[Chronique Littéraire] Le Baron Noir : L’ombre du maître espion, Olivier Gechter

   Un petit détour par un univers d’uchronie steampunk pour rencontrer un super-héros ? C’est ce que je vous propose avec la novella Le Baron Noir : L’ombre du maître espion, d’Olivier Gechter (Editions Céléphaïs).

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Le Baron Noir : L’ombre du maître espion51zbpo4bpdl._sx346_bo1204203200_
  • Auteur/Autrice : Olivier Gechter
  • Illustrateur/Illustratrice : Géraud Soulié
  • Édition : Céléphaïs
  • Collection : /
  • Genre : Uchronie Steampunk
  • Public : Tout Public
  • Cycle : Novella
  • Pages : 99
  • Parution : 2013
  • Langue : Français
  • Format :  Broché
  • Prix :  9 euros
  • ISBN : 978-2354770303
  • Lien : .

Résumé : Paris, 1864. La vieille Seconde République est toujours dirigée par le Président Bonaparte. La France domine l’industrie dans tous les domaines : depuis le début du siècle, ses dirigeables sillonnent les cieux, ses transports ferroviaires véhiculent les marchandises de ses usines et de ses colonies dans toute l’Europe. Antoine Lefort, jeune magnat des transports et fabriquant d’armes, est un des artisans de cette puissance. Lorsqu’un de ses plans ultra-secrets est volé au nez et à la barbe des autorités, il décide de tendre un piège à ces espions, à la solde d’une puissance étrangère. L’aide d’Albert le majordome, du jeune Clément Ader et surtout celle du Baron Noir, un mystérieux justicier en armure, ne sera pas de trop.

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MON AVIS

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Lu dans le cadre du Challenge Littérature de l’Imaginaire.

 

Couverture et Accroche

   Certes, j’aurais pu me procurer l’intégrale sortie chez Mnémos… si j’avais eu l’intention de lire ce livre dans l’immédiat. Or, il se trouve que j’ai gagné la novella lors d’une loterie et que je ne voyais pas pourquoi je ne parlerais pas de cette première édition. Désolée donc si mon avis ne correspond pas tout à fait à ce qui peut ressortir de l’intégrale. Mais après tout, toutes les lectures se valent. 😉

   Concernant la couverture, il s’agit de celle qui a été reprise pour l’intégrale. J’aime beaucoup la dominance de vert qui donne un côté un peu fantastique à l’ensemble. On retrouve divers éléments qui rappellent l’ambiance steampunk, que ce soit les dirigeables ou les oiseaux mécaniques ayant tous leur importance dans le récit. Si le personnage est plutôt charismatique et élégant dans ses atours noirs et métalliques, je regrette tout de même qu’on voit son visage, alors que le récit s’acharne plus d’une fois à préciser qu’on ne perçoit que des fentes sur un casque. A noter la présence d’un schéma de dirigeable en 4e de couverture, qui ajoute un peu de cachet tout en restant lié à l’histoire.

   J’avais déjà lu la nouvelle gratuite proposée par les Indés de l’Imaginaire (ici), j’avais donc plus ou moins une idée de l’histoire. Le résumé a confirmé mon impression sur l’univers de l’auteur, à savoir la transposition d’un récit de super-héros dans un univers d’uchronie à dominance rouage et vapeur. Pourquoi pas, c’est un principe qui peut être intéressant, même si un peu casse-gueule suivant les attentes du lectorat.

 

Prose et Structure

   Autant vous le dire, la prose est ce qui m’aura le moins séduite. Si j’ai cru comprendre qu’il y avait un parti-pris à rendre hommage au style romanesque du 19e, j’y ai davantage perçu un soupçon de maladresse, avec de trop nombreux passages racontés qui retirent toute subtilité aux scènes d’action. Ce qui est bien dommage, car j’ai plus d’une fois lu un paragraphe en diagonale pour passer notamment aux dialogues, mieux écrits à mon goût. Il y a beaucoup de phrases explicatives pour justifier ce que le lecteur devrait comprendre d’instinct, et même si on peut s’appuyer sur l’idée que le héros digresse quand une idée d’amélioration de son armement fuse, c’est parfois maladroit. Je ne sais pas si le texte a été retravaillé pour l’intégrale de Mnémos, en tout cas, j’ai été déçue d’avoir été freinée dans ma lecture sur ce seul point.

   Car oui, le reste est globalement bon, et notamment dans la structure de la novella, construite comme un premier épisode de la saga du Baron Noir. Pas vraiment de surprise de ce côté, puisqu’on discerne une nette inspiration des comics. Le découpage est assez visuel et on perçoit bien les différentes étapes caractéristiques d’un tel récit. Nul doute donc que cela plaira aux fans du genre.

 

Personnages et Narrateurs

    On ne va pas se le cacher, Antoine Lefort est fortement inspiré de Bruce Wayne. Riche héritier de l’une des plus grandes entreprises de France, spécialisée dans le transport et l’armement, il se fait passer pour un dandy qui aime les soirées mondaines et les jolies duchesses, mais démontre une grande intelligence et un intérêt prononcé pour les évolutions du marché (et donc la protection économique de son entreprise). Il décide en parallèle de se distraire en portant un costume de sauveur masqué (c’est d’ailleurs la grande différence avec Bruce Wayne, qui le fait pour d’autres raisons). Équipé d’une technologie innovante produite grâce à sa richesse, il a un petite faible pour les gadgets qui protègent ou assomment, car il est peu porté sur l’assassinat. La ressemblance avec Batman existe donc, toutefois, Antoine Lefort a son propre caractère, en plus de l’insouciance d’une jeunesse dorée, ce qui le rend plutôt agréable à suivre.

   Sachez qu’il a un majordome qui se nomme Alf… Pardon Albert, qui a servi le père et a été encouragé par ce dernier à surveiller notre cher Antoine. Il a un physique assez sec, grand, et un regard impressionnant, qui colle avec son calme et sa solidité apparente. Il sera bien entendu d’une grande aide pour le héros, quelle que soit son identité.

   Nous retrouvons aussi la réinterprétation de quelques figures historiques, comme Clément Ader (inventeur de l’avion), qui se rapproche de la dernière version de Lucius Fox dans Batman, à savoir le génial inventeur qui produit tous les gadgets du super-héros. C’est un personnage intéressant, mais qui manque un peu de profondeur dans cette novella.

    Autres alliés plus ou moins volontaires du Baron Noir, tous les hauts gradés du gouvernement français et de la police locale. Pour être honnête, on s’embrouille un peu entre tous les personnages évoqués, et même si je comprends l’intérêt de donner des noms et un semblant d’histoire à chaque policier qui participe à l’intrigue, cela n’aide pas à isoler la figure du commissaire Melun ou du ministre, par exemple.

    L’antagoniste, dont on apprend rapidement l’identité, est quand à lui très intéressant dans son usage d’une technologie que je vous laisse découvrir. Je regrette néanmoins l’apport de certaines précisions sur son lien avec cette technologie, qui atténue considérablement sa dangerosité aux yeux du lecteur.

    La ressemblance avec Batman s’apprécie ou non, c’est selon le point de vue du lecteur. Personnellement, ça ne me gêne pas, parce que je vois ce type de lecture comme un divertissement, si bien que l’effet de comparaison garde un côté ludique et amusant. Toutefois, je ne serais pas surprise si certains lecteurs trouvaient le héros et son entourage un peu trop proches de leurs modèles.

 

Univers et Atmosphère

    Voici le point fort du récit. Il faut en effet savoir que la novella est suivie d’une postface qui explique les recherches intensives que l’auteur à mener pour produire un univers d’uchronie cohérent. Si nous évoluons dans un Paris du 19e à l’ambiance steampunk, Olivier Gechter a du remonter plus loin dans notre Histoire pour effectuer les modifications nécessaires à la présence d’une telle technologie et l’hégémonie de la France sur le marché industriel. Ces explications sont d’ailleurs très intéressantes (même si elles témoignent d’une intention déjà perceptible dans le récit, à savoir se justifier auprès du lecteur presque autant que de le renseigner).

   Suite à des modifications dans l’approche des grands de ce monde sur la technologie à rouage et à vapeur, nous nous retrouvons avec une France sous un Napoléon III devenu président d’un pays hautement technologique. L’essor des transports à vapeur a modifié le paysage géopolitique et la France doit notamment faire fasse à l’hostilité de certaines puissances étrangères envieuses de son ingénierie et de son armement. C’est donc dans une ambiance un peu tendue que l’on redécouvre cette frange de notre Histoire, avec notamment la Guerre de Sécession devenue le terrain privilégié pour les tests grandeur nature des nouveaux armements européens.

   Qui dit uchronie, dit présence de nombreuses figures historiques. Il sera fait mention bien entendu de personnages politiques, comme Napoléon III, mais aussi d’inventeurs comme Clément Ader (même s’il n’a plus vraiment le même parcours), ou encore d’intellectuels comme Victor Hugo qui n’a pas subi l’exil mais n’accuse pas moins le gouvernement actuel. C’est toujours plaisant de revoir des personnalités qui ont joué un rôle majeure dans notre Histoire, surtout qu’Antoine Lefort est décrit comme un homme influent, et donc proche des décisionnaires.

 

Intrigues et Thématiques

   Antoine Lefort, riche héritier des entreprises Lefort qui produisent les transports et armements du gouvernement français, est victime d’un vol juste après avoir embauché Clément Ader, jeune génie désireux de produire du plus lourd que l’air, une invention qui pourrait bien révolutionner le transport aérien. Décidé à retrouvé le voleur, il devra compté sur toute l’aide à sa disposition, que ce soit la police locale, ses employés, ou encore Albert, son fidèle majordome.

   Sans être des plus originales, l’histoire est plutôt bien menée et agréable à suivre. Elle donne vraiment une impression épisodique, un peu comme lorsqu’on regarde la série animée d’un super-héros, ce qui n’est pas pour me déplaire. L’antagoniste possède d’ailleurs une présence assez unique qui le donnerait presque comme un opposant régulier au Baron Noir (à voir dans l’intégrale donc). On perçoit le sérieux des recherches de l’auteur, que ce soit l’aspect historique ou scientifique, même si pour moi, ça reste avant tout un divertissement entre deux lectures qui me concerneront davantage. Je ne doute pas toutefois que les lecteurs appréciant les héros de comics et les ambiances steampunk seront ravis par les mésaventures du Baron Noir.

 

Conclusion

   Novella que l’on retrouve dans l’intégrale du Baron Noir parue chez Mnémos, L’ombre du maître espion est un intéressant début pour une série épisodique reprenant l’archétype du héros masqué luttant contre le crime, transposé dans une uchronie steampunk. Il manque toutefois de révision sur la forme qui, à mon sens, se perd trop dans le raconté et les tentatives de justifications auprès du lecteur. Un aspect qui a peut-être été gommé dans l’intégrale, qui sait ? 😉

 

Envie de découvrir le Baron Noir ? 🙂

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5 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Le Baron Noir : L’ombre du maître espion, Olivier Gechter

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