[Mois Ciné] Novembre 2019

   Ce mois-ci, nous ferons un détour dans l’univers de Stephen King, nous nous promènerons en Arendelle, nous serpenterons les pistes de la Sarthe, nous revisiterons l’histoire de la seconde Guerre Mondiale, nous affronterons la réalité des banlieues et nous retournerons en territoire zombie…

(Doctor Sleep – La Reine des Neiges 2 – Le Mans 66 – Midway – Les Misérables – Retour à Zombieland)

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

 

Doctor Sleep

film_924769Horreur / Epouvante (2h32) de Mike Flanagan

Avec Rebecca Ferguson, Ewan McGregor, Kyliegh Curran

Un nouveau chapitre de Shining de Stanley Kubrick. Encore profondément marqué par le traumatisme qu’il a vécu, enfant, à l’Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu’elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Noeud Vrai qui se nourrissent des dons d’innocents comme elle pour conquérir l’immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s’engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l’innocence de la jeune fille et à sa manière d’accepter son don, Dan n’a d’autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s’il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

Mon avis

   Doctor Sleep a la lourde de tâche d’être à la fois la suite de Shining livre et Shining film, tout en respectant sa propre référence littéraire. En effet, vous n’êtes peut-être pas sans savoir que Stephen King n’a jamais apprécié l’adaptation de Kubrick et pour peu que vous ayez lu le livre, vous comprendrez pourquoi. Oui mais voilà, le film est devenu un monument culturel, davantage que son inspiration littéraire, il fallait donc, pour contenter les spectateurs, reprendre les éléments du premier film. Je pense que ce sera assez extatique pour les grands fans du film de Kubrick, car on retrouve en effet les décors, l’ambiance froide et glauque, la musique dans ses notes crispantes, les plans aériens sur les routes traversant la forêt, et bien entendu, la ribambelle d’esprits hantant l’Overlook. Mais pour peu qu’on ne soit pas accroché fermement à ce chef d’oeuvre cinématographique, on ressent parfois un certain abus de ces références, notamment au moment du climax, ou on perçoit sans même avoir lu les livres, une réinvention de la fin pour clore une histoire censée l’être quarante ans plus tôt (Kubrick n’a pas donné le même destin à l’hôtel que King). En dehors de ce final un peu décevant pour ma part, le film est un peu long, mais vraiment bien filmé avec une ambiance prenante, beaucoup de plans fantasmagoriques dont des plans aériens très intéressants, ou des plongées dans l’esprit des protagonistes assez étourdissants. Les personnages principaux sont bien campés par leurs acteurs plutôt charismatiques, même si je regrette un peu le manque d’implication des membres du Nœud Vrai. A voir si vous avez aimé Shining le film ou si vous aimez les films fantastiques à tendance horrifique.

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La Reine des Neiges 2

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Animation (1h45) de Chris Buck, Jennifer Lee

Avec Dany Boon, Charlotte Hervieux, Emmylou Homs

Pourquoi Elsa est-elle née avec des pouvoirs magiques ? La jeune fille rêve de l’apprendre, mais la réponse met son royaume en danger. Avec l’aide d’Anna, Kristoff, Olaf et Sven, Elsa entreprend un voyage aussi périlleux qu’extraordinaire. Dans La Reine des neiges, Elsa craignait que ses pouvoirs ne menacent le monde. Dans La Reine des neiges 2, elle espère qu’ils seront assez puissants pour le sauver…

Mon avis

 Curieusement, même si je n’attendais rien de cette suite de La Reine des Neiges, j’ai quand même été déçue. Ici, on abandonne la thématique de l’acceptation des différences pour se recentrer sur une quête des origines plutôt conventionnelle pour un jeune public, en plus d’être assez linéaire et sans surprise. Certes, en apparence, le film est plus sombre, mais on s’aperçoit vite qu’il n’y a pas de réels enjeux, pas de réelles interrogations sur le potentiel d’Elsa (qui survole tous les obstacles). Ajoutez à cela des personnages inutiles mais présents pour le fan-service (c’est l’homme qui fait la potiche, mais quitte à faire dans le féminisme, autant le retirer au lieu d’inverser les clichés), une évidente volonté à créer de nouveaux jouets… bref, ça sent la suite destinée à son public cible, davantage qu’à une envie de transformer l’essai du premier volet. Autre problème, le nombre trop important de chansons. D’accord, cela à toujours été la marque de fabrique de Disney, et d’accord on éprouve toujours un petit plaisir coupable à chanter les chansons de notre enfance, mais il y en a toutes les deux minutes et elles ne font pas partie des mieux écrites de la franchise, que ce soit dans le texte ou la musicalité (l’avantage, c’est que vous n’aurez pas d’équivalent à « Libérée, délivrée »). Rassurez-vous toutefois, visuellement, ça reste du haut de gamme, avec de magnifiques environnements, des effets de lumière ou de textures, et un changement de tenues régulier qui ravira les fans de cosplay. Côté personnage, les rires de la salle témoigne de l’importance d’Olaf le bonhomme de neige pour donner des respirations comiques à l’ensemble et rappelle combien finalement, le message le mieux perçu par les enfants autant que les adultes est celui de l’humour. Globalement, c’est une suite assez dispensable pour qui n’est pas absolument fan du premier, avec un scénario qui évoque davantage les suites en téléfilm ou VOD. A voir si vous êtes fan du premier volet ou si vous ne vous lassez pas des quêtes initiatiques vers l’âge adulte.

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Le Mans 66

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Biopic (2h33) de James Mangold

Avec Christian Bale, Matt Damon, Caitriona Balfe

Basé sur une histoire vraie, le film suit une équipe d’excentriques ingénieurs américains menés par le visionnaire Carroll Shelby et son pilote britannique Ken Miles, qui sont envoyés par Henry Ford II pour construire à partir de rien une nouvelle automobile qui doit détrôner la Ferrari à la compétition du Mans de 1966.

Mon Avis

   Un biopic américain assez classique dans la conception qui estompe quelque peu la rivalité de deux entreprises familiales de l’automobile pour se recentrer sur son héros, le pilote Ken Miles. Personnage tête brûlée, voir peu présentable pour les costards-cravates de la société Ford, il est clairement mis en avant, que ce soit par le choix de l’acteur, Christian Bale très à l’aise dans l’exercice, ou par le scénario qui lui donne toujours raison. Derrière, Matt Damon se doit d’être plus en retenu dans son rôle d’un Carroll Shelby voué à jouer le tampon entre le pilote et les bureaucrates (ses plus belles scènes restant celles où il tient tête à Ford en personne). Bien entendu, le film ne serait rien sans les voitures de course et les multiples scènes à bord d’un bolide, que ce soit pour essai ou sur une véritable piste. Et curieusement, ce n’est pas trop redondant, même si on ressent certaines longueurs globales (2h30 quand même). Bien entendu, les connaisseurs des 24h du Mans connaîtront l’histoire et ne seront donc pas vraiment surpris par la conclusion, qui marque les esprits. Même si je dois avouer que personnellement, ce qui m’a le plus marqué, c’est de parler d’un seul pilote alors qu’il s’agit d’une équipe de deux qui se relaient toutes les 4h (même si on montre le changement une fois, on parle de la course d’un seul homme par voiture, quelle que soit l’écurie, et ça, c’est un peu gênant). Cela reste un bon divertissement, même lorsqu’on n’est pas grand fan de voiture. A voir si vous aimez les biopics sur les pilotes ou que vous avez un petit faible pour les 24h du Mans.

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Les Misérables

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Drame (1h42) de Ladj Ly

Avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

Mon avis

   Pour commencer, je tiens à préciser que contrairement à ce que pourrait laisser croire la bande annonce, le film n’est pas du tout à charge contre la police et que les misérables du titre sont tous les acteurs des banlieues, aussi bien ceux qui y sont envoyés pour « maintenir l’ordre » que les jeunes qui s’y confrontent ou encore les médiateurs communaux ou religieux. Le film commence doucement, et les premières minutes peuvent paraître longues, d’autant que l’image ou le montage ne se veulent pas grandioses mais proches de la réalité. Toutefois, la tension monte crescendo et on comprend bien vite dans quel cercle vicieux vivent ceux des banlieues où tout et tous se radicalisent dans leur façon de se comporter, condamnés à ne jamais se comprendre (la scène autour d’un certain Johnny explicite parfaitement l’idiotie de chercher le conflit plutôt que de communiquer), à ne jamais se faire confiance, et surtout, à ne jamais apprendre de ses erreurs (je ne parle même pas du pardon et de la repentance, deux choses impossibles dans ce milieu). Ce film est un instantané d’une réalité à la fois sombre et glaciale qui montre cette humanité misérable, cloîtrée dans son rôle respectif de flic ripoux, de jeune délinquant ou de médiateur profiteur, tant aucun ne cherche à sortir de la spirale infernale pour tirer tout le monde vers le haut. Le film envoie un dernier uppercut, cette ultime scène, celle qui rappelle ce que nous savons tous : la violence appelle la violence, ceci n’est qu’un éternel recommencement. Et nous en sommes les spectateurs, juges ou indifférents. A voir si vous aimez les films qui parlent de la dureté des banlieues ou si vous êtes sensibles à la détresse humaine.

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Midway

film_925636Action (2h19) de Roland Emmerich

Avec Patrick Wilson, Ed Skrein, Luke Evans

Après la débâcle de Pearl Harbor qui a laissé la flotte américaine dévastée, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer définitivement les forces aéronavales restantes de son adversaire. La campagne du Pacifique va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique nord : Midway.  Nimitz, à la tête de la flotte américaine, voit cette bataille comme l’ultime chance de renverser la supériorité japonaise. Une course contre la montre s’engage alors pour Edwin Layton qui doit percer les codes secrets de la flotte japonaise et, grâce aux renseignements, permettre aux pilotes de l’aviation américaine de faire face à la plus grande offensive jamais menée pendant ce conflit

Mon avis

   Film américain à la gloire des USA, on ne sera pas étonné de visionner un film qui entretient toutes les ficelles de genre, à base de patriotisme, d’héroïsme, de machisme et de tout plein de choses en « isme ». ^^ Bon je m’en amuse un peu, mais il faut dire que même dans cette démarche, le film se rate un peu, puisque la trop large palette d’individus noie l’empathie, ce qui fait qu’on se fiche royalement de ce qui peu advenir de ces pilotes, marins et autres décodeurs en chaussons qui tentent de renverser la situation tragique dans laquelle se trouvent coincés trois portes-avions américains au milieu d’un territoire marin dominé par les Japonais. Bien entendu, on n’échappera pas à ce besoin de rappeler combien les pauvres hommes sont dans la merde jusqu’au cou, avec leurs carcasses volantes, leur infériorité numérique, leur difficulté à convaincre les costards cravates sirotant leur whisky… et l’obligation maritale d’aller rassurer bobonne tous les quarts d’heure. Mais bon, ils ont le saint patriotisme avec eux, donc tout va bien. Côté visuel, on est là encore dans le cliché de genre, avec des incrustations pas toujours réussies, des plans un peu confus, un besoin d’ôter aux « héros » ce qui pourrait dissimuler leur visage (genre les lunettes d’aviation… parce que ça sert juste à tenir le front, c’est bien connu). Les personnages en eux-mêmes ne sont pas ultra charismatiques, et ils ont un peu tendance à se confondre, côté américain comme japonais. Bref, ça reste sympa pour changer du débarquement sur les plages de Normandie, mais ce n’est pas un chef d’oeuvre du genre. A voir pour connaître cette partie de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale, ou si vous aimez les films de guerre loin des terres.

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Retour à Zombieland

film_924920Comédie (1h39) de Ruben Fleischer

Avec Emma Stone, Woody Harrelson, Jesse Eisenberg

Le chaos règne partout dans le pays, depuis la Maison Blanche jusqu’aux petites villes les plus reculées. Nos quatre tueurs doivent désormais affronter de nouvelles races de zombies qui ont évolué en dix ans et une poignée de rescapés humains. Mais ce sont les conflits propres à cette « famille » improvisée qui restent les plus difficiles à gérer.

Mon avis

   N’ayant jamais vu le premier volet, je peux affirmer qu’il n’est pas indispensable de l’avoir vu pour comprendre ce second film. Et pour cause, il s’agit de ce type de comédie nanardesque et fière de l’être qui se contente d’enchaîner des gags plus ou moins travaillés et des comiques de situations plus ou moins lourds pour faire rire la salle. De toute façon, on sait pertinemment ce qu’on va voir (peut-être rate-t-on juste la pertinence de certaines références très américano-centrées, mais globalement, ça vise quand même large). Un scénario pas bien passionnant mais qui convient au genre, des effets spéciaux pas bien impressionnants mais qui ne sont finalement pas plus dégueulasses que chez Disney, des acteurs connus à qui on demande de surjouer pour bien ancrer leur caricature, vous irez surtout pour vous atrophier le cerveau, ce qui vous sauvera probablement la vie en cas d’attaque zombie. Bref, pas franchement grand chose à dire sur le sujet (il y a des films comme ça où tu te dis que tu les as vu et… tu les as vu quoi). A voir si vous avez aimé le premier ou si vous aimez les comédies d’horreur nanardesques.

 

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Et vous, avez-vous frissonné dans les salles obscures ? 😉

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5 réflexions sur “[Mois Ciné] Novembre 2019

  1. Kaouther dit :

    Je n’ai pas vu les autres films mais Doctor sleep est vraiment super. Quelques critiques sur la présentation de l’histoire si on ne connait pas shining on ne peut pas accrocher car on met du temps à comprendre. Mais franchement un des rares films ou je ne parle pas 😂

    Aimé par 1 personne

    • Eleyna dit :

      Oui je sais, je suis toujours plus critique avec les films qu’avec les livres, on va finir par me demander pourquoi je continue d’aller au cinéma. ^^
      Je comprends, il y a des périodes qui ne sont pas très inspirantes, selon ce qu’on préfère. Bon, là on se rapproche de Noël, ça veut dire Star Wars et films pour enfants. ^^

      Aimé par 1 personne

      • OmbreBones dit :

        Oui à la limite les dessins animés j’aime beaucoup mais star wars ça n’éveille en moi aucun intérêt xD bah écoute je suppose que tu continues d’y aller avec l’espoir d’être agréablement surprise 😁

        Aimé par 1 personne

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