[Chronique Littéraire] La Tempête des Cœurs, Mélodie Ambiehl

   Aujourd’hui, une petite chronique sur un texte de romance dans un univers d’anticipation, La Tempête des Cœurs, de Mélodie Ambiehl (Fantasy-Editions.RCL).

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : La Tempête des Coeurscouverture-tendons-du-style-2018
  • Auteur/Autrice : Mélodie Ambiehl
  • Illustrateur/Illustratrice : Strahelle
  • Édition : Fantasy-Editions.RCL
  • Collection : L’Ailleurs est ici
  • Genre : Anticipation, Romance
  • Public : Tout Public
  • Cycle : Novella
  • Pages : 135 (les deux textes)
  • Parution : 7 septembre 2018
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Broché
  • Prix : 1,99 euros – 13 euros
  • ISBN : 979-1092557831
  • Lien : Fantasy-Editions.RCL : La Tempête des Coeurs

Résumé : 2102.
Les livres papier sont interdits.

2128.

On achète le bonheur à tout prix.

À Toulon, Nathaniel est éditeur d’une plateforme numérique ; Isallys est propriétaire des Archives Littéraires conservant les derniers livres papier.

Leur vie est heureuse.

Pourtant, quand ils se rencontrent par hasard au détour d’une rue, leur destin bascule : alors qu’elle aime ses livres plus que tout et que lui a renoncé à l’amour, c’est un véritable coup de foudre qui les réunit.

Mais leur bonheur va se changer en course contre la mort…

Le prix de leur amour sera-t-il trop élevé ?

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

Lu dans le cadre du Challenge Littérature de l’Imaginaire.

Lu dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone.

   Service Presse : Je remercie Mélodie Ambiehl de m’avoir proposée la lecture de sa novella.

    Je précise n’avoir eu accès qu’au texte de Mélodie Ambiehl, je m’excuse donc auprès des lecteurs de la version brochée de ne pas pouvoir chroniquer celui de Soukayna Ettouji. :/

 

Couverture et Accroche

   J’apprécie peu les couvertures qui affichent plus de texte qu’il n’en faut pour définir un livre, si bien qu’il devient difficile de déterminer la nature de l’illustration. D’autant que s’il y a une chose qui ne m’interpelle pas, c’est l’obtention d’un prix littéraire. Je comprends son intérêt pour ceux qui accordent de l’importance à ce type de reconnaissances, mais encore faut-il que ce soit joliment présenté. Ici, les polices de toutes les tailles mettent davantage en avant le prix que les textes lauréats, et la présence du bandeau rouge, habituellement ajouté par dessus la couverture, accentue le côté « prestige » de façon peu utile à mon sens. Au final, l’illustration devient peu lisible, et c’est bien dommage, car elle semble avoir une histoire à raconter dans ses couleurs et ses superpositions d’images symboliques. Ce n’est toutefois que mon avis, et si cette présentation peut attirer l’attention de certains lecteurs, alors tant mieux.

    Concernant le résumé, je le trouve intriguant dans l’idée d’opposition entre deux mondes littéraires, pourtant ce n’est pas aussi représentatif du contenu que je m’y attendais. Si je peux apprécier l’idée d’une histoire d’amour impossible dans un monde d’anticipation (malgré mon peu d’intérêt pour les romances), l’univers fictionnel sert avant tout à raconter un coup de foudre (ce n’est pas un mal, tout dépend de ce que l’on attend du texte). De plus, le résumé est trop bavard. C’est le risque avec un texte aussi court, mais je pense que la maison d’édition aurait pu penser l’accroche différemment sur ces dernières phrases pour ne pas estomper l’impact de certaines révélations. Ainsi, si vous venez pour la romance et la prose poétique, vous serez servis. Si vous espériez découvrir un univers futuriste où le papier est interdit, peut-être cette lecture n’est-elle pas faite pour vous.

 

Prose et Structure

    Cette novella a été sélectionnée pour un prix littéraire sur le style, et on comprend pourquoi. La plume de l’autrice est en effet singulière, poétique autant dans l’usage de ses mots qui rendent imagés les tourments de l’amour, que dans le rythme et les sonorités, où l’on perçoit une inspiration de certains grands classiques. Les figures de styles y sont nombreuses et empruntent aux mythes grecques pour façonner de jolies métaphores filées. C’est un bel hommage à tous ces auteurs qui ont le goût de la prose et de l’effet stylistique, un écho à l’amour dévorant de l’héroïne pour ses ouvrages interdits que seul son temple personnel préserve de l’indifférence des hommes. Toutefois, la constance d’une telle écriture, certes belle et riche, noie dans son océan d’élégance ce qui semblait promis à quelques fulgurances. Je pense notamment aux déclarations enflammées des deux protagonistes, qui feraient leur effet dans notre réalité, mais perdent un peu de leur superbe au milieu d’un texte où les envolées lyriques deviennent récurrentes. Cela n’est néanmoins qu’une perception personnelle qui n’enlève rien à la qualité globale du texte, et d’autres lecteurs s’enthousiasmeront certainement à voir les protagonistes si habiles avec les mots. Dans tous les cas, si vous aimez découvrir des styles forts et poétiques, je vous conseille de jeter un œil au texte. 😉

   Le découpage de l’histoire est joliment pensé et prend tout son sens en fin de lecture. Nous alternons ainsi les chapitres du point de vue des deux protagonistes, deux cœurs emportés par le présent tumultueux et qui se tutoient comme s’ils s’étaient toujours connus. Car oui, ce sont bien les cœurs qui dialoguent, ainsi que l’indique l’autrice, ainsi que le rappelle le titre. C’est poétique, comme la prose, et c’est toujours agréable de voir que les auteurs pensent leur texte jusqu’au bout, y compris dans leur mise en page.

 

Personnages et Figurants

   C’est simple, il n’y a que deux personnages dans l’histoire, les deux protagonistes. Ainsi, on suit alternativement Nathaniel et Isallys dans ce ballet amoureux qui ne laisse, comme beaucoup de coups de foudre, que peu de place au reste. Ils se définissent pour beaucoup à travers la romance, même si on perçoit d’autres caractéristiques de leur personnalité, ces petites choses qui les attirent l’un vers l’autre, mais qui démontrent aussi toutes leurs différences.

   Nathaniel est un jeune homme de 25 ans, éditeur de plateforme numérique, à l’heure où le papier est interdit. Toutefois, son activité n’a pas autant d’importance que je l’avais supposé. Il se définit comme un intellectuel idéaliste en amour, à citer des tragédies grecques aux funestes présages. Il croit que l’amour est chose inéluctable, si bien qu’il se berce de certitudes naïves qui pourraient bien le blesser. Il cache un secret dont il ne sait que faire, de peur de perdre l’amour d’Isallys. A n’en pas douter, les fans de romance trouveront son personnage touchant dans sa démarche d’apprivoisement de l’être aimé.

   En tant que propriétaire des Archives Littéraires de Toulon, Isallys est l’ultime gardienne des derniers livres papier antérieurs au 21e siècle. Certaine que les anciens livres détiennent les clefs nécessaires à la compréhension des cœurs, et notamment de ceux qui les ont écrits, elle défend avec fougue ses certitudes, plus ancrées sur ce point que celles de Nathaniel. Le coup de foudre est réciproque, mais elle lutte contre cette attirance mutuelle, car elle cache elle aussi un secret qui pourrait remettre en question leur histoire d’amour. C’est un personnage qui a des idéaux moins égoïstes que ceux de Nathaniel, ce qui la rend, pour moi, plus attachante.

   A noter que les deux ont un rapport plus fort au père qu’à la mère qui, bien que seulement cités, a une grande influence sur leur existence.

 

Univers et Peintures

    Nous savons que l’histoire se déroule en France au 22e siècle, où les lois ont évolué de façon à ce que tout puisse s’acheter dans un cadre légal. Il me sera toutefois difficile de vous parler davantage de l’univers. Certes, en répondant à un appel à texte, l’autrice était soumise à un restriction en terme de mots. Autant dire que je lui donne raison quand elle précise qu’il est difficile de tout raconter et qu’une nouvelle ou une novella ne pourra jamais être aussi approfondie qu’un roman. Toutefois, je pense que même avec 10 000 mots supplémentaires, on n’en saurait guère plus sur l’univers. Car c’est un choix de l’autrice de se concentrer sur l’introspection et le sentiment amoureux, au détriment de ce qui fait la spécificité de l’univers. Ce n’est pas un reproche, c’est un simple constat (et je pense que ça devrait être assumé comme tel, parce que ce n’est pas un défaut quand il s’agit de la volonté de l’auteur). Le choix d’une narration interne permet d’occulter ce qui sort de la fulgurance amoureuse, parce que ce n’est pas central, parce que ce n’est pas le sujet, parce que le monde autour des deux amoureux n’a finalement plus d’importance, jusqu’à ce que la réalité les rattrape. Ainsi, l’histoire n’est pas faite pour découvrir un monde d’anticipation où tout s’achète, même le bonheur ; l’histoire est celle d’une romance impossible entre deux individus détenteurs d’un lourd secret. Tout simplement. 🙂

 

Intrigues et Rouages

   Nathaniel se heurte par hasard à Isallys au détour d’une rue et en tombe immédiatement amoureux. Après avoir tenté de la retenir, il la retrouve dans son sanctuaire où elle garde précieusement les derniers livres en papier. Tentant de résister à l’attraction qu’elle éprouve pour lui, elle lui lance un défi : s’il veut la revoir, il doit comprendre la leçon qu’énonce son livre préféré, Le Petit Prince.

    L’intrigue suit la romance entre deux individus d’un même âge, persuadés d’éprouver cet amour unique voué au pire des chagrins. C’est beau, triste, et ça touchera sans nul doute les amoureux du genre. Hélas pour moi, ce n’est pas une thématique qui me parle et je m’attendais à un plus grande influence de la littérature et du monde éditorial dans leur histoire. Certes, des références sur les grands auteurs classiques, vous en aurez, et il s’agit sans contexte du témoignage d’une importante culture littéraire de l’autrice. Mais au-delà de ça, j’espérais une confrontation de leurs deux mondes, celui du papier et celui du numérique, quand les deux personnages en discutent à peine (je parle de la différence entre les deux supports ou du rapport avec le monde éditorial actuel, pas de la sauvegarde du livre papier qui est la motivation première d’Isallys). Le métier de Nathaniel, qui promettait d’intéressants échanges sur le sujet, n’aboutit à aucun débat (si ce n’est une réflexion sur les livres collaboratifs), puisque le jeune homme oublie ses occupations quotidiennes au profit de son amour naissant. Ce n’est donc pas sur ce point qu’on se retrouve avec un Roméo et Juliette 2.0. C’est bien dommage, même si je comprends que l’autrice a voulu parler de la transcendance d’un coup de foudre, qui balaie en un instant tout ce sur quoi la vie reposait jusqu’à lors.

   Toutefois, on peut y percevoir du sous-texte intéressant. Sur l’amour tragique bien sûr, comme l’histoire se conclut d’une façon qui me convient, si ce n’est sur le dénouement plutôt convenu, du moins dans la décision finale d’Isallys. Il y a aussi une tentative pour parler de l’égoïsme de l’humanité, de son appropriation de tout ce qui l’entoure, que ce soit autrui ou notre planète. C’est léger, car ce n’est pas la thématique principale, mais ça a le mérite d’exister. Et bien entendu, il y a l’idée de la préservation de notre patrimoine culturel, en particulier la littérature, cet art qui archive le chant du cœur des hommes de toutes les époques passées. Autant d’enseignements que de divertissements car oui, si le récit penche pour le point de vue d’Isallys, n’oublions pas qu’une histoire peut tout aussi bien instruire que divertir. Et ce n’est pas plus mal. 😉

 

Conclusion et Avis général

    La Tempête des Coeurs est une novella qui raconte de façon fort poétique l’histoire d’un amour impossible entre deux individus portant chacun un lourd secret. Autant le dire, si vous venez pour découvrir un monde fictionnel où tout s’achète, mieux vaut passer votre chemin. Par contre, si vous aimez les romances et les textes à la prose riche et délicate, vous serez sans nul doute ravis par ce texte court mais magnifique.

 

Et vous, envie de connaître le prix de l’amour ? 🙂

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UN APERÇU D’AILLEURS SUR

La Tempête des Cœurs ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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3 réflexions sur “[Chronique Littéraire] La Tempête des Cœurs, Mélodie Ambiehl

  1. leschroniquesdecendrillon dit :

    Belle chronique et magnifique blog, j’adore l’habillage!! Cette chronique est très riche et complète je découvre ton univers et j’adore déjà =) Merci pour le lien vers mon blog également, à très bientôt!!

    Aimé par 1 personne

    • Eleyna dit :

      Merci, c’est très gentil. 😀
      Je t’en prie pour le lien, j’essaie au maximum d’orienter vers d’autres avis. Après tout, c’est un peu le principe, de pouvoir partager et échanger nos points de vue sur nos lectures.
      A bientôt alors. 😉

      Aimé par 1 personne

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