[Chronique Littéraire] Une fine en soie, Sylvie Arnoux

   Que diriez-vous de partir en voyage littéraire avec l’agence 1115 ? Ah, vous désirez un aperçu des destinations possibles ? Et bien je vous propose de découvrir une vision steampunk de Lyon, à travers la novella Une fin en soie, de Sylvie Arnoux (éditions 1115).

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Une fin en soiepremiere_1400x1930
  • Auteur/Autrice : Sylvie Arnoux
  • Illustrateur/Illustratrice : Victor Yale (photographie)
  • Édition : 1115
  • Collection : /
  • Genre : Steampunk
  • Public : Tout Public
  • Cycle : One-Shot
  • Pages : 106
  • Parution : 28 novembre 2018
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Broché
  • Prix :  1,49 euros – 7 euros
  • ISBN : 979-10-97100-33-9
  • Lien : 1115 : Une fin en soie

Résumé : Léopold sauta depuis la nacelle de son mini-zeppelin sur le toit de l’immeuble qui abritait la rédaction de son journal. On était samedi matin et il rentrait d’une nuit agitée dans le ciel lyonnais.

Grâce à ses lunettes à vision extra-sensorielle, il pensait avoir trouvé de nouveaux indices en longeant la Saône, des émanations nauséabondes à l’origine inconnue, identiques à celles qu’il avait captées il y a deux ans dans les coteaux du Beaujolais, et précédemment dans les monts du Forez.

L’étau se resserrait, il le sentait.

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

Lu dans le cadre du Challenge Littérature de l’Imaginaire.

Lu dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone.

 

Couverture et Accroche

    L’ayant vu avec plusieurs autres ouvrages de la ME 1115 dans le masse critique de Babelio (concours découvert tardivement, même si de toute façon, il est peu probable que je sois un jour sélectionnée), et ayant déjà été convaincue par un précédent ouvrage de cet éditeur (Celle qui portait l’orylium, Paladine Saint-Hilaire), je me suis dit pourquoi ne pas tenter de nouveau l’expérience ? Si je vous précise tout cela, c’est parce que ce qui sert d’accroche, à savoir la couverture et le résumé, ne saurait a priori me convaincre seul.

   Je l’avait déjà précisé pour Celle qui portait l’orylium, mais je ne suis pas vraiment attirée par les couvertures abstraites s’appuyant essentiellement sur la photographie. J’y associe, à tort peut-être, la littérature blanche, ce qui n’est pas ce que je recherche. Même si ici, on perçoit une plume qui peut évoquer la douceur de la soie en un rappel du titre (après lecture, on comprend très bien l’allusion 😉 ), et qu’on discerne en arrière-plan des engrenages typiques du steampunk, j’avoue que ce n’est pas un visuel qui me parle.

   Concernant le résumée, il s’agit des premières lignes du livre. Un choix particulier, qui peut être intéressant, ne serait-ce que pour découvrir le style de l’autrice. Mais, pour moi, ça manque de renseignements sur le contenu, en particulier lorsqu’on se retrouve au milieu de tous les ouvrages de 1115 et qu’on ne sait finalement pas vraiment vers quoi s’orienter. Les éditions 1115 se présentent comme une agence de voyages littéraires, ce qui est original, mais à moins d’apprécier partir à l’aveuglette vers des destinations inconnues, on désire souvent avoir une aide dans le choix de nos voyages. Pourquoi ne pas ajouter un commentaire de l’agence pour compléter l’apport en informations ?

   Bref, tout ça pour dire que je perçois une réelle différence entre ma première et ma seconde lecture pour cette ME. La première fois, j’ai bénéficié d’un accompagnement, car j’ai discuté avec les membres du stand en salon. Ici, j’étais toute seule devant mon écran, à hésiter entre les différents ouvrages de la ME. Ce qui m’a décidé ? Un truc tout bête, mais au moment de mon choix, Une fin en soie n’avait pas d’avis sur les plateformes dédiées. Je me suis dit, quitte à partir pour l’inconnu, autant que ce soit une découverte totale (finalement, la ME aurait-elle réussi son coup ?). ^^

 

Prose et Structure

    Il s’agit d’un texte court, une centaine de pages, pourtant, j’ai été assez agréablement surprise par le choix de l’autrice de varier son registre en fonction des personnages. Ainsi, si tous les protagonistes on une narration à la troisième personne et au singulier, certains d’origine bourgeoise ont un langage plus soutenue dans les dialogues, quand d’autres, issus de la classe ouvrière, se verront dotés des expressions typiques de l’époque et de la région lyonnaise.

   Par ailleurs, le point de vue varie souvent d’un paragraphe à l’autre, passant d’un personnage à son voisin, nous permettant ainsi de rapidement comprendre ce que chacun pense de la situation. Si je n’apprécie pas toujours ce changement de narration dans une scène, comme cela est parfois mal exécuté, je trouve qu’ici, ça passe très bien.

    Pour rester dans la structuration du récit, on se retrouve avec un dizaine de chapitres. Je dois avouer ne pas avoir toujours compris le découpage, ce qui justifiait qu’on passe à un autre chapitre, puisqu’on pouvait reprendre sur le même point de vue ou sur la même idée. Mais en soit, ça ne gêne pas la lecture, c’est juste une interrogation personnelle.

 

Personnages et Figurants

   Les personnages sont plutôt nombreux pour un texte aussi court, mais ma foi, on s’en sort plutôt bien, en tout cas pour les personnages masculins.

   On parvient ainsi à identifier facilement Léopold, le jeune journaliste impétueux qui rêve d’un scoop à la hauteur de sa fougue, mais qui se voit attribuer par son patron une enquête sur la confection de la soie. Instable et un brin maladroit, on le retrouve à courir dans toutes les rues de Lyon pour satisfaire son devoir autant que sa curiosité.

   Son patron, Max Leroy n’est pas aussi indifférent aux affaires sensationnelles qu’il veut le faire croire et on apprend rapidement qu’il a un passif pas tout à fait reluisant. Il n’empêche que c’est un amoureux des mots et de la vérité, et qu’il n’hésite pas à faire ce qu’il faut pour satisfaire les besoins d’une enquête.

    En dehors du milieu journalistique, le personnage le plus important est Emile Bertrand, un soyeux, nom donné à ceux qui travaillent dans le domaine de la soie. L’homme, ingénieux et avare en informations, dissimule le secret de la conception de sa soie, unique dans son reflet moiré. On le sent tendu à l’approche de l’Exposition Universelle, car il espère préserver son secret pour pouvoir s’exporter. Il est aussi plein d’amertume, et on en comprend rapidement la raison.

   Autour de ces hommes gravitent d’autres personnages, plus secondaires, dont des femmes, qui malheureusement sont un peu moins personnifiées. Si on peut trouver une certaine affection d’Emile pour sa fille, elle se distingue peu des autres jeunes filles rencontrées. Je me suis demandée si cela n’était pas volontaire compte tenu du sujet de l’histoire. Surtout que la femme d’Emile, elle, bénéficie d’un traitement plus approfondi.

 

Univers et Peintures

    On se retrouve plongé dans un Lyon des années 1900 ancré dans une ambiance steampunk assez perceptible. La première chose qui viendra confirmer cette impression, c’est bien entendu la présence de dirigeables, assez importante puisque même Léopold, pourtant jeune journaliste, en possède un. S’il est aussi fait mention de la Ficelle, qui est le funiculaire de la ville, je me suis un peu étonnée de ne pas entendre parler d’autre moyens de locomotions mécaniques. Mais c’est du détail, car à coté, on retrouve d’autres éléments atypiques comme des lunettes sensorielles ou des ouvriers mécaniques.

    Je ne connais pas vraiment Lyon, pourtant, j’ai senti que l’autrice, elle, en avait une connaissance historique et géographique certaine. Et je dois dire que ce n’était pas désagréable de découvrir par l’intermédiaire de cette novella, une histoire de la soierie qui fut importante pour la ville. Alors certes, vous ne trouverez que peu de détails sur l’évolution du marché de la soie au cours des millénaires, mais si comme moi, vous êtes du genre à jeter des coups d’œil ici et là après vos lectures, je vous assure qu’il y a de quoi renforcer votre culture générale. 😉

 

Intrigues et Rouages

   Léopold, un jeune journaliste qui ne parvient pas à se satisfaire des articles mondains, rêve d’élucider ce qui semble être l’oeuvre d’un assassin en série. Malheureusement, son patron, Max Leroy, préfère lui confier une enquête bien moins palpitante, puisqu’il s’agit de découvrir le procédé de fabrication de la soie d’Emile Bertrand. Si cela n’enthousiasme pas Léopold, il est pourtant bien le seul, car tous les journalistes cherchent à découvrir ce qui rend le fil si parfait. Une information difficile à obtenir, car le soyeux est un homme suspicieux. Et puis, il faut désormais faire avec de nouvelles disparitions…

   Pour être honnête, il me semble que la nouvelle est construite de façon à ce que le lecteur comprenne rapidement ce qu’il se passe. Du moins l’ai-je personnellement pris ainsi car, même si rien n’est vraiment explicite, les indices sont bien trop évidents pour passer inaperçus. Par contre, il devient intéressant de suivre les pensées, les progressions et les déductions de chacun, y compris des personnages secondaires comme la femme d’Emile Bertrand, qui permettent de donner une autre vision des principaux protagonistes et de comprendre pourquoi certains s’orientent vers une idée plutôt qu’une autre.

   Si je n’ai pas été surprise par la chute, j’apprécie que l’autrice ne donne pas une explication détaillée de la conclusion et laisse au lecteur le soin de faire le lien entre tous les indices qu’on lui a donnés. Parce qu’après tout, en nous baladant entre tous les points de vue, c’était bien à nous, lecteurs, que l’enquête s’adressait. 😉

 

Conclusion et Avis général

   Une fin en soie est une novella intrigante qui nous emmène dans une ville de Lyon des années 1900 à l’ambiance steampunk. Si le texte est court, il parvient sans problème à jouer avec les différents points de vue, tout en nous entraînant dans une étrange enquête qui nous fera découvrir les dessous de l’industrie de la soie. Peut-être ne serez-vous pas surpris par la conclusion, mais assurément, vous prendrez plaisir à arriver au bout de l’histoire.

 

Que diriez vous de visiter un atelier de canut de la vieille Lyon ? 🙂

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UN APERÇU D’AILLEURS SUR

Une fin en soie ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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3 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Une fine en soie, Sylvie Arnoux

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