[Mois Ciné] Février 2020

    Au sommaire, une gang d’antihéroïnes déjantées, un chien qui apprend à devenir son propre maître, un homme accusé par les médias, un papa qui voudrait rester prince, une énigme autour d’un best-seller, une histoire de mafieux à l’humour british…

(Bird of Prey – L’appel de la forêt – Le cas Richard Jewell – Le prince oublié – Les traducteurs – The Gentlemen)

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

 

Birds of Prey

film_925381Action (1h49) de Cathy Yan

Avec Margot Robbie, Jurnee Smollett-Bell, Mary Elizabeth Winstead

Vous connaissez l’histoire du flic, de l’oiseau chanteur, de la cinglée et de la princesse mafieuse ? BIRDS OF PREY (ET LA FANTABULEUSE HISTOIRE D’HARLEY QUINN) est une histoire déjantée racontée par Harley en personne d’une manière dont elle seule a le secret. Lorsque Roman Sionis, l’ennemi le plus abominable et le plus narcissique de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s’en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. Les parcours de Harley, de la Chasseuse, de Black Canary et de Renee Montoya se télescopent et ce quatuor improbable n’a d’autre choix que de faire équipe pour éliminer Roman.

Mon avis

   On pourrait dire qu’après l’échec de Suicid Squad, ce n’était peut-être pas la peine de poursuivre sur cette lancée. Mais Margot Robbie a su déceler le potentiel comique de son personnage (l’un des seuls points positifs du précédent film, selon de nombreux avis), et il est vraie qu’Harley Quinn est pour beaucoup dans l’intérêt de cette « pseudo suite ». L’actrice joue à merveille cette ancienne psychiatre devenue complètement démente mais qui reste pourtant sympathique dans sa quête d’émancipation explosive qui lui attire les foudres de toute la ville du crime. Cela se perçoit d’ailleurs dans la narration non linéaire et faussement brouillonne, pour rappeler l’esprit confus de la protagoniste. Là où le film pèche un peu, c’est par rapport aux attentes engendrées par le titre, puisqu’il n’est pas du tout question du groupe des Birds of Prey (qui ne se constitue qu’après le climax), mais plutôt d’un concours de circonstances qui pousse Harley Quinn à la rencontre de plusieurs femmes qui finissent par s’allier assez tardivement dans le film. La fin est par ailleurs assez décevante au regard du reste plutôt bien monté, dynamique et cohérent malgré sa loufoquerie. Un soupir pour l’une des protagonistes qui se rappelle subitement qu’elle possède une capacité spéciale, et une pensée émue pour Batman, Le Joker et tous ces gens importants vivant à Gotham qui ne se sentent pas du tout concernés par l’explosion d’une usine ou l’assaut du commissariat (on sait, on a l’habitude avec les franchises de super-héros que les autres soient mystérieusement absents)… A voir si vous avez aimé la précédente prestation de Margot Robbie en Harley Quinn ou si vous appréciez les films de « super-vilains » loufoques.

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L’appel de la forêt

film_925234Aventure (1h41) de Chris Sanders

Avec Omar Sy, Dan Stevens, Harrison Ford

Alliant prises de vues réelles et animation, L’Appel de la forêt raconte l’histoire de Buck, un chien au grand cœur, dont la paisible vie domestique bascule lorsqu’il est brusquement arraché à sa maison en Californie et se retrouve enrôlé comme chien de traîneau dans les étendues sauvages du Yukon en Alaska, pendant la ruée vers l’or, dans les années 1890. Buck va devoir s’adapter et lutter pour survivre, jusqu’à finalement vivre l’aventure de sa vie et trouver sa véritable place dans le monde en devenant son propre maître…

Mon avis

    Il s’agit d’une adaptation tout public d’un roman du début du XXe, qui se veut sympathique, mais qui rappelle avec une certaine tristesse combien les adultes sont incapables d’assumer leur visionnage d’un film qui a pour protagoniste un animal. Pourtant, comme Croc-Blanc du même auteur, L’appel de la forêt n’a rien d’un conte pour enfants et raconte au contraire la violence des hommes et la dureté de la nature sauvage. Rien de tout cela ici, il ne faut pas choquer les têtes blondes sans qui les adultes ne viendraient pas voir le film. On se retrouve donc avec une version édulcorée, où certes quelques méchants hommes « maltraitent » le pauvre Buck (mais pas trop quand même), mais où la nature, elle, est tendre et généreuse comme une mère. Une espèce de fantasmagorie mignonne et souvent touchante, mais qui confortera les adultes dans l’idée que ça ne s’adresse pas vraiment à eux, comme on ira jusqu’à sauver en off des chiens de traîneau qu’on savait pourtant destinés à la mort (ce qui retire donc tout effet de tragédie à la scène en question). Pourquoi est-ce si dur de parler de la réalité de la vie lorsqu’on suit un animal, je ne le saurai jamais… Toujours est-il que dans le genre, le film se suit bien et a une bonne dynamique, que les acteurs sont très bons et que les effets spéciaux sur le chien entièrement en numérique sont plutôt corrects (les fonds verts, eux, sont catastrophiques). A voir pour y amener vos enfants qui seront ravis ou si vous avez la nostalgie des anciennes performances de Harrison Ford.

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Le cas Richard Jewell

film_926403Drame (2h10) de Clint Eastwood

Avec Kathy Bates, Sam Rockwell, Paul Walter Hauser

En 1996, Richard Jewell fait partie de l’équipe chargée de la sécurité des Jeux d’Atlanta. Il est l’un des premiers à alerter de la présence d’une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté… de terrorisme, passant du statut de héros à celui d’homme le plus détesté des Etats-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l’expérience.

Mon avis

   Une fois n’est pas coutume, Clint Eastwood s’attarde sur le cas d’un héros ordinaire et cherche à montrer l’impact délétère d’un emballement médiatique et judiciaire sur un profil un peu excentrique et donc, selon eux, coupable idéal. En terme d’émotions, le ton est juste et on est notamment bouleversé par la mère qui voit brutalement son fils bien-aimé traîné dans la boue comme un criminel. Mais pour ce qui est de dénoncer l’acharnement du FBI ou la pression des médias, pardonnez-moi de dire que c’est plutôt timide. Le film donne l’impression de ne pas vouloir trop se mouiller, de ne pas vouloir trop en dire, de ne pas vouloir risquer de mécontenter une population patriote qui prendrait sûrement très mal qu’on insiste sur les bourdes de ses institutions (déjà qu’il fait apparemment polémique parce qu’on sous-entend qu’une journaliste a couché avec un agent du FBI pour avoir des infos, je vous laisse imaginer si on avait vraiment cherché à les compromettre). Alors on se contente de présenter un profil héroïque, un homme droit, loyal, et certainement trop naïf pour le système qu’il voudrait servir mais qui ne reconnait pas ses qualités. Jusqu’au bout on évitera de taper là où ça fait mal, même durant le traditionnel épilogue écrit où on ignorera superbement le destin des fautifs de l’histoire (ou encore les poursuites judiciaires contre les médias). Bref, c’est bouleversant, mais pas aussi accusateur qu’on pourrait s’y attendre. A voir si vous aimez les films de Clint Eastwood ou si vous appréciez les héros ordinaires pris dans la tourmente.

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Le prince oublié

film_924708Comédie (1h40) de Michel Hazanavicius

Avec Omar Sy, Bérénice Bejo, François Damiens

Sofia, 8 ans, vit seule avec son père. Tous les soirs, il lui invente une histoire pour l’endormir. Ses récits extraordinaires prennent vie dans un monde imaginaire où l’héroïne est toujours la princesse Sofia, et son père, le Prince courageux. Mais trois ans plus tard, quand Sofia rentre au collège, elle n’a plus besoin de ces histoires. Désarmé, son père va devoir accepter que sa fille grandisse et s’éloigne de lui. Dans leur Monde imaginaire, le Prince va alors devoir affronter la plus épique de toutes ses aventures pour conserver une place dans l’histoire.

Mon avis

   Je tiens à le préciser, puisque ce cliché a visiblement la peau dure, mais ce n’est pas parce que le film se passe en partie dans un univers imaginaire qu’il s’adresse aux enfants. Au contraire, celui-ci s’adresse davantage aux parents, une façon poétique d’accepter l’éloignement progressif des enfants de leur cocon familial. Après, on apprécie ou non le ton donné au récit, plein de bons sentiments certes, mais un peu trop fantasmé dans sa partie la plus réaliste, où les erreurs de chacun sont finalement minimes et où la vie est plutôt tendre, même dans ce qu’on nous dépeint comme des crises majeures pour le père et sa fille. La partie la plus originale sera aussi probablement la moins appréciée par le grand public, puisqu’elle représente un monde imaginaire volontairement cliché, où les personnages ont des caractéristiques exagérées, où le décor est excessivement coloré et où les histoires s’emparent d’éléments incongrus pour construire un fil rouge a priori incohérent. Mais c’est oublier son âme d’enfant, celle qui nous fait voyager à la vue d’une simple affiche, d’un simple bruit, celle qui nous voit conter nos propres histoires que les adultes écoutent avec condescendance parce que tout le monde sait qu’une chèvre, ça ne vole pas. D’ailleurs, s’il y a bien une chose que je reproche à ce film, comme à tous les films qui parlent d’imagination, c’est que ce monde imaginaire, allégorie du monde intérieur du père et non de sa fille, ne peut pas exister au-delà de l’enfance. Comme si devenir adulte devait nous couper définitivement de notre imagination, et que nous n’avions le droit d’y retourner qu’à la naissance d’un nouvel enfant avec qui partager notre monde imaginaire. Un peu dommage. A voir si vous aimez les films sur les relations parents-enfants pleins de bons sentiments, ou si vous n’avez pas peur de plonger dans un monde imaginaire qui amplifie les clichés.

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Les traducteurs

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Thriller (1h45) de Regis Roinsard

Avec Olga Kurylenko, Lambert Wilson, Riccardo Scamarcio

Isolés dans une luxueuse demeure sans aucun contact possible avec l’extérieur, neuf traducteurs sont rassemblés pour traduire le dernier tome d’un des plus grands succès de la littérature mondiale. Mais lorsque les dix premières pages du roman sont publiées sur internet et qu’un pirate menace de dévoiler la suite si on ne lui verse pas une rançon colossale, une question devient obsédante : d’où vient la fuite ?

Mon avis

   Thriller à la française plutôt efficace, même si pas vraiment original dans sa volonté de  désacraliser le monde de l’édition en démontrant combien les éditeurs sont véreux et vénaux, et combien les auteurs/traducteurs sont des gens extraordinaires dépossédés de leurs œuvres (récemment donc Le mystère Henry Pick, Les filles du docteur March…). Le film tient à rappeler que la littérature, comme tout art, fait désormais parti d’une vaste industrie où tout est question de profit. Et pour assurer ce profit, tout est permis, à commencer par enfermer des gens dans un bunker durant deux mois, parce que… parce que pourquoi pas ? En résulte bien vite une intrigue en huis-clos assez commune aux films policiers, avec écrans de fumée et autres faux twists qui participent à l’ambiance anxiogène, mais qui ne sauront pas vraiment surprendre ceux qui connaissent les ficelles. Je regrette un peu le parti pris assez manichéen sur les personnages, et l’absence totale de remise en question de l’individu à l’origine de toute l’affaire, certes Robin des Bois des temps modernes, mais pas dénué de certaines responsabilités. Comme si finalement, dans une bonne histoire, il ne devait y avoir qu’un méchant et des gentils, et non toute une palette d’ambitions et de désirs noyés de gris. A noter la présence d’un casting international, une reconnaissance des talents mondiaux qui nous change un peu du cinéma américain très ethnocentré, même lorsqu’il est question de personnages étrangers. A voir si vous aimez les thrillers en huis-clos ou si vous appréciez les critiques sur le monde littéraire.

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The Gentlemen

film_926304Action (1h53) de Guy Ritchie

Avec Matthew McConaughey, Michelle Dockery, Charlie Hunnam

Un baron de la drogue britannique décide de vendre son empire à des millionnaires américains.

Mon avis

   Guy Ritchie propose une comédie de gangsters dont l’efficacité repose beaucoup sur la narration très singulière d’une histoire pourtant convenue de guerre intestine entre bandes rivales de mafieux. Loin d’être linéaire, cette narration s’offre, par l’intermédiaire d’une discussion loufoque entre deux protagonistes, une foule de flash-back et flash-forward. Ainsi, on se retrouve à associer petit à petit les morceaux de puzzle dépeignant un à un les différents personnages, rétro-pédalant pour définir leurs multiples liens, se perdant parfois dans des digressions volontaires puisque le narrateur, loin d’être fiable, s’amuse à inventer des situations improbables pour ajouter un peu de piment à l’histoire. Ce personnage, joué par Hugh Grant, apporte d’ailleurs beaucoup au film, en caricature de détective arrogant et narquois qui pense surnager au-dessus de la bande de requins grâce à son analyse grinçante de la situation (au point qu’il présente le résultat de ses recherches comme un scénario, référence méta quand tu nous tiens…). Le reste du casting est à son niveau, tout aussi drôle dans des registres différents, participant au ton comique autant qu’à la sensation glaciale qui résulte de chaque coup de sang. Le montage et la photographie font le reste, apportant un dynamisme appréciable en jouant notamment entre les scènes contées plutôt de jour, et les joutes verbales entre le détective et l’homme de main qu’il tente de faire chanter, plutôt nocturnes. A voir si vous aimez les films de gangsters à l’humour british ou si vous appréciez les beaux castings.

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Et vous, un film pour le mois de février ? 😉

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2 réflexions sur “[Mois Ciné] Février 2020

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