[Chronique Littéraire] Project Viper – T3 : Shadowhunters, Ellen Raven Martin

   Aujourd’hui, retour dans un univers de cyberpunk déjà exploré, avec le tome 3 de Project Viper, d’Ellen Raven Martin.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Project Viper – Tome 3 : Shadowhunters51brg12bsghl._sx195_
  • Auteur/Autrice : Ellen Raven Martin
  • Illustrateur/Illustratrice : Yanis Cardin
  • Édition : ERA Editions
  • Collection : /
  • Genre : Science-Fiction, Cyberpunk, Anticipation
  • Public : Adulte, Public Averti
  • Cycle : Oui (3/?)
  • Pages : 316
  • Parution : 2 février 2019
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix : 4,99 euros – 15 euros
  • ISBN : 978-2-956116-46-2
  • Lien : Ellen Raven Martin

Résumé : Le jeu continue. L’Augure a filé et a un nouvel objectif dont la vengeance d’un ami est la façade. Successeur de Victor Winslow, mort par sa seule bêtise, l’Augure décide de sacrifier sa société pour faire chuter le Conglomérat. Pour l’arrêter, les Vipers doivent s’unir malgré leurs blessures. Quand Aryan Turner lui-même tombe malade du fait d’une neurophine défectueuse, le ton est donné. L’Augure a-t-il vraiment comme seul but de créer un scandale sanitaire ? L’affaire mènera la fraternité dans une France fracturée, un territoire dévasté par la guerre, à la recherche d’une ombre. Dans le clair-obscur des lumières de la tour Eiffel se fomentent intrigues et attentats. Les Vipers sauront-ils tous les déjouer ?

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

Lu dans le cadre du Challenge Littérature de l’Imaginaire.

   Service Presse : Merci à Ellen Raven Martin de m’avoir proposé le nouveau tome de son cycle, de quoi poursuivre les aventures des Vipers. Pour la chronique du tome 1, c’est par ici et celle du tome 2, c’est par .

 

Couverture et Accroche

   J’aime beaucoup cette nouvelle illustration de Yanis Cardin qui illustre parfaitement le terrain de jeu de ce nouveau tome, à savoir la Citadelle, le nouveau Paris. Une fois n’est pas coutume, nous retrouvons notre chère Ombre au premier plan, au milieu d’un décor futuriste qui englouti la Tour Eiffel, toujours aussi symbolique, mais plus guère impressionnante dans ses atours de métal dépassés. Le jeu des couleurs est intéressant, très structuré et ton sur ton, dans un rappel de la politique très stricte avec laquelle la cité est désormais dirigée. Je regrette juste la présence de véhicules volants que nos héros n’ont pas semblé vouloir emprunter pour contourner quelques embouteillages récurrents. Dommage.

   Le résumé promet des retournements de situations par rapport aux deux premiers tomes. Enfin, on affirme qu’Aryan Turner n’est plus le seul à maîtriser le jeu du pouvoir à la perfection, enfin on lui suggère de réelles failles, enfin on promet de visiter la vieille France morcelée par les conflits armées. Promesse tenue, le résumé tient bien son rôle, tout en gardant le secret de l’identité de l’Augure, pour peu que vous n’auriez pas lu le précédent tome.

 

Prose et Structure

   Je dois vous avouer une chose, j’étais perplexe sur les premières pages. En effet, la plume de l’autrice s’est affinée avec le temps, tant et si bien que l’on commence avec une description poétique riche en figures de style qui tranche radicalement avec le ton familier, voire grossier auquel je m’étais habituée. Heureusement, la nature même du texte revient vite au galop et les incursions lyriques sont par la suite distillées lors de passages descriptifs.

   On retrouve donc bien le ton caractéristique des premiers tomes, celui qui siée à cet univers violent, démonstratif et cruel, toujours destiné à un public averti. J’ai été parfois surprise par la présence de quelques phrases au présent dans un récit au passé, mais cela ne gêne pas vraiment la lecture, d’autant que je pense qu’il s’agit, là encore, d’effets de style pour ancrer certaines actions dans l’immédiateté.

   Il y a peu de temps morts dans le récit, or ma lecture ayant été un peu perturbée, il m’est arrivée une ou deux fois de m’efforcer à faire le lien logique entre deux missions qui me semblaient s’enchaîner un peu trop vite (surtout qu’on alterne les points de vue entre différents groupes de Vipers). Ceci dit, le principe même du récit, qui tient finalement d’une course contre la montre, explique cette nécessité à ne jamais lever le pied. Mon conseil donc, essayez de ne pas être dérangé. ^^

   Concernant la structure, je pense que l’autrice a désormais pris son rythme avec des chapitres bien dosés, entrecoupés de quelques interludes qui apportent davantage d’informations sur l’intrigue sous un point de vue externe au groupe de Vipers. Bref, de ce côté, ça roule tout seul. 😉

 

Personnages et Figurants

   Une fois encore, nous retrouvons l’ensemble des Vipers et de leur proche entourage, ainsi que quelques nouvelles têtes, mais finalement assez peu nombreuses compte tenu du déplacement géographique.

   Centurion, ou Blayne, le chef des Vipers, prend dans ce tome un peu moins de place, pour le mieux à mon avis, car cela donne une meilleure exposition à ses frères et sœurs. Il a toujours des difficultés avec son éternel rival (mais c’est le cas de tout le monde, de toute manière ^^), il subit plus ou moins les séquelles de leur précédente mission, et il a toujours le goût du sang. Bref, il ne devrait pas décevoir les lecteurs qui l’apprécient.

   Shadow, alias Skylar, alias l’Ombre d’Aryan Turner, partage lui aussi la plupart de ses scènes avec sa sœur Mantis, ce qui donne un duo plutôt intéressant, même si les événements passés lors d’une certaine soirée ne pèsent que par pensée et non dans leur comportement (dommage, cela aurait pu donner lieu à de réels échanges sur le sujet). Ainsi, l’assassin, capable de se fondre dans les ombres et un brin excessif concernant la sécurité de son « Père », est secondée par une manipulatrice des émotions en mesure de calmer aussi bien les potentiels ennemis que ce frère colérique.

   Les autres Vipers sont aussi présents, mais toujours groupés. On retrouve notamment le duo Néo et Hypno, alias le jeune geek qui pirate tout en un rien de temps et le télékinésiste en puissance. J’ai apprécié les passages les concernant, pourtant à mon grand regret, je trouve que Hypno ne montre pas assez l’étendue de ses capacités et donc de ses limites, ce qui a amoindri mon empathie (qui pourtant est sollicitée). Restent Tank et Cobra, davantage présents en tant que soutien pour Centurion.

   Aryan Turner est de retour, et pour mon plus grand bonheur, il en prend enfin pour son grade. Fini les hauteurs divines, fini la toute puissance du démiurge qui contrôle la planète entière, cette fois, son adversaire joue comme un vrai tacticien qui a plusieurs coups d’avance et un réel pouvoir de nuisance. L’Augure, dont on connait désormais l’identité, joue sur tous les plans, avec une telle évidence qu’il met en exergue que la puissance d’Aryan est autant une affaire de croyance que de réelle capacité (vous savez, le principe du manipulateur qui fait croire qu’il contrôle tout, ce qui lui donne la possibilité de tout contrôler 😉 ).

   Parmi les nouvelles têtes, on trouve principalement les leaders des différents courants de pouvoirs au sein de la Citadelle, que ce soit la maréchale Madeleine Romane qui dirige la France d’un main de fer, ou les groupuscules désireux de s’opposer au gouvernement en place autant qu’à l’industrie du Conglomérat dont l’entreprise d’Aryan Turner fait parti. Intéressants, même si leurs discours politiques ne sont bien souvent qu’effleurés pour laisser les poings parler.

 

Univers et Peintures

   Nous retrouvons la Terre cyberpunk post-apo des années 2070 des premiers tomes, avec cette fois, un voyage vers la Citadelle, bâtie sur le ville de Paris. On y décrit une cité qui finalement a évolué comme d’autres, notamment le Capitole, à savoir le quartier des ultra-riches bénéficiant du luxe et de la modernité, en contraste avec les ghettos et bas-fonds dans lesquels se traîne la lie de l’espèce humaine. La Citadelle est décrite comme un environnement aseptisé, surtout en journée, sous l’égide d’une institution militarisée qui n’apprécie guère les extravagances. Même s’il est dit que la nuit, la Ville Lumière retrouve un visage plus décadent, notamment avec ses néons publicitaires suggestifs, il n’en reste pas moins que les lieux ont perdu de leur charme. Mon grand regret lors de cette visite est qu’il ne soit pas fait mention des Catacombes, pourtant lieu idéal pour une atmosphère bien glauque. 😉

   Si nous n’avons pas le droit à un petit détour par ce lieu emblématique, l’autrice ne lésine pas sur les références très actuelles des problématiques françaises. Ainsi, que chacun se rassure, cinquante ans plus tard, nous en sommes toujours à nous engueuler lors d’interminables embouteillages et à manifester devant les bâtiments publics pour se faire écraser par la répression policière. Que voulez-vous, on ne change pas du jour au lendemain. 😛

 

Intrigues et Rouages

   Peu de temps après les événements du précédent tome, Aryan Turner tombe gravement malade suite à son injection de neurophine, cette substance censée aider à supporter les implants cybernétiques. Il ne faut guère de temps pour comprendre que l’Augure est derrière cette nouvelle version de la neurophine et qu’il menace de déstabiliser le monde entier. Retrouvant sa trace à la Citadelle, les Vipers accompagnent leur « Père » dans une quête qui risque bien cette fois de ne pas être si facile à accomplir.

   Semblable au tome 2 dans son rythme, l’intrigue enchaîne les scènes d’actions et la visite d’innombrables lieux dans une traque que l’on sent bien moins maîtrisée que d’habitude par Aryan Turner. Le démiurge a chuté, si sa première blessure n’est pas fatale, elle a déjà fait son oeuvre et amputé une partie de son aura aux yeux du lecteur. Pas des Vipers cependant qui continuent de le servir loyalement, comme ils y ont été formés. Connaître l’identité de l’Augure n’ôte en rien la tension dramatique, bien au contraire, son point de vue permet de comprendre à quel point la partie est serrée. J’ai malheureusement loupé le point culminant, la faute à un manque d’implication émotionnelle, mais je ne doute pas que ce passage touchera d’autres lecteurs. 🙂

   Nous retrouvons les thématiques du précédent tome, les confrontations se déplacent finalement d’un continent à l’autres. Ainsi, il est de nouveau question de factions contre les augmentations (implantations cybernétiques), la plus mise en évidence étant le gouvernement dirigé par la maréchale Romane opposée au Conglomérat. On retrouve aussi des groupuscules de résistants, comme les Ravageurs ou les Moissonnés, qui ne sont pas tous bienveillants envers les augmentés. La menace que représente désormais la neurophine semble leur octroyer un nouvel argument, même si finalement, le livre a donné peu d’échanges sur le sujet. La question du sens donné à l’humanité est toujours latente, avec ces ghettos pouilleux délaissés par le pouvoir en place et qu’un rien peu soulever. Ou encore la facilité avec laquelle certains sacrifient des foules entières pour satisfaire leurs besoins.

   Dans la lignée des précédents tomes, le livre est destiné à un public averti.

 

Conclusion et Avis général

   La suite de Project Viper offre un nouveau terrain de chasse à nos Vipers au sein de la Citadelle, capitale d’une France meurtrie et réfractaire à l’augmentation. Si certains se perdent dans les embouteillages typiquement français pour protéger un « Père » en faiblesse, cela donne aux autres une exposition qui leur manquait parfois dans les précédents tomes. Ajoutez à cela un jeu d’échec où l’Augure démontre enfin l’étendue de son influence, et on embraye pour un prochain tome avec, espérons, une confrontation mémorable.

Qui veut visiter la Citadelle avec des Vipers ? 😉

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Un aperçu d’ailleurs sur

Project Viper – T3 : Shadowhunters ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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