[Chronique Littéraire] La Déferlante, Iphégore Ossenoire

   Nouvelle chronique d’un ouvrage du collectif Hydralune, avec cette fois La Déferlante d’Iphégore Ossenoire.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : La Déferlantecouverture_deferlante_ok2
  • Auteur/Autrice : Iphégore Ossenoire
  • Illustrateur/Illustratrice : Cardin Yanis
  • Édition : Hydralune
  • Collection : /
  • Genre : Fantasy, Light Fantasy, Romance
  • Public : Adulte, Jeune Adulte
  • Cycle : One-Shot
  • Pages : 280
  • Parution : 27 octobre 2017
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix :  2,99 euros – 16 euros
  • ISBN : 978-2-9560134-1-9
  • Lien : Hydralune : La Déferlante

Résumé : La paix est révolue.
Après une défaite cuisante en haute mer, le royaume de Vorme subit l’invasion du Souquenille. Le peuple ne sait comment réagir. Le Grand Amiral dépêche des aventuriers au-delà du front, les armées ducales peinent à contenir l’ennemi, des héros sortent de leur retraite pour montrer la voie à qui veut bien les suivre. L’injustice qui s’abat chagrine des dieux confrontés à leur impuissance tandis que les dragons, maîtres absolus et invisibles, se refusent à agir. Le Souquenille impose un choix moral qui fait voler la société en éclats. Que restera-t-il une fois le printemps venu ?

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MON AVIS

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    Merci au collectif d’Hydralune de m’avoir offert l’epub sans contrepartie de chronique. 🙂

 

Couverture et Accroche

    J’aime beaucoup la couverture, notamment dans ses teintes brunes qui rappellent un coucher de soleil, une symbolique assez intéressante pour signifier la fin d’une époque (ou le crépuscule des dieux ^^). La scène qui met en action un combat de duellistes est présente dans le récit, ce qui personnellement j’apprécie. Même s’il ne s’agit pas de la partie de l’histoire que je trouve la plus intéressante ou essentielle, je reconnais son pouvoir de suggestion sur l’imaginaire du lecteur. Et puis, avoir un dragon qui survole un champ de bataille, ça fait toujours rêver, non ?

    Le résumé est intriguant, sa composition indique d’ailleurs un élément important de la structure du récit : il est polyphonique et suit en parallèle le parcours de plusieurs personnages dont les liens ne sont pas toujours directs. Lecteur appréciant suivre un seul protagoniste s’abstenir, car c’est bien l’idée que les petites histoires font la grande Histoire que l’on défend. 😉

    La mention de genre faisant partie pour moi des accroches d’un livre, il fallait aussi que je vous explique un point qui a influencé mon ressenti (merci d’en tenir compte pour le reste de la chronique). Par manque de lecture dans ce genre, je m’aperçois que j’avais une idée limitée sur la light fantasy et que j’en avais une attente trop précise (je suis habituée aux romans de light tels que Le Souffle des Muses, totalement ancrés dans la loufoquerie). Ainsi, j’espérais un humour plus perceptible, plus insistant. J’ai conscience des points sur lesquels cette notion joue, mais je ne m’attendais pas à ce que, à part dans certains passages, le ton et le traitement de l’intrigue soit si proches de certaines histoires de high ou heroic fantasy. Attention, je ne dis pas que je n’ai pas compris l’intention, seulement que j’ai été surprise de voir parfois peu de différences avec certains ouvrages, et donc, que cela joue fatalement sur mon ressenti de lecture. En tous les cas, je suis certaine que le livre parlera davantage aux connaisseurs du genre, qui sauront mieux que moi savourer la subtilité du texte. Puis, au-delà de ces considérations de genre littéraire, l’histoire en elle-même est très intéressante à suivre. 🙂

 

Prose et Structure

    La plume de l’auteur est élégante et fort bien ciselée ; de toute évidence, c’est un point de fort du livre. Pourtant, quelques aspects me chagrinent. J’ai par exemple eu des difficultés avec les changements de registre, notamment parce qu’un même personnage peut aussi bien parler l’argot que s’attribuer la noble plume de l’auteur. On me dira certainement que c’est volontaire et que ça participe au côté light fantasy,  je n’ai malheureusement pas réussi à suspendre mon incrédulité sur le sujet.

   Si la prose elle-même n’est pas des plus humoristiques (en comparaison de ce que j’ai pu lire), j’ai compris que l’humour jouait beaucoup sur des références à d’autres œuvres et à la fantasy en général. J’ai été capable d’en relever plusieurs, mais je me suis dit que j’avais du en rater, ce qui fait que je passe probablement à côté de certaines situations. Dommage pour moi qui adore comprendre les subtilités de ce genre, mais c’est le jeu avec les références. Il y a aussi la caricature, très intéressante et parlante pour les lecteurs notamment habitués à d’autres supports de l’imaginaire. Cependant, les stéréotypes de personnages ou de scènes se retrouvent dans des ouvrages qui usent avec sérieux de ces ficelles, ce qui m’a posé la question de ce qui était ou non intentionnel, ce qui était ou non une incohérence volontaire. Parfois, les situations sont ridicules même dans des moments graves, l’ironie et le comique de situation ne sont pas pour moi l’apanage de la light fantasy (bref, vous l’aurez compris, j’ai été un peu déstabilisée à ce propos).

   Quand à la structure, j’avoue avoir apprécié l’alternance des points de vue, même si le premier, bien que parfaitement justifié pour l’intrigue, ne m’a pas semblé le plus accrocheur pour entamer le livre. J’ai mis du temps à rentrer dans l’histoire, j’ai trouvé les actions longues à se mettre en place, si bien que je me suis sentie assez distante. Il a fallu qu’arrive la marquise et son caractère explosif pour que je trouve enfin mon point d’ancrage au récit. Je pense que ça se tient à la façon d’écrire les premières scènes, si je ne suis pas difficile à ce sujet, j’avoue quand même qu’ici, il m’a fallu un temps d’adaptation (et d’acceptation, certainement ^^). Aussi, si vous êtes friands de ce type de plume élégante, je pense que vous n’aurez aucun problème à vous plonger directement dans le récit. 😉

 

Personnages et Figurants

    Les personnages sont nombreux, très nombreux, mais ne sont pas l’élément mis en avant par le récit. Ils servent la grande Histoire du royaume, certains deviendront peut-être des légendes, mais le récit ne donne pas suffisamment de place à chacun d’eux pour qu’on les retiennent tous comme des protagonistes auxquels s’identifier ou adhérer. Personnellement, ça ne me dérange pas, car on n’est pas là pour ça, mais je préfère prévenir, si vous aimez développer votre empathie pour les personnages, ce peut-être ici chose compliquée.

   Je retiendrai tout de même la marquise Clotilde de Gayraud, probablement le personnage le plus présent du récit. Personnage calculateur et manipulateur de par son essence même d’être supérieur, elle use de tous les moyens pour s’assurer l’extension de son pouvoir au sein de la capitale du royaume. Elle semble avoir une idée très arrêtée sur la population et l’usage qu’elle doit en faire, ce qui la rend à la fois dangereuse et fascinante. Il est probable qu’elle soit le personnage auquel le lectorat s’attachera le plus.

    D’autre part, nous avons aussi un groupe d’aventuriers, dont le gnome Nafre, assassin de profession, est le plus représenté. J’ai trouvé à cette troupe une caricature de jeux de rôle assez amusante, même si pour une fois, il n’y a pas de prêtresse/soigneuse dans le groupe (^^). On retrouve tout de même le guerrier aux gros bras, la barde et ses symphonies destructrices et la mage avec ses sorts qui demandent un temps d’invocation parfois un peu trop long. J’imagine qu’ils parleront aux fans de jetés de dés ou de jeux vidéos, personnellement, je n’aurais pas été contre les suivre un peu plus. 😉

   Autre groupe, celui des héros, que j’identifierai comme un mélange entre les chevaliers de la table ronde et de la communauté du Seigneur des Anneaux avec donc chacun son anneau, pardon, sa gemme de pouvoir (et sa race bien distincte 😉 ). J’ai eu là encore l’impression de retrouver des éléments de jeu de rôle, voire de sagas podcasts (pour les connaisseurs ^^), et j’avoue qu’ils font partie des personnages défendant avec le plus d’évidence la caricature des récits de fantasy. Cependant, la plupart des héros arrivent bien trop tard pour qu’on éprouve de la réelle sympathie à leur sujet.

    Je passe sur le couple qui justifie l’aspect romance et qui est pour moi secondaire, et finirai donc par les Dieux, qui sont l’un des éléments qui me font le plus penser à des livres beaucoup plus sombres, où les dieux ont le même type de comportement. Des dieux un peu loufoques et excessifs donc, mais comme dans beaucoup de mythologies. Personnellement, je n’ai pas compris l’intérêt de certaines de leurs intrigues au sein de la grande Histoire, même si je les trouve intéressants à suivre.

 

Univers et Peintures

   L’histoire se déroule dans l’univers de Lodriukes, monde magique où les hommes côtoient aussi bien des elfes, des nains et des gnomes, que des dragons ou d’autres créatures plus ou moins sympathiques. On explique rapidement que chaque peuple à plus ou moins un territoire et une gouvernance, mais qu’il existe un système de libre circulation entre les différents territoires. Les singularités des différentes races sont assez peu expliquées, si ce n’est pour les dragons, qui ont notamment la capacité de se fondre dans la masse pour mieux s’en servir dans leur lutte de pouvoir. Etant de ceux qui aiment connaître l’univers en profondeur, je pense que cela mériterait de s’y attarder davantage. Dans un autre récit, peut-être ?

    Cette terre est aussi sous la supervision de plusieurs panthéons de divinités, les seules représentées dans l’histoire étant les Dieux des Idéaux et les Dieux des Dragons. Capables de s’incarner auprès des mortels, ils sont pourtant en désuétude auprès du peuple et voient leurs disciples se faire de plus en plus rares, ce qui les chagrinent quelque peu. S’ils existent pour mener les peuples vers de meilleurs idéaux, ils n’en ont pas moins leur propre objectif qui n’est autre que revenir dans les bonnes grâces des mortels, par tous les moyens. J’apprécie cet aspect du récit, qui est à mon sens, suffisamment développé pour l’histoire.

    L’univers semble très riche et pioche dans une large variété de folklores et de contes, peut-être un peu trop au sein d’une même histoire. Ayant un esprit très pragmatique, je me pose toujours des questions sur l’usage d’expressions de type « se réduire comme peau de chagrin » ou « se donner au diable », quand je n’ai aucune confirmation que la peau de chagrin et le diable existent et qu’il ne s’agit pas simplement de l’usage d’expressions courantes mais non pertinentes au sein du récit. Après, une fois encore, j’ai conscience que c’est une possible taquinerie sur le mauvais usage qu’en font certains auteurs, mais j’avoue malgré tout me poser la question (qui dit que je réfléchis trop ? ^^).

 

Intrigues et Rouages

   L’histoire commence par une bataille navale au large des côtes du royaume de Vorme. La bataille oppose les forces du grand Amiral du royaume, à celles du Souquenille, envahisseur qui tente depuis quelques temps déjà de s’approprier les terres de Vorme. Cette bataille tourne au drame et très vite, l’inévitable se produit. La guerre arrive sur les terres, perturbant le quotidien d’innombrables personnes qui se retrouveront toutes, bien malgré elles, à jouer un rôle dans cette lutte. Si on peut passer d’un point de vue à un autre sans liens parfois entre les individus ou les scènes, je trouve l’idée de présenter l’implication de différents personnages au sein d’une guerre intéressante à développer. Certains auront un rôle essentiel, d’autres seront davantage une tranche de vie ou un élément isolé, tous participeront à conter la grande Histoire du royaume de Vorme.

    De plus, j’apprécie les thématiques abordées. J’aime les histoires où les Dieux ont des interactions directes avec le monde, j’apprécie la nuance apportée à la notion de pouvoir, autant que l’idée du dilemme moral (même si personnellement, je pense qu’une grande partie des gens pencheraient d’un côté plus que de l’autre, mais ça… ^^). Oui mais voilà, j’ai loupé la première marche et ça me navre parce que je sens que le texte aurait pu me plaire davantage si seulement je n’avais pas eu une idée préconçue. Cela me chagrine d’autant plus que je sens que mon avis sera perçu comme négatif, alors que c’est loin d’être le cas, car j’ai bien apprécié ma lecture. Aussi pour compenser cette impression, je voulais vous mettre le lien vers la chronique de l’Imaginaerum de Symphonie qui semble avoir adoré ce livre. 😉

 

Conclusion et Avis général

   La Déferlante est un ouvrage de light fantasy subtil à la plume élégante. Si je m’attendais à une forme d’humour plus perceptible, reste que ce récit polyphonique use à bon escient de ses multiples personnages pour nous narrer un bout de l’Histoire du royaume de Vorme. Les références aux différents univers de fantasy sont nombreux (probablement plus que ce que j’ai pu en percevoir), aussi les habitués du genre seront certainement ravis de tels clins d’œil. Quant aux autres, si vous êtes prêts à regarder d’un œil plus critiques vos œuvres préférées, et bien, pourquoi ne pas essayer ?

 

Envie d’assister à la bataille du royaume de Vorme ? 🙂

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Un aperçu d’ailleurs sur

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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10 réflexions sur “[Chronique Littéraire] La Déferlante, Iphégore Ossenoire

  1. Deslacs dit :

    J’avoue que je suis allée voir le site éditeur, parce que j’étais étonnée de voir parler de « light fantasy » au sujet de la Déferlante. Alors, en effet, c’est mentionné, tout comme « fantasy » et « romance ».
    On est encore ici dans un cas de romans « à la croisée des chemins », aspect caractéristique de la collection Hydralune. Dans mon esprit, ce récit est un roman de fantasy classique, avec des clins d’œil nombreux aux joueurs de JDR à coups de dés, et avec un côté burlesque avec ce côté drôle, grinçant, émouvant ou totalement absurde comme on peut le voir chez Pratchett (je pourrais citer d’autres références, d’origine US, mais je crois que je serai la seule à les connaître, le domaine est plutôt méconnu en France…).
    Et sous l’humour, l’étrange et l’incroyable se cachent aussi des questionnements sociétaux. Et là, je sèche, je n’ai pas trop de référence à offrir pour donner une comparaison. ^^

    Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      Voilà, pour moi aussi ça se rapproche pas mal de la fantasy classique. Mais en voyant le genre annoncé, je suis tout de suis partie avec l’idée d’une aventure ouvertement burlesque, et je pense que c’est ce décalage qui m’a un peu perturbée. Je n’ai pas été déçue par l’histoire, mais j’avoue que malgré moi, j’ai engagé un processus de réflexion qui sortait du cadre de la simple lecture. J’en suis venue à cogiter sur des détails, à me demander si c’était volontaire ou non, si je devais y voir un clin d’œil amusé ou pas. C’est idiot peut-être, sûrement même, mais j’ai préféré préciser que c’est ainsi que s’est passée ma lecture, ce qui explique mon ressenti. Je ne doute pas que ceux plus habitués à ce type de lecture ne se perdront pas tant en questionnement. 😉

      Concernant les thématiques traitées, je suis tout à fait d’accord. On sent bien qu’il y a des questionnements très actuels. Mais, ce n’est pas aussi rare en fantasy que certains peuvent le penser. On a beau dire, on peut autant parler de l’actuel ou du futur dans un univers où règne le surnaturel que dans un univers de science-fiction. Et La Déferlante en est un bon exemple. 🙂

      Aimé par 2 personnes

  2. Symphonie dit :

    Et zut, j’avais mis un com, mais ma connexion a décidé qu’elle planterait au même moment 😥
    Je disais donc : merci pour le lien vers ma chronique ❤
    Sans avoir adoré (j'aurais bien aimé quelques dizaines de pages supplémentaires^^), j'avais beaucoup apprécié, oui, surtout entre deux lectures plus ambitieuses. Et sinon, je plussoie pour les couvertures^^

    Aimé par 1 personne

  3. John Évasion dit :

    Les livres d’Hydralune sont vraiment sympa et de bonne qualité ^^
    Ah les multi visions des personnages, que c’est appréciable pour donner du rythme et différents points de vue (à condition de ne pas se perdre de qui est qui). J’avoue que les « changements de ton » peuvent perturber. J’espère que l’histoire avec les dieux n’est pas trop ardue comme concept (parfois ça peut aller loin et on y comprend plus rien).
    Belle chronique très détaillée qui donne vraiment envie. Pour une autre expérience de Light Fantasy je peux te conseiller le « Chevalier à la canne à pêche » de Guilhem (https://evasionimaginaire.wordpress.com/2018/01/01/premier-article-un-coup-de-coeur-poilant/)
    Si jamais tu veux tenter une nouvelle aventure ^^
    Merci pour ton retour qui donne envie 🙂

    Aimé par 1 personne

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