[Réagir] Le monde du livre #2 : Le Service Presse

   Dans l’article précédent, je faisais un petit topo sur le monde éditorial actuel et notamment les difficultés pour certains à faire de la publicité. J’avais conclus sur cet intermédiaire fort utile aux auteurs et éditeurs : l’influenceur/chroniqueur qui pratique le Service Presse.

(J’ai un point de vue de chroniqueuse, mon article sera forcément orienté suivant mon expérience. Je me doute bien que les problématiques sont différentes du point de vue des auteurs. 😉 )

 

Le Service Presse, cette pratique du donnant-donnant

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   Pour commencer, un chroniqueur, qu’est-ce que c’est ? C’est une personne qui donne son avis sur un produit (et qui donne aussi des étoiles, les gens aiment les étoiles ^^). Cela existe depuis longtemps, vous en trouvez dans la presse papier, sur les plateaux de télévision, et même sur des sites officiels critiquant les films ou les expositions. Bref, avant l’ère du numérique, il s’agissait surtout de professionnels payés pour donner leur avis.

   Désormais, les chroniqueurs littéraires sont aussi de simples lecteurs qui prennent le temps de partager leur ressenti. Si un auteur ou un éditeur préférera certainement la chronique d’un professionnel (quoi que ^^), de nombreux chroniqueurs et booktubers ont acquis une certaine notoriété, ce qui leur donne un pouvoir non négligeable dans la communication sur un ouvrage. Ainsi, l’avis d’une « célébrité » de la toile peut désormais compenser le manque de publicité traditionnelle, pour peu que la personne ait le temps ou l’envie de commenter votre ouvrage. Bien entendu, à ces quelques personnalités s’ajoute une myriade de lecteurs qui, comme moi, apprécient simplement de donner leur avis sur leurs lectures (certains espèrent aussi devenir célèbres, c’est l’époque qui veut ça ^^).

   Conscients du potentiel des chroniqueurs dans la communication sur leurs œuvres, les maisons d’édition et auteurs indépendants ne focalisent plus seulement leurs Services Presse (SP) sur les médias traditionnels, mais les proposent désormais aux personnes susceptibles de faire leur promotion. En effet, un SP peut être vu comme un accord entre les deux partis : l’éditeur/auteur propose son ouvrage gratuitement (parfois dans un version non définitive, appelée « épreuve ») et en échange, le chroniqueur s’engage à produire une chronique et/ou à aller mettre des étoiles sur les sites marchands. Il s’agit donc de donnant-donnant. Lecture contre publicité.

   Il existe différents types de SP et différentes façons d’en obtenir. Vous avez bien entendu le SP ponctuel sur un seul ouvrage. Généralement, il s’agit d’une approche des auteurs qui recherchent des chroniqueurs pour parler de leur dernière sortie. Le plus courant, mais aussi le plus laborieux, consiste à naviguer sur la toile en quête de blogs ou réseaux spécifiques afin de prendre contact avec les chroniqueurs et de leur proposer une version souvent numérique d’un livre. Il est à noter que les auteurs ont une propension à ignorer les préférences d’un blogueur, voire à outrepasser le rappel sur la page d’accueil ou de contact qui dit « JE NE PRENDS PAS DE SP MERCI ». Certes, il y a toujours des petits rigolos pour répondre « ouais, mais sur un malentendu… » Sauf que vous n’êtes pas tout seul à faire le coup. Bref, quand c’est non, c’est non.

    Surtout qu’il existe désormais des plateformes dédiées aux SP, où auteurs et chroniqueurs peuvent prendre contact. C’est déjà plus pertinent, même si certains proposent encore des ouvrages sans lien avec les goûts du lecteur. Pour rassurer les auteurs, il y a même un système de notation des chroniqueurs (où certains se vengent des critiques négatives…). Pour les chroniqueurs, il y a au contraire la possibilité de bloquer les demandes afin de postuler soit-même sur les ouvrages. Dans les deux cas, il y a un risque de ne jamais recevoir de réponse. Certes, un tel snobisme est inadmissible… encore faudrait-il comprendre pourquoi on vous ignore. A titre personnel, si je ne vais plus sur ce type de plateforme, c’est parce que je recevais toutes les semaines des demandes automatisées se moquant de mes préférences et pour lesquelles je devais justifier mon refus (non, il ne suffit pas de cliquer sur refuser, il faut expliquer pourquoi la demande non personnalisée numéro 125 vantant les qualités d’une romance historique alors qu’on ne lit que de la SFFF ne nous convient pas… voilà voilà…). Au bout d’un moment, la lassitude l’emporte et il devient plus simple d’ignorer les gens qui eux-mêmes vous ignorent en tant qu’individu. Bref, si personnellement, ces sites ne me conviennent pas, sachez que cela reste l’endroit idéal pour trouver des partenaires de SP.

   Si le SP est souvent à l’initiative de l’auteur, il arrive que ce soit un désir du chroniqueur. Les plateformes dédiées sont bien sûr un bon moyen d’en obtenir, tout comme les concours organisés par les auteurs, les maisons d’édition ou encore les sites de lecture. Mais le Saint Graal du chroniqueur reste le partenariat, de préférence avec une grosse maison d’édition. A la différence du SP, le partenariat engage sur plusieurs livres, que l’on peut choisir ou non selon les termes de l’accord. Pour être honnête, je n’en ai jamais eu, je ne suis donc pas la mieux placée pour en parler. Mais il explique en partie ce dont je parlais dans le précédent article, à savoir la durée de vie limitée d’un livre. En effet, les partenariats impliquent souvent un envoi massif des sorties littéraires chez les blogueurs partenaires, et donc une arrivée massive de chroniques similaires dans les jours qui suivent… avant leur disparition au profit du livre suivant.

   Vous vous interrogez peut-être sur les contraintes d’un tel accord. Déjà, rendre un avis. Cela paraît évident, mais il y a toujours des petits malins pour s’offrir un livre gratuit sans jamais remplir leur part du contrat. Et l’excuse d’une difficulté à lire n’est pas acceptable, vous êtes alors priés de contacter l’auteur pour faire part de votre abandon. Outre ce point essentiel, les conditions varient d’un SP à l’autre, même si elles sont généralement plus exigeantes dans le cadre de partenariat. Nombre de mots, obligation à poster l’avis sur un site marchand, délais très court, etc… Quoi qu’il en soit, il existe une valeur qui ne devrait jamais changer : l’honnêteté.

 

L’ego, ce biais d’appréciation

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     Qui dit honnêteté, dit critique argumentée et pas forcément positive. Il est, à mon sens, impossible qu’une oeuvre soit parfaite ou totalement ratée. Il existe en tout ouvrage des points plus ou moins bons, certes soumis à la subjectivité du lecteur, mais après tout, l’avis des uns vaut autant que celui des autres. Ainsi, certains chroniqueurs pointeront du doigt des personnages stéréotypés, une intrigue bancale, une plume pas encore maîtrisée, une correction inexistante, une couverture peu attrayante… Des points pas vraiment positifs donc, mais rarement seuls à être mis en avant. En effet, les chroniqueurs appliqués donnent à la fois ce qu’ils considèrent comme positifs et négatifs, et reconnaissent leur subjectivité au travers de leurs préférences (on verra toujours plus de défauts dans ce qu’on aime moins).

    Mais voilà, une chronique qui n’est pas un véritable éloge, certains n’apprécient pas vraiment. Difficile en effet d’accepter que son oeuvre ou celle que l’on porte à bout de bras avec ses propres finances ne soit pas parfaite. Encore plus dur de l’accepter quand jusque là, tout l’entourage était formel sur sa perfection (c’est beau les fans, mais ça flatte un peu trop l’ego). Il ne s’agit pas de la majorité des auteurs et éditeurs, et jusqu’à présent, j’ai eu d’excellents échanges avec la plupart des personnes m’ayant demandé un service presse (et je les remercie pour cela 🙂 ). Mais, il y a toujours des exceptions, et certains témoignages le rappellent.

    S’il existe bien un point agaçant dans la pratique d’un SP, c’est la certitude de certains auteurs à décrocher des coups de cœur en échange de leur livre. Pourquoi ? La gratuité d’un bien devrait-elle en augmenter sa valeur ? Pire, conduire à un dithyrambe mensonger ? Non, un service presse, ce n’est pas du léchage de bottes et il n’y a aucune obligation à donner un avis positif (il n’y a qu’à voir les avant-premières destinées à la presse, certains films reçoivent de mauvaises critiques avant même leur sortie en salle). Les éditeurs et auteurs en ont conscience : au lieu de prendre des risques financiers, ils prennent des risques publicitaires. Or, il me semble malvenu de le reprocher aux chroniqueurs, surtout quand ceux-ci restent corrects.

   Certes, je reconnais tomber sur des avis qui descendent des œuvres avec sarcasme (voire malveillance), ce qui peut être blessant pour les gens concernés. Toutefois, ces cas sont loin d’être courants, et il faut aussi apprendre à faire la distinction entre la critique d’une oeuvre (ce que vous êtes venus chercher) et le jugement ad personam (l’ego froissé qui y voit une attaque personnelle). Mais aussi à relativiser ce biais cognitif qui nous fait voir en gros et en rouge sanglant cet unique point de critique au milieu de la ribambelle de compliments. Parce qu’en cherchant bien, vous trouvez vous-mêmes des points à critiquer sur les œuvres que vous appréciez, non ? 🙂

 

Les auteurs, ces êtres sensibles

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   Je comprends qu’un auteur apprécie peu les critiques mitigées, en particulier lorsqu’il se lance et espère, par les SP, conquérir son public. Je comprends dès lors que beaucoup préfèrent ignorer ces fameuses critiques qu’ils ont pourtant « commandées ». Certes, il n’y a aucune obligation pour un auteur à partager l’avis du chroniqueur, et il s’agit alors de clore le contrat parce que la publicité n’est pas satisfaisante. Toutefois, certains vont plus loin dans ce rejet de toute forme de critique.

   Vous vous demandez ce que donne le comportement de certains auteurs sans recul concernant l’appréciation de leurs œuvres ? Pour cela, je vous renvoie à cet article [Réagir] Campagne de préservation des auteurs (et de leur Ego fragile). Et pour ceux qui ont la flemme de changer page, voici une petite liste :

  • Exiger une note sur les sites marchands, mais uniquement si c’est au-dessus de 4 étoiles (parce que sinon ça plombe les stats) ;
  • Rameuter ses amis pour remonter sa moyenne dès qu’un lecteur ose mettre une étoile solitaire (il ne manquerait plus que tout le monde ait le droit d’avoir un avis) ;
  • Ne jamais répondre aux lecteurs qui n’ont pas affirmé leur amour inconditionnel pour l’oeuvre (mais s’étendre en petits cœurs sur les remarques adulatrices) ;
  • Demander des SP uniquement aux chroniqueurs « amis » (qui ont généralement les mêmes besoins donc aucun intérêt à critiquer l’ouvrage s’ils désirent un avis dithyrambique en retour) ;
  • Affirmer son admiration pour la façon de faire du chroniqueur démarché, mais le snober dès lors qu’il pond un avis mitigé sur son propre ouvrage (les avis sincères… c’est bien, mais pour les autres) ;
  • Réagir aux chroniques mitigées en affirmant que c’est le lecteur qui n’a rien compris (évidemment, c’est toujours la faute de cet idiot) ;
  • Parler dans le dos des lecteurs sur les réseaux sociaux (et envoyer une invitation aux collègues pour rejoindre le très sélect club des rageux section maternelle).

   Certains « auteurs » semblent oublier que les chroniqueurs fréquentent les mêmes réseaux qu’eux (voire qu’ils sont aussi auteurs). Certains n’ont aucun scrupule à se réfugier dans la masse rassurante de leurs confrères pour s’indigner en groupe et jouer aux martyrs. J’avoue, il est plus facile de se faire plaindre que de discuter avec un lecteur qui n’est pas tombé en extase devant son oeuvre. Pourtant, ils ne sont pas obligés de le remercier, si vraiment cela écorche leurs doigts de faire preuve d’un minimum de politesse. Mais lui cracher dans le dos comme j’ai pu le voir ou comme on a pu me le rapporter, ça frôle l’immaturité sévère. Je dirais même que ça reflète le manque de professionnalisme de ces prétendus auteurs (quel que soit le type d’édition). Car si on est incapable d’accepter qu’une oeuvre ne pourra jamais plaire à tout le monde, pour moi, on ne peut pas être un bon auteur.

 

Les chroniqueurs, ces êtres imparfaits

Femme, Étudiant, Apprentissage, Livres

   Avant de parler d’ego, je voulais rappeler les différents types de chroniqueurs. Mettons de côté ceux qui ne prennent ni SP, ni partenariat. Dans ceux qui restent, on peut trouver le chroniqueur « professionnel » qui engrange les partenariats et qui généralement, se fiche des SP d’auteurs inconnus. Le chroniqueur « éclairé » va plutôt suivre sa raison, refusant les SP inadaptés à ses goûts ou disponibilités, même si cela peut lui rapporter des vues ou un joli ouvrage pour sa bibliothèque. Il y a le chroniqueur « boulimique » qui dit oui à tout ce qui lui passe sous le nez, parfois uniquement pour l’aspect gratuit. Le plus courant est probablement le chroniqueur « débutant » qui veut vraiment bien faire et qui va s’améliorer au fil de ses avis (encore faudrait-il lui laisser sa chance… comme pour vous, amis auteurs 😉 ). Vous tomberez aussi sur le chroniqueur en quête de célébrité, celui qui est là pour se faire remarquer, et qui aura donc une sélection purement marketing de ses SP. Bref, suivant le profil, votre demande de SP ne sera pas accueillie de la même façon, et la chronique n’aura pas forcément le même aspect. A vous d’étudier en amont le fonctionnement de la personne que vous contactez.

   Bien sûr, un chroniqueur est un être humain comme les autres, il a lui aussi sa susceptibilité. Il aime notamment qu’on le remercie pour le temps consacré et le travail accompli. Or, les échanges basiques ne sont pas innés pour tout le monde, en particulier si la chronique n’était pas élogieuse. A croire que certains pensent s’adresser à un ordinateur. Décevant, je vous l’accorde, mais ce n’est rien en comparaison de la mauvaise foi dont certains font preuve. C’est toujours désagréable de se faire accuser d’impolitesse, de malhonnêteté ou de malveillance juste parce qu’un avis a déplu. Et ça a un sacré goût d’amertume quand ce n’est pas dit en face (c’est même rarement dit en face), y compris quand la situation concerne un collègue blogueur.

   Personnellement, je ne prétends pas être la plus exhaustive, technique ou structurée, et j’ai de la marge pour me perfectionner. Mais je ne pense pas qu’on puisse dire que je ne fais aucun effort de bienveillance, simplement parce que mon avis déplaît. Je ne vais pas mentir sur mon ressenti de lecture pour le bon plaisir d’une personne qui pense son travail formidable. J’estime que dans l’accord d’un SP, mon engagement est de dire la vérité, ma vérité. Elle n’est que mienne, elle ira peut-être à contre-courant des autres avis, mais elle est sincère et respectueuse. J’encourage toujours les gens à se faire leur propre avis, je n’ai jamais condamné un ouvrage, même ceux qui n’étaient pas à mon goût. Je joue le jeu du SP avec bienveillance, mais pas avec condescendance. Or, si quelqu’un me demande un SP, j’estime qu’il a pris le temps de faire le tour de mon blog et qu’il sait donc comment je fonctionne. Voilà pour ma petite personne. 😉

    Ce qui est dommage quand les auteurs réagissent avec humeur, c’est qu’on finit par ne plus vouloir prendre de SP. Après tout, pourquoi collaborer avec des personnes qui vous fustigent si vous ne dites pas exactement ce qu’elles veulent entendre ? Bien des chroniqueurs ne veulent pas faire de SP. D’une part, parce qu’ils n’aiment pas les contraintes qui y sont liées, notamment l’obligation de chroniquer lorsqu’on a détesté le livre. D’autre part, pour justement éviter d’avoir ce genre de mésaventures avec les auteurs mécontents. J’ai presque envie de leur donner raison, c’est tellement plus simple de choisir soi-même son livre sans rien devoir à personne.

    Que vous soyez auteur ou lecteur, vous devez comprendre une chose : un chroniqueur connu ou inscrit sur un site dédié reçoit beaucoup de demandes. Or, il ne peut pas répondre favorablement à tout le monde (étonnant, mais il a une vie à côté). Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas les auteurs qui offre leur livre, mais les chroniqueurs qui donnent leur temps et leur avis (avec le marché en surproduction, l’offre est plus importante que la demande). Il ne faut donc pas s’étonner si certains finissent par privilégier les auteurs connus (qui ne répondront jamais, mais ne s’indigneront pas plus), ou dont on connait la bonne réputation.

 

La bienveillance, cette ressource rare

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   Je n’écris pas cela pour me faire des ennemis, et ceux qui me lisent savent que la promotion d’œuvres imaginaires peu connues me tient à cœur. Parce que j’estime que tout le monde doit avoir sa chance, que ce soit l’auteur désireux de trouver son lectorat, le chroniqueur qui cherche à se faire connaître par le biais de ses lectures, ou le lecteur en quête d’une lecture appropriée. Et pour cela, il n’y a rien de tel que l’honnêteté et la bienveillance entre tous les maillons de la chaîne (puis, c’est de plus en plus courant d’être les trois à la fois, autant se respecter soi-même).

   Si je devais devenir autrice, j’aimerais que les chroniqueurs soient sincères et respectueux dans le partage de leur ressenti, et que les lecteurs sortent un peu des sentiers battus par les grosses maisons d’édition. Je sais qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, et je pense qu’il est indispensable, quand on se lance dans la promotion d’un ouvrage, de se préparer à recevoir des critiques négatives. Evidemment, cela est douloureux, mais si la personne qui commente est respectueuse et argumente son avis, il n’y a rien à redire. Après tout, chacun ses goûts.

   En tant que chroniqueuse, j’aime quand les auteurs prennent le temps d’échanger et que les lecteurs participent. J’apprécie quand les auteurs laissent un message sur une chronique (la mienne ou celle des autres). Un merci direct est toujours plus agréable que de s’apercevoir au détour de la toile du partage discret de notre chronique. Je comprends qu’un auteur n’a pas toujours le temps d’échanger, tout comme les lecteurs qui passent sur les blogs sans laisser de trace (ne vous inquiétez pas, je suis comme tout le monde, j’explore sans m’attarder 😉 ). Mais avouez que c’est toujours plus enrichissant de pouvoir échanger nos points de vue.

   En tant que lectrice, j’aimerais que les auteurs soient bienveillants avec tout leur lectorat et que les chroniqueurs m’orientent dans mes choix avec un argumentaire adapté. Personnellement, je ne suis sensible à aucune tentative publicitaire, que ce soit les bandes annonces sur les réseaux sociaux, les témoignages sous forme d’accroche, encore moins les concours qui forcent à liker une page avant de savoir si on aime le livre. J’accorde peu d’importance aux fameuses étoiles souvent biaisées. J’ai d’autant moins confiance quand les avis sont unanimes et dithyrambiques.

    Je n’aime pas plus voir un auteur répondre en long, en large et petits cœurs à tous ses fans, et snober celui qui aura dit avoir aimé sans plus (pire, laisser une situation dégénérer quand ses fans s’emportent contre la personne qui ne partage pas leur avis). Certes, l’auteur ne peut pas répondre à tout le monde, mais mépriser une partie de son lectorat sous prétexte qu’il n’est pas en admiration devant l’oeuvre, c’est d’une bêtise inqualifiable pour un corps de métier qui passe son temps à parler de ses droits (mais pas de ses devoirs). Bref, je préfère faire confiance aux chroniqueurs qui argumentent leur avis et aux auteurs qui ont la modestie de ne pas considérer leur livre comme un chef d’oeuvre pour la planète entière (une fois pour toute, CHACUN SES GOÛTS !).

 

Et vous, quelles sont vos réflexions sur la question ? Avez-vous des expériences à partager sur le sujet, que ce soit en tant qu’auteur ou chroniqueur ?

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10 réflexions sur “[Réagir] Le monde du livre #2 : Le Service Presse

  1. Les Sortilèges Des Mots dit :

    Ton article résumé parfaitement la situation. On sent que tu as du en voir des auteurs et leur réaction. Pour l’instant, j’ai de la chance. Après, je prends rarement des SP en dehors de la masse critique babelio.

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    • Eleyna dit :

      En vérité, je ne m’appuie pas que sur ma propre expérience qui est finalement assez limitée comparée à celle de certains chroniqueurs, mais aussi sur ce qu’on a pu me dire ou ce que j’ai pu voir, des fois sur des blogueurs que je ne connaissais même pas (mais il suffit d’aller voir leur chronique pour comprendre qu’il y a pas mal d’amour propre dans la réaction de certaines personnes). Je ne dis pas que c’est une généralité, et globalement les gens acceptent plutôt bien le principe du SP. Mais voilà, il y a toujours des exceptions. Et ça peut être rapidement fatiguant (enfin moi, ça m’a fatigué, surtout sur la fameuse plateforme, c’est pour ça que je ne fais plus trop de SP). Mais j’espère que les autres, auteurs ou chroniqueurs, y trouvent leur compte. C’est le plus important. 🙂

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  2. Lionne BLANCHE dit :

    On veut des étoiles, Eleyna ! On veut des étoiles ! ^^
    Non mais du coup, je viens de réaliser qu’il faudra que j’ajoute la fameuse mention « JE NE PRENDS PAS DE SP MERCI » sur mon blog, au cas où un jour, on viendrait à avoir la drôle d’idée de me le demander. Je ne suis pas du tout prête pour ça ! ^^ Et comme tu l’as dit, il y a des contraintes : lire même quand on n’aime pas, et chroniquer quoi qu’il arrive.
    Quand je n’accroche vraiment pas à une histoire, je ferme le livre, et donc, je ne chronique pas. Quand je constate que l’œuvre ne me correspond vraiment pas, et que je n’arrive pas à remonter un minimum de points positifs pour compenser mon avis, je ne chronique pas. Et inversement, quand j’aime tellement que je vois la vie en rose, et ne vois plus aucun défaut, je considère que mon avis n’est pas constructif, et je ne chronique pas.
    Sauf qu’une fois le livre entre mes mains, je me sentirais malveillante, voleuse, de ne pas le payer avec un avis en retour.

    Je ne savais pas qu’on pouvait noter les chroniqueurs, mais le côté vengeance, malheureusement, ne me surprend pas. Par contre devoir justifier ses goûts ! :O

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    • Eleyna dit :

      Les étoiles, c’est la vie ! ^^

      Le SP, c’est une implication personnelle, c’est certain. Mais oui, si tu redoutes qu’on t’interpelle sur le sujet, tu peux ajouter une explication sur ton blog comme quoi tu ne prends pas de SP. Après, comme je le dis, ça n’empêche pas certains de tenter leur chance.

      Pas justifier ses goûts, justifier pourquoi tu refuses la demande de SP d’une personne qui n’a pas pris la peine de considérer tes préférences de lecture. En gros, c’est à toi de dire « Monsieur, je ne veux pas lire votre texte, car comme vous ne l’avez sûrement pas remarqué, je lis exclusivement du space opera et vous me proposez un recueil de poésie. Merci de ne pas renvoyer pour la cinquantième fois votre demande automatisée car je commencer sérieusement à envisager l’existence d’une entité démoniaque cherchant à me rendre folle. » Du coup, ça devient plus simple de ne pas répondre. Ce n’est pas terrible comme réaction, mais quand tu en as plusieurs dizaines comme ça dans la semaine, ça devient épuisant.

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  3. OmbreBones dit :

    Très sympa cet article 🙂 personnellement je n’accepte les sps que sous certaines conditions fixées dès le départ. La plus importante c’est que si je n’apprécie pas du tout le roman, j’ai le droit de l’arrêter et de ne pas en parler. C’est aussi la raison pour laquelle je demande de préférence le sp en numérique (sauf pour les auteurs que je connais et en qui j’ai confiance question talent) comme ça, y’a pas de perte. C’est déjà arrivé une fois ou deux, j’ai contacté l’éditeur concerné pour expliquer mon sentiment et l’éditeur a totalement compris.
    Je pars aussi du principe que si je reçois un sp je dois être honnête et respectueuse. J’avais écris un article la dessus donc je ne vais pas me répéter ^^ mais je partage ton avis.
    En tant qu’autrice j’ai déjà reçu des chroniques mitigées ou négatives. Ça ne fait jamais plaisir et, surtout au début, ça a été dur à vivre. Puis en fait… Ça m’a aidé à évoluer, à me remettre en question, parce que j’ai eu la chance de recevoir des critiques constructives. Ça m’a permis de me construire et je suis très reconnaissante à tous ces blogueurs. Seulement… J’ai remarqué que ça arrive assez peu. Soit les auteurs se fichent des chroniques (c’est leur droit) soit il y a un gros souci d’ego. Quand j’ai commencé en tant que chroniqueuse, j’avais très peur que ça se retourne contre moi. Finalement en étant honnête et bienveillante je n’ai jamais eu de soucis, que du contraire. C’est compliqué je trouve de gérer les sensibilités de chacun mais tu as raison, si tout le monde pouvait faire preuve du respect élémentaire, on avancerait. Ça vaut pour les auteurs comme les blogueurs. Je refuse souvent des sp, j’explique pourquoi et pour le moment je touche du bois, je n’ai pas reçu de reproches virulents !
    Je pense que j’ai dit tout ce qui m’est venu à la lecture xD pas facile de prendre des notes depuis le téléphone. Chouette article en tout cas 🙂

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    • Eleyna dit :

      Merci pour ton témoignage. Ta façon de faire est intéressante, et je confirme qu’on sent bien ton respect dans tes chroniques. 🙂

      Je n’ai jamais reçu de reproches directs, plutôt de façon détournée (et parfois mesquine, enfin bref…). Mais tu as raison, globalement, un avis bienveillant est ressenti comme tel par la plupart des auteurs, heureusement. Quant à gérer la sensibilité… disons que si certains pouvaient prendre un peu de recul avant d’exprimer leur mécontentement (surtout quand leur communauté peut vite monter au créneau)… Bref, je crois qu’au final, j’avais besoin d’expliquer pourquoi j’ai de moins en moins envie de prendre des SP (ou alors des personnes de confiance). 🙂

      Pour ce qui est de la réception de chroniques mitigées par les auteurs, je fais partie des gens qui estiment qu’elles font avancer. Mais je sais aussi combien les points négatifs peuvent faire mal, c’est pour cela que je m’efforce de donner un contre-pied à ce que j’estime tenir davantage du subjectif (genre, je n’aime pas ce type de narration, mais ceux qui se laissent porter par une focale plus émotionnelle devraient apprécier). Parce qu’après tout, ce n’est pas parce que je n’apprécie pas que ce sera le cas de tous les lecteurs. Après, on ne va pas se mentir, il y aura toujours des gens qui voudront qu’on leur dise que ce qu’ils ont écrit est parfait. Et ça… ^^

      Aimé par 2 personnes

      • OmbreBones dit :

        Merci 🙂
        Tu auras toujours des mesquineries. Mais les auteurs concernés ont une réputation et tu les repères assez vite quand tu sais quels signes chercher que ce soir sur le net ou en salon. J’ai de la chance aussi d’évoluer dans le milieu à un autre niveau et de savoir qui ou quelle ME je dois éviter ou non. Je sais que dans mon dos je reçois des critiques mais je choisis d’ignorer ces gens parce qu’ils ne valent pas plus ou mieux ^^ après c’est pas évident pour des gens qui, comme toi et moi, tenons un blog par passion, pour partager, soutenir les auteurs, qui investissons du temps bénévolement… Se faire critiquer pour un ego blessé, c’est lâche. J’aimerai que tous les auteurs aient la maturité de prendre ce qu’il y a à prendre de positif dans une chronique et de remercier pour le temps investi. Heureusement ils sont quand même beaucoup dans ce cas, plus que l’inverse 🙂

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