[Chronique Littéraire] Les portes d’Athion, Anne-Sophie Kindraich

   Aujourd’hui une nouvelle chronique sur un ouvrage de dark fantasy, Les portes d’Athion, d’Anne-Sophie Kindraich.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Les portes d’Athionles-portes-d-athion
  • Auteur/Autrice : Anne-Sophie Kindraich
  • Illustrateur/Illustratrice :  Michel Borderie
  • Édition : Armada
  • Collection : Fantasy
  • Genre : Fantasy, Dark Fantasy
  • Public : Adulte
  • Cycle : Non
  • Pages : 400
  • Parution : 2 avril 2016
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix :  5,99 euros – 20 euros
  • ISBN : 979-1090931749
  • Lien : Armada : Les portes d’Athion

Résumé : Dans le royaume d’Allorie, Selden, jeune esclave de douze ans, sert loyalement ses maîtres et se contente avec philosophie de cette vie simple et humble. Mais lorsqu’il croise la route de puissants Inquisiteurs venus de Calmédra, tout son univers va s’effondrer, et sa vie s’en trouver à jamais bouleversée.

Accusé du meurtre de son maître, poursuivi par les Inquisiteurs et par les Skybocks, monstrueuses créatures dirigées par le Seigneur Sarkor, il va se retrouver bien malgré lui engagé dans la guerre sans merci qui les oppose depuis près d’une décennie.

À tort ou à raison, tous pensent qu’il est le seul à pouvoir encore ouvrir les Portes d’Athion, et libérer ainsi le terrible pouvoir qui s’y cache.

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

   Je remercie l’autrice pour le moment passé en salon, une rencontre vraiment agréable comme on souhaiterait en faire à chaque fois, d’autant qu’elle a aussi bien exposé son ouvrage que celui de ses collègues. Sans elle, je serais certainement passée à côté de certaines lectures. 🙂

 

Couverture et Accroche

   A première vue, la couverture n’est pas spécialement faite pour m’interpeller, je ne suis pas très sensible à ce type de visuel qui fait un peu « old school ». Je pense que c’est le but, et en cela, c’est réussi, mais j’avoue n’avoir compris sa composition et l’importance des détails qu’une fois ma lecture terminée. J’ai une préférence pour le travail de reflet sur le masque de métal qui attire l’œil sur le visage du personnage. Bien entendu, je me doute que certains seront plus intéressés par la demoiselle au premier plan. 😉 A noter que j’aime beaucoup les couvertures de l’éditeur Armada qui propose ici une couverture rigide avec des rabats dissimulant la carte du Continent.

   Le résumé est assez intriguant, on y pose de nombreuses questions qui stimulent mon intérêt, mais j’avoue une fois encore que c‘est vraiment la conversation avec l’autrice qui m’a décidé à prendre son livre. Elle y a vraiment mis tout son cœur et user d’arguments de dark fantasy qui ont su résonner en mon cœur de fan du genre. Pari gagné.

 

Prose et Structure

   Le récit est conté à la première personne au passé et suit les mésaventures du personnage principal, Selden. Un choix intéressant en dark fantasy, car il donne plus de poids aux événements cruels et violents qui parsèment le récit. Par ailleurs, je tiens à préciser que si l’univers en lui-même répond bien aux codes de la dark (pour un public averti, donc), le vocabulaire utilisé n’est ni trop cru ni excessivement démonstratif. On perçoit la souffrance et la noirceur de l’humanité à travers les yeux d’un enfant qui apprend à grandir, et cela, à mon sens, est bien plus juste que des descriptions volontairement très gores.

    Le récit est découpé en 4 arcs, eux-mêmes divisés en chapitres. Chaque partie dépeint une période de la vie de Selden, chacune enseigne des leçons de vie cruelles mais nécessaires pour que le jeune garçon puisse survivre. J’ai beaucoup aimé suivre l’évolution du protagoniste de cette façon, j’ai trouvé que la structure du récit avait du sens. Même si personnellement, j’aurais terminé l’histoire quelques paragraphes plus tôt, pour laisser aux lecteurs le choix de leur propre conclusion, plus en adéquation à mon sens avec l’ensemble du récit. Mais ceci n’est que mon avis.

 

Personnages et Figurants

   Le personnage principal est donc Selden, un jeune garçon sachant lire malgré son statut d’esclave, acheté quelques années plus tôt par un duc pour faire la lecture à sa fille aveugle. Très attaché aux enfants de la famille qui lui rendent bien cette affection, Selden est séparé d’eux par des événements tragiques et cruels qui vont le voir dépendre d’un nouveau maître. Habitué à la servitude, il reste un garçon vif et intelligent, mais soumis et très respectueux des règles du royaume. Les rencontres successives avec différents personnages influents du continent vont peu à peu le révéler à lui-même, forcir son caractère et son opinion sur les gens, et ceci bien entendu, dans les pires conditions qui soient. J’ai de l’affection pour ce gamin qui revient de loin, qui en bave en permanence et qu’absolument personne ne soutient. Et pourtant, quelle force de caractère il a ! Alors certes, il est soumis durant la première partie du récit, mais il a un instinct de survie incroyable et une volonté à l’honnêteté tenace malgré ce qu’une telle qualité peut engendrer. Selden évolue, et pourtant, reste lui-même dans un univers où vraiment, je pense que rares seraient les gens à le pouvoir.

    Plusieurs personnages secondaires gravitent autour de lui, tous, absolument tous ont leur part de responsabilité plus ou moins cruelle dans l’évolution de Selden. Parmi eux, ce n’est pas la fameuse demoiselle qui m’aura le plus touchée, mais une autre femme, Golgia, une Inquisitrice qui, à sa façon, subit l’univers très machiste du récit. Si bien entendu, tout le monde souffre dans un tel environnement dark, en règles générales, les femmes du récit sont très mal loties, même la plus garce d’entre elles. On voit combien considérer toute une partie de la population pour sa seule capacité à enfanter peut faire des dégâts.

   Un dernier mot pour l’antagoniste principal, Sarkor, un Seigneur usurpateur de trône et tyran cruel dominant son peuple avec une extrême perversion. Sa cruauté n’est pas sans motivation cependant, même si l’explication que l’on anticipe (dans mon cas) ou que l’on finit par apprendre n’excuse en rien toutes les horreurs qu’il a pu engendrer. C’est un antagoniste intéressant, même s’il m’a manqué un je ne sais quoi, une scène plus émotionnellement impliquée peut-être, pour vraiment accepter les explications à son comportement (celles-ci venant d’un autre personnage, ce qui réduit l’implication directe).

 

Univers et Peintures

   L’univers dépeint un monde sombre et moyenâgeux, avec les coutumes, les règles et les cultures qui y sont associés. Sur un vaste Continent, une bonne vingtaine de royaumes se partagent des terres plus ou moins hostiles, plus ou moins prospères. Les rois ne sont pourtant pas tout en haut de l’échelle de pouvoir, car l’Inquisition, puissante force armée crainte de tous, règne en maîtresse un peu partout, excepté en Athion, pays du Seigneur Sarkor. Les enjeux politiques tournent donc essentiellement entre ces deux forces antagoniques, chacune ayant du sang sur les mains et des intérêts pas toujours altruistes.

   La magie est un élément important de l’intrigue, et pourtant, elle est très peu présente sur le continent. D’ailleurs, elle s’apparente pour beaucoup de gens à de la superstition et ceux qui en connaissent la puissance et le prix sont rares. Concernant les croyances, si la mention d’un Dieu Unique se trouve à plusieurs pages, on ne sait réellement ce qu’une telle religion implique, elle est pratiquement inexistante dans le récit. Personnellement, ça ne m’a pas plus dérangé que cela, j’avais surtout l’impression que les rapports de force et stratégies politiques jouaient sur l’aspect militaire, plus que sur les croyances.

   Qui dit dark fantasy dit bien entendu univers sombre avec son lot de perversions et de noirceurs. Vous n’échapperez donc pas aux tortures physiques ou psychiques, aux viols ou aux meurtres. Une fois encore, âmes sensibles, s’abstenir. L’univers est vraiment sombre, souvent détestable par bien des aspects, mais il est parlant et surtout, il évoque les caractéristiques de l’humanité, aussi bien les qualités et les défauts que cette capacité, celle que l’on oublie souvent, à évoluer.

 

Intrigues et Rouages

   Selden est un esclave qui vit chez le Duc Oriano depuis qu’il l’a acheté afin de tenir compagnie à sa fille aveugle. Aimé de tout la famille, le garçon est heureux malgré sa servitude. Jusqu’au jour où les événements tragiques se succèdent et où il finit aux mains d’un nouveau maître tenancier d’une auberge. Là, il fait la rencontre peu rassurante de deux membres de l’Inquisition, individus craints de tous, y compris des rois. Et contre toute attente, ces Inquisiteurs vont s’intéresser à lui.

   Le récit commence doucement, les péripéties s’enchaînent à un degré d’horreur crescendo, une façon efficace d’entretenir l’attention autant que la sympathie du lecteur. Car oui d’accord, Selden est un esclave, il a l’habitude d’être soumis et de suivre sans réfléchir ceux qui le protègent, mais après une épreuve particulièrement éprouvante qui n’est pas sans rappeler ce qu’a été capable d’inventer l’Inquisition de notre propre monde, qui n’aurait pas réagi comme lui ? On ne peut que comprendre les choix du personnages, on ne peut que comprendre ses erreurs, et je ne peux, personnellement, pas lui en vouloir de tout ce qu’il a pu faire pour survivre. Car lui, contrairement aux autres, il n’a jamais menti.

 

Conclusion et Avis général

   Un livre de dark fantasy dans un univers sombre et éprouvant où l’on suit un jeune garçon dans l’apprentissage de lui-même et du monde qui l’entoure. Un monde gris, rempli de défauts et de cruauté, mais aussi de lueurs d’espoir, à l’image de certains moments clefs du récit ou de certains personnages porteurs d’une improbable force intérieure. Et si la dark s’illustrait aussi par ces subtiles moments de lumière ?

 

Et vous, curieux de découvrir ce qui se cache derrière les portes d’Athion ? 🙂

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Un aperçu d’ailleurs sur

Les portes d’Athion ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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11 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Les portes d’Athion, Anne-Sophie Kindraich

  1. Symphonie dit :

    Tout comme toi, je pense que c’est la passion visible de l’autrice qui m’a fait acheter son livre, sans ça, je ne suis pas certaine que j’aurais été forcément attirée. Rien de spécial à ajouter à ta chronique, et pour en avoir discuté avec toi, je suis assez d’accord sur la fin, je pense que j’aurais préféré l’incertitude. Mais bon 😀

    Aimé par 1 personne

  2. Antios dit :

    Il est plutôt attirante ta chronique ! Un univers qui me plaît (médiéval oblige, bon vous me direz les univers de fantasy sont très souvent inspirés du Moyen Age) et puis j’aime bien les choses sombres. Je suis assez intrigué par le personnage principal et l’Inquisition. Peut-être que ce livre me plairait bien !

    Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      Comme quoi, ça change pas mal de choses de rencontrer les auteurs durant les salons. ^^ Et comme je suis personnellement plus sensible à l’humain qu’à la publicité… J’apprécie énormément les auteurs qui te font sentir que tu es plus qu’un portefeuille et qui sont capables de te parler non seulement de leurs ouvrages, mais surtout de ceux de leurs collègues absents. Cela prouve une belle mentalité, ça donne envie de les soutenir. 🙂

      Aimé par 2 personnes

      • OmbreBones dit :

        Exactement, je réagis de la même manière que toi 🙂 J’ai toujours dit, un livre peut être le meilleur du monde, si l’auteur derrière est une personne désagréable, je ne vais pas l’acheter. Et tant pi si je le plante là avec son livre ! Du coup je vais noter ce titre si jamais je croise l’auteur 🙂

        Aimé par 2 personnes

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