[Chronique Littéraire] Project Viper – T2 : Faceless, Ellen Raven Martin

   Pour celle nouvelle bulle littéraire qui rentre dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone, la suite d’une précédente chronique, puisqu’il s’agit du tome 2 de Project Viper, d’Ellen Raven Martin.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Project Viper – Tome 2 : Faceless9782956116424
  • Auteur/Autrice : Ellen Raven Martin
  • Illustrateur/Illustratrice : Yanis Cardin
  • Édition : ERA Editions
  • Collection : /
  • Genre : Science-Fiction, Cyberpunk, Anticipation
  • Public : Adulte, Public Averti
  • Cycle : Oui (2/?)
  • Pages : 331
  • Parution : 15 mars 2018
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix : 4,99 euros – 15 euros
  • ISBN : 978-2956116431
  • Lien : Ellen Raven Martin

Résumé : 2071. Au cœur de la nuit, un hovercraft de fret d’Harmattan Associés se fait abattre. Un évènement fortuit ? Étrange, oui. Une mission digne des Black Vipers. Quand Blayne met la main sur un chargement inattendu, le jeu commence. Le maître de celui-ci ? On ne connaît ni son nom ni son visage. On le nomme Augure et le dit terroriste ; lui se voit comme un modeste joueur d’échecs.
Il trouve en Kayla un moyen d’abattre roi et reine. La jeune femme, mue par son amour pour Blayne, sème la discorde au sein de la fraternité. La rivalité entre Shadow et Centurion s’embrase, faisant couler leur sang au gré de leurs différends. Elle rend les Vipers fragiles, menace la sécurité d’Aryan Turner et de la Présidente elle-même. Une occasion rêvée pour les rebelles d’agir. Et s’ils étaient, eux aussi, contrôlés par l’Augure ?

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

   Service Presse : Merci à Ellen Raven Martin de m’avoir proposé le deuxième tome de son cycle, de quoi poursuivre les aventures des Vipers. Pour la chronique du tome 1, c’est par ici.

 

Couverture et Accroche

    Pour cette couverture, nous retrouvons le coup de crayon de Yanis Cardin et donc un visuel cyberpunk qui n’est pas sans rappeler certaines affiches de films de genre. Il y a peut être un peut trop d’informations pour moi, notamment dans le choix des couleurs aux quatre coins, mais c’est un goût personnel. Au moins, les personnages sont identifiables et représentent bien les protagonistes du récit, un excellent point.

   Concernant le résumé, je le trouve plus adapté au tome lui-même, contrairement au résumé du tome 1 qui présentait finalement l’ensemble du cycle. Après lecture, j’ai juste un petit bémol, je trouve l’Augure trop présent, trop mis en avant sur ces quelques lignes, alors que sa présence est bien plus subtile et intrigante au sein de l’ouvrage.

 

Prose et Structure

   Le récit commence par un premier paragraphe au présent, j’ai cru un instant que l’autrice avait changé de style d’un tome sur l’autre. Mais non, il s’agissait d’un mauvais rêve qui nous permet de revenir rapidement aux habitudes, à savoir une narration à la troisième personne au passé. J’ai trouvé la prose mieux travaillée, quoique plus familière par endroit, mais se justifiant par le choix de suivre des personnages ayant un langage pas vraiment châtié (même si dans la bouche d’Aryan Turner, ça m’a un peu surprise). Il subsiste encore pour moi quelques petites maladresses dans l’usage de certaines expressions, mais globalement le texte m’a semblé plus fluide à la lecture. D’autant que le reproche que j’ai pu faire concernant l’impression d’être parfois tenue par la main était bien moins perceptible (il y a notamment une nouvelle référence à la fameuse scène avec le mécha-chien citée dans ma première chronique, et cette fois-ci, on nous laisse faire le lien tout seul, bon point 🙂 ).

   J’ai aussi eu l’impression que la structure globale du récit était mieux pensée, le découpage en une vingtaine de chapitres me semble bien adapté, j’y ai même perçu deux arcs majeurs, jouant notamment sur l’importance de certains personnages. On retrouve aussi les fameux flashback qui m’avaient interpellée, je ne sais toujours pas s’ils s’adressent à d’autres que le lecteur. J’espère que oui, j’aime beaucoup quand la structure  et la mise en page d’un récit démontre un sens au sein de l’histoire elle-même. Enfin, petit ajout pour ce tome, des communications longues distances entre les différents membres des Vipers, permettant d’entrecouper les scènes d’action, mais aussi de faire intervenir indirectement les personnages moins présents sous le feu des projecteurs.

 

Personnages et Figurants

   Les personnages sont un peu plus nombreux que dans le précédent tome, mais peu sont nouveaux pour le lecteur, de quoi apprendre à se familiariser avec les derniers membres du projet apparus tardivement. Du moins était-ce mon espoir. En vérité, on parle beaucoup, beaucoup d’un personnage en particulier, ce qui me laisse croire qu’il s’agit du protagoniste principal (et préféré de l’autrice ^^), quand j’aurais bien aimé avoir plus d’interactions avec les autres.

   Blayne, donc, est clairement le protagoniste de la première partie de ce tome. C’est d’ailleurs l’un des seuls dont on utilise toujours le nom d’origine. Pour rappel, les Vipers ont subi un lavage de cerveau avant d’être renommés suivant les capacités développées suite à l’injection d’un mutagène. Blayne est devenu Centurion, mais il reste Blayne. Il demeure donc humain, contrairement aux autres, que symboliquement, en n’usant que de leur nom de code, on renvoie à leur côté cyborg/mutant/chose. Pour être honnête, c’est celui qu’on voit le plus… et c’est aussi celui que j’apprécie le moins. Il a une façon de voir les choses qui ne convient pas toujours à son statut de chef. Il se considère comme le plus humain et pourtant aime la violence à outrance et use de torture. Il a un improbable complexe d’infériorité qui le voit réagir idiotement, alors qu’il réussit toujours face à son éternel rival, Shadow. C’est une personnalité assez agaçante pour moi et j’avoue que parfois, je l’aurais bien mis de côté pour aller voir ailleurs. Enfin, je gage qu’il saura malgré tout en séduire certains.

   A l’autre bout du ring, Shadow (alias Skylar dans le tome 1). Lui, c’est l’Ombre, l’assassin, il a définitivement tourné le dos à son passé et il assure la protection de son « père » comme un Viper intransigeant. C’est un personnage qui s’en prend très souvent dans la figure, par à peu près tout le monde, et pourtant, c’est celui qui respecte le mieux son travail (certes, qui consiste à tuer froidement, ce n’est pas le plus horrible de la bande pourtant). J’ai trouvé dommage que sitôt qu’on l’engueule (enfin, qu’on le tabasse) pour ses décisions pragmatiques, il aille s’excuser de son hyper rationalité. Mec, tu es là pour ça ! Ce sont les autres qui ne comprennent rien à leur devoir. Un peu déçue, donc, de le voir si facilement s’abandonner à des moments de faiblesse face aux autres, et de finalement, comme Blayne, en revenir aussitôt à son passé. M’est d’avis qu’il aura tout de même pas mal de fans. 😉

   Kayla, comme énoncée dans le résumé, est un élément perturbateur au sein de la fratrie. Enfin, disons plutôt qu’elle attise une rivalité déjà existante. Petite amie de Blayne, elle n’a jamais cru à sa mort et met tout en oeuvre pour le retrouver, quitte à tomber dans la gueule du loup. Elle est décrite comme badass, active, têtue, sportive, et pourtant, elle a ce petit côté agaçant d’amoureuse transie incapable de faire un croix sur son homme, même si lui-même ne la reconnait plus (lavage de cerveau). Au point de laisser son fils derrière elle. Je ne me suis pas spécialement attachée à elle, probablement parce qu’elle forme un duo avec Blayne. Mais comme pour ce dernier, je suis certaine qu’elle parlera à d’autres lecteurs.

    Aryan Turner, le « père » des Vipers et chef de Pinxit Industries, est au sein de ce tome mon personnage préféré. Le plus fidèle à lui-même. Il continue de déployer toute sa personnalité de démiurge qui désire parfaire l’humanité par l’usage de ses augmentations (prothèses cybernétiques) et mutagènes. Froid et calculateur, il s’invite dans la danse mortelle des jeux de pouvoir avec la certitude que ses créations, ses « enfants », sauront faire la différence. J’ai comme dans l’idée qu’il sous-estime son adversaire, le fameux Augure, ce qui n’est pas un mal, cela promet quelques retournements de situations tout au long du cycle.

   Les autres personnages, et notamment les autres Vipers, sont peu exploités, hélas. Certes, Mantis a le droit à plusieurs scènes personnelles qui mettent en avant ses capacités de manipulation (ainsi que quelques questionnements pour ma part : on ne la reconnait jamais d’une fête à l’autre ?). Mais les autres sont plus des soutiens auprès de leurs deux chefs, Shadow et Centurion, que de réels éléments essentiels à l’intrigue. Je peux comprendre dans un récit que l’on privilégie certains personnages au détriment des autres. Il n’empêche qu’on s’attend quand même à voir un peu plus la petite famille dans son ensemble. 😉

 

Univers et Peintures

   Nous retrouvons l’univers du premier tome, cette Terre des années 2070 soumise à d’importants conflits armés qui ont ravagé de nombreux pays et mis à mal bien des gouvernements. Moins éparpillé, le récit reste plus centré sur les alentours du Capitole. On y perçoit ici et là les ravages de la guerre, notamment sur certains districts, la pollution des environnements, la reconquête de la nature sur des zones désertées. On explore aussi un peu plus en détail les bas quartiers de certaines villes, la violence, la contrebande, le vol, le meurtre… De quoi mettre en avant la misère dans laquelle l’humanité s’est enfoncée en grande majorité. Et de l’opposer à l’opulence du Capitole, déjà perçue précédemment. Une dualité que l’on retrouve très souvent dans ce type de récit, mais qui fonctionne plutôt bien.

    La technologie y est toujours omniprésente et l’intrigue permet d’en explorer d’autres facettes. Certes, elle dépeint toujours autant les augmentés et leurs prouesses résultant de leur avantage cybernétiques, et elle cherche à rappeler l’usage de neurophine afin de diminuer le risque de rejet des greffes (de loin, ce n’est pas encore ce que j’attends à ce sujet). Mais elle met surtout en place le revers de cette technologie, ou devrais-je dire, la technologie pour combattre cette technologie (et oui, c’est bien connu, on combat toujours le mal par le mal). Ainsi apprenons-nous que ceux opposés à la suprématie de Pinxit Industries, et pour les plus extrémistes, à l’usage d’augmentations charcutant l’espèce humaine, ainsi apprenons-nous donc que ces rebelles connaissent quelques moyens pour neutraliser les Vipers. Pas si parfaits que cela, les enfants d’Aryan ? 😉

 

Intrigues et Rouages

      L’intrigue commence par Kayla, copine de Blayne qui a la certitude qu’il est toujours en vie, malgré l’avoir vu périr dans un incendie. En remontant sa trace, elle apprend qu’il a été changé en Viper et envoyé au Capitole. Avec l’aide de certains personnages du premier tome, elle parvint à s’infiltrer auprès de son amoureux. Problème, il a subi un lavage de cerveau et ne la reconnait pas. En parallèle, Shadow et Mantis escortent leur « père » au mariage de la présidente. Mariage qui ne se déroulera pas comme prévu, bien entendu. Deux événements, un individu : l’Augure. Deux pistes d’intrigue donc, qui se rejoignent rapidement pour n’en former qu’une seule et suivre durant une première partie Blayne et Kayla. Si ce qui se passe durant cette partie est intéressante et rythmée, débordant d’une action qui manquait au premier livre, elle reste un peu trop orientée sur les sentiments de l’un et de l’autre à mon goût. Kayla ne se pose pas la moindre question sur l’intérêt d’avoir abandonné son fils pour un homme qui ne la reconnait plus, pire elle se met en danger et obéit aux ordres comme une vraie Viper. Et personne ne s’interroge sur ses motivations, si ce n’est Shadow. Le second arc est tout aussi rythmé et exclut un peu Kayla pour remettre en avant la rivalité Centurion/Shadow. Une rivalité qui a eu tendance à m’agacer à certains moments, comme ils se montraient tout deux parfois un peu trop bipolaires (en mode « je t’aime, moi non plus » 😉 ). Heureusement, la fin tend vers un conclusion qui me convient bien mieux, qui se rapproche de l’idée que je me faisais des enfants parfaits d’Aryan.

    L’intrigue met davantage en avant le point de vue des rebelles et des opposants à la technologie. Ceci permet de parler de la peur vis-à-vis de cette fameuse technologie capable de dépasser rapidement les capacités humaines. La mise en concurrence entre augmentés et humains naturels n’est pas sans rappeler les problématiques actuelles où les ouvriers sont opposés aux chaines de montages robotisées. De plus, cette approche dévoile un autre aspect de la peur, le racisme envers ce qui est différent. Les augmentés méprisent les naturels et leurs faiblesses humaines, les naturels haïssent ces augmentés qui ne sont que des moitiés d’hommes. Le tout est exploité par des individus en haut de l’échelle de pouvoir, désireux de satisfaire leurs idéaux en confrontant les populations sans avoir eux-mêmes à se salir les mains. Des sujets qui, à n’en pas douter, parleront à beaucoup de gens.

   Une nouvelle fois, il s’y trouve des scènes de violence et de sexe qui méritent de rappeler que l’oeuvre s’adresse à un public averti.

 

Conclusion et Avis général

   Un second tome plus fluide et plus rythmé, doté d’une volonté d’explorer les capacités des Vipers façonnés, mais qui met un peu trop souvent en scène les mêmes personnages, quand la fin du premier tome laissait espérer la découverte des autres Vipers. Peut-être pour le tome suivant ?

 

Une excursion au Capitole avec des Vipers chargés à bloc ? 😉

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Un aperçu d’ailleurs sur

Project Viper – T2 : Faceless ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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