[Mois Ciné] Août 2020

   Aujourd’hui, un détour par les salles obscures pour une nouvelle fin du monde, ou plutôt deux, un fou du volant, le temps à rebours…

(Enragé – Greenland : Le Dernier Refuge – Light of my Life – Tenet)

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

 


Enragé

film_926883Thriller (1h30) de Derrick Borte
Avec Russell Crowe, Caren Pistorius, Gabriel Bateman

La tension extrême et la répétition des scènes de violence sont de nature à perturber certains spectateurs. Mauvaise journée pour Rachel : en retard pour conduire son fils à l’école, elle se retrouve coincée au feu derrière une voiture qui ne redémarre pas. Perdant patience, elle klaxonne et passe devant. Quelques mètres plus loin, le même pick up s’arrête à son niveau. Son conducteur la somme de s’excuser, mais elle refuse. Furieux, il commence à la suivre… La journée de Rachel se transforme en véritable cauchemar.

Mon avis

      Si vous venez voir un film subtile avec un aspect psychologique et un fin moralisatrice, passez votre chemin. Dès la scène d’introduction, on vous donne le ton : le film est bourrin et cru, il ne cherche pas à jouer avec les nerfs du spectateur à coup d’inutiles montées de tension, mais préfère directement entrer dans le vif du sujet avec de furieuses cascades et des giclées de sang. Ce pourrait être un parti pris intéressant, si seulement il n’y avait pas autant de défauts venant amoindrir l’aspect viscérale de cette rage routière. Déjà, les effets spéciaux sont à l’opposé du réalisme qui aurait pourtant accentué le côté cru des scènes d’action. Les maisons incendiées explosent comme si elles servaient à stocker de l’engrais, les voitures volent comme si elles étaient en carton, il y a même une citadine capable de retourner un monospace avec un élan de 10 mètres. Je ne vous parle pas du comportement des figurants qui semblent trouver parfaitement banales des courses-poursuites et des tueries dans des restaurants, ou des flics qui disent à la protagoniste qu’ils n’ont pas le temps de s’occuper du fou qu’ils recherchent depuis des heures car ils préfèrent TOUS sécuriser le dernier carambolage.

   D’accord, c’est bien pratique pour expliquer pourquoi elle va devoir se débrouiller seule, film américain oblige, mais le problème, c’est que la protagoniste elle-même n’est pas franchement agréable à suivre. Certes, on comprend dès le début que c’est volontaire, que c’est à cause de son agressivité et son incapacité à s’excuser qu’elle déclenche la folie meurtrière d’un homme qui, étape 1) s’exprime calmement donc si tu es civilisé, tu lui réponds tout aussi calmement et tout se passe bien, étape 2) commence à s’énerver sévère donc si tu as un instinct de survie, tu te contentes de t’excuser au lieu de continuer de le provoquer. Non, madame refuse de reconnaître ses défauts, ce qui pénalisent sa famille au quotidien, et à aucun moment, elle n’est mise face à ses responsabilités. Le film n’a aucune morale sur le fait d’être agressif au volant, sur le fait qu’on peut avoir notre part de responsabilité dans les altercations et les carambolages, il se contente de dire que « pas de chance, parfois on tombe sur un psychopathe ».

   A voir si vous aimez les films de vengeance bourrins ou les courses-poursuites enragées.


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Greenland : Le Dernier Refuge

film_926753SF/Action (1h59) de Ric Roman Waugh

Avec Gerard Butler, Scott Glenn, Morena Baccarin

Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchaînent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos.

Mon avis

      Contrairement à ce que l’affiche (et le résumé) laisse croire, le film se concentre davantage sur l’aspect humain que sur l’ampleur dévastateur du phénomène. Inutile donc de venir si vous êtes en quête de villes qui s’embrasent, d’explosions pharaoniques et de sol qui s’écroule sous les roues de la voiture en marche ou de l’avion qui décolle (non, je ne vise aucun film…). La catastrophe est pourtant bien réelle, mais elle est représentée de façon plus sobre, sans pour autant retirer tout son coté anxiogène. Pas de gros impacts aux pieds des personnages, pas de lave en fusion à deux pas de la voiture, mais des effets plus pernicieux, comme les ondes de choc, les débris de comète ou les nuages de cendre aussi terrifiants que fascinants dans leur teinte rougeâtre. Le phénomène cosmique est d’ailleurs aussi souvent présenté comme un terrifiant cataclysme qu’un magnifique panorama où le ciel s’embrase de myriades de corps célestes (hélas assez mal rendus par les effets spéciaux).

   Toutefois, comme j’ai pu le préciser, c’est sur l’humain que le film semble vouloir se resserrer. Hollywood oblige, on suit un américain type qui n’a certes pas été tout à fait réglo dans son couple, mais qui est courageux et débrouillard, en particulier pour défendre sa femme et son fils. Il se confronte toutefois à la nature humaine dans toute sa splendeur, entre les envieux, les pillards, les désespérés, la foule menaçante qui fait tout capoter. S’il est probablement réaliste d’imaginer que dans ce genre de situation, ce serait bien l’humain individualiste qui ferait le plus de ravage, on ne peut s’empêcher de sourire devant le traitement réservé aux militaires. Certes le héros n’est cette fois pas de leur caste, il n’empêche que l’ensemble de la profession semble avoir été recruté chez les bisounours tant pas un seul ne va avoir le moindre acte déplacé, moralement douteux, ou même tout simplement autoritaire et pragmatique. Aucun rappel à l’ordre, aucun tir de sommation, les mecs discutent à l’entrée de leur base comme s’ils étaient persuadés de pouvoir faire entendre raison aux milliers de malchanceux de la loterie. Evidemment, on ne s’étonne pas de ce qui arrive ensuite. Rien de folichon donc, mais ça reste un bon film d’action pour passer cet été post-confinement pauvre en nouveautés cinématographiques.

   A voir si vous aimez les films catastrophes plutôt centrés sur l’humain.


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Light of my Life

film_926526SF/Drame (2h00) de Casey Affleck

Avec Anna Pniowsky, Casey Affleck, Elisabeth Moss

Dans un futur proche où la population féminine a été éradiquée, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

Mon avis

        Le film part du principe qu’une épidémie tue la population féminine mondiale. Huit ans plus tard, on se retrouve avec un monde post-apo où les hommes ont des difficultés pour faire tourner une société pérenne et sont donc en train de se traîner comme des bêtes chacun de leur côté en attendant leur ration de bouffe au dispensaire du coin. Ce choix semble démontrer l’importance de la femme pour bâtir une société saine, ce qui est un message essentiel à transmettre. Toutefois, il est un peu agaçant de constater qu’on imagine toujours ce type de futur où les seuls et uniques hommes qui ne penseraient pas à leur entrejambe en voyant une gamine de 10 ans seraient son propre père et des mecs trop vieux pour tirer leur coup.

   Si on exclut l’utilisation de ce trope, il est agréable de voir que Casey Affleck a choisi un ton très contemplatif et posé, avec de longues séquences de tête-à-tête entre le père et sa fille. Alors évidemment, ça ne plaira pas à tout le monde, d’autant plus qu’en terme de cadrage et de montage, il se contente du minimum avec très peu d’effets. Malgré tout, si vous accrochez au long prologue qui précède l’affichage du titre, vous trouverez vite un certain charme à ce rythme lent qui n’en conserve pas moins ses moments de tension, en alternance avec les discours maladroits du père qui ne sait pas toujours comment prémunir sa fille des dangers. En effet, le père n’est pas parfait, mais il donne son maximum pour la protéger tout en lui offrant, à travers quelques histoires, la possibilité de vivre sa jeunesse.

   A voir si vous aimez les histoires post-apo du type La Route ou les relations fusionnelles entre un père et sa fille.


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Tenet

film_925929SF/Action (2h30) de Christopher Nolan

Avec Elizabeth Debicki, John David Washington, Robert Pattinson

Muni d’un seul mot  » Tenet  » et décidé à se battre pour sauver le monde, notre protagoniste sillonne l’univers crépusculaire de l’espionnage international. Sa mission le projettera dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s’agit pas d’un voyage dans le temps, mais d’un renversement temporel…

Mon avis

   Tenet est le genre de film ambitieux qui se veut encore plus compliqué que ce qu’il est déjà, et c’est probablement pourquoi pas mal de spectateurs ont éprouvé des difficultés à rentrer dedans. En effet, le début est laborieux à suivre essentiellement à cause du montage qui découpe les scènes de façon abrupte, sautant d’un lieu à l’autre sans la moindre transition, et donnant une désagréable impression de film monté à l’arrache pour rentrer dans les 2h30 imposés par le studio (ça s’estompe arrivé au port franc). Le spectateur peut donc avoir des difficultés à accumuler les informations, pas tant à cause de leur complexité, mais parce que le réalisateur n’aide pas à les transmettre, et sous-entend même par l’intermédiaire de ses personnages que nous ne sommes pas au niveau pour comprendre l’étendue de sa pensée.

   Pourtant, il n’y rien de particulièrement original dans le traitement (même s’il y a énormément de détails à percevoir pour comprendre tout le travail de Nolan). Si le concept de base est intéressant, à savoir inventer une technologie capable d’inverser l’entropie des choses (en gros, l’énergie d’une action se reconstitue au lieu de se dégrader, donc on voit cette action à l’envers), son usage, lui, sert finalement à la traditionnelle remontée dans le temps où tout se mêle pour éviter le fameux paradoxe du grand-père (« que se passe-t-il si en remontant dans le temps je tue mon grand-père ? »). Bref, si vous avez déjà vu des films traitant de cette thématique, vous ne serez surpris ni par les révélations, ni par la conclusion. Toutefois, vous risquez la céphalée si vous désirez recouper tous les détails et élaborer toutes les théories en un seul visionnage (c’est le concept Nolan, quoi).

   Visuellement, c’est plutôt impressionnant et réaliste, notamment parce que Nolan privilégie les effets spéciaux réels et les couleurs dé-saturées, ce qui donne un grain austère à l’image. Quant au casting, il n’y a pas grand chose à dire, les acteurs sont tous bons, même si l’ambiance « jamesbondienne » laisse les femmes un peu trop dans leur archétype de personnages secondaires. Bref, c’est un bon film d’action qui fait réfléchir et qui se regarde certainement avec un plus grand plaisir lorsqu’on y retourne plusieurs fois pour comprendre chaque subtilité, mais un film qui accentue un peu trop sa complexité par son montage alors qu’il y a déjà suffisamment à penser. 

   A voir si vous aimez la filmographie de Nolan ou si vous appréciez les films de science-fiction où on joue avec des concepts complexes.

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Et vous, avez-vous bravé la chaleur et le covid pour rejoindre une salle obscure ? 😉

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