[Parangons] Explications #3 : Des protagonistes…

   Il n’est pas toujours évident de parler de ses écrits, d’en évoquer les grands lignes ou les petits secrets sans avoir parfois l’impression d’y mettre une forme d’exagération mercantile. Après tout, il faut bien expliquer pour faire découvrir notre oeuvre au public, argumenter pour prouver en quoi elle peut intéresser, elle peut être différente de ce qui a déjà été lu. De mon côté, je me suis dit que je pouvais parler non pas du contenu en tant que tel, mais de ces réflexions qui ont façonné la conception de mon cycle.

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   Et on commence par les personnages, et plus précisément principaux, qui sont pour moi l’essentiel du récit. Sans eux, pas d’histoire, c’est bien connu. Certes, on peut imaginer une intrigue avant d’envisager les personnages, mais personnellement, je suis incapable d’adapter leur comportement pour qu’il serve le scénario. Bien entendu, des facteurs extérieurs interviennent, mais c’est bien parce que les personnages sont eux-mêmes, avec leur caractère, leur morale et leurs spécificités, que les événements évoluent d’une certaine façon et pas une autre. D’ailleurs, peut-être que ces 5 réflexions sur mes protagonistes vont vous aider à mieux comprendre ma façon de les percevoir.

 

Les protagonistes du cycle en 5 points

  • De nombreux personnages principaux : Pour ceux qui suivent un peu les articles sur mon cycle, vous savez déjà qu’il n’y a pas de protagoniste unique, mais sept Parangons. Pour moi, il était impossible d’offrir le devant de la scène à un seul d’entre eux alors qu’ils sont tous acteurs à part entière. De façon assez instinctive, j’ai donc alterné leurs points de vue, dans une narration que j’ai voulu plutôt fluide puisque les sept Parangons sont liés. Pas de différences trop marquées, notamment au niveau du style, plutôt une envie de suivre une histoire à travers les petites spécificités de chaque membre d’un groupe uni. Après tout, nous avons tous nos histoires et nos avis, nous percevons tous des détails différents d’un même événement, nous apportons tous une partie de ce qui forme la richesse d’un ensemble. Pourquoi pas dans un récit ?

 

  • Des protagonistes adultes, mais voués à évoluer : Il se trouve qu’à une période, je me suis un peu lassée d’une certaine forme de fantasy. En dehors de la fantasy urbaine (qui se spécialise plutôt dans une « tranche d’âge » intermédiaire très centrée sur qui couche avec qui…), il m’a semblé que l’on passait de la littérature « jeunesse » avec des protagonistes adolescents/presque-adultes un brin naïf qui partent sauver le monde ou trouver leur place dans la société, à la littérature « adulte » dont les héros ayant entre la trentaine et la cinquantaine ont déjà tout vu du monde et ont atteint l’apogée de leur maturité (comprendre qu’ils sont cyniques, alcooliques et misanthropes ^^). Or, je me considère comme une jeune adulte entourée de personnes avec des problématiques d’adultes, qui ne connaissent pas tout de la vie et ont une certaine curiosité, mais ne sont pas naïves pour autant. Rien de plus normal donc que de retrouver des personnages rentrant dans cette « catégorie » pour porter sur leurs épaules des intrigues attribuées aux « jeunes naïfs » ou aux « vieux cons ». 😉

 

  • Des personnages humains et nuancés aux yeux des autres : Je me suis dit qu’on s’en remettait trop aux personnages vus comme parfaits ou détestables par tous, sans vraiment toujours parler de notre perception nuancée des autres. Pourtant, il me semble important qu’on puisse vivre des événements d’envergure en compagnie de personnes ayant un rapport normal avec le reste de la société. C’est à dire, des individus qui ont des traits de caractère appréciés par certains et détestés par d’autres, des personnages qui sont nuancés, non seulement dans leur comportement, mais dans la vision que l’on a d’eux. Après tout, l’avantage de varier les points de vue, c’est aussi de comprendre comment chacun est perçu, et ne pas se fier à la seule vérité d’un protagoniste. En réalité, on ne peut ni aimer/détester, ni être aimé/détesté de tout le monde. Et les protagonistes ne sont pas plus « vrais » dans leur rapport aux autres que les figurants ou les antagonistes.

 

  • Des histoires d’amitié fortes : Au risque de surprendre, oui, il s’agit de sept jeunes adultes, non ça ne signifie pas forcément qu’il y a des coucheries et autres éveils de sentiments. Du moins pas cette fulgurance divine que l’on nomme coup de foudre, pas obligatoirement entre eux parce que les héros finissent toujours ensemble, pas pour tout le monde parce que c’est bien connu que le monde entier veut finir casé, et pas quand il y a plus urgent à faire. De plus, l’amitié peut être une relation émotionnelle et viscérale d’adultes, elle n’appartient pas qu’aux enfants (ou aux gens du même sexe…). L’amitié mérite qu’on s’y attarde, d’autant qu’elle peut être porteuse de réelles tensions dramatiques. Et puis, certaines personnes ressentent des émotions plus fortes en amitié et en amour fraternel qu’en amour passionnel. Il serait temps de penser à elles et de leur dire que non, il n’y a rien d’anormal à préférer un ami à un amant.

 

  • Des histoires personnelles qui se laissent découvrir : J’aime quand on perçoit, sans forcément que cela soit central, les histoires que dissimulent les personnages et qui peuvent jouer sur l’intrigue sans y être directement liées (pas besoin d’apprendre qu’on est forcément l’héritier du trône pour sauver le fameux trône). Et puis, c’est dans la nature humaine de faire preuve de curiosité ; on aime connaître les détails de certains ragots, on voudrait en savoir plus sur la blessure d’un individu, sur le secret d’un autre. Pourtant, on les connait rarement tous, et surtout pas en même temps. Or, il est courant dans un récit de fantasy de trouver ce bloc d’informations pas toujours pertinentes sur un individu afin de le présenter au lecteur (avant, c’était un Chevalier de l’ordre de la Serpillière Dorée qui… *1h plus tard* Voilà toute l’histoire. Cela ne servirait pas plus tard, mais je suis sûre que ça te fait plaisir de le savoir…). C’est un peu à cet apport artificiel d’informations que je voulais échapper dans le développement des personnages. Les protagonistes se connaissent, ils n’ont pas de raison de se poser des questions en permanence ou d’expliquer par le menu la vie de chacun. Ils sont loin cependant de parfaitement se connaître et de petites révélations peuvent être aussi intéressantes dans leur contenu que dans la manière dont les autres y réagissent. 😉

 

   La conception du cycle des Parangons date un peu désormais, puisqu’il a une bonne dizaine d’années. Peut-être est-il plus facile de nos jours de trouver des ouvrages qui ne parlent pas que de jeunes naïfs et de vieux cons, de tomber sur des livres sans romance entre personnages principaux, de lire dans une même oeuvre des visions alternatives d’un même individu. C’est fort probable. Pour autant, je n’ai jamais vraiment trouvé ce que moi-même je voulais exprimer de cette vision des personnages principaux. Cela n’a rien d’innovant pourtant, je pense juste qu’il s’agit de ma version d’un ensemble de points que d’autres écriront à leur façon. Et c’est bien cela, finalement, qui est intéressant. 🙂

 

Que pensez-vous de ces points ? Avez-vous des réflexions globales sur vos protagonistes ou la façon de transmettre leur histoire aux lecteurs ?

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6 réflexions sur “[Parangons] Explications #3 : Des protagonistes…

    • bulledeleyna dit :

      Surtout pour la romance. 😛
      Mais ce n’est pas parce que la romance entre personnages principaux me fatigue qu’il n’y en a pas du tout dans le cycle (ce ne serait pas plus réaliste que l’inverse). Comme toujours, tout est dans la nuance, et doit être adapté au genre du roman. Quand je lis de la fantasy, ce n’est pas pour voir la romance du couple principal prendre le pas sur le reste de l’intrigue. D’accord pour qu’il y en ait, mais que ça ne devienne pas la priorité de tout le monde (genre, le monde entier se mobilise pour sauver l’amour du héros…).
      De toute façon, la plus grande histoire d’amour de mon cycle, c’est un certain amour fraternel. 😉

      Aimé par 2 personnes

  1. Lionne BLANCHE dit :

    Voilà, tu viens de décrire tout ce que j’aime dans ton cycle 🙂 Tout y est: les différents points de vu qui nous font voir l’intrigue sous tous les angles en nous laissant le temps de chercher la vérité ; des personnages variés et réalistes, gris au lieu de noir ou blanc ; un monde où l’ont apprend à tout âge et où on ne s’arrête pas en pleine intrigue pour embrasser le voisin ! ^^ J’apprécie beaucoup, la présence d’autres amour que celui qui se fini sous la couette. On laisse bien trop souvent ce genre de lien de côté.

    Aimé par 1 personne

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