[Mois Ciné] Juin 2021

Aujourd’hui, retour en salle avec une styliste un peu folle et une famille qui doit survivre en silence…

[Cruella – Sans un bruit 2]

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

Cruella

film_925889Comédie, Drame (2h14) de Craig Gillespie
Avec Emma Stone, Emma Thompson, Paul Walter Hauser

Londres, années 70, en plein mouvement punk rock. Escroc pleine de talent, Estella est résolue à se faire un nom dans le milieu de la mode. Elle se lie d’amitié avec deux jeunes vauriens qui apprécient ses compétences d’arnaqueuse et mène avec eux une existence criminelle dans les rues de Londres. Un jour, ses créations se font remarquer par la baronne von Hellman, une grande figure de la mode, terriblement chic et horriblement snob. Mais leur relation va déclencher une série de révélations qui amèneront Estella à se laisser envahir par sa part sombre, au point de donner naissance à l’impitoyable Cruella, une brillante jeune femme assoiffée de mode et de vengeance.

Mon avis

   Considéré à l’heure actuelle comme l’un des meilleurs Disney sortis au cour de la dernière décennie, Cruella n’est pas pour autant le film génial qu’on voudrait nous vendre. En premier lieu, il est préférable pour ceux ayant vu le dessin animé d’oublier la célèbre styliste et son manteau en peau de chiots. S’inspirant des récentes sorties sur Harley Quinn et le Joker, on essaiera à la place de nous dépeindre une jeune orpheline un peu folle, mais diablement brillante, doté d’un lourd passé (pour ne pas changer). Problème, à trop vouloir faire de leurs méchants emblématiques des antihéros aux motivations « explicables » (pas justifiables), on finit par en perdre l’essence sans pour autant les rendre vraiment attachants. Ainsi, Cruella n’est ni une antihéroïne, ni une méchante, c’est une jeune femme hautaine et méprisante qui ne doit sa réussite qu’à la fidélité sans faille de ses amis. Elle a certes pour elle une jolie frimousse, mais elle n’est ni attachante, ni aussi charismatique que sa némésis. Cette baronne von Hellman qui reprend les caractéristiques typiques des méchants de dessins animés, preuves s’il en est que la Cruella d’origine reste nécessaire au film.

   Certes, il semblerait que le rôle ait été écrit pour Emma Stone qui cabotine à merveille avec ce personage à deux visages, tout comme Emma Thompson remplit parfaitement son rôle d’antagoniste. Les scènes sont souvent amusantes et rythmées, et le réalisateur joue avec les perspectives pour nous fournir notamment de faux plans séquences qui ont de l’idée. Mais cela ne fait pas oublier la longueur du film qui aurait mérité une coupe d’au moins un quart d’heure. On s’ennuie régulièrement, notamment parce que l’intrigue tourne en rond et ne tient que sur une obsession de Cruella. Une obsession, et une succession de twists qui pourront faire soupirer si vous avez compris, comme moi, de quoi il en retournait dès les premières minutes du film.

   L’autre problème selon moi, c’est la musique. Balancée toutes les cinq minutes sans autre raison que reprendre les plus célèbres tubes des années 70-80, elle desserre le propos du film en nous faisant sortir de la scène. Pour peu que vous ayez déjà regardé la télé ces dernières années, vous rapprocherez certains passages à des publicités pour parfum ou lingerie. Cela peut faire sourire, certes, mais pas quand ça domine la totalité du film. On notera aussi les effets spéciaux pas très heureux sur les chiens numériques et sur une scène affreuse de chute dans l’eau. Toutefois, on ne peut pas ignorer qu’ils ont mis le paquet sur les costumes et plus particulièrement les robes des défilés (oui, parce qu’il y en a plusieurs). Cela sent la tentative d’Oscar, n’est-ce pas ?

   Reste que les multiples scènes d’infiltration et d’escroquerie sont divertissantes et la photographie est vraiment belle, ce qui rend le film globalement assez agréable à suivre. De là à en faire un deuxième ?

A voir si vous aimez les défilées de mode ou les revisites de contes avec les méchants pour héros.

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Sans un bruit 2

film_925554Thriller (1h37) de John Krasinski
Avec Emily Blunt, Cillian Murphy, Millicent Simmonds

Après les événements mortels survenus dans sa maison, la famille Abbot doit faire face au danger du monde extérieur. Pour survivre, ils doivent se battre en silence. Forcés à s’aventurer en terrain inconnu, ils réalisent que les créatures qui attaquent au moindre son ne sont pas la seule menace qui se dresse sur leur chemin.

Mon avis

   Attention, spoilers du premier film !

   Si vous avez appréciez le premier film de la saga paru en 2018, vous devriez tout autant aimer ce second volet. Celui-ci commence par un flashback introduisant la menace jour 1. Une séquence bien fichue qui nous remet dans l’ambiance avec le jeu des sons et des silences, notamment grâce au point de vue de Regan, la petite fille sourde (et pas muette contrairement à ce que disent certains, on l’entend parler dans le film… d’ailleurs c’est la seule qui parle quand elle use de la langue des signes, car elle ne s’entend pas parler, donc elle n’a pas conscience de faire du bruit). Cette introduction rappelle aussi les défauts du premier, même si on comprend qu’il s’agit de choix assumés et qu’il nous est donc demandé de suspendre notre incrédulité. En effet, une fois n’est pas coutume, les créatures auront la fâcheuse manie de surréagir à des bruits depuis l’autre bout de la ville, mais ne percevront pas ce qui se passe non loin d’elles quand cela arrange le scénario. Personnellement, je ne suis pas contre le principe d’un spectre auditif ultraspécialisé, j’aurais juste aimé qu’on me dise pourquoi elles réagissent à certains sons et pas d’autres (cela peut être en partie sous-entendu lorsqu’on découvre leur seconde faiblesse). Malgré tout, on reste sensible à cette idée du bruit qui met en danger les personnages. D’ailleurs, une bonne façon d’évaluer l’efficacité du son, c’est d’écouter toute la salle retenir son propre souffle pour encourager un personnage blessé à taire ses hurlements de douleur.

   Concernant le scénario, et si on exclut les problématiques liées à l’audition des créatures, on se retrouve avec une volonté d’étendre l’univers apocalyptique hors de la sphère familiale. En effet, la famille va rapidement se scinder en deux groupes qui vont évoluer en parallèle jusqu’au climax à la symétrie peut-être trop artificielle. D’un côté, on poursuit la quête de survie avec la mère qui cherche de quoi soigner ses enfants, dont le fils… inutilement casse-cou sur les bords. Si Emily Blunt est toujours aussi convaincante dans son rôle, je regrette qu’elle perde de son aura vaillante et protectrice, donnant la sensation que la famille ne tenait que grâce au père. D’ailleurs, le scénario fournit rapidement un père de substitution avec le personnage de Cillian Murphy, qui partira sur la route avec Regan, la jeune fille sourde, dans un road trip urbain qui ne sera pas sans rappeler pour les connaisseurs, un certain The Last of Us. Pour eux, le but n’est plus la seule survie puisqu’il s’agit d’apporter la solution découverte à la fin du premier film à l’ensemble de l’humanité. Humanité qui, bien évidemment, se divise dans ces cas-là entre les méchants bestiaux et les gentils cons qui ont survécu parce que la chance était avec eux. Si les premiers m’ont interpelée sans plus, les seconds en revanche m’ont agacée pour un point que, curieusement, je n’ai vu personne relever. Pourquoi utiliser un message codé pour transmettre une information cruciale que personne ne comprend ? Il ne s’agit pas d’une guerre contre d’autres êtres humains, ça n’a aucun sens de faire ça ! Et après, ça ose se plaindre que personne n’a survécu !

   Malgré ces défauts, le film se suit bien grâce à un rythme bien dosé et une durée bien adaptée. 1h37, c’est parfait pour ce type de film. ça se paie même le luxe d’une coupure assez brutale après un climax qui jouait sur les ralentis… tout simplement pour nous donner envie de voir la suite. Et ça marche.

   A voir si vous avez aimé le premier film de la saga ou si vous aimez les films horrifiques qui jouent sur l’ambiance plutôt que les jumpscares.

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? 😉

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4 réflexions sur “[Mois Ciné] Juin 2021

  1. Entournantlespages dit :

    J’ai déjà l;u des avis qui rejoignent le tine sur Cruella, je sens que je vais être assez déçue. Je trouve dommage de vouloir autant rendre les méchantes Disney « gentilles », plus humaines en tout cas.
    J’ai tout autant aimé Sans un bruit 2 que le premier, malgré encore ses facilités. Et, c’est vrai que pour le message codé, c’est vraiment con. Et je n’ai toujours pas compris comment la menace arrivait à cet endroit-là sans que personne ne s’en rende compte…

    Aimé par 1 personne

    • Eleyna dit :

      Si tu aimes le personnage original de Cruella, tu risques en effet d’être déçue. Après, si tu arrives à faire abstraction et que tu veux voir un film dans la lignée du Diable s’habille en Prada, mais avec une héroïne folle et hautaine, ça reste un bon divertissement qui a une identité visuelle assez différente des autres Disney.
      Pour Sans un bruit 2, oui ça aussi c’était encore une facilité scénaristique. :/

      Aimé par 1 personne

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