[Chronique Littéraire] L’Empire Electrique, Victor Fleury

   Et nous revoici après de longues semaines sans lecture avec une nouvelle chronique sur un livre d’uchronie acheté lors de la GrosseOP, L’Empire Electrique de Victor Fleury (Bragelonne).

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FICHE TECHNIQUE

  • Titre : L’Empire Electrique1702-empireelectrique_org
  • Auteur/Autrice : Victor Fleury (Vyl Vortex)
  • Illustrateur/Illustratrice : Benjamin Carré
  • Édition : Bragelonne
  • Collection : /
  • Genre : voltapunk, uchronie
  • Public : Adulte
  • Cycle : One-Shot
  • Pages : 480
  • Parution : 15 février 2017
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix : 12,99 euros – 28 euros
  • ISBN : 9791028102449
  • Lien : Bragelonne : L’Empire Electrique

Résumé : En cette fin du XIXe siècle, au cœur de l’Empire Électrique, les technologies voltaïques ont transformé la civilisation. L’Europe, sous le règne de Napoléon II, domine la planète.

Pourtant…

Un terroriste insaisissable menace l’ordre établi en Écosse française. Les Bonaparte décident de recourir aux services d’un prisonnier politique aux talents fameux, un certain Sherlock Holmes…

Marc Frankenstein est l’héritier d’une lignée de savants. Il pratique une science revitalisante, la médecine voltaïque. Un soir, la police vient le chercher à son domicile. Le docteur devra faire face aux sombres secrets de sa famille…

L’Australie est une terre de non-droit où sont déportés les utopistes de tout poil. Gavroche Thénardier, vieux révolutionnaire, est capturé et enfermé dans le terrible bagne Vidocq. Pour s’évader, il rassemble une équipe de prisonniers…

Le capitaine Nemo, cet infâme pirate, ressurgit après trente ans de silence pour attaquer la flotte française. Le lieutenant Justinien, son ennemi de toujours, embarque à bord du Léviathan pour lui donner la chasse…

Figures historiques et mythes littéraires se donnent la réplique dans ce recueil de nouvelles aussi réjouissant qu’endiablé, livré par le nouveau talent du steampunk à la française !

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MON AVIS

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   S’agissant d’un recueil, j’ai décidé de découper mon avis par nouvelle.

 

Couverture et Accroche

   La couverture est dans les tons désormais bien connus du steampunk (même si on se retrouve davantage dans un monde à électricité qu’à vapeur), à savoir couleurs dorées et cuivrées. L’image de fond rappelle les extravagances mécaniques imaginées par les auteurs du genre, les éléments de décors sont des évocations de l’époque victorienne autant que de l’Empire dépeint. Bref, tout est fait pour donner une idée visuelle du contenu et c’est un bon point. Pour autant, je trouve la composition moyenne avec une impression d’images superposées, j’aurais bien vu une sorte de lissage de l’ensemble. Peu importe, il ne s’agit que de mon avis et cela n’est pas essentiel dans mes choix de lectures.

   L’accroche, elle, m’a davantage intriguée, notamment l’évocation de personnages connus de la littérature évoluant dans un univers d’uchronie basé sur l’avancée technologique liée à l’électricité. Ainsi, ce résumé présente les nouvelles contenues dans ce recueil de façon à assortir des noms emblématiques avec des situations à suspense. Bref, tout ce qui peut attiser la curiosité, on sent le travaille d’éditorialiste qui a l’habitude du fameux « pitch en une ou deux phrases ». Dommage pour la dernière réflexion, je ne suis toujours pas convaincue (voire moins que s’il n’y avait rien) par les dithyrambes sur les auteurs.

 

Prose et Structure

   La prose n’est pas un point qui m’a vraiment séduite (en même temps, ce n’est pas ce que me fait fermer un livre, donc…). Le style est simple, avec des descriptions plutôt succinctes. Elle a quelques passages assez élégants, notamment les incipits qui cherchent à donner un ton aux passages, même s’ils se restreignent souvent à une ou deux phrases. Ce n’est en rien un problème, surtout dans le cadre de nouvelles et je pense que globalement, la plume de l’auteur plaira aux habitués de textes courts. Et puis, il faut reconnaître qu’elle sait conserver les petits détails qui rendent le décor crédible.

   Malheureusement, je dois dire que j’ai mal commencé ma lecture, car je n’ai pas été happée par la première nouvelle. J’ai parfois perçu un besoin d’expliquer ce qui devrait être laissé à l’interprétation du lecteur (je ne parle pas des déductions du détective, bien entendu). Cela donne une impression de raconter au lieu de montrer, mais aussi de ligne directive de lecture. Autre point qui m’a perturbé, le maintien forcé du suspense. Ce peut être agaçant d’avoir 5-6 pages de « il y a un danger ! Lequel ? Il y a un danger ! Mais lequel ? Il y a un danger ! Mais bordel, tu vas nous dire de quoi tu parles ! » ou encore « le narrateur reconnut le visage de son adversaire mais ne le dévoila pas au lecteur parce que surprise surprise ! ». Par accumulation, il en résulte un sentiment de frustration, comme si les idées étaient là, mais que l’auteur ne savait pas comment les garder suffisamment longtemps sous cape pour ne pas amoindrir les effets.

   Heureusement, ma perception s’est nettement améliorée avec les autres nouvelles, qui globalement, sont agréables à suivre. Le rythme est davantage adapté à l’intention perçue, les effets de suspense plus mesurés. Je reconnais toujours certains traits cités plus haut, mais moins comme des faiblesses que comme une particularité de l’auteur. C’est le cas notamment pour ce besoin de raconter les faits plutôt que de laisser le lecteur faire ses propres déductions, si bien que j’ai compris que ce qui m’avait gêné dès le début, c’était cette manie de me tenir par la main (voire de me diriger sur le « bon » chemin, par peur que je m’égare). Une façon de faire qui pourra plaire à ceux qui font facilement confiance aux auteurs, un peu moins pour ceux qui apprécient avoir un espace de réflexion personnelle.

   Concernant la structure même du livre, il s’agit d’un recueil de nouvelles, toutes issues du même univers d’uchronie, où la France, sous l’égide de la dynastie Bonaparte, domine l’Europe du XIXe au sein d’un vaste Empire en s’appuyant sur les progrès voltaïques. Cela plaira aux amateurs du genre par l’abondance de petits détails qui donnent au tout une réelle cohérence, autant qu’aux fans d’histoires courtes qui apprécient une base uniforme à toutes leurs mésaventures (d’autant qu’on voit que le monde vit d’un texte à l’autre). De plus, les personnages sont connus, ce qui permet de jouer sur l’imaginaire commun. Ainsi, la chasse aux clins d’œil et autres caméos ravira certainement les plus avertis des lecteurs. S’il y a bien une réussite qu’il faut reconnaître à Victor Fleury, c’est le mélange de tous ces personnages fictifs ou historiques qui a certainement demandé un énorme travail de recherche.

 

Les nouvelles

  • Le Gambit du détective

   Nous partons en chasse avec un hussard impérial du nom d’Edmond Gérard, et un Sherlock Holmes arraché de sa peine d’emprisonnement après 9 ans de bagne. Ce duo improbable est envoyé par la dynastie Bonaparte sur les traces d’un terroriste dénommé Narcisse qui sévit en Ecosse française. Et comme j’ai pu l’exprimer, je n’ai pas été totalement séduite par l’histoire.

   Le personnage d’Edmond Gérard, bien que capitaine dévoué à l’Empereur, m’a semblé s’illustrer principalement par sa fascination pour son compagnon d’aventure (et son chauvinisme bien français ^^). Si je peux comprendre l’effet qu’un individu doté d’une telle intuition peut avoir sur son prochain, j’ai tout de même eu l’impression qu’Edmond représentait davantage une incarnation de l’auteur admiratif du personnage de Sherlock Holmes tant il ne tarie pas d’éloges à son sujet. Or, je sais que ce détective est adulé de beaucoup, mais j’aurais aimé me faire ma propre idée sur cette nouvelle représentation du personnage sans qu’on insiste sur la béatitude de ceux qui l’entourent.

   Parce qu’en effet, cette version de Sherlock ne me touche pas vraiment. Guère en empathie avec lui, il m’a manqué des détails et des séquelles concrètes de son emprisonnement pour juger de ses actes avec cette admiration indéfectible dont il semble bénéficier. Je n’ai pas trouvé ses déductions exceptionnelles (j’ai plutôt trouvé son compagnon très insistant pour recevoir des explications destinées au lecteur), mais je reconnais l’effort de l’auteur pour arriver à un tel enchaînement sans trop laisser percevoir de ses intentions. Par ailleurs, ses fameux traits d’esprit sont amoindris par la récurrence du narrateur à les décrire comme tels (on a compris qu’il tacle bien ses interlocuteurs, pas la peine de le dire à chaque fois). A trop vouloir me convaincre que son personnage est formidable, j’ai finis par le trouver en deçà de mes attentes.

 Au-delà des personnages, la succession des événements m’a paru parfois un peu poussive. Les fameux moments de suspense décrits plus haut y jouent un rôle, auxquels s’ajoute une insistance à nous mener sur de fausses pistes qui ne m’ont guère convaincue. Autre problème, des individus ou des événements (type blessure) qui disparaissent plusieurs pages le temps que le duo fasse ce qu’il a à faire. Je sais bien que c’est une nouvelle, mais un bout de phrase dans un coin…

   A côté de cela, on explore une facette de l’univers de l’Empire Electrique, ce qui est appréciable. Ce sont finalement toutes les anecdotes sur l’exposition universelle ou la conquête de l’Inde qui m’auront davantage intriguées. Néanmoins, je ne doute pas qu’une personne moins tatillonne que moi se fera un plaisir de suivre le célèbre détective dans son enquête. Et elle aura bien raison.

 

  • Les légataires de Prométhée

   On suit cette fois Marc Frankenstein, petit-fils de Victor, père de la médecine voltaïque. Légataire de l’héritage de son célèbre aïeul, le pauvre docteur se retrouve confronter à de sombres secrets qui pourraient bien le mener sur de dangereux sentiers. Et je dois dire que j’ai été plus prompte à le suivre que Sherlock Holmes. Probablement parce que les problèmes de formes y sont, à mon sens, moins nombreux.

   Le narrateur est un jeune homme qui a réussi sa vie de docteur, mais qui ressent une curiosité inassouvie pour l’art secret de son aïeul. Plutôt intéressant à découvrir sous sa facette de scientifique avide de connaissance, il a néanmoins le léger travers d’asséner des vérités qui semblent davantage adressées au lecteur qu’à lui-même. J’ai fini par comprendre que c’était la marque de fabrique de l’auteur, et qu’il fallait donc accepter d’être plus ou moins tenu par la main. Ceci donc ne devrait pas déranger les lecteurs parvenus à s’immerger dès la première nouvelle.

    L’intrigue est mieux amenée à mon sens que durant la première nouvelle, ce qui permet de se concentrer sur l’enchaînement d’événements plutôt sombres, menés par une galerie de personnages plus durs que dans le premier texte. On retrouve ainsi des personnages qui dépeignent un éventail varié de névroses, que ce soit le psychopathe vengeur ou l’hystérique de la beauté perpétuelle. Le bon usage de ces personnages connus aux traits marqués donne un ensemble cohérent assez fascinant à suivre.

   Ce texte permet par ailleurs de voyager et d’en apprendre davantage sur l’Empire Electrique, notamment que sa capitale est Lyon, ou que tout n’est pas rose dans la dynastie Bonaparte. C’est dans cette nouvelle que j’ai vraiment pris l’ampleur du travail de recherche de l’auteur pour construire ses récits. Je ne pourrais dire si tout est correct, mais on sent bien qu’il a fait l’effort de nous fournir un univers cohérent qui soit à la fois proche de ce que nous connaissons et différent dans son évolution. Et c’est vraiment appréciable. 🙂

 

  • Les masques du bayou

   Nous suivons dans un premier passage un soldat noir de l’Union durant la Guerre de Sécession, sacrifié comme tous ses semblables pour permettre aux Blancs de remporter la victoire. Le reste de la nouvelle se déroule des années plus tard, en Louisiane, terre soit-disant accueillante pour la population noire encore exploitée par leurs voisins de l’Est. Mais la guerre est loin d’être terminée, et un fameux justicier du nom de Zorro compte bien défendre les principes de la paix, malgré la grogne grandissante du peuple noir et le mépris de leurs maîtres.

   J’ai bien aimé cette nouvelle, notamment parce qu’elle nous plonge dans l’atmosphère moite et sombre du bayou, territoire propice aux pires légendes vaudoues. Là encore, on sent le travail de recherche, et c’est sans difficulté que je me suis retrouvée à suivre les aventures de notre célèbre don Diego, ici en vieil ambassadeur de Californie qui cherche à enrayer la propagation de la guerre sur le territoire américain. Les personnages sont nombreux, en particulier lors du « prologue » sur les soldats où, clairement, il n’est pas prévu que vous reteniez un seul nom. Qu’importe, on comprend l’intention et pour peu qu’on sache ce qu’est un Loa (ou Lwa), et en particulier le Baron Samedi, on sait que cela aura son importance plus tard.

   Je n’ai pas été surprise par la fin, probablement parce que les deux premières nouvelles m’ont permis de comprendre les principes scénaristiques de l’auteur (vers quelle morale on tend, à quoi servent les répétitions d’idées ou d’actions…). Mais cela ne m’a pas dérangé, puisque c’est bien l’atmosphère de la nouvelle ainsi que les interactions entre personnages qui m’ont davantage parlé que son scénario. A noter l’usage intéressant de la technologie voltaïque qui permet à un Zorro vieillissant de rivaliser avec des assassins, comme ce cher Tom Sawyer, sudiste raciste de la pire espèce.

 

  • Comment je me suis évadé du bagne

   Ce texte nous emmène en Australie, au bagne Vidocq où sont enfermés les pires ennemis de l’Empire. Gavroche Thénardier, nouveau détenu, rêve  malgré son vieil âge de s’évader en compagnie de sa femme Cosette. Mais pour cela, il doit se constituer une équipe d’alliés avec lesquels il n’est pas toujours facile de négocier.

   J’ai trouvé la structure du texte assez intéressante et plus aboutie que dans d’autres nouvelles. L’alternance entre les rencontres de prisonniers et les flash-backs sur la raison de leur enfermement assure un certain rythme tout en distillant informations et clins d’œil. J’ai bien aimé la subtilité du titre que j’ai compris assez vite, mais cela ne m’a pas empêché de suivre jusqu’au bout le plan d’évasion pour voir tous les éléments se mettre en place (ni même de me faire surprendre sur un point 😉 ). D’ailleurs, j’ai trouvé cela plus ingénieux que les exploits de Sherlock, si l’on s’appuie sur leurs situations et leurs capacités respectives.

   C’est l’une des nouvelles où je me suis le plus attachée aux personnages, notamment au protagoniste et son allié, Jean Passepartout, tant on les sent sincères dans leur démarche. Je n’ai pas été surprise de retrouver Raspoutine dans cet environnement carcéral, et ça m’a fait plaisir de revoir Etienne Lantier (pas lu Germinal depuis… pfiou ^^). J’ai été moins séduite par le personnage du Duc, qui constitue pourtant l’élément qui se lie avec le plus d’évidence à la technologie électrique.

   On pourrait croire qu’évoquer un bagne rendrait les décors très restreints, détrompez-vous. On a le droit ici à une belle référence sur l’univers lovecraftien que, personnellement, j’aurais bien aimé explorer davantage. Il en va de même pour les petits références sur le peuple aborigène, tout juste évoqué dans les flash-backs. Mais bon, pas le temps, que voulez-vous, le but restait de s’évader. 😉

 

  • Les éventreurs

   Le docteur Watson, croisé par Sherlock Holmes dans la première nouvelle, décide de quitter sa chère Ecosse pour Lyon, la capitale de l’Empire, où il compte bien obtenir la chaire de médecine de guerre de l’université. Malheureusement, les événements ne se déroulent pas comme prévus et il se retrouve rapidement sur les traces d’un éventreur qui s’attaque aux prostituées, en compagnie du jeune Arsène Lupin.

    J’ai préféré cette enquête à la première, même si, une fois encore, je n’ai pas été totalement conquise. Au risque d’étonner, je crois que cette fois, cela tient au personnage d’Arsène Lupin, qui m’a paru trop compétent, surtout pour son âge (son conflit interne est d’ailleurs sous-exploité et rapidement conclu, dommage ça l’aurait rendu plus attachant). A contrario, j’ai bien aimé Watson, plus commun, donc plus sympathique dans sa maladresse et ses failles, et même Frédéric Larsan, pourtant personnage antipathique que l’on retrouve presque dans toutes les nouvelles, mais à la personnalité des plus intrigantes.

   Je n’ai pas tout compris des choix qui ont été fait, notamment des scènes d’action qui s’étiraient en longueur, ce qui donnait cinquante fois l’occasion à tel personnage de faire telle action pendant que tel autre progressait vers lui. Je pense qu’il y a des dilatations du temps qui ne fonctionnent pas toujours, trop décrire ce qui passe par la tête d’un personnage, par exemple, donne l’illusion qu’il s’écoule autant de temps qu’il en faut pour lire (et parfois, c’est plusieurs paragraphes). Il en va de même pour l’impressionnante énergie que certains dépensent pour en garder d’autres en vie (alors que bon, hein…). Mais sur ce point, je pense qu’il s’agit plutôt d’une question de morale subjective. 😉

 

  • A la poursuite du Nautilus

   Abélard Justinien reprend du service après de longues années loin de la mer, pour de nouveau traquer l’insaisissable pirate Nemo à bord de son célèbre Nautilus. Cette fois, il navigue à armes égales, dans un submersible dernier cri nommé le Léviathan. Très vite cependant, son excitation laisse place à une certaine inquiétude lorsqu’il constate que l’équipage se comporte d’étrange façon. Heureusement, il peut compter sur l’aide du jeune lieutenant Robert Lavarède.

    Seul texte à la première personne, il est écrit dans sa majeure partie sous forme de journal, de lettre ou de dépêche, et je regrette un peu que la logique n’est pas été utilisée jusqu’au bout comme une sorte de dossier « Léviathan » recoupant tous les indices à son sujet (pourquoi pas une sorte d’enregistrement sur gramophone servant de boite noire au submersible pour rester dans les découvertes voltaïques ?). En effet, la partie « journal » est écrite comme si un lecteur venait de le découvrir et cherchait à comprendre les événements à bord du Léviathan. L’effet est donc amoindri lorsque ces passages sont entrecoupés de scènes d’action directe qui donnent l’impression de « tricher » sur la façon d’obtenir les informations.

   La nouvelle est plus courte que les autres et sa forme qui mêle plusieurs points de vue limite l’empathie pour les personnages, d’autant qu’un certain retournement de situation, arrivant assez tôt dans l’histoire, rend à mes yeux la seconde partie moins intéressante. Même si cette dernière bénéficie d’une nouvelle référence à l’univers lovecraftien, celle-ci reste anecdotique. Pour autant le parti pris d’un huis-clos anxiogène est intéressant et je salue une fois encore la maîtrise du sujet.

 

Conclusion et Avis général

   Recueil de nouvelles sur un univers où la Fée Electricité est reine et où la France étend avec fermeté son Empire aux quatre coins du globe, l’Empire Electrique est un savant mélange d’empreints à la littérature et à l’Histoire, et de créations issues de recherches approfondies sur les différents sujets abordés. La galerie de personnages évoqués est impressionnante, et tous se croisent dans des décors variés avec un naturel qui laisse entrevoir un amour certain de l’auteur pour ces célébrités littéraires. Les nombreux détails montrent un univers non seulement fouillé mais qui évolue au fil des nouvelles et entrelacent avec cohérence les événements de chacune. Dommage qu’il subsiste dans la forme cette volonté tangible de vouloir trop bien faire et de mener le lecteur exactement sur le chemin prévu. Parfois, il faut laisser le lecteur faire son propre cheminement, ses propres interprétations. Après tout, c’est aussi ça la beauté de la lecture. 😉

Et vous, envie de rencontrer les personnalités de l’Empire Electrique ? 🙂

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UN APERÇU D’AILLEURS SUR

L’EMPIRE ELECTRIQUE ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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8 réflexions sur “[Chronique Littéraire] L’Empire Electrique, Victor Fleury

  1. John Évasion dit :

    Acheté alors que l’auteur se rendait au Salon du Livre de Bruxelles. Le livre est d’une beauté ❤ J'ai entendu de bons échos sur l'histoire mais je pense que les différents points négatifs que tu soulignes sont peut-être dû au fait qu'il s'agisse du 1er livre de l'auteur (qui s'était d'abord illustré dans l'une ou l'autre anthologie). En tout cas je le lirai peut-être courant de l'année prochaine. Merci pour ce retour de lecture détaillé

    Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      La superposition d’images donne certainement un effet différent sur papier, malheureusement je n’ai que la version ebook. Après, le dessin en lui-même est parfait pour ce livre. 🙂

      Je pense que l’auteur s’illustre avant tout par son incroyable investissement dans la création de son univers, l’assemblage des pièces pour donner un tout cohérent, l’usage de figures connues qui se croisent avec justesse. On sent bien que ce monde d’uchronie est vivant, que l’auteur a pris soin de penser au tout, même si les nouvelles sont distinctes. Malgré tout, je mentirais si je disais que la forme ne m’a pas gênée par certains aspects. J’en comprends l’intention, mais c’est un peu trop pour moi. Mais comme je dis toujours, cela n’empêchera pas d’autres lecteurs d’apprécier ces fameux aspects. 😉

      Aimé par 3 personnes

    • bulledeleyna dit :

      Oui, j’ai vu qu’elle plaisait à pas mal de monde, et c’est tant mieux. 🙂 Je suis assez pointilleuse et je sais que je donne parfois l’impression de ne pas aimer ce que je lis ou regarde (je crois qu’avec les films, c’est encore pire, les gens doivent se dire que je n’aime rien ^^). Alors qu’en vérité, les points qui me plaisent moins ne m’empêchent pas d’apprécier le reste.
      Merci pour ton passage. 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Lhisbei dit :

    Ma lecture remonte à pas mal de temps maintenant, mais j’en garde des souvenirs très précis. preuve que l’univers imaginé par Victor Fleury marque durablement. Comme Elhyandra, la nouvelle avec Sherlock est celle qui m’a le plus accroché. Belle article autour de ta lecture en tout cas (et merci pour le lien)

    Aimé par 1 personne

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