[Chronique Littéraire] Project Viper – T1 : Rising, Ellen Raven Martin

   Aujourd’hui, je sors de ma PAL officielle pour le Printemps de l’Imaginaire Francophone, pour vous parler du premier tome d’un récit de science-fiction cyberpunk, Project Viper, de Helen Raven Martin.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Project Viper – Tome 1 : Rising18951448_1251465438297475_2853072073902014320_n.jpg
  • Auteur/Autrice : Ellen Raven Martin
  • Illustrateur/Illustratrice : Yanis Cardin
  • Édition : ERA Editions
  • Collection : /
  • Genre : Science-Fiction, Cyberpunk, Anticipation
  • Public : Adulte, Public Averti
  • Cycle : Oui (1/?)
  • Pages : 304
  • Parution : 25 juillet 2017
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix : 4,99 euros – 13 euros
  • ISBN : 978-2956116400
  • Lien : Ellen Raven Martin

Résumé : Le temps est venu pour un nouvel ordre mondial. Les conflits armés font le bonheur des marchands de mort, membres de l’organisme qui chuchote à l’oreille des grands de ce monde. On crache sur son nom : Conglomérat, tout comme on s’incline face à son gigantisme.

De cendres des États-Unis est née la Fédération, amalgame de quatorze District gouvernés par la despotique et non moins sulfureuse Présidente Erika Lawson. Face à la rébellion qui fait rage, celle-ci doit prendre des mesures drastiques.

Le Conglomérat se rencontre à l’occasion d’un nouveau sommet. Il décide de lui fournir l’avenir. Cyborgs de guerre ou machines douées d’une âme humaine, le nom de ces créatures reste incertain. Une chose est certaine : ce sont des Vipers.

Car tous sont membres du Projet Black Viper.

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

    Service Presse : Merci à Ellen Raven Martin pour m’avoir permis de découvrir son roman que j’ai entamé avec enthousiasme. 🙂

 

Couverture et Accroche

    La couverture dessiné par Yanis Cardin est assez accrocheuse pour l’œil avec ce rouge sanguin et ce tracé rectiligne futuriste qui donne une bonne idée globale du genre du récit. Les personnages en contraste obscur rappellent ceux des univers cyberpunk, notamment le personnage de Skylar qui n’est pas sans évoquer quelques figures connues telles que dans Carbone Modifié ou Deus Ex.

   Pour ce qui est du résumé, il est plutôt engageant, pour qui apprécie les récits d’anticipation assez noir. A la lecture du roman, je dirais qu’il correspond davantage à une accroche pour l’ensemble du cycle que pour le premier tome seul. Par exemple, le seul nom cité dans le résumé décrit un personnage assez secondaire pour ce premier tome et dont on ne perçoit pas vraiment, pour l’instant, l’aura despotique. Bref, le résumé annonce à lui seul qu’il vous faudra poursuivre votre lecture à travers les différents tomes pour en comprendre la réelle teneur.

 

Prose et Structure

   Le récit est conté à la troisième personne et au passé. La plume de l’autrice est plutôt facile à suivre, elle est simple et ne s’embarrasse pas de terminologies complexes qui pourraient décourager les lecteurs peu habitués à la hard science-fiction. Si elle est globalement plutôt adaptée au récit, elle se teinte parfois de certaines tournures un peu maladroites (rien de bien méchant, ceci dit 😉 ). De même qu’il arrive à certaines occasions de relever des rappels qui semblent témoigner d’un doute quant à la mémorisation d’événements du récit de la part du lecteur (je pense notamment à la rencontre entre l’un des protagonistes et un mécha-chien que l’on rappelle quelques chapitres plus loin, alors que le simple sous-entendu de la détestation des mécha-chiens pourrait suffire à évoquer ce souvenir). Globalement, je trouve qu’il manque parfois de liberté pour s’approprier certains sous-entendus, directement expliqués dans la foulée. Mais c’est parce que je suis une lectrice qui aime faire fonctionner son cerveau, j’imagine que ces rappels seront bienvenus pour d’autres. 😉

    La structure du récit, sans m’avoir particulièrement dérangée, m’a posé question sur certains de ses choix de construction. Doté d’un prologue bien amené pour lancer l’intrigue, le récit est suivi d’une chapitre curieusement long en comparaison des autres, alors que, de mon point de vue, il aurait pu suivre le découpage du reste du tome, puisqu’il impliquait finalement deux événements distincts. En effet, les autres chapitres ont pour unité un point de vue ou un événement particulier suivi par plusieurs protagonistes. En parlant de focalisation, si nous apprenons au début de chaque passage qui est le personnage central par la mention de son nom, il m’est arrivé de chercher à savoir qui était vraiment le narrateur, comme certaines phrases, du type « Il semblait que Untel pensait cela » en parlant du protagoniste, ont pu attiser le doute dans mon esprit. Rien de vraiment dérangeant là encore, mais c’est un peu dommage de rompre son fil de lecture pour de petits détails.

    Dernier point, la mise en place de flash-back d’une façon assez originale, bien qu’on ne sache pas vraiment si cela s’adresse au seul lecteur, ou bien si cela concerne un personnage (ce que je trouverais bien pensé). Peut-être l’apprend-on dans les tomes suivants ? 😉

 

Personnages et Figurants

   Il y a un certains nombres de personnages, d’autant que le but de ce premier tome est de montrer au lecteur une vision d’ensemble des forces en puissance. Aussi, je ne vous parlerai que des plus importants.

    Aryan Turner, chef de Pinxit Industries, est l’instigateur de Projet Black Viper qui vise à créer des sur-hommes. Il a un point de vue assez particulier sur l’humanité, ainsi pense-t-il notamment que l’homme est voué à s’améliorer et à se perfectionner grâce à l’utilisation de technologie de pointe. Il a un côté assez messianique dans sa façon de voir l’innovation et le changement, d’autant qu’il est persuadé détenir, par l’intermédiaire de son entreprise, une capacité quasi-divine de création. Lui qui pourtant, se contentera d’attendre que les autres façonnent son rêve pour son propre compte. C’est un personnage intriguant et bien écrit qui, j’espère, saura un peu plus dévoiler de sa personnalité dans les tomes suivants.

   Zeera Kinglsey est une chercheuse d’un genre particulier, puisqu’elle est rattachée à une base militaire de mercenaires et autres gros-bras jugés fous à lier. Vous l’aurez donc compris, elle est dotée elle-même d’une singulière personnalité, la plaçant régulièrement sur le fil du rasoir entre l’empathie et l’antipathie. Elle a une fascination certaine pour la souffrance, la sienne comme celle des autres, ce qui lui vaut d’être qualifiée de sorcière. Même parmi ses pairs qui cherchent pourtant, tout comme elle, des moyens plutôt violents pour façonner des sur-hommes. Elle est donc un personnage qui ne laissera pas indifférent, quel qu’en soit le sens.

   Blayne Weston est un rescapé. Récupéré au bord de la mort par Zeera, il a subi un tel calvaire qu’elle voit en lui la perfection, un homme capable de transcender la souffrance. Il a un tempérament plutôt indépendant et intègre, ce qui le rend fort sympathique dans ce monde très noir. Mais passé un certain stade où il devient pleinement Viper, il perd de son libre arbitre, et même s’il conserve une humanité qui le voit se préoccuper des autres, je regrette ce changement radical dans cette idée de liberté individuelle. A voir par la suite ce qui est advenu de cette facette de lui-même.

   Skylar Kenway faisait parti des rebelles luttant contre la suprématie du Conglomérat, avant d’être capturé et voué à devenir un Viper. Soumis à la torture, sa descente aux Enfers est douloureuse à suivre, on ressent assez facilement de l’empathie pour lui. En effet, loin de se contenter de briser son corps en mille morceaux, c’est tout son être que l’on va tenter de refaçonner des mois durant. Or Skylar est un battant, il a toujours lutté, malgré la douleur que cela peut engendrer. Une raison suffisante pour pousser la torture à l’extrême. Je regrette là encore une certaine facette de ce qu’il advient de lui, comme son comportement semble parfois un peu enfantin, surtout dans ses rapports avec Blayne.

    Bien d’autres personnages façonnent ce premier tome, notamment les autres membres du Black Viper que je vous laisse découvrir par vous-mêmes. 😉

 

Univers et Peintures

    Ce récit raconte notre monde dans un futur assez proche. Des guerres ont ravagé les quatre coins de la Terre, si bien que les gouvernements en place ont perdu de leur influence. Si les Etats-Unis se sont adaptés pour former une Fédération, c’est bien le Conglomérat qui dirige le nouvel ordre mondial. Composés des plus grandes entreprises et industries, elle est dirigée par le chef de Pinxit Industries qui fabrique des augmentations de qualité. Mais que sont les augmentations ? Il s’agit d’une technologie cybernétique qui permet d’améliorer un organe, un membre ou une capacité naturelle de l’être humain. Ces améliorations, bien que décriées par certains, sont devenues choses courantes en 2071, si bien qu’il est désormais normal de croiser des individus avec des prothèses oculaires, des femmes dotées de jambes augmentées ou encore des hommes d’affaires munis d’une puce de traduction intégrée au cerveau. Mais pour que le corps accepte les greffes, il faut user d’un médicament, la neurophine, rendant les augmentés dépendant de l’industrie pharmaceutique. Un aspect pas encore développé dans le premier tome, on attend donc de voir la suite.

    Le monde en lui-même a évolué par d’autres aspects technologiques comme la présence de hovercrafts ou la création d’androïdes de garde, tel les mécha-chiens pouvant être dotés d’une multitude d’armes. Même si certains aspects m’ont un peu surprise (comme l’utilisation de la betadine que j’aurais vu remplacée par une nouvelle substance de circonstance), l’univers est plutôt bien décrit dans sa métamorphose technologique couplée à la décadence des environnements éloignés du Capitole, souvent devenus champs de mine. L’autrice dépeint ainsi la triste réalité de ce qu’est devenu la Terre, soumise aux caprices des hommes et des grandes groupes industriels. De la noirceur, vous en avez, y compris dans les priorités des grands de ce nouvel ordre mondial.

    En effet, les industriels se posent la question sur la pertinence d’user d’androïdes pour manipuler la foule. Entités artificielles conçues pour la protection ou l’attaque, le Conglomérat regrette leur manque d’humanité et de prise de décision, d’où son envie de créer des cyborgs capables d’allier les qualités des robots et des hommes. La manière de produire ces Vipers semble différer d’un individu à l’autre, bien qu’on n’ait connaissance de ce façonnage que pour Skylar et Blayne. Au final, ils sont sept. Le récit du premier tome n’ayant servi qu’à l’exposition de l’univers et la création de l’équipe, on ne sait pour l’instant ce que valent réellement ces hommes parfaits. Le prochain tome devrait donc rapidement les mettre en situation. 😉

 

Intrigues et Rouages

    Comme j’ai pu le mentionner, l’intrigue est orientée sur la phase de création du projet Black Viper. Ainsi suit-on étape par étape la création de deux sur-hommes dans les locaux malfamés d’une base militarisée de mercenaires. Les patients y sont bien entendus non volontaires et subissent des traitements douloureux afin de les conformer aux souhaits du Conglomérat, et plus particulièrement d’Aryan Turner. L’ouvrage se finit ainsi sans réel climax asphyxiant, comme certains pourraient s’y attendre, mais pas sans une certaine logique. En effet, le tome visait à raconter la création du groupe, celui-ci est définitivement mis en place lors des derniers chapitres. Normal donc, et en cela je ne suis pas déçue. J’ai même apprécié la première partie de ce tome, dans son aspect psychologique concernant aussi bien les cobayes que les personnages qui les environnent. En revanche, je trouve un peu dommage que les autres Vipers arrivent si tardivement, on ne s’attache pas à eux et on ne s’inquiète pas trop de l’issu du tome. En effet, on sait déjà comment cela finira, ce qui retire la tension dramatique du dernier événement de cette première partie.

    Ce premier tome a vocation à vous parler de l’humanité, de l’individu, de ce qui le forme et façonne son caractère. Ainsi est-il mis en exergue que l’expérience, le vécu, les liens aux autres sont des facteurs essentiels du développement d’un homme, et que si tout cela venait à disparaître, il en serait profondément changé. C’est avec noirceur, donc, que l’on parle d’humanité, puisque que, par la recherche d’individus parfaits, on en vient à user de méthodes effroyables et destructrices. L’inhumanité pour perfectionner l’humain. On est ainsi confronté à une réelle violence qui se traduit dans toutes les strates de la société dépeinte, y compris dans les jolis bureaux des hauts décisionnaires. Après tout, on ne conserve pas un mécha-chien près de soi sans raison. Un bémol cependant pour moi, j’ai trouvé qu’il manquait un réel aboutissement à cette épreuve expérimentale, à cette tentative d’obtenir un sur-homme, les sujets devenus Vipers étant finalement très humains dans leurs failles et faiblesses (or, j’aurais pensé que c’était ce qu’on cherchait à retirer). De quoi se demander s’il sont réellement différents d’un individu simplement augmenté. Mais peut-être est-ce le but ?

   A noter qu’en sus des scènes de torture qui peuvent déplaire à un public sensible, il existe plusieurs scènes de sexe plutôt explicites. Je pense qu’il est donc bien de préciser que l’ouvrage est destiné à un public averti.

 

Conclusion et Avis général

   Ce premier tome est une mise en place de l’univers, un prologue aux aventures du groupe de Vipers. Par le temps qu’il prend à décrire les expérimentations subies par les futurs sur-hommes, il cherche à démontrer toute la noirceur de l’humanité prête à tout pour parvenir à la perfection. Pas de folles mésaventures donc, mais de quoi aviver la curiosité sur le potentiel de ce groupe hors normes. Et ça tombe bien, le tome 2 sort demain (le 15 mars 2018). La suite de cette chronique devrait donc suivre bientôt. 😉

 

Envie de découvrir ce qu’est un Viper ? 😉

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Un aperçu d’ailleurs sur

Project Viper – T1 : Rising ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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3 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Project Viper – T1 : Rising, Ellen Raven Martin

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