[Chronique Littéraire] Kerys – T1 : Ceux du mercure, Catherine Loiseau

   Nouvelle bulle [Chronique littéraire], nouvelle histoire, nouvelle autrice francophone à découvrir. Aujourd’hui, je vais vous parler de Ceux du mercure, de Catherine Loiseau.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Kerys – Tome 1 : Ceux du mercurecouverture_mercure_OK.jpg
  • Auteur/Autrice : Catherine Loiseau
  • Illustrateur/Illustratrice : Cha’peau Rouge
  • Édition : Hydralune (collectif)
  • Collection : Kerys
  • Genre : Steampunk lovecraftien
  • Public : Adulte, jeune adulte
  • Cycle : Oui (1/?)
  • Pages : 437
  • Parution : 08 septembre 2017
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix : 2,99 euros – 17 euros
  • ISBN : 979-10-94812-32-7
  • Lien : Hydralune : Ceux du mercure

Résumé :  Automne 1890

   Sainte-Victoire, la capitale de Kerys, connaît une paix relative : les brigades du mercure veillent au grain, contiennent les attaques d’Abominations et scellent les failles par lesquelles ces féroces créatures apparaissent.

   Cette fragile quiétude vacille quand une bombe explose au cœur de la ville. L’enquête de la police semble impliquer un mécanicien des brigades du mercure. Le capitaine Honoré Rocheclaire doit faire la lumière sur cet incident. Mais rapidement, l’affaire prend des ramifications inattendues. Pourquoi des ressortissants austréniens, nation en froid avec Kerys, se mêlent-ils de la partie ? Que cache Maximilien Rocheclaire, le brillant oncle d’Honoré ? Pourquoi les Abominations, qui jusque-là s’étaient tenues tranquilles, recommencent-elles à attaquer ?

   Face à ces questions, les certitudes que les mercuriens tenaient pour acquises pourraient bien voler en éclats…

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MON AVIS
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Couverture et Accroche

   Petit ajout d’un nouveau point, car j’ai remarqué qu’il manquait aux précédentes chroniques (j’irai donc l’ajouter sur ces dernières 😉 ). En effet, il me semble aussi important de féliciter les illustrateurs qui donnent vie au récit et incitent le lecteur à s’y plonger. Si personnellement, ce n’est pas ce qui me décide, je dois avouer que la couverture de Ceux du mercure est attrayante, tant par le choix des couleurs, la mise en avant du personnage principal ou la menace latente qui pèse en toile de fond. Bref, une jolie conception.

   La quatrième de couverture fait correctement son travail, à mon sens. Il parle de bouleversements, d’abominations et d’enquêtes, forcément, mon cerveau a dit « oui ». Après lecture, je confirme qu’il correspond bien au contenu, pas de mauvaise surprise donc.

 

Prose et Structure

   Avant de commencer, je dois vous dire que j’avais lu les Nouvelles de Kerys (voir [Mois litté] 5 nouvelles gratuites de fantasy pour vous mettre dans le bain), se déroulant dans le même univers avec les mêmes personnages, et que j’avais grande hâte de me plonger dans le roman. Ce que j’ai donc fait rapidement. Habituée à la plume de l’autrice que je venais à peine de quitter, j’ai donc lu ce récit d’une traite, ce qui en dit long, je crois, sur la qualité de sa prose. 😉

   Le récit est découpé en plusieurs chapitres qui n’ont pas spécialement pour unité un point de vue de personnage puisque plusieurs peuvent y intervenir, cependant l’enchaînement de ces points de vue distincts se fait sans la moindre gêne, et permet au contraire de percevoir le déroulement de l’intrigue sous plusieurs angles. Ainsi, le rythme du récit est bien dosé, sans temps mort, et laisse à la fois la place à l’exposition et à l’action.

   Je m’attarderai juste sur quelques petites répétitions d’expressions ou de situations qui, lorsque les termes employés sont fort semblables, se perçoivent d’autant plus qu’il s’y trouve peu de pages entre chaque (où alors, c’est mon esprit qui accroche sans que j’y prenne garde). Rien de bien méchant, mais cela m’a marqué deux ou trois fois.

 

Personnages et Figurants

Les personnages sont plutôt nombreux, ce qui est une grande joie pour moi, car j’adore pouvoir aller de l’un à l’autre.

   Ainsi nous retrouvons en premier lieu Honoré Rocheclaire, capitaine des brigades du mercure, en charge notamment de faire tourner en bourrique les nouvelles recrues. Drôle et charmeur, très apprécié par ses hommes et par la gent féminine (à qui il voue lui-même une certaine admiration), il reste un homme d’action efficace lorsque la situation l’exige. Personnage masculin principal, il pourra avoir tendance à agacer un peu lorsqu’il s’égare, quand d’autres, plus probablement lectrices que lecteurs, trouveront cela amusant.

   Artémise Bousquet est une doctoresse de la caserne. Métisse de par ses origines peu avouables, elle en conçoit une gêne qui la rend peu encline à reconnaître ses qualités pourtant manifestes dans un domaine scientifique où il reste difficile pour une femme de trouver sa place. Cette même difficulté la laisse confuse vis-à-vis de ses sentiments, ce qui malheureusement, occasionnera de légères répétitions à quelques pages d’intervalle. Elle reste néanmoins un personnage appréciable, tant elle se montre à la fois prévenante et autoritaire avec ceux dont elle a la charge.

   Erika Zhaan, agent d’une nation étrangère, va rapidement se retrouver mêlée au affaires de la caserne, et faire tourner la tête de nombreux hommes, à commencer par notre cher capitaine. Belle et habile à la manipulation, elle s’avère très utile à l’enquête, d’autant qu’elle sait parfaitement se défendre en combat rapproché, de quoi satisfaire les lecteurs qui aiment les femmes actives. Même si je n’ai pas vraiment d’affection pour ce type de personnage trop entreprenant à mon goût, je reconnais que l’histoire n’aurait pas eu la même saveur sans sa présence provocatrice.

   Pour être tout à fait honnête, j’ai bien plus accrochée à la plupart des personnages secondaires (d’où l’intérêt d’avoir un certain nombre de personnages étoffés). Si beaucoup certainement adoreront Ripley, l’androïde à l’apparence de femme froide dotée d’un dangereux arsenal et d’un manque total d’humour qui créer d’amusants décalages, ma préférence va aux deux pauvres fous qui vivent en haut de leur dirigeable. Maximilien Rocheclaire, oncle d’Honoré, et son ami Léandre Leblanc, deux inventeurs de génie à la cervelle légèrement grillée, mais ô combien indispensables au récit. Je mentionnerai aussi Léo, ou Eléonore Monsont, garçon manqué de la branche scientifique de la brigade et elle-même inventrice à ses heures perdues, et son amie Adélaïde Boulanger, jeune femme énergique qui aura tendance à frapper la première en toute circonstance, même lors de pauses prises en douce.

   Vous voyez beaucoup de noms féminins. Effectivement et c’est une très bonne chose, mais c’est là aussi que j’amorce un constat. Alors que les femmes sont nombreuses et variées, les hommes m’ont semblé un petit peu plus en retrait dans leur exposition. Ma déception allant à Clément Larcher, qui outre être un homme, a le malheur d’être de la police, et donc de jalouser la brigade du mercure. J’aurais apprécié une perception plus nuancée de son ego d’agent d’état, qui pourtant, ne fait que son travail (et qui a une bonne excuse concernant Honoré). Mais ceci reste une appréciation personnelle. 😉

 

Univers et Peintures

   L’univers présenté dans les Nouvelles de Kerys m’avait beaucoup plu, cela se confirme à la lecture de ce tome. Il est d’inspiration steampunk, un environnement victorien avec les codes qui y correspondent. La ville où se déroule l’intrigue, Sainte-Victoire, est bien exploitée, on se plait à cheminer en compagnie des personnages entre ses avenues élégantes et ses ruelles plus sombres pour en découvrir le moindre décor. La présence du dirigeable des inventeurs joue aussi beaucoup dans la sensation de dépaysement, et même s’il reste la plupart du temps attaché au sol, on perçoit l’importance symbolique de sa présence dans le récit.

    Bien entendu, le texte ne serait rien sans l’aspect lovecraftien, avec ces fameuses failles qui crachent des créatures monstrueuses appelées Abominations. Ayant lu les nouvelles, certains ressorts pour renseigner les lecteurs me sont apparus plus clairement, même si je n’en conçois aucune gêne, il faut bien que ces informations soient transmises et connues à la lecture du seul roman, de toute façon (et puis, j’aime beaucoup quand Honoré taquine les recrues ^^). Durant une bonne partie du tome, les Abominations correspondent à l’idée que je m’en faisais, effrayantes et en même temps difficiles à décrire, à l’image de ces cauchemars dont on ressort au petit matin avec une sensation confuse d’effroi. J’apprécie leur diversité, j’aime le principe de les catégoriser par dangerosité, je ne peux là encore m’empêcher de faire un parallèle avec les cauchemars que l’on placerait sur une échelle selon la frayeur qu’ils inspirent. Tout au long du récit, j’ai attendu chaque ouverture de faille avec impatience, ravie de pouvoir m’y confronter de nouveau. Le problème est venu pour moi vers la fin, mais je ne saurais en parler sans spoiler, je me contenterai donc de dire que certaines révélations m’ont un peu déçue. Cependant, là où j’y vois une petite déception, je pense que d’autres sauront y trouver toute satisfaction et bien des questionnements. 😉

 

Intrigues et Rouages

   L’intrigue est prenante puisque dès le début, des événements viennent bouleverser la vie pourtant pas spécialement tranquille des membres du mercure. L’enquête menée est passionnante à suivre, même si un virage pris vers la fin m’a un peu fait sortir de la frénésie des premiers instants (correspondant avec le point sur les Abominations). C’est, je le sais, un ressenti purement subjectif, et je ne pourrais en rien le reprocher à l’autrice. Il y a des choix faits, c’est ainsi, qui ne nous correspondent pas. Je sais cependant que cela au contraire a ravi, ce qui prouve bien que tout est question de goût. L’histoire cependant, m’a énormément plu dans son ensemble, et à aucun moment la tension ne s’est relâchée. Je suis restée accrochée jusqu’au bout et une autre décision, elle, a réussi à briser mon petit cœur. Touchée.

   Un autre aspect du récit est la romance. Je ne pouvais pas ne pas en parler puisqu’elle tient quand même une certaine place, notamment dans les échanges des personnages, leur perception les uns des autres, impactant parfois certaines prises de décisions. Bref, vous aimez les romances, il y en a, mais peut-être pas comme vous vous y attendez, ou comme vous avez l’habitude d’en lire. A vous de vous faire votre idée. 😉

 

Conclusion et Avis Général

   Un univers riche et passionnant, des personnages nombreux et bien caractérisés, une intrigue riche en rebondissements, je suis certaine qu’Honoré et ses amis vont faire de nombreux adeptes. Même si, je ne suis personnellement pas totalement réceptive à certains détails de la fin, je gage qu’elle ouvrira dans l’esprit de nombreux lecteurs plein de perspectives pour un futur tome. Futur tome que je lirai avec grand plaisir. 🙂

 

Alors, qui veut chasser les Abominations à Sainte-Victoire ? 🙂

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Un aperçu d’ailleurs sur

Kerys – T1 : Ceux du mercure ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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7 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Kerys – T1 : Ceux du mercure, Catherine Loiseau

    • bulledeleyna dit :

      Je ne sais pas ce que ça donne dans ce sens-là, un peu de nostalgie peut-être ?
      Pour Honoré, personnellement c’était fluctuant, selon la situation. Le genre d’homme qui m’agacerait un peu au quotidien, mais qu’on aime malgré tout avoir dans son entourage. ^^
      En tout cas, il ne laisse pas indifférent, et c’est le plus important. Je crois qu’il n’y a rien de pire qu’un personnage qui ne fait éprouver aucune émotion au lecteur.

      J'aime

  1. Andréa dit :

    N’oublions pas le grand chef des brigades en la personne masculine et pleine de calculs de Simonet. Il fait parti de mes chouchous, je l’avoue. 🙂
    Et tout cas, voilà une analyse du roman que je partage grandement.

    Aimé par 2 personnes

    • bulledeleyna dit :

      J’ai hésité à en parler, je trouvais que je m’étais déjà beaucoup étendue sur les personnages. Mais je l’aime bien aussi. 😉

      Après, pour ce qui est de mon ressenti sur les personnages masculins, il est possible aussi que cela résulte du peu d’ouvrages lus avec autant de personnages féminins aussi importants, y compris parmi les personnages secondaires. En tout cas, je trouve que les personnages sont suffisamment détaillés et nombreux pour que chaque lecteur y trouve son compte. 🙂

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