[Chronique Littéraire] Voleurs de Lumière, Sylvie Kaufhold

   Comme j’ai pu vous le dire, le mois passé, j’ai décidé de lire quelques textes courts entre deux romans pour le PIF. Aujourd’hui, il s’agit donc d’une chronique sur la novella de steampunk fantasy Voleurs de Lumière, de Sylvie Kaufhold (Editions du 38).

Séparateur 4

 

FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Voleurs de Lumièreimage-1
  • Auteur/Autrice : Sylvie Kaufhold
  • Illustrateur/Illustratrice : ?
  • Édition : du 38
  • Collection : du fou
  • Genre : Fantasy, Steampunk
  • Public : Adulte
  • Cycle : Novella
  • Pages : 104
  • Parution : octobre 2015
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix :  1,99 euros – 8,77 euros
  • ISBN : 978-2374534343
  • Lien : Editions du 38 : Voleurs de Lumière

Résumé : Grâce au vieux qui l’a recueillie, Gwen a développé ses aptitudes particulières, et elle est devenue voleuse d’élite. Elle exerce ses talents dans la cité bulle du consul Leroy, où l’obscurité engloutit les hommes et la lumière s’achète à prix d’or.

Lorenz, son ancien amant, lui propose un contrat périlleux, au-delà des forêts obscures, au cœur de la ville des passeurs de lumière.

Pour réussir, la jeune femme devra affronter ses peurs et accepter ses origines.

Séparateur 4

 

MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

Lu dans le cadre du Challenge Littérature de l’Imaginaire.

Lu dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone.

 

Couverture et Accroche

   J’ai été attiré par l’aspect steampunk de la couverture avec cette femme qui porte des éléments que l’on attribue assez couramment au genre (ou équivalent, pour les pointilleux des sous-genres). Les engrenages en premier lieu sont des éléments mécaniques récurrents, de mêmes que les teintes métalliques (cuivrées ou dorées). Et puis il y a la tenue, notamment le corset, les lunettes stylisées, les épaulières avec des fils qui semblent indiquer un usage électrique… Si j’insiste là dessus, c’est parce qu’après lecture, je ne sais toujours pas s’il faut classer cette novella dans un sous-genre en -punk. Sans la couverture, j’aurais dit que c’était de la fantasy avec quelques éléments mécaniques.

   A première vue, je trouve le résumé bien écrit, intriguant, pointant des éléments qui savent capter l’attention du lecteur. Malheureusement, il parle de sujets qui restent flous dans l’intrigue. Les capacités, les peurs et les origines de Gwen ne sont pas les mieux exposées dans le récit, certes court, mais qui n’appuie par exemple jamais sur une quête des origines. Gwen va juste faire son travail et il aurait été bien plus logique, à mon avis, de parler de l’attrait dangereux de la lumière.

 

Prose et Structure

   La plume de l’autrice est assez singulière sur cette nouvelle puisqu’elle tourne en grande partie autour du « raconter ». On indique souvent aux jeunes auteurs « show, don’t tell », et il est vrai que si ce conseil tourne autant sur la toile virtuelle, c’est parce qu’on raconte parfois à l’excès. C’est un peu le cas ici pour mon goût personnel. Autant, les flash-back peuvent se prêter à un tel usage du « raconter », qui ne doit pas être totalement banni, ce serait une absurdité. Autant lorsque Gwen agit, j’aurais préféré voir ses émotions se traduire dans ses gestes ou dans ses choix, plutôt que de me faire raconter en détail ses états d’âme. Après, j’imagine que ce type de narration parlera davantage à d’autres lecteurs.

   Concernant la structure, pas de chapitre puisqu’il s’agit d’un texte court. L’enchaînement des scènes est plutôt adapté, avec des ellipses temporelles qui mènent directement aux moments clés. Seul le début, qui revient sur le passé de la protagoniste, est peut-être un peu long, compte tenu de la longueur du récit.

 

Personnages et Figurants

   La protagoniste principale, Gwen, est une jeune femme un peu particulière. Rousse aux yeux verts dans un monde d’obscurité ou tout le monde à les yeux et la peau pâles, elle déchaîne les passions, autant la convoitise que la haine. Jeune orpheline, elle a été recueillie par un vieux qui lui a tout enseigné de son art avant de disparaître. Elle est désormais connu comme une voleuse très douée, même si le récit en lui-même ne le montre pas vraiment.

    Lorenz partage la narration avec Gwen. Attiré par la jeune femme, il espère que le coup qu’il lui propose leur permettra de se rapprocher. On le dit meneur dans l’âme, sa principale qualité, pourtant seule Gwen semble donner des instructions lors de leur affaire, ce qui amoindrit son utilité.

   Till est un jeune orphelin recueilli par Lorenz après que sa famille ait été engloutie par les ténèbres. Très sensible à l’attraction des ténèbres autant que de la lumière, il est l’élément qui active le syndrome du sauveur des deux adultes. Personnage qui aurait pu être intéressant, il attend surtout de servir de déclencheur de situations, ce que je trouve un peu dommage.

   Les deux autres personnages sont à peine décrits, et sont assez peu utilisés dans l’intrigue. On justifie leur présence par leurs capacités particulières, mais outre qu’un faussaire ne sert à rien sur le terrain, on le met à la porte de la cité à la première occasion venue pour ne plus avoir à le gérer. Bien dommage, les deux gredins auraient pu avoir de vrais moments clés.

 

Univers et Peintures

   L’univers est sans conteste l’élément le plus intriguant et le mieux travaillé de la novella. En effet, Gwen vit dans une cité-bulle, une ville hautement surveillée où la lumière est la denrée la plus recherchée. Le monde autour est plongé dans l’obscurité. Or les ténèbres sont dangereuses, car si on écoute leur appel, elles finissent par nous engloutir. Être dans la cité ne préserve pas de ce mal, puisque pour des raisons économiques, le consul réduit l’usage de la lumière à de très courtes journées. Ce qui laisse toute la nuit aux ténèbres pour emporter les plus faibles. Une idée vraiment géniale, que j’aurais apprécié découvrir davantage, plutôt que de m’attarder sur les états d’âme de Gwen. D’autant qu’au fil de la novella, on découvre qu’il n’y a pas qu’un monde d’obscurité. Il y a aussi la ville des passeurs de lumière, prometteuse, mais pas sans danger.

 

Intrigues et Rouages

   Gwen, une voleuse réputée de la cité-bulle, se voit proposer un contrat alléchant par Lorenz. Son ancien amant désire en effet dépouiller les coffres des passeurs de lumière. Cela implique un long voyage dans l’obscurité en direction de la lumière, en compagnie d’un jeune orphelin et de deux gredins. Mais des ténèbres ou de leur pendant, quel est le plus grand danger ?

   Malheureusement, la propension de Gwen à raconter ses sentiments laisse peu de place à l’intrigue. Ainsi, les moments de tension, qui auraient pu donner un véritable ton à la novella, sont réduits au minimum. Tout comme le vol n’apporte aucun élément de conflit, aucune adversité, si bien qu’on se demande quel était l’intérêt d’en parler comme du casse du siècle. La facilité avec laquelle tout se déroule retire tout intérêt aux talents de Gwen, que l’on n’expose jamais vraiment, si ce n’est sa chevelure rousse qui malmène le palpitant de ces messieurs.

   La novella s’arrête à un moment qui frustrera beaucoup de monde. Personnellement, j’apprécie ce choix, même si la réflexion que Gwen s’en fait n’est pas vraiment adaptée à ce qu’elle exprimait le reste du temps. Bref, pour moi, c’est une belle idée, mais je n’ai pas été convaincue par le rendu. Après, si vous êtes du genre à aimer le style raconté et les longues introspections de personnages, ça pourrait vous plaire.

 

Conclusion et Avis général

    Si l’idée est prometteuse, l’exécution ne m’a pas convaincue. Outre un style raconté un peu trop excessif qui ne laisse guère de place aux moments de tension, les personnages secondaires sont peu exploités si bien que se pose la question de leur utilité au sein de cette novella. Ceci dit, l’univers semble vraiment travaillé et original, avec un usage des opposés obscurité et lumière qui mériterait un plus ample développement.

 

Alors, envie de suivre Gwen dans l’obscurité ? 🙂

Séparateur 4

UN APERÇU D’AILLEURS SUR

Voleurs de lumière ?

blog-2151307__340

N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

Séparateur 4

haut de page

Publicités

3 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Voleurs de Lumière, Sylvie Kaufhold

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s