[Mois Ciné] Novembre 2018

Nouvelle fournée de films avec du biopic, du thriller et des animaux fantastiques.

(Bohemian Rhapsody – Les Animaux Fantastiques : Les crimes de Grindelwald – Millénium : Ce qui ne me tue pas – Overlord – Sale temps à l’hôtel El Royale)

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

 

Bohemian Rhapsody

225x300Biopic (2h14) de Bryan Singer,Dexter Fletcher

Avec Rami Malek, Allen Leech, Aaron McCusker, Ben Hardy

Bohemian Rhapsody retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury, qui a défié les stéréotypes, brisé les conventions et révolutionné la musique. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid, alors qu’il était frappé par la maladie, découvrez la vie exceptionnelle d’un homme qui continue d’inspirer les outsiders, les rêveurs et tous ceux qui aiment la musique.

Mon avis

   D’emblée, il me faut vous prévenir. Ce biopic est un hommage à la star du rock, dont la volonté clairement assumée est de nous illustrer la montée en puissance d’une personnalité hors norme devenue iconique. Ne venez pas pour satisfaire votre curiosité malsaine, la face obscure de Freddy Mercury n’y est guère évoquée. Qu’importe, ce n’est pas le but de la production ; il s’agit d’un film, non d’un documentaire (qui peut lui-même être subjectif), et aucun réalisateur n’est tenu d’adapter toutes les facettes de la vie d’une star. Alors certes, le scénario n’est pas original, avec un découpage linéaire basé sur des sauts temporels qui permettent de relier rapidement les moments forts vécus par le groupe. Certes, on y retrouve la figure du génie incompris, la popularité grandissante et la débauche qui s’en suit, la scène de dispute sous la pluie. Certes c’est conventionnel. Et pourtant, ça marche. ça marche parce que c’est Queen, parce que c’est une bande son qui fait vibrer, parce que c’est un Freddy Mercury diva mais charismatique, parce que c’est la solitude d’un homme qui ne trouvait sa place que sur scène. Les acteurs sont tous bons dans leur rôle, les scènes sur la création des tubes sont romancées mais excellentes et les concerts sont de vrais concentrés d’émotions. Moi qui ne connaissait du groupe que ses chansons, je n’ai pas vu les 2h passer tant j’ai été happé par le magnétisme de ce quatuor d’excentriques créatifs. A voir si vous aimez les biopics romancés ou tout simplement Queen.

 

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Les Animaux Fantastiques : Les crimes de Grindelwald

225x3001Fantastique (2h14) de David Yates

Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Ezra Miller, Jude Law

1927 Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s’évade comme il l’avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l’origine d’attaque d’humains normaux par des sorciers et seul celui qu’il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l’arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. L’aventure qui les attend réunit Norbert avec Tina, Queenie et Jacob, mais cette mission va également tester la loyauté de chacun face aux nouveaux dangers qui se dressent sur leur chemin, dans un monde magique plus dangereux et divisé que jamais.

Mon avis

C’est malheureux à dire, mais… MEH (équivalent d’un mouais en français). Je n’ai ni été déçue, ni été emballée… j’ai trouvé ça laborieux pour pas grand chose. Pour tout dire, j’avais l’impression qu’on avait étiré l’intrigue du premier opus pour aboutir à une scène qui aurait du se trouver à la fin des Animaux Fantastiques (oui pour moi, si c’était pour avoir ça en second opus, autant dire tout de suite que Grindelwald avait réussi son coup dans le premier). Il ne s’agit pas d’un film à scénario, mais d’un film d’exposition qui s’adresse avant tout aux fans de la franchise. Les nombreuses sous-intrigues (qui se rejoignent d’ailleurs dans une scène de révélation à l’impact émotionnel assez limité) ne servent pas l’intrigue principale puisqu’on aurait pu s’en passer pour arriver au même final. Beaucoup trop de personnages diluent ce qui aurait dû demeurer au premier plan, à savoir Croyance et le Pacte de Sang. D’ailleurs, la plupart de ces personnages sont spectateurs, à commencer par le protagoniste Norbert Dragonneau inutile sauf comme point de liaison entre les autres personnages (or par essence, le protagoniste, c’est celui qui agit). Je ne suis pas contre le fan service, et tant mieux si les passionnés peuvent identifier des détails particuliers, mais il faut reconnaître que le film n’est pas très bien monté pour être immersif aux yeux des plus profanes. D’autant qu’il enchaîne de nombreux clichés dont on aurait pu se passer : le Pacte du Sang que Grindelwald montre à tout bout de champ sans raison (si ce n’est prouver son importance aux spectateurs), le « je t’aime » lancé en direction de deux individus histoire qu’on ne sache jamais vraiment à qui il s’adressait, les flics aurores incompétents qui se font décimer comme des mouches, le recyclage d’éléments de Harry Potter (le ministre qui ne peut pas voir Dumbledore, l’élu de la prophétie, le Serpentard amoureux d’un individu qui ne l’aime pas de la même façon…). C’est dommage, parce qu’en vérité il y avait de quoi rendre la chose passionnante aux yeux de tout le monde, notamment en resserrant l’intrigue sur Croyance et Nagini (donc en zappant Jacob et Quennie qui ne servent qu’au drama) et sur ce fichu Pacte de Sang tellement mal amené qu’ils ont été obligé d’ajouter la scène artificielle du miroir (je sais, c’est encore du fan service). A côté de ça, les acteurs sont tous bons, les costumes et décors sympas (surtout le ministère français), l’ambiance sombre des plus appréciables. Mais avait-on vraiment besoin de passer de trois à cinq films ? A voir si vous êtes fan de Harry Potter ou si vous aimez les univers magiques un peu sombres.

 

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Millénium : Ce qui ne me tue pas


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Thriller (1h55) de Fede Alvarez

Avec Claire Foy, Sverrir Gudnason, Sylvia Hoeks, Christopher Convery, Claes Bang

 Frans Balder, éminent chercheur suédois en intelligence artificielle fait appel à Lisbeth Salander afin de récupérer un logiciel qu’il a créé et permettant de prendre le contrôle d’armes nucléaires. Mais la NSA (enfin, un agent) ainsi qu’un groupe de terroristes mené par Jan Holster sont également sur la piste du logiciel. Traquée, Lisbeth va faire appel à son ami le journaliste Mikael Blomkvist qu’elle n’a pas vu depuis 3 ans.

Mon avis

    Je n’ai jamais vu les autres Millénium, je ne ferai donc aucune comparaison avec ces derniers, même si je me doute que les premiers n’avaient pas du tout le même aspect. Ici, nous nous retrouvons avec un film formaté par un cahier des charges typique des films d’action américains. Ne vous attendez pas à des enquêtes sombres et sinueuses bien connus du cinéma nordique, mais bien à des courses poursuites et des explosions pour compenser le manque évident d’adaptation à un enjeu pourtant international (ils sont où les mecs de la NSA ? Ils ne vont pas me faire croire qu’un seul a remarqué la disparition du logiciel le plus dangereux au monde). Ici, tout se pirate avec une facilité déconcertante, tellement facile qu’on se demande pourquoi Lisbeth ne pense pas aux choses les plus élémentaires, comme couvrir sa trace après le vol ou encore éteindre la caméra du parking où elle vole une voiture (ou récupérer un téléphone des mains d’un individu qu’elle a sous sa protection et qui bien entendu servira à le localiser…). L’ambiance et les décors sont cependant bien filmés, même si l’insistance sur quelques plans sous-entend une certaine complaisance du réalisateur vis-à-vis de ses petites trouvailles. Les acteurs sont globalement bons, et ne pouvant faire de comparaison je ne peux dire si Lisbeth est plus intéressante ici, même si je sais que le jeu d’actrice de Claire Foy est plus expressif que celui de Noomi Rapace (qui devait donc paraître plus froide). Cela reste un bon divertissement, mais dans la veine des thrillers américains, pas suédois. A voir donc si vous aimez les thrillers bourrés d’action ou l’ambiance enneigée de Stockholm. 

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Overlord

225x3003Fantastique (1h50) de Julius Avery, Stuart Cooper

Avec Jovan Adepo, Wyatt Russell, Pilou Asbæk, Mathilde Ollivier, John Magaro

 A la veille du Débarquement, un groupe de parachutistes américains est lâché derrière les lignes ennemies pour une mission cruciale. Mais en approchant de leur cible, ils commencent à réaliser qu’il y a plus qu’une simple opération militaire à effectuer dans ce village occupé par les nazis.

Mon avis

   Que fait-on quand l’événement le plus important de la Seconde Guerre Mondiale dépend de la désactivation d’une antenne allemande ? On envoie la bleusaille s’occuper du problème, évidemment ! Non je ne rigole pas, le film raconte vraiment une mission capitale pour la réussite du Débarquement, menée par une équipe de soldats tout juste sortis du camp d’entrainement (et un officier de terrain, histoire de). Le premier problème, c’est que ce n’est pas crédible. Le second problème, c’est que le film met une bonne heure avant de dire de façon claire que les soldats n’avaient jamais mis le pied sur un champ de bataille avant (mais bordel ! Pourquoi vous envoyez ces mecs-là pour cette mission-là !). Résultat, durant la première partie du film, on suit une bande de couillons capables de raconter leur vie à voix haute en territoire ennemi, ou bien un photographe qui tient à remettre le flash sur son appareil photo (il y en a d’autres qui veulent mourir tout de suite ?). Mais bon, les ennemis sont tout aussi idiots, ils ne savent évidemment jamais tirer sauf sur l’officier de la troupe déjà capturé (vous savez, celui que, si vous êtes un minimum stratège, vous gardez en vie pour obtenir des infos sur pourquoi il y a plein de parachutistes qui débarquent soudain dans le coin). C’est dommage, car cette première partie est calquée sur le scénario de film de guerre, histoire d’ancrer l’atmosphère dans un réalisme appréciable. D’ailleurs, les événements fantastiques mettent du temps à arriver… et le font assez mal. Un premier « cas » traîne dans une chambre alors qu’il n’a aucune raison de s’y trouver, les autres se découvrent de façon peu subtile, ce qui ôte toute sensation horrifique. La fin vire au grand guignolesque avec l’usage cliché de super mutation, là où il y avait un fort potentiel d’épouvante sur une forme particulière de torture (pour ceux qui l’ont vu, la fameuse tête du laboratoire). Mais que voulez-vous, on ne change pas les classiques hollywoodiens : les Allemands sont tous cons et monstrueux (rappelons que ce n’était pas tous des nazis), les Américains sont tous des sauveurs au grand cœur (rappelons qu’ils n’étaient pas seuls durant cette guerre), et les Français attendent qu’on agisse pour eux (rappelons qu’il existait un mouvement qui s’appelait la Résistance). A voir si vous aimez les mélanges de genre, ou les délires de savants fous sur fond de guerre mondiale.

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Sale temps à l’hôtel El Royale

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Thriller (2h24) de Drew Goddard

Avec Cynthia Erivo, Jeff Bridges, Chris Hemsworth, Lewis Pullman, Jon Hamm, Dakota Johnson

Sept étrangers, chacun avec un secret à planquer, se retrouvent au El Royale sur les rives du lac Tahoe ; un hôtel miteux au lourd passé. Au cours d’une nuit fatidique, ils auront tous une dernière chance de se racheter… avant de prendre un aller simple pour l’enfer.

Mon avis

   Voilà un film qui démarre assez lentement, mais qui nous entraîne vite dans de bien étranges péripéties, plus ou moins dépendantes de la volonté des différents personnages. Contrairement à ce qu’affirme le résumé ciné, tous n’ont pas commis d’horribles méfaits, mais certains ont été marqué par la violence de la vie, ce qui explique leurs réactions assez vives. De la sur-interprétation de mots ou actes (valable pour les spectateurs, c’est d’ailleurs amusant de les entendre sur-réagir à une information, ça montre toute la portée des sous-entendus selon le contexte), en passant par des tentatives d’héroïsme ou des actions fatales dont on ne comprend la portée que bien plus tard, les personnages orchestrent leur propre descente en Enfer et s’y entraînent mutuellement, pour le plaisir coupable du spectateur. En effet, le film découpé en chapitres permet de visualiser une même scène selon différents points de vue, mais aussi de connaître le passé de chacun par l’intermédiaire de flash-back. Le spectateur ainsi renseigné sait que des choses vont se produire, et peut savourer l’humour noir de ce film qui, bien qu’ancré dans les sixties, parle de sujets très actuels. A noter le casting de noms si connus que la plupart des critiques professionnelles ont l’indécence d’éclipser l’actrice principale encore méconnue, Cynthia Erivo, détenant le rôle fort d’une chanteuse de soul manipulée par son manager pervers (#MeToo). Mais pour celles et ceux qui apprécient le beau gosse de service, je vous rassure, vous le retrouverez ici dans l’un de ses meilleurs rôles (#gourou). A voir si vous aimez les thrillers à l’humour noir ou les beaux castings.

 

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N’hésitez pas à donner votre avis sur les films cités. 😉

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7 réflexions sur “[Mois Ciné] Novembre 2018

    • bulledeleyna dit :

      Pas pour moi, car le plus triste, c’est que ça se prend au sérieux. Comme je disais, ça commence comme un vrai film de guerre, donc tu as une ambiance qui se veut assez réaliste. Même le premier « cas » est « expliqué » (avant que tu comprennes qu’il n’aurait jamais du exister parce que ça ne sert qu’au suspense, pas à la logique de ce qui se passe dans le village) et la visite du labo passe assez bien. Puis il y a un virage pris à un moment… irrattrapable. :/

      Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      D’un point de vue technique, il est loin d’être parfait. D’ailleurs, on sent dans les digressions l’influence littéraire plutôt que cinématographique. Or, il s’agit de deux supports différents, on n’y montre pas les mêmes choses, encore moins de la même façon.

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