[Chronique Littéraire] Royaume de Vent et de Colères, Jean-Laurent Del Socorro

   Aujourd’hui, nous refaisons une incursion en fantasy historique, avec le premier roman de l’auteur qui m’a convaincue de me pencher davantage sur le genre, Royaume de Vent et de Colères de Jean-Laurent Del Socorro (Editions Actusf).

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Royaume de Vent et de Colères51208
  • Auteur/Autrice : Jean-Laurent Del Socorro
  • Illustrateur/Illustratrice : Milek Jakubiec / MAMMO
  • Édition : Actusf
  • Collection : Les Trois Souhaits
  • Genre : Fantasy historique
  • Public : Adulte
  • Cycle : One-Shot
  • Pages : 280
  • Parution : 6 mars 2015
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Poche – Broché – Relié
  • Prix :  5,99 euros – 8,99 euros – 18 euros – 20 euros
  • ISBN : 978-2-917689-83-7
  • Lien : Actusf : Royaume de Vent et de Colères

Résumé : 1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi.

À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme.
Les pions sont en place.
Le mistral se lève.
La pièce peut commencer.

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MON AVIS

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Lu dans le cadre du Challenge Littérature de l’Imaginaire.

   Je remercie Jean-Laurent Del Socorro pour sa gentillesse lors de notre rencontre en salon. Je me suis un peu emballée en lui parlant de son livre, mais il a eu la politesse de ne pas paraître trop effrayé par mon excessif enthousiasme. 😛

 

Couverture et Accroche

    Vous n’avez pas l’impression de contempler une vieille toile du 16e siècle en observant royaume-de-vent-et-de-coleresla couverture ? Moi si, et je dois dire que c’est un point qui m’aura longtemps fasciné autant que retenu d’acheter le livre. J’ai déjà pu le dire, mais jusqu’à peu, je n’étais pas vraiment portée sur la fantasy historique. Aussi, même si je trouve l’illustration belle dans ses couleurs, ses contrastes et ses textures, elle n’éveillait pas en moi un grand intérêt. Puis il y a eu Le vert est éternel… et Boudicca… Et puis, je suis tombée sur la version collector de Royaume de Vent et de Colères. J’ai toujours aimé les livres reliés, si rares de nos jours en France. Pour moi, ce sont les beaux livres en haut de la bibliothèque familiale, ces Jules Verne, ces Barjavel, ces Asimov… avec leur signet tissé… Alors quand j’ai vu cette magnifique couverture cartonnée avec ce style ancien et ces dorures ! Pour 2 euros de plus que la version brochée, forcément, j’ai craqué. ^^

   Le résumé  a une structure intéressante, qui se comprend d’autant mieux après lecture. Le premier paragraphe pose le contexte historique, avant de s’attarder sur un ensemble de personnages présents dans une auberge. Puis, on termine avec trois phrases énigmatiques, trois phrases qui servent d’accroche et donnent un côté un peu fantastique en évoquant une force qui dépasse les protagonistes. Et c’est drôle, parce que j’ai eu l’impression de lire le résumé d’un film fantastique en huis-clos, de ceux où plusieurs personnages se retrouvent « par hasard » dans un lieu isolé, et vont ressasser leur passé alors que dehors, la tempête gronde. Et c’est bien ce type d’ambiance, dans un contexte historique bien particulier. Personnellement, j’apprécie que le résumé nous prépare à l’immersion dans cette aventure humaine.

 

Prose et Structure

    Après avoir lu les autres textes de l’auteur, je craignais un peu qu’en revenant à son tout premier roman, je sois confrontée à une certaine déception sur le style. Après tout, l’expérience aide à améliorer notre perception de l’écriture, et il se pouvait que je ne sois pas aussi émue par de premiers écrits. Une fois n’est pas coutume, j’ai fini ma lecture au bord des larmes. La plume de Jean-Laurent Del Socorro est définitivement l’une de mes plumes de cœur, elle sait à chaque fois trouver la voie émotionnelle sans faire dans la sensiblerie ou le lyrisme, juste en prenant le parti de suivre les pensées des personnages qui digressent en pleine action parce qu’une personne, une lumière, une odeur allume ces souvenirs contre lesquels on ne peut pas lutter. On dit souvent aux apprentis auteurs d’éviter les digressions durant les scènes actives, pourtant, nous avons tous déjà constaté que d’étranges pensées peuvent nous assaillir aux pires moments. Les pensées des personnages sont chargées émotionnellement du poids du passé, des choix et des certitudes, et l’usage de la narration à la première personne au présent entretient une force intimiste, un peu comme si le lecteur était dépositaire de ces instants vécus sans filtre, sans occultation. Un texte plein de sincérité donc, qui saura parlé à tous les lecteurs qui n’ont pas besoin de débordements sensationnels et d’introspections démonstratives pour saisir l’émotion de l’instant et la portée de chaque pensée.

   Concernant la structure, il s’agit d’un roman choral qui, une fois encore, m’a rappelé les films intimistes en huis-clos (ou le théâtre, mais je ne suis pas familière de cet art). J’ai adoré ce principe d’alterner les points de vue au sein d’une même scène, de suivre l’un pour croiser l’autre, puis au chapitre suivant, de revenir sur ce second personnage qui regarde partir le premier, ce qui entretient son propre tourbillon de pensées. Chaque personnage est à la fois central et secondaire, chaque scène rappelle qu’on est le héros de sa propre vie, mais un figurant dans celle des autres. C’est beau, ça fait sens, et ça introduit très bien la seconde partie, qui quitte l’auberge pour nous ramener dans le passé respectif de chacun. Là encore, on retrouve un principe de flash-back utilisé au cinéma, afin d’expliquer tous les événements qui précipiteront les choix de chacun dans la dernière partie. Cela peut paraître complexe, mais c’est en réalité très intuitif, que ce soit dans la mise en page au découpage précis, mais aussi dans l’usage des personnages et en particulier celui de Silas, qui clôt chaque partie et annonce la suivante.

 

Personnages et Narrateurs

   Par ordre d’apparition, nous commençons donc par Victoire, une vieille femme qui vient séjourner à l’auberge pour la nuit, dont on comprend vite le terrible et fascinant métier. Chef de la Guilde des assassins de Marseille, elle est loin d’être une simple matrone qui ne tient son poste que grâce à sa réputation, puisqu’elle se retrousse elle-même les manches pour accomplir un contrat qui pourrait bien changer le cours de la guerre. Son point de vue rappelle que le milieu dans lequel elle évolue n’est et ne sera jamais celui de la loyauté, si bien qu’elle éprouve une certaine fascination pour les individus qui en sont dotés, quand bien même ils agissent pour des intérêts opposés. Ce n’est à mon sens pas le personnage qui a le plus grand impact émotionnel, mais il est intéressant de comprendre comment un assassin analyse le comportement de sa proie.

   Axelle est la tenancière de l’auberge. Ancienne mercenaire et capitaine de sa compagnie, elle est brusque et méfiante, ce qui ne la rend pas forcément sympathique au premier abord. Elle se voit comme une personne incapable d’aimer comme mère, incapable de compassion pour les inconnus, pourtant elle accueille tout le monde dans son auberge, sans le moindre préjugé. On la sent bouillonnante au fond d’elle, et on comprend rapidement pourquoi, comme ce qui l’a façonné ne l’a jamais vraiment quitté. Elle est un personnage assez unique, puisqu’elle est à la fois femme dans un monde d’hommes et noire dans un monde de blancs, même si ce dernier point semble moins discriminant que le sexe.

   Gabriel, lui, est un vieux chevalier, résident permanent de l’auberge. On le sent usé par la vie, par ses choix, par cette guerre de religion qui l’aura vu embrasser une cause qui n’était pourtant pas sienne. Il se sait vieux et envie la jeunesse des autres, mais pas avec haine, plutôt avec nostalgie, sans pour autant refaire tout le procès de sa vie. Il y a un côté tragique à son histoire, et en même temps, on perçoit sa noblesse d’âme à ne pas accabler le reste du monde. Il a conscience d’avoir été acteur de sa vie, d’avoir choisi d’être ce qu’il est, si bien qu’il se présente un peu comme le miroir de Victoire. J’ai apprécié qu’il n’ait pas le parcours traditionnel d’homme d’armes se persuadant d’avoir besoin d’un arc de rédemption pour expier une faute qu’il n’a pas commise. Il a des regrets oui, mais ils ne les prend pas comme excuse à chacun de ses actes.

   Armand est Artbonnier, un magicien guérisseur qui manipule l’Artbon, une pierre récemment découverte qui permet d’utiliser une forme de magie extrêmement contraignante. En couple avec son disciple Roland, il a fui son ordre pour des raisons que nous apprenons à découvrir, dans des circonstances qui expliquent l’état pitoyable dans lequel ils arrivent tous deux à l’auberge. Son point de vue est intéressant puisqu’il s’agit de celui qui renseignera le plus sur le seul aspect fantaisiste de l’histoire, l’Artbon. On y perçoit un rapport assez douloureux à cette pierre, une forme d’addiction à une substance dangereuse qui détruit à petit feu celui qui l’emploie. On sent Armand démuni face à l’état précaire de son amant, même s’il tente tant bien que mal d’entretenir l’espoir d’un futur loin de cette France qu’ils cherchent à fuir.

   Silas, est un personnage un peu à part, puisque sa voix est différente (elle s’adresse à un autre personnage, et donc indirectement au lecteur) et qu’elle clôt chaque partie. Sa personnalité est assez intrigante, on hésite entre la folie et le cynisme, mais elle a l’indéniable avantage de raconter des points historiques importants qui permettent une meilleure compréhension du récit. C’est assez étrange de le retrouver dans la nouvelle qui suit, car il présente alors une toute autre facette, moins facétieuse et plus torturée.

 

Univers et Atmosphère

   Contexte historique oblige, on est dans une France du 16e siècle qui se veut la plus réaliste possible. Ainsi, on retrouve la ville de Marseille à l’époque d’un événement historique assez peu cité lors des cours d’histoire, la république (ou dictature, c’est selon ^^) de Charles de Casaulx. Alors que Henri IV monte sur le trône, et malgré sa reconversion au catholicisme, la Ligue catholique dont font partis les dirigeants de Marseille refuse de se soumettre à un Huguenot. Dans le contexte des guerres de religion, la ville subit de multiples sièges, dont un qui déterminera l’avenir de la guerre et la cohésion de la France.

   Si on suit plus ou moins les faits historiques, Jean-Laurent Del Socorro a choisi d’introduire de nouveaux personnages dans cet événement majeur. Ou plutôt, il a décidé de raconter leurs petites histoires au sein de la Grande Histoire. Et s’il y a bien un point sur lequel il est de bon ton de revisiter un peu les vérités historiques, c’est pour y accorder une place aux femmes. Ici, le contrat qui fera basculer la situation de Marseille est l’affaire des femmes (commandité par une femme, exécuté par une femme), qui tomberont aussitôt dans l’oubli, comme l’histoire sera écrite par les vainqueurs, autrement dit les hommes de pouvoir (l’auteur présente d’ailleurs très bien la façon dont les actes sont attribués à certains pour perdurer dans le temps). De même, les femmes, bien que minoritaires, ont leur place sur les champs de bataille, que ce soit en tant que mercenaire ou Artbonnière. Une façon de conserver une forme de réalisme historique tout en rappelant que oui, une femme peut avoir son rôle à jouer dans une guerre.

   Enfin, le point qui rattache ce récit à la fantasy, c’est la magie. Une magie peu présente, comme la découverte de l’Artbon est récente et que son usage est dangereux. L’inclusion de cette facette magique est d’ailleurs cohérente, puisque si elle existe, elle n’a qu’un faible impact durant la guerre, la difficulté à la maîtriser n’assure pas de remporter une bataille, d’autant que les Artbonniers se comptent sur les doigts d’une main. J’apprécie cette mesure, car s’il y a bien une chose qui me chagrine en fantasy historique, c’est de ne pas toujours comprendre pourquoi avec des magies puissantes et ancrées depuis des lustres dans la société, on se retrouve avec des événements identiques à notre réalité. Ici, c’est logique parce que c’est peu utilisé, assez aléatoire, et que finalement, on peut en imputer les effets à des phénomènes naturels (tempête) ou d’autres arsenaux (feu grégeois, poudre…). De même que l’impact sur le corps de l’utilisateur est réaliste, que ce soit dans son phénomène d’addiction que dans l’effet nécrosant qui tâche la peau. Bien sûr, on aimerait en savoir davantage, mais je trouve que son usage limité colle bien avec l’idée d’un récit centré sur l’humain.

 

Intrigues et Thématiques

    Dans l’auberge de la Roue de Fortune, différents personnages se croisent à une époque déterminante pour Marseille : les derniers jours de son indépendance sous l’égide de Charles de Casaulx. Des destins qui s’entremêlent et parfois s’influencent depuis des années sans même le savoir. De l’ancien noble huguenot devenu un chevalier défenseur de la Ligue catholique, de la vieille femme à la tête de la plus grande Guilde des assassins de la ville, du couple de mages amoureux cherchant à fuir les contraintes de leur Art, de l’ancienne mercenaire accueillant tout ce petit monde dans cet espace clos… tous ont leur histoire à raconter : ces petites histoires qui feront la Grande Histoire.

   Je pense que vous l’aurez compris dans mon empressement à toujours faire ce parallèle avec un film intimiste en huis-clos, mais j’ai adoré cette ambiance très intime et humaine, cette façon de raconter une guerre par le regard de personnages qui la vivent à leur échelle, parfois de loin. Car tout l’intérêt du livre, c’est de rappeler que si la situation de Marseille se joue sur quelques jours, quelques heures, la guerre elle perdure depuis des années et a façonné la vie de tous les protagonistes. D’une façon ou d’une autre, elle est leur quotidien, un quotidien qui n’est pas forcément celui de la bataille rangée, mais qui peut être aussi celui de l’attente et de la préparation, des tractations et des contrats secrets, des espoirs et des renoncements. Et la colère, thématique centrale du récit déclinée en autant de facettes que de personnages, trouve son point d’orgue dans la nouvelle Gabin sans « aime », qui fait suite au roman. Une colère qui n’est pas toujours explosive, qui n’est pas toujours visible, qui n’est pas toujours là où on l’attend. Qui peut être la compagne de toute une vie ou l’exutoire d’un chagrin de trop.

   Si je devais émettre un tout petit bémol sur cette lecture que j’ai adorée, c’est l’uniformité de la tolérance parmi les protagonistes. Au sein d’une intrigue dépeignant une guerre qui condamne la différence, doté d’une thématique autour de la colère et de ses conséquences, j’ai été un peu surprise de voir que tous les personnages n’avaient pas le moindre préjugé sur le sexe, la sexualité, la couleur de peau, la religion, la discipline ou le métier des autres. Il n’y a bien que Gilles, le mari d’Axelle, pour s’indigner de voir des Artbonniers chez lui, et encore est-ce davantage pour la forme. Le texte est trop court pour jouer sur un arc narratif où le personnage irait au-delà de ses préjugés, mais il aurait été intéressant pour compléter la thématique de la colère. Mais si je dis ça, c’est vraiment pour chipoter. ^^

   A noter la présence de deux nouvelles, Gabin sans « aime » (terrible et saisissante dans son point de vue enfantin) et Le vert est éternel (chroniquée ici), qui se déroulent dans le même univers, avec des personnages secondaires du roman, et qui complètent merveilleusement son propos. L’interview qui clôt le livre nous apprend d’ailleurs que l’auteur a commencé par les nouvelles, et j’avoue que ça se sent aussi bien dans ses textes courts que dans sa façon d’agencer le roman. Personnellement, je pense que Jean-Laurent Del Socorro a trouvé sa voix. 🙂

 

Conclusion

 Royaume de Vent et de Colères est, une nouvelle fois, un texte de Jean-Laurent Del Socorro qui aura su employer les mots justes pour m’émouvoir. Dans ce roman à l’ambiance de huis-clos intimiste où différents personnages nous rapportent leur passé pour mieux expliquer leurs actes présents, on retrouve un discours très humain sur l’expérience de la guerre, la colère qui s’accumule, la vieillesse, la dépendance… Se voulant réaliste dans son approche, l’univers ajoute une touche de magie dangereuse mais fascinante, qui se mêle parfaitement aux événements historiques. Une jolie réussite que je vous invite à découvrir, si ce n’est pas encore fait. 🙂

 

Alors, envie de s’attarder à la Roue de Fortune ? 🙂

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UN APERÇU D’AILLEURS SUR

Royaume de vent et de colères ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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22 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Royaume de Vent et de Colères, Jean-Laurent Del Socorro

    • Eleyna dit :

      Cela ne m’étonne pas, elle est vraiment classe. ^^
      Sachant qu’ils vont faire la version collector de Boudicca, et que le prochain roman doit sortir directement en collector… je sens que je vais réserver une étagère de la bibliothèque pour les exposer. ^^
      Comme quoi, il y a des ouvrages qui évoquent vraiment des émotions puissantes. 🙂

      Aimé par 2 personnes

  1. OmbreBones dit :

    On sent vraiment ton enthousiasme sur ce texte, ça donne envie de s’y plonger tête la première ! 😊 Je ne sais pas pourquoi je n’ai encore jamais lu cet auteur alors que je le trouve vraiment sympa quand on se croise en salon. Faudra que je saute le pas !

    Aimé par 1 personne

  2. Lhisbei dit :

    J’ai vraiment été marquée par cette lecture (dans le bon sens du terme) : plusieurs années après lecture, je m’en souviens encore. Je n’ai pas encore craqué pour l’édition collector, mais elle fait très envie.

    Et merci pour le lien

    Aimé par 1 personne

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