[Mois Ciné] Octobre 2020

   Aujourd’hui, nous parlons d’une fable burlesque sur notre société moderne, du choix de fin de vie, de l’héritier du plus célèbre des gentlemen cambrioleurs, d’un petit retour inattendu de l’araignée sympa du quartier…

[Adieu les cons – Blackbird – Lupin III : The First – Spider-man : New Generation]

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

Chroniques rédigées avant l’annonce du reconfinement.

 

Adieu les cons

film_925660Comédie dramatique (1h27) de Albert Dupontel

Avec Nicolas Marié, Virginie Efira, Albert Dupontel

Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Mon avis

   Après Au revoir là-haut, sa précédente comédie dramatique plutôt sombre par son côté historique, Albert Dupontel nous propose une nouvelle satire de la société, en empruntant cette fois un registre un peu plus burlesque pour un rendu malgré tout très doux-amer. L’absurde se prête à merveille à cette singulière fable moderne, d’autant que l’artiste ose se moquer de tout et de tout le monde, aussi bien des médecins maladroits avec leurs patients que de l’expert de police qui fait de la psychologie de comptoir, le monde de l’entreprise qui privilégie l’apparence aux compétences, l’hypocrisie sur l’insertion des handicapés dans une société qui préfère les mettre au placard, mais aussi l’image de la personnalité geek et asociale ou tout simplement la déconnexion des gens rivés sur leurs écrans. Les personnages sont tous drôles et émouvants et ils sont d’autant plus attachants qu’ils vivent tous des drames dont tout le monde se contrefout car ils ne font pas parti de la norme, chacun à leur façon.

    Le film sort d’autant plus du lot de la production française qu’il est visuellement très abouti avec de nombreuses idées de mises en scènes (regardez la bande annonce avec le passage dans l’escalier, tout simplement magique), un usage astucieux des décors pourtant pas grandioses entre un rond point ou un parking, et surtout, de magnifiques éclairages qui font vraiment toute la différence. Tout est fait pour accentuer le côté fantasmagorique (surtout de nuit, propice aux jeux de lumière) et en même temps ramener à la réalité d’un monde moderne terne et uniforme (la promenade en voiture avec le personnage aveugle). Ainsi, la technique et le visuel servent à merveille le propos du film, de quoi à la fois nous amuser et nous bouleverser. Et ça, c’est fort.

   A voir si vous aimez la filmographie de Dupontel ou les comédies dramatiques aussi émouvantes que visuelles.

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Blackbird

film_926844Drame (1h38) de Roger Michell

Avec Susan Sarandon, Kate Winslet, Mia Wasikowska

Lily et son mari Paul, décident de réunir enfants et petits-enfants pour un week-end dans leur maison de campagne. Trois générations d’une même famille se retrouvent, avec Jennifer, l’aînée, son mari Michael et leur fils de 15 ans, Jonathan, mais aussi Anna, la cadette, venue avec Chris, sa compagne. En fait, cette réunion de famille a un but bien particulier : atteinte d’une maladie dégénérative incurable, Lily refuse de subir une fin de vie avilissante et décide de prendre son destin en main. Mais tout le monde n’accepte pas cette décision. Non-dits et secrets remontent à la surface, mettant à l’épreuve et redessinant tous les liens qui unissent les membres de cette famille, alors que le temps des adieux approche.

Mon avis

   Blackbird est un huis-clos familial dont la thématique principale n’est autre que le choix de sa propre fin de vie. Sujet difficile que le réalisateur a voulu traiter avec réalisme (notamment dans la mise en scène et la photographie), sans en faire trop dans le drama ou dans le ressort comique, même si à mes yeux demeurent quelques inégalités de traitement. Ainsi, on vit les derniers jours en famille d’une femme malade qui refuse de voir sa santé se dégrader et demande aux siens d’accepter son choix de partir à la fin du weekend. Ce qui bien entendu n’est pas aussi évident qu’elle l’aurait souhaité, quand bien même ils en avaient déjà discuté et qu’elle s’efforce de parler de sa fin avec humour. Le film a l’intelligence de ne pas juger les convictions de chacun, mais plutôt de démontrer qu’elles sont motivées par leurs expériences personnelles, ce qui permet d’aborder de nombreux sujets secondaires comme la bipolarité, l’homosexualité, le sentiment d’abandon, la peur de perdre le contrôle, le manque de reconnaissance… Ainsi, même si le choix de Lily reste prioritaire, on comprend que sa maladie n’est pas le seul fardeau, que ses proches devront vivre avec ses décisions, des derniers souhaits qui peuvent être lourds de conséquences tant ils se teintent de non-dits.

   Hélas, il reste quand même quelques points assez caricaturaux, notamment le traitement de Jennifer, le personnage psychorigide de Kate Winslet, et de son bouffon de mari (qui se résume à son rôle de comic relief). C’est Jennifer qui provoque le plus souvent les situations « désastreuses » par son comportement de femme coincée aux opinions arrêtées et au jugement hâtif. Tous les personnages lui en font la remarque, la mise en scène se moque régulièrement d’elle… pourtant, c’est elle qui détricote toutes ces histoires secrètes qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques (l’une d’elles aurait à jamais laissé un doute sur l’aspect volontaire de la mort de Lily). A titre personnel, je trouve dommage que le film montre si peu sa reconnaissance envers sa protagoniste qui, en provoquant ces moments certes douloureux sur l’instant, délivre chacun de ses remords et ses regrets. Un film qui défend avec justesse le droit à l’euthanasie et la dignité des malades, mais qui manque un peu de tendresse pour celle qui permet au reste de la famille de vivre avec cette même dignité.

   A voir si le sujet vous intéresse ou si vous aimez les films de huis-clos familial.

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Lupin III : The First

film_926661Animation (1h33) de Takashi Yamazaki

Avec Maxime Donnay, Adeline Chetail, Rémi Barbier

Le cultissime «gentleman cambrioleur» Lupin III revient dans une aventure effrénée, pour la première fois au cinéma en France, pour marquer son grand retour au pays de son illustre grand-père ! Il s’associe à la jeune Laëtitia pour faire main basse sur le journal de Bresson, un trésor que même Arsène Lupin n’a jamais réussi à dérober. Alors que Lupin III et ses compagnons se démènent pour dénouer les secrets du fameux journal, ils doivent faire face à une sombre cabale poursuivant d’horribles desseins. Entre pièges mortels, escapades aériennes et abracadabrantes évasions, Lupin et sa bande de casse-cou rivalisent d’esprit et d’audace dans ce long-métrage d’animation qui ravira autant les fans de cette série légendaire créée il a 50 ans par Monkey Punch, que les nouveaux venus de 7 à 77 ans !

Mon avis

   Qu’on soit clair : je savais ne pas être le public cible, mais faute de mieux, je suis quand même allée le voir en salle. Et… disons que mon visionnage confirme qu’il s’agit d’un film fait pour les fans du manga, voire les gens qui se laissent tranquillement mener dans une histoire amusante sans prise de tête. Pour ma part, dès l’apparition du protagoniste, j’ai su que l’heure et demie allait être longue. Si visuellement tout le reste est vraiment sympathique avec de belles couleurs, de beaux éclairages et une très bonne animation, je n’ai vraiment pas accroché au design de « kiki peluche à grande bouche » de Lupin, à tel point que ça m’arrachait un soupir chaque fois qu’il souriait (tout le temps). Après, je vous accorde que l’apparence d’un personnage peut être secondaire si l’intrigue est prenante. Or, à mon sens, ce n’est pas le cas.

   Si je comprends qu’il s’agit de la base même du manga, la caricature reste paresseuse dans l’accumulation des clichés (le grand méchant nazi avec son plan diabolique, le héros qui survit à tout non parce qu’il est compétent mais parce que les antagonistes ne le sont pas, les courses-poursuites avec la voiture en contre-sens ou l’avion qui tire dans tous les sens mais ne touche personne, les épreuves WTF pour atteindre le saint graal…). Et encore, même tout cela pourrait passer si seulement l’histoire ne manquait pas d’ambition pour satisfaire l’esprit de déduction du spectateur. Les scènes explicatives sont infantilisantes au possible, quand bien même le spectateur devance souvent de plusieurs longueurs les personnages soi-disant experts dans la résolution d’énigmes. De même, cette excès d’explications rend les situations particulièrement longues et redondantes (dialogue à rallonge des antagonistes alors qu’ils pourraient simplement éliminer le protagoniste ? Check x fois !), voire incohérentes (la fin… mais la fin quoi…). Les énigmes sont soit peu stimulantes (le spectateur connait la réponse depuis des lustres), soit impossibles à résoudre sans connaissance du manga (l’arme d’un certain allié…). Bref, c’est un film fait pour les fans qui y trouveront certainement leur compte et tant mieux pour eux, mais pas pour les novices qui s’attendent à un minimum de réflexion de la part de l’héritier du plus célèbre des gentlemen cambrioleurs.

   A voir si vous êtes fan du manga ou si vous aimez les aventures comiques qui s’amusent des clichés de genre.

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Spider-man : New Generation

1696141Animation (1h57)

De Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman
Avec Stéphane Bak, Camélia Jordana, Olivier Giroud

Spider-Man : New Generation suit les aventures de Miles Morales, un adolescent afro-américain et portoricain qui vit à Brooklyn et s’efforce de s’intégrer dans son nouveau collège à Manhattan. Mais la vie de Miles se complique quand il se fait mordre par une araignée radioactive et se découvre des super-pouvoirs : il est désormais capable d’empoisonner ses adversaires, de se camoufler, de coller littéralement aux murs et aux plafonds ; son ouïe est démultipliée… Dans le même temps, le plus redoutable cerveau criminel de la ville, le Caïd, a mis au point un accélérateur de particules nucléaires capable d’ouvrir un portail sur d’autres univers. Son invention va provoquer l’arrivée de plusieurs autres versions de Spider-Man dans le monde de Miles, dont un Peter Parker plus âgé, Spider-Gwen, Spider-Man Noir, Spider-Cochon et Peni Parker, venue d’un dessin animé japonais.

Mon avis

   Non, il ne s’agit pas d’une erreur, je vous parle bien du film d’animation oscarisé sorti en 2018. Faute de nouveautés à mettre en salle, les cinémas ressortent régulièrement les anciens succès, l’occasion pour les amoureux de la toile de visionner ceux qu’ils auraient pu rater. Une bonne initiative donc, même si pour ma part, le visionnage s’est fait dans un contexte particulier. Le film était présenté dans une salle 4DX, innovation technologique qui ne m’a jamais attirée et que je ne voulais pas particulièrement expérimenter. Finalement, cet essai forcé confirme mon idée première, cela ressemble à du gadget coûteux et peu utile. Outre le fait que vous soyez secoués dans tous les sens (personnellement, ça ne me gêne pas, mais je comprends que ce soit gênant pour d’autres, surtout qu’on ne peut pas arrêter les sièges), vous prenez quelques giclées d’air ou d’eau et des machines sous l’écran envoient de temps à autre de la fumée ou de la mousse. Des effets techniques du tonnerre pour vous faire vivre une expérience plus vraie que nature (lol), surtout avec l’obligation de porter le masque…

    Second point sur lequel je me fatigue à répéter : FILM D’ANIMATION ≠ FILM POUR (PETIT) ENFANT. Autant dire qu’amener un gamin de 5ans voir un film d’animation assez mature dans une salle où les sièges bougent et où on se prend de brusques giclées d’air dans le visage, c’est assurer à toute la salle des pleurs en continu qui vous gâche tout plaisir. Donc pitié, cessez d’amener vos enfants aux séances qui ne sont pas faites pour eux ou ayez la politesse de sortir directement quand vous comprenez que votre enfant a peur (ne serait-ce que pour votre enfant traumatisé, quoi). MERCI.

   Bref, pour en revenir au film, je n’ai pas grand chose à ajouter par rapport à ce qui a déjà été dit à sa sortie. Il s’agit avant tout d’une œuvre d’art avec une esthétique folle qui mêle subtilement la 3D aux traits stylisés des comics, mais aussi des explosions de couleurs très pop-culture et des immersions dans différents genres graphiques. C’est un véritable melting-pot visuel étonnant dans sa diversité et sa cohérence qui rend parfaitement hommage à ses multiples références (aussi bien comics que cartoons). Concernant les personnages, il est amusant de constater que pour un âge similaire à celui du Spider-man de Marvel, Miles Morales parle bien plus facilement aux adultes avec ses problématiques d’intégration et sa volonté de faire ses preuves, que le jeune Peter Parker dont le dernier périple tourne autour de ses hormones ( 😉 ). Tout ça pour dire que ce n’est pas l’âge du protagoniste qui définit l’âge du public, mais bien le traitement de son histoire personnelle. Concernant l’intrigue, on ne va pas se mentir, il s’agit d’une version alternative de celle plus connue de Peter Parker, les grands lignes sont donc relativement similaires. Pourtant, la présence des multiples Spider-men (ou women) participe grandement à renouveler l’intérêt pour les mésaventures de la petite araignée sympa du quartier. Bref, je vous le conseille vraiment si vous ne l’avez pas encore vu.

   A voir si vous aimez les films d’animations à l’esthétique recherchée ou si vous êtes fan de Spider-Man.

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Et vous, êtes-vous allés dans les salles de cinéma avant ce nouveau confinement ?

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3 réflexions sur “[Mois Ciné] Octobre 2020

    • Eleyna dit :

      Je pense que si tu apprécies les comédies douces-amères et que tu as l’occasion de voir ce film, tu ne dois pas hésiter car c’est vraiment une belle fable moderne qui met bien en évidence les problèmes de notre société. 🙂

      Aimé par 1 personne

  1. OmbreBones dit :

    Étant une fan du spider verse et surtout de Miles Morales dans les comics j’ai totalement adoré ce film qui est une réussite sur tous les plans selon moi ☺️ mais c’est drôle ce que tu dis parce que quand je suis allée le voir au cinéma j’ai eu la même sale blague avec des enfant dans la salle même si c’était une séance normale et j’étais interpellée d’en voir autant.. Ça reste un film plutôt violent rien que par la mort de spider man au début. Quand les gens finiront par comprendre qu’animation ne signifie pas « pour enfant » 🤦‍♀️
    Tes autres retours ont aussi été très intéressants à lire ☺️

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