’avait conduit à jeter un terrible sort à la princesse Aurore, « MALÉFIQUE : LE POUVOIR DU MAL » continue d’explorer les relations complexes entre la sorcière et la future reine, alors qu’elles nouent d’autres alliances et affrontent de nouveaux adversaires dans leur combat pour protéger leurs terres et les créatures magiques qui les peuplent.

Mon avis

   Ce film a le syndrome typique de la suite dispensable qui se paye même le luxe de balayer le principe d’une telle adaptation. Que je m’explique : Maléfique premier du nom avait pour but de raconter l’histoire de la Belle-au-Bois-Dormant du point de vue de son antagoniste. Ainsi, on découvrait son passé, ses motivations, son évolution, tout en conservant sa dangerosité et sa noirceur, ce qui en faisait une anti-héroïne. Désormais, il vous faut oublié que Maléfique a une raison de porter ce nom, puisqu’elle est devenue une héroïne au cœur pur qui se fait maltraiter par les préjugés et les fausses accusations. Tout cela orchestré par une nouvelle méchante (qui devrait bientôt avoir son film d’héroïne, si on suit la logique de Disney), jouant sur le registre de la cruelle belle-mère (comme c’est original…). Vous l’avez compris, Disney a décidé de sacrifier l’essence même de l’une de ses antagonistes les plus emblématiques pour la mettre au service de l’amour plus fort que tout. Et c’est vraiment très, très lassant. Le film déroule un scénario paresseux, avec une sorcière qui n’a plus de place au casting (Antagoniste ? Non. Protagoniste ? Non plus. Spectatrice ? Ah, peut-être…), des prince et princesse sans charisme, une méchante caricaturale au plan idiot, une illusion de discours sur l’acceptation des différences (aussi facile qu’un claquement de doigt), des deus ex machina en veux-tu en voilà, et un refus symbolique de Disney de cesser de s’acharner sur cette voie (pour ceux qui ont vu le film, je pense que vous voyez de quel « retournement » pas du tout attendu je parle). Ajoutez à cela une incrustation dégueulasse sur fond vert, plutôt inadmissible pour une firme qui a le monopole du cinéma hollywoodien et engrange des millions à chaque (mauvais ou non) film qu’elle produit. Autant le premier avait de l’idée, autant celui-ci est clairement conçu pour plaire à son public cible et rien d’autre. A voir si vous avez garder votre âme d’enfant ou que vous êtes sensibles à l’amour plus fort que tout.

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Et vous, avez-vous fait un détour par les salles obscures ? 😉

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4 réflexions sur “[Mois Ciné] Octobre 2019

  1. entournantlespages dit :

    Au vu de la bande annonce, je ne me fais pas trop d’illusions pour la suite de Malefique même si j’ai quand même envie de le voir.
    Hors normes et surtout le Joker me faisaient déjà très envie, tes avis excellemment écrits me poussent d’autant plus à aller en salles !

    Aimé par 1 personne

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