[Clichés de Persos] #3 : 5 types de personnages appréciés mais insupportables dans la vraie vie

   Non, vous ne rêvez pas, [Clichés de Persos] s’offrent enfin une vraie bulle dédiée (#1 : Les 10 élèves que vous préféreriez ne pas avoir dans votre classe et #2 : Les 10 collègues que vous préféreriez ne pas avoir dans votre entreprise étant d’anciens articles issus d’une autre thématique). Aujourd’hui, je voulais vous parler de ces profils de personnages que l’on adore dans les œuvres littéraires, mais qui en réalité, ne sont pas si appréciés dans la vrai vie. Cela vous intrigue ? Aller, suivez le guide. 😉

  Parce que les personnages ne sont que des personnages, ils ont souvent des traits de caractère amplifiés, voire caricaturés, si bien qu’on oublie rapidement que ce que l’on trouve génial chez eux, nous semble dans une réalité plus posée, bien moins agréable à vivre au quotidien.

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1. La Mary-Sue

    Alors j’en vois déjà qui vont me dire : Oui, mais non ! La Mary-Sue est un cliché que tout le monde déteste, personne ne veut en voir dans les ouvrages ! C’est en partie faux. Pour preuve, dans de nombreuses œuvres autoéditées ou destinées à la jeunesse, le personnage principal ou l’un de ses acolytes est une Mary-Sue, c’est à dire un personnage parfait qui réussit tout ce qu’il entreprend et qui est aimé de tous. Comme tout stéréotype virant au cliché, sa perception comme tel varie. Ainsi, un auteur qui écrit sur un tel type de personnage dira que son héros n’est pas une Mary-Sue, mais qu’il est simplement doué et exceptionnel. Il n’empêche que s’ils ne sont pas tous parfaitement parfaits, ces personnages sont dotés d’improbables qualités et capacités frôlant la perfection et de défauts artificiels jamais exploités (Truc se lève toujours en retard pour aller à l’école, mais jamais durant la quête de la sainte relique de la paix dans le monde ; Machine est moche, sauf pour aller au bal du prince Super…). Beaucoup de lecteurs apprécient les voir si beaux, si gentils, si efficaces… Après tout, ces personnages sont souvent ce que nous rêverions d’être.

check-305228_960_720Dans la vraie vie : Les personnes parfaites, nous savons combien ça agace au quotidien. La superbe femme toujours sur son 31 qui arrive à mener cinq tâches de front et qui a le temps de faire du sport avant d’aller chercher sa fille première de la classe, ça crispe. Le collègue talentueux qui a toujours de bonnes idées, des vannes super drôles et le don de débloquer la photocopieuse quand nous y sommes depuis 3 heures, ça irrite. Le frère qui fait tout ce que désire les parents avec le sourire et passe pour un petit ange, ça énerve. Bref, au quotidien, nous n’apprécions pas vraiment les gens qui semblent parfaits, nous leur préférons les gens comme nous, qui loupent une marche de temps en temps, qui ont un bout de salade entre les dents, ou qui viennent galérer avec nous pour lancer la photocopieuse. Parce que c’est rassurant.

 

2. L’anti-héros

   Vous le connaissez certainement. Il s’agit du pendant de la Mary-Sue, très à la mode ces derniers temps, d’autant qu’il répond bien à l’état d’esprit très pessimiste de la société actuelle. Bref, l’anti-héros, c’est un protagoniste qui ne possède pas toutes, voire aucune caractéristique basique d’un protagoniste habituel. Il est souvent lâche, cynique, misanthrope, malhabile, manipulateur, drogué… Il agit par égoïsme et n’entreprend de quête que parce que la nécessité l’y pousse, voire revendique à tous les pages sa haine profonde de la société en usant parfois d’un langage grossier. Personnage fréquent dans les fresques obscures telles qu’en dark fantasy, en anticipation ou en post-apo, nous en trouvons de plus en plus souvent dans les autres genres littéraires, preuve que les lecteurs apprécient suivre ces personnages que l’on considère comme plus humains que le héros conventionnel. Lui au moins, il ne voit pas la vie en rose.

   check-305228_960_720Dans la vraie vie : Pourtant, les gens supportent rarement les personnes qui semblent posséder plus de défauts que de qualités. Qui se sent attiré par un individu louche qui invective tous ceux qui l’approchent de trop prêt ? Qui a la patience de s’acharner des heures pour qu’un misanthrope consente à lever le petit doigt afin d’aider la communauté ? Qui apprécierait qu’un médecin le méprise alors qu’il est cloué sur un lit d’hôpital à cause d’une pathologie inconnue ? Et oui, si les spectateurs adorent Dr House, en vrai, la plupart useraient de tous les jurons qui existent dans leur répertoire avant d’éventuellement lui intenter un procès. Parce qu’il n’est pas naturel pour l’humain d’accepter un tel comportement méprisant, voire dangereux pour son intégrité. Même au quotidien, en connaissant plus intimement ces personnes, avouons que ce n’est pas une sinécure tous les jours, et qu’il faut un certain sang-froid pour ne pas se laisser happer par la colère ou l’agacement.

 

3. Le mystérieux

    Le personnage mystérieux, qui garde ses distances, a un rapport glacial avec les autres protagonistes, se garde bien de répondre quand on lui parle et a toujours une parfaite maîtrise de soi, avouez que souvent, ça plait bien. Probablement parce que ça va 99% du temps de pair avec une classe monumentale, d’incroyables blessures à faire pleurer dans les chaumières, un petit cœur tout mou et un besoin de se faire chouchouter par son pendant (la fille trop choupette ou le mec trop cool). Et je ne parle pas des lecteurs qui fondent littéralement en apprenant sa terrible faille qui justifie son comportement si distant. Nous savons tous que cela active notre syndrome du sauveur et que beaucoup de lecteurs se rêvent à la place de l’intérêt amoureux pour pouvoir sauver le/la protagoniste de sa détresse intérieure et lui rendre le sourire. Si nous apprécions ces personnages, c’est en partie parce que cela nous flatte de nous savoir suffisamment humain pour surmonter les préjugés d’une rencontre de ce genre.

check-305228_960_720 Dans la vraie vie : Les personnes qui osent aborder les gens mystérieux sont peu courantes, encore plus rares celles qui s’attardent plus de quelques instants. Beaucoup de gens n’ont aucune patience lorsqu’on ne répond pas exactement comme ils s’y attendent et ne cherchent surtout pas à comprendre pourquoi un individu s’enferme dans le silence s’il ne s’explique pas immédiatement. Pire, certains jugent au premier regard, estiment que la personne a une case en moins ou qu’elle doit être dangereuse, d’autant plus si elle évite ostensiblement d’avoir à parler d’elle (ça cache forcément quelque chose, voyez). Une personne qui s’exprime peu, ne sourit pas et ne semble pas intéressée par les banalités du quotidien attire la méfiance et rarement la sympathie. Soyons honnête, notre syndrome du sauveur, nous avons tendance à l’idéaliser.

 

4. Le révolté

   Celui qui a toujours quelque chose à dire, qui ne sait jamais se la fermer, qui s’indigne plus souvent qu’il n’exprime son contentement. Et par la magie de la littérature, dans un ouvrage, celui qui s’indigne le fait presque toujours pour de bonnes raisons. Même lorsque les autres personnages réfutent ses dires, l’intrigue, elle, lui donne raison sur le long terme. Cette pseudo-prescience donne au personnage une sorte d’auréole de messie capable de prévoir la catastrophe (quand ce sont bien souvent les autres personnages qui restent aveugles aux pancartes signalisatrices laissées par l’auteur un peu partout dans le récit). Mais surtout, le révolté est un meneur de bonne conscience qui fascine la masse. Il est le héros qui soulève le peuple opprimé, celui qui ose défier l’autorité quand tout le monde baisse la tête, celui qui n’a pas peur de se prendre un coup de bâton pour défendre ses idéaux. La grande gueule littéraire est un révolutionnaire qui se bat pour ce qui est juste et avec les bonnes armes (sinon, ça devient un antagoniste ^^).

check-305228_960_720Dans la vrai vie : Le révolté s’indigne tout le temps, pour tout et n’importe quoi et rarement pour mener une révolution (il y en a certes, surtout en ce moment, mais pas tant qu’on le croit et certainement pas pour le bien de tout le monde). Au quotidien, le révolté peut fatiguer son entourage parce qu’il n’est jamais content de rien, se plaint de son café trop froid, du dossier qui n’était pas prêt pour hier ou qu’on lui demande pour demain, de la voiture de devant qui ne roule pas assez vite, du distributeur qui bloque comme de par hasard quand c’est son tour. Parfois, il est celui qui, à hurler au scandale parce qu’il lui manque un petit pois dans son assiette, attire une honte profonde sur ceux qui l’accompagnent. Ce peut-être difficile de fréquenter un révolté, surtout lorsque nous ne partageons pas son opinion ou que nous refusons d’écouter ses explications. Or, rares sont les gens qui prennent le temps de comprendre les raisons de leur emportement. Les révolutionnaires peuvent fasciner, mais de loin.

 

5. Le comique

   L’incontournable comique que l’on trouve dans la très grande majorité des ouvrages, quel que soit le genre littéraire. Pour faire simple, il s’agit de l’apport humoristique du récit. Suffit qu’il soit le seul à faire des vannes pour que nous nous attachions à lui, parce que lui, au moins, il est drôle (contrairement aux gueules d’enterrement qui l’accompagnent). Peu importe qu’il soit au bar à se saouler, à se faire rôtir le fessier par le feu d’un dragon, à pirater l’ordinateur de son patron mafieux, il a toujours un mot pour rire et détendre l’atmosphère. Il ne passe pas son temps à tirer une tronche de trente pieds de long parce qu’il doit partir à l’autre bout du monde pour tuer le grand méchant, il arrive à sourire et à blaguer alors qu’il vient de perdre un ami. Le lecteur se dit souvent que c’est le meilleur ami du monde, parce que c’est un soutien sans faille qui ne se départira jamais de sa bonne humeur.

check-305228_960_720 Dans la vraie vie : Quand nous allons mal, que nous sommes malheureux, que nous souffrons, nous n’apprécions pas vraiment les gens qui sont de bonne humeur. C’est symptomatique de notre détresse, mais les gens enjoués et éternellement positifs nous énerve, car il donne l’impression de ne pas compatir, voire de manquer d’empathie. L’individu qui rit de tout, même dans les pires moments, n’est pas forcément le meilleur soutien du monde. Au-delà de cette notion d’épaule sur laquelle s’appuyer, il faut aussi se dire que les gens qui se croient drôles ont parfois un manque d’autodérision, et deviennent susceptibles si nous ne rions pas pour la centième fois à leur blague. Or, il peut arriver que de notre point de vue, les blagues et les répliques cyniques soient ennuyeuses ou malvenues. Il faut avoir de la patience pour côtoyer un comique au quotidien (surtout si nous n’apprécions pas le même type d’humour), et une fois encore, disons-le, ce n’est pas donné à tout le monde.

 

   Bien entendu, un lecteur n’adhère pas toujours au même profil de personnages, de même qu’un individu dans la réalité est rarement une seule de ces personnalités. Néanmoins, je trouvais intéressant de constater que ce que nous apprécions lire n’est pas forcément ce que nous apprécions vivre au quotidien. Je dirais même que la lecture dote certainement le lecteur du temps et des outils nécessaires pour comprendre plus facilement un individu, même s’il n’est que fictif. Là où dans la vraie vie, il faut faire des efforts pour acquérir les mêmes connaissances sur la personne concernée. Dans la réalité, nous nous arrêtons souvent à l’image que nous avons de cette personne, alors que nous savons pourtant qu’elle est bien plus complexe qu’un personnage, et qu’elle possède probablement des caractéristiques, des opinions ou des centres d’intérêt qui devraient nous parler. Je n’irai pas jusqu’à dire que la lecture nous aide à faire des rencontres (quoi que…), mais elle nous permet certainement d’entrevoir plus loin que nos préjugés. C’est pourquoi il est important que les auteurs s’appliquent à utiliser un large panel de protagonistes qui représente au mieux la multitude de l’humanité. 🙂

 

Et vous quel profil de personnage adorez-vous dans les romans, mais ne supportez-vous pas dans la vraie vie ?

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18 réflexions sur “[Clichés de Persos] #3 : 5 types de personnages appréciés mais insupportables dans la vraie vie

  1. Lionne BLANCHE dit :

    Super sujet ! 😀 Pour répondre à la question, ben… Ça dépend du degré dans la réalité et de mon humeur aussi ^^ Mais effectivement, il y a beaucoup de personnages que j’adore ou que j’aime, et qu’en vrai, je n’aimerais pas côtoyer de trop prêt, et ce, même parmi mes propres personnages…

    Aimé par 1 personne

  2. Symphonie dit :

    J’adore les personnages mysterieux, ou plus précisément les personnages que nous considérons comme « atypiques » dans la vraie vie. J’aime bien les anti-heros cyniques à la dr house, aussi, mais je pense qu’en vrai je ne supporterais pas^^

    Aimé par 2 personnes

    • Eleyna dit :

      Moi, aussi j’adore les profils « atypiques », justement parce que ça permet de découvrir d’autres facettes de l’humanité. ça m’attriste toujours un peu lorsqu’on essaie de leur coller des traits communs aux héros (genre, on veut quand même qu’ils soient beaux selon les critères actuels, comme si on ne pouvait dégager un certain charme par son attitude ou ses compétences, ou même simplement ne pas coller aux normes et être beaux aux yeux de certains…). Et ce n’est pas toujours une volonté de l’auteur. Parfois, les lecteurs superposent une image qui leur convient mieux malgré les détails donnés, comme si c’était plus rassurant.

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  3. Lyanna dit :

    C’est bien vrai : quand on lit une histoire, on s’attache souvent à des personnages qu’en réalité, nous aurions beaucoup de mal à supporter sans doute. Est-ce parce que c’est justement de la fiction (vous n’aurez justement jamais à les supporter réellement) ? On peut facilement idéaliser un protagoniste, parfois plus que ce qu’en dit l’auteur d’ailleurs tandis que dans la vraie vie, notre tolérance des autres est peut-être beaucoup plus « terre-à-terre » (même si ce n’est pas le mot que je cherchais).

    C’est vrai que dans les oeuvres, le type de personnages qui m’agacent le plus reste la Mary-Sue mais sans doute uniquement quand c’est trop flagrant (au point où c’est quasiment inhumain autant de perfection), sinon je ne dois pas faire attention je suppose, alors que j’ai tendance à ne pas déprécier autant les autres clichés.

    Aimé par 1 personne

    • Eleyna dit :

      Je ne sais pas si c’est vraiment qu’on aurait du mal à supporter tout ces profils, ou si c’est qu’on ne prend pas le temps de les connaître et de comprendre les raisons de leur comportement. Après, c’est sûr qu’on idéalise toujours un peu les personnages d’un roman, d’autant qu’on les voit rarement dans leur quotidien.

      Pour la Mary-Sue, je dirais que c’est un cas particulier. Disons qu’on a souvent du mal à reconnaître qu’on apprécie une certaine forme de perfection. Pourtant ce profil est récurrent dans les oeuvres (moins qu’avant, certes), preuve qu’il plait.

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  4. Lyanna dit :

    Ils ne sont pas tous aussi accentués que dans certains bouquins parfois (j’ai l’impression que j’ai surtout eu à faire à des comiques au final dans la vraie vie). Je trouve qu’on a facilement tendance à juger les autres sur leur comportement (autant que sur leurs goûts, sur leur physique) alors qu’en suivant la trame d’un récit, tu suis les personnages et même, au fur et à mesure, tu en apprends plus sur leur background. Dans ta vie, tu racontes pas ton passé comme ça aux gens pour expliquer ton comportement donc on te juge sur ce qui est visible.

    C’est là que je me questionne en fait pour la Mary Sue. Je suis d’accord avec le fait que reconnaître qu’on apprécie une part de perfection parce qu’on aimerait parfois être un peu plus « comme ceci » ou « comme cela », ça joue beaucoup sur le regard qu’on a sur soi notamment (surtout en jeunesse). Oui, ce profil est récurrent dans la littérature mais est-ce que c’est ce personnage qui plaît ou bien les autres autour, ou la situation « fantasmée » autour de celui-ci (comme vivre une aventure et en être le centre… sans prendre en compte le comportement de l’héroïne) ? C’est quand même difficile de s’identifier à une personne si parfaite sans défaut autres que celui de ne pas être du matin ou celui d’être légèrement maladroite mais en fait c’est trop mignon…) mais c’est vrai que c’est sans doute parce qu’il y a une part d’idéal rêvé peut-être.

    Aimé par 1 personne

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