[Mois Ciné] Septembre 2018

   L’automne est arrivé, mais cela n’empêche pas de continuer à fréquenter les salles obscures. Ce mois-ci, de la SF, de la vengeance et des missions d’infiltrations.

(BlackkKlansman – Kin : Le commencement – La prophétie de l’Horloge – Les frères Sisters – Peppermint)

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

 

BlackkKlansman

21ee3f064034f05504cc5473826387e0Comédie/Policier de Spike Lee

Avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions. En se faisant passer pour un extrémiste, Stallworth contacte le groupuscule : il ne tarde pas à se voir convier d’en intégrer la garde rapprochée. Il entretient même un rapport privilégié avec le « Grand Wizard » du Klan, David Duke, enchanté par l’engagement de Ron en faveur d’une Amérique blanche. Tandis que l’enquête progresse et devient de plus en plus complexe, Flip Zimmerman, collègue de Stallworth, se fait passer pour Ron lors des rendez-vous avec les membres du groupe suprémaciste et apprend ainsi qu’une opération meurtrière se prépare. Ensemble, Stallworth et Zimmerman font équipe pour neutraliser le Klan dont le véritable objectif est d’aseptiser son discours ultra-violent pour séduire ainsi le plus grand nombre.

Mon avis

   Attention, sujet brûlant pour certains activistes. Si le film se veut clairement militant et dépeint une vision malheureusement très actuelle des relations déplorables entre communautés malgré son ancrage dans les années 70, il existe un manque de subtilité pour dénoncer la violence, qui sera l’apanage de tous les Blancs, ou presque. Certes on connait Spike Lee pour ses films engagés sur la communauté afro-américaine et il est primordial de parler du racisme afin de mieux le combattre. Mais dans un climat tendu où la haine resurgit avec force (chose dénoncée dans le film à travers des références à Donald Trump), n’aurait-ce pas été plus intelligent de tempérer un peu en évoquant aussi la bienveillance de quelques Blancs ? Je trouve ce parti pris d’autant plus dommage que les seuls personnages tolérants sont les deux flics formant un seul et même individu sous couverture. L’espoir s’étouffe ainsi au milieu d’une haine palpable de part et d’autre, ce qui noie le message de tolérance. Du point de vue du duo, oubliez la logique qui voudrait que seul le flic blanc infiltre le KKK ; pour des raisons de « performances », le flic afro-américain se verra répondre au téléphone à la place de son collègue. Les suprémacistes sont tous bêtes et sans subtilités, une représentation désirée puisque même le chef du KKK aura la grossièreté de différencier Blancs et Noirs par leur langage en usant d’une caricature de « bon petit sauvage ignare et analphabète ». Certitude qui apparaît d’autant plus ridicule qu’il côtoie des serveurs afro-américains parlant parfaitement l’anglais (rappelons qu’un accent dépend de l’endroit où l’on vit, pas de la couleur de peau). Sur la forme, on se retrouve avec des passages assez longs et des essais d’effets qui tendent à se rapprocher du visuel des années 70. On apprécie ou non, mais il est à noter que cela cherche à donner un ton léger au film. A voir si vous aimez les films de militantisme engagé ou si vous appréciez les films policiers sauce funcky.

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Kin : Le commencement

ff638840d6443604ea559242cc2a15bfScience-Fiction de Josh Baker

Avec Myles Truitt, Jack Reynor, James Franco

Eli, jeune adolescent de Detroit, erre dans une usine désaffectée où il découvre par hasard une arme surpuissante, d’origine inconnue, qu’il ramène chez lui. Mais passé l’amusement, Eli réalise qu’on ne soustrait pas impunément une arme aussi redoutable : il se retrouve recherché par des criminels, par le FBI, et par ceux qui semblent être les propriétaires légitimes de l’arme futuriste. Accompagné de son grand frère et d’une jeune danseuse, Eli n’a d’autres choix que de fuir, emportant avec lui un seul bagage : cette mystérieuse arme…

 

Mon avis

   Pour un film de science-fiction qui pour une fois s’avère être une oeuvre originale, et non une adaptation de succès littéraire, l’idée de base semble prometteuse. Dans une ambiance un peu rétro racontant une Amérique qui stagne dans les années 80, les éléments futuristes n’ont pas besoin d’effets spéciaux de grande envergure pour être mis en valeur. Cependant, le pitch présenté est mensonger, car ce n’est pas l’enfant porteur de l’arme, mais son grand frère ancien taulard qui est poursuivi par une grande partie des antagonistes. Et c’est bien ce frère, plus qu’Eli, qui est le protagoniste, au sens de celui qui agit pour faire avancer le scénario. Un peu dommage pour un film adressé aux adolescents, d’autant que le jeune héros ne sert finalement qu’à banaliser l’usage de la violence pour résoudre les problèmes, allant jusqu’à masquer plusieurs meurtres en pluie de cendres. Aucun acte, aucune décision ne semble réellement impacter Eli qui se contente d’accepter ce qui lui arrive avec une étonnante sérénité. La fin ne fait qu’ajouter à cette impression de survol du sujet, mais j’imagine qu’elle se justifie pour beaucoup par l’aspect de premier chapitre d’une potentielle saga. Reste qu’il se dégage de ce film une atmosphère datée qui pourra plaire aux nostalgiques des anciens films de genre. A voir si vous aimez les films à la Terminator ou les films de gangsters avec des armes futuristes.Bulle d'Eleyna Logo 2

 

La Prophétie de l’Horloge

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Fantastique de Eli Roth

Avec Owen Vaccaro, Jack Black, Cate Blanchett

Cette aventure magique raconte le récit frissonnant de Lewis, 10 ans, lorsqu’il part vivre chez son oncle dans une vieille demeure dont les murs résonnent d’un mystérieux tic-tac. Mais lorsque Lewis réveille les morts accidentellement dans cette ville, en apparence tranquille, c’est tout un monde secret de mages et de sorcières qui vient la secouer.

Mon avis

   Ceci est un film pour enfant et sûrement ravira-t-il son public cible. En tant qu’adulte, bien que pouvant apprécier les œuvres jeunesses, je n’ai pu m’empêcher de constater que toutes les ficelles tenaient à l’aide de gros nœuds et se passaient allègrement de la plus petite explication qui vaille la peine de donner une cohérence au tout. Le pire est certainement de sentir un manque total de maîtrise du sujet, ce qui fait que le réalisateur semble voguer entre plusieurs références sans parvenir à en tirer l’essence. On se retrouve alors avec une évolution et une imagerie datée un brin grotesque (parfait pour faire rire les enfants certes), qui aura l’avantage de nous faire regretter les productions des années 90, bien plus abouties et pertinentes que cette « prophétie ». Les acteurs sont assez limités dans leur jeu : Jack Black ne sachant pas garder son sérieux pour les moments graves et Cate Blanchett conservant ses expressions figées (quand on ne lui fait pas faire des pirouettes totalement hors sujet) rivalisent avec des antagonistes inconsistants et bêtas. Mais bon, il y a quelques blagues « pipi-caca » et un compte à rebours pour enthousiasmer vos bambins, alors…. A voir si vous aimez les films similaires au récent « Chair de Poule », qui d’ailleurs avait déjà pour acteur Jack Black. 

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Les frères Sisters

3a2fde62c0bf87f3635992a7978732deWestern de Jacques Audiard

Avec Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal

Charlie et Elie Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Elie, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

Mon avis

   Autant j’apprécie l’intention, le scénario et les personnages, autant je n’aime pas le montage avec cette abondance de fondus et autre fonds noirs qui laissent à peine le temps aux personnages de finir leur phrase. C’est un avis subjectif, car je sais que le grand Audiard est un habitué des prix en tout genre, mais vraiment, sa mise en scène ne me touche pas. Pourtant, visuellement, il reprend les codes du genre avec les étendues sauvages, les couchers de soleil, les canyons des prospecteurs en quête d’or, et même l’ours de ce trappeur de Dicaprio. Mais ce montage… Reste que l’histoire est intéressante, en cela qu’elle s’éloigne des standards avec la petite manie parfois un peu cruelle, mais très réaliste de ne pas offrir le chemin attendu par tous, aussi bien les personnages que les spectateurs. Un fait qui pourra déplaire à ceux qui viennent pour assister à de véritables conflits, mais qui cherche avant tout à démontrer que l’homme dans cette grande étendue américaine n’est qu’un enfant qui croit tout savoir mais qui ne contrôle rien. Le rapport au père détesté est repris par les 4 personnages principaux, sans pour autant s’étendre sur le sujet, un peu comme tout ce qui est introduit dans le film. Au final, c’est au pouvoir de suggestion que l’on semble vouloir s’adresser, et cela doit d’autant mieux fonctionner lorsqu’on connait la filmographie du réalisateur. A voir donc si vous aimez les films d’Audiard ou si vous appréciez les westerns contemplatifs.

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Peppermint

ce8ad9ca9ec23be183a6e6f065253501Action de Pierre Morel

Avec Jennifer Garner, John Ortiz, Richard Cabral

Riley North est une jeune mère de famille dont le mari et la petite fille viennent d’être assassinés par un gang. Face à système judiciaire corrompu qui remet en liberté les meurtriers qu’elle avait pourtant formellement identifiés, Riley décide de prendre les armes pour faire payer tous ceux qui, de près ou de loin, sont impliqués.

Mon avis

   Forcément, si on dit par le réalisateur de Taken, on s’attend à la même chose au féminin. Et c’est exactement ça. Pas de surprise donc, ceux qui viennent pour un film de vengeance et d’action seront servis, avec en prime une actrice fort bien connue dans ce type de rôle. On n’échappe donc à aucun cliché du genre, néanmoins le rythme reste plutôt bon. J’ai malgré tout remarqué qu’à rôle égal, la femme aura tendance à souffrir davantage de ses blessures et à boiter les trois quart du film, quand un homme s’en remet à la scène suivante. Pour une fois, je crois que la gente féminine est plus crédible dans la récupération de ses blessures. Bien entendu, les personnages font rarement preuve de discernement (les stups qui s’acharnent à appeler en vain un seul et unique numéro du commissariat au lieu de passer, je ne sais pas moi, par le standard par exemple, si vraiment on n’a le numéro d’aucun autre flic du coin) ou de constance dans leur comportement (le grand méchant envoie ses hommes tuer la famille d’un individu qui a juste envisagé d’aider un ami à le voler… mais essaie ensuite d’acheter sa femme qui a survécu, vous savez avec l’argent qui n’a pas été volé… avant de tuer ses hommes parce que la protagoniste a brûlé son stocks de billets… Ce rapport schizophrène à l’argent… oO). Les scènes d’action sont néanmoins plutôt divertissantes, et si on accepte la règle récurrente d’un individu capable d’en tuer cent en terrain inconnu, je pense que cela rentre dans les standards du genre. Dommage cependant qu’on n’ait pas un réel traitement du traumatisme subi par la protagoniste. Après tout, tout individu dont on supprime la famille n’ira pas prendre les armes pour se venger. Or, curiosité du genre, la demoiselle n’a aucun antécédent dans les forces armées. Serait-ce donc réservé aux seuls hommes (et à The Rock en particulier ^^) ? A voir si vous aimez les films comme Taken, ou si vous rêviez de revoir l’héroïne d’Alias. 😉

 

N’hésitez pas à parler de vos propres visionnages. 😉

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