[Chronique Littéraire] AOC n°51, Présences d’Esprits

   Pour cet été, j’ai décidé de rattraper mon retard sur les chroniques des recueils AOC, présentés par Présences d’Esprits. C’est pourquoi, en alternance avec mes autres lectures, je vous proposerai une chronique sur l’un des anciens numéros. Dans le désordre bien sûr, parce que c’est plus amusant de vous laisser un peu de suspense. 😛

   Aujourd’hui donc, il sera question du numéro 51.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : AOC n°51 (Hiver 2019)aoc51_cover-1
  • Auteur/Autrice : Mathieu Masson, Gaëlle Douguet-Dinhut, Marilyn Bouchain, Elodie Serrano, Wilfried Renaut, Aymeline Fonvieille, Audrey Pleynet, Sophie Bouchet, Charlotte Bona
  • Illustrateur/Illustratrice : Anato Finnstark, Eric Faure-Brac, Eric Malterre, Thibaut Guillon, Holymane
  • Édition : Présences d’Esprits
  • Collection : AOC
  • Genre : SFFF
  • Public : Adulte
  • Cycle : Numéro trimestriel
  • Pages : 84
  • Parution : 2018
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix : 1,50 euros – 3,50 euros
  • ISBN : /
  • Lien : Présences d’Esprits : AOC n°51

Résumé :

Jamais trop tard de Mathieu Masson

Dans une mystérieuse cabane à l’écart du village repose un cadavre encore tiède. Une sorcière est décidée, pour ramener l’homme à la vie, à défier non seulement la Mort, mais aussi l’Inquisition.

La Patrouille des chapardeurs en expédition de Gaëlle Douguet-Dinhut

Les aventures trépidantes (et dangereuses, si si) de jeunes créatures dans un lieu mystérieux « d’où personne ne revient jamais »…

Ma cuisine au sang gourmande de Marilyn Bouchain

Un véritable gastronome nous livre un fanzine de recettes de gourmet à mettre entre toutes les canines !

Ensemble, sinon rien d’Élodie Serrano

Après l’apocalypse, c’est chacun pour soi parmi les humains. Mais étrangement, on trouve la solidarité chez des êtres auxquels on n’aurait pas pensé de prime abord…

Nunc et la Bête de Fabulle de Wilfried Renaut

Dans le village où habite Nunc, chacun doit raconter des histoires pour apporter son écot à l’effort commun. Hélas, la jeune fille manque cruellement d’imagination !

Les vainqueurs du match des Imaginales 2018

Des nouvelles signées Aymeline Fonvieille, Audrey Pleynet, Sophie Bouchet et Charlotte Bona.

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MON AVIS
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Couverture et Accroche

   La couverture est juste sublime. Même si les couleurs sont plutôt pastel, je n’ai pu m’empêcher de penser au Château Ambulant de Miyazaki. En regardant la biographie de l’illustratrice Annato Finnstark, j’ai compris pourquoi. Il y a une réelle influence japonisante dans l’imaginaire, les couleurs et l’évocation à la nature. Enfin, je ne vais pas vous faire un dessin (je ne sais pas dessiner de toute façon ^^), mais je suis conquise.

   Les résumés me semblent plus justes et mieux amenés que dans certains numéros, ils conservent leur suspense tout en donnant une accroche qui correspond bien à chaque texte. Bon point.

 

Jamais trop tard

   Une page entière pour décrire une pièce…. Une magnifique page de description qui m’a tout de suite plongée dans de vieux souvenirs de livre dont vous êtes le héros. Forcément emballée, j’ai dévorée le reste de la nouvelle, suivant cette jeune sorcière dans sa quête d’une solution pour ramener un homme à la vie. Une quête périlleuse alors que la menace de l’Inquisition plane, mais qui trouve toute son explication dans cette chute inattendue et terrible. Franchement, pour moi, il n’y avait rien de mieux pour commencer ce numéro.

A noter, l’illustration très détaillée qui s’efforce de retranscrire la magnifique description d’une page. 😉

 

La Patrouille des chapardeurs en expédition

   Petit texte de fantasy humoristique qui raconte les mésaventures assez singulières d’un groupe de jeunes créatures fantastiques. Si j’ai bien apprécié le faune et le panda dotée d’une personnalité assez marquante, j’ai eu plus de mal avec les trois jeunes filles, un peu moins personnalisées. Assez enthousiaste sur le début, comme le principe me semblait très prometteur et que le style de l’autrice se prête bien à l’univers dépeint, je n’ai finalement pas trouvé le texte aussi amusant que je l’avais espéré. Reste que la lecture est globalement plutôt agréable.

   A noter, l’illustration un peu manga du groupe de Chapardeurs, très ressemblants si on met de côté un oubli de lunettes.

 

Ensemble sinon rien

   Un texte très court, mais terriblement poignant. Une survivante de l’apocalypse assiste à une scène peu ordinaire qui lui fait entrevoir l’humanité chez les êtres les plus inattendus. L’acceptation des différences, la solidarité et la persévérance sont autant de thématiques qui tracent leur sillon dans le sable, jusqu’à atteindre le cœur de la narratrice dans une conclusion touchante qui ne manque pas de tirer une petite larme. Comme quoi, il n’y a pas besoin de beaucoup de mots pour toucher un lecteur.

   A noter, la magnifique illustration qui met en scène ces deux personnages hors norme.

 

Ma cuisine au sang gourmande

   Un texte très original sur la forme autant que le fond, car il se présente comme un magazine de gourmet un peu particulier. Après une introduction qui critique autant la société de consommation que le milieu de l’édition, on enchaîne avec une recette gourmande, avant de terminer sur une anecdote très « exotique » du chef cuisto. Un texte drôle et rapide à lire qui ne manquera pas de faire sourire plus d’un lecteur à dents longues.

   A noter, l’illustration au fond assez sombre qui met bien en valeur le personnage et sa singulière cuisine.

 

Nunc et la Bête de Fabulle

   Métaphore poétique d’une société capitaliste, Fabulle est un village où chacun doit payer sa place, non pas en monnaie sonnante et trébuchante, mais en histoires. Une idée fascinante qui donne un ton particulier au récit. Hélas pour moi, si j’apprécie la mésaventure d’une petite fille qui se pense incapable d’imaginer, je n’ai pas été convaincue par la chute, trop rapide et inexpliquée à mon goût. J’apprécie toutefois l’usage de jeux de mots autour du mot « conte ».

   A noter, l’illustration très sombre qui représente le moment fort du récit.

 

Les Nouvelles des Imaginales

   Chaque année, des participants des Imaginales s’affrontent dans un match d’écriture par équipe de trois. En 1h45, chaque membre doit écrire un texte selon la thématique et les contraintes tirées au sort. Voici les textes vainqueurs, plutôt SF et fantastique :

 

Beautés, d’Audrey Pleynet

  • Thème : Machine addict
  • Contrainte 1 : Un grand magasin

   Et s’il existait une machine capable de modifier votre apparence pour la journée, que feriez-vous ? Le court texte parle avec efficacité de l’addiction à la technologie et la trop grande importance que l’on accorde aux regards des autres. Avec une chute en demi-teinte qui rappelle combien il est difficile de faire évoluer son état d’esprit.

 

Sur la route avec Hubert, Sophie Bouchet

  • Thème : La nuit en fermant les yeux
  • Contrainte 1 : Un pompier malingre

   Un texte qui raconte la force de l’imaginaire à travers les pérégrinations d’un chauffeur de taxi qui décide de redécouvrir sa ville à pieds, les yeux fermés. Plus complexe à comprendre que le précédent, il se précipite peut-être un peu trop sur la fin, même si ceci s’explique par les contraintes de temps.

 

912.1 ATL, Aymeline Fonvielle

  • Thème : C’était dans les cartes
  • Contrainte 1 : Au septième cierge

Un texte très court, mais astucieux pour répondre aux deux contraintes. En suivant une jeune amoureuse de la littérature de l’imaginaire, on découvre cierge après cierge que la réalité de son monde n’est pas celle que l’on croit. Jusqu’à la chute fascinante qui fait appel à l’imagination du lecteur. Car la force de l’imaginaire, c’est aussi de laisser au lecteur la possibilité de combler les trous.

 

Tu honoreras tes parents, Charlotte Bona

  • Thème : La nuit en fermant les yeux
  • Contrainte 1 : un élémentaire de feu timide
  • Contrainte 2 : à l’heure de pointe

   Il s’agit du texte pour lequel je trouve l’inclusion des contraintes un peu artificielle, mais bon, j’imagine qu’il n’y a pas de règles à ce sujet. Le texte très court tend vers le fantastique horrifique en usant d’une thématique terrible et pas toujours évidente à employer, la maladie d’un enfant. Si j’apprécie l’idée, j’étais un peu confuse sur qui agit et qui subit, mais j’imagine qu’un peu plus de temps aurait permis de clarifier la scène.

 

Conclusion et Avis Général

   Un très bon numéro que j’ai adoré dans son ensemble, d’autant que restituer les textes d’un match d’écriture permet au lecteur de se rendre compte de la qualité qu’il peut jaillir d’une plume en si peu de temps. Je pense que la plupart des lecteurs seront particulièrement emballés par Ma cuisine au sang gourmande, avec son format de recette agrémentée d’une savoureuse anecdote. Bref, je recommande. 😉

 

 

Tentés par ce numéro d’AOC ?

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Un aperçu d’ailleurs sur

AOC n°51 ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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3 réflexions sur “[Chronique Littéraire] AOC n°51, Présences d’Esprits

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