[Mois Ciné] Juin 2018

   C’est enfin l’été, les orages grondent toujours et la température monte, mais le courant passe toujours dans les salles obscures, parfait pour un nouveau mois ciné. Attention, avis assez tranchés en perspective. 😉

(Jurassic World : Fallen Kingdom – Ocean’s 8 – Opération Beyrouth – Sans un bruit)

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Alerte : avis totalement subjectifs en perspective et fortes probabilités de spoilers. 😉

 

Jurassic World : Fallen Kingdom

9ca3dc062b0ab73f43f2f5660b1047b5Aventure de Juan Antonio Bayona

Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Toby Jones

Cela fait maintenant quatre ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l’île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction. Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l’île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.

Mon avis

   Vous connaissez cette déception quand on vous offre un cadeau avec un joli emballage, mais un contenu vraiment pas à la hauteur ? Et bien c’est ce nouveau film de la franchise Jurassic World. Esthétiquement, il est bon. On retrouve ainsi l’usage d’animatronics pour limiter celui des images de synthèse et rendre les dinosaures plus réalistes. Il y a aussi des plans intéressants, une volonté de mettre en valeur certaines scènes par le jeu des caméras, des contrastes ou des couleurs. Pour les fans, on retrouve même de nombreux clins d’œil à la franchise, mais aussi à d’autres films de genre. Mais un joli paquetage ne fait pas tout et ne rattrape pas le scénario, bourré d’incohérences qui s’enchaînent avec l’aveu de pousser ce qui n’avance pas tout seul. Pas toujours droits dans leurs bottes (je pense ainsi, puis non, je pense comme ça), les personnages passent leur temps à faire n’importe quoi quand le scénario s’enlise et qu’il a besoin d’un élément perturbateur pour relancer l’intrigue. Je ne parle même pas des dinosaures, définitivement catalogués estomacs sur pattes qui n’ont aucun, mais absolument aucun instinct de préservation (y compris la nouvelle création, toujours plus intelligente… on voit ça). La morale elle-même s’effondre dès lors que l’on comprend qu’elle a eu besoin de trois ans pour exprimer un constat qui aurait du être saisi dès la fin du premier. J’imagine qu’il faut laisser son esprit critique en mode off pour vraiment apprécier. A voir si vous aimer les divertissements avec des dinosaures et des filles qui ne courent pas en talons (enfin).Bulle d'Eleyna Logo 2

 

Ocean’s 8

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Action de GARY ROSS

Avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway

Cinq ans, huit mois, 12 jours… et le compteur tourne toujours ! C’est le temps qu’il aura fallu à Debbie Ocean pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Elle sait désormais ce qu’il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son « associée » Lou Miller. Ensemble, elles engagent une petite bande d’expertes : Amita, la bijoutière, Constance, l’arnaqueuse, Tammy, la receleuse, Nine Ball, la hackeuse et Rose, la styliste de mode. Le butin convoité est une rivière de diamants d’une valeur de 150 millions de dollars. Le somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger qui devrait être l’objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l’événement de l’année. C’est donc un plan en béton armé. À condition que tout s’enchaîne sans la moindre erreur de parcours. Enfin, si les filles comptent repartir de la soirée avec les diamants sans être inquiétées…

Mon avis

   J’ai lu quelque part qu’il s’agissait d’une version féministe de Ocean’s 11… Il faudra m’expliquer un jour pourquoi quand les protagonistes sont des femmes, le film est décrit comme féministe. Parce qu’à mes yeux, ce n’est pas le cas. Nous avons donc des femmes qui vont voler… des bijoux, et qui se retrouvent toutes… à porter une robe de soirée même quand ça ne se justifie pas (coucou Rihanna qui montre son joli décolleté alors qu’elle n’a aucune raison de sortir de son véhicule). L’un d’elle veut se venger… de son ex et une autre trouve normal… d’offrir son corps pour accomplir cette vengeance… Très féministe en effet. A part ça, on passe sous silence le fait qu’il y ai non pas 8 mais 9 voleurs (mais l’égalitarisme est une notion que personne ne comprend, donc…). Sans parler qu’il n’y a aucun enjeu, aucune tension, aucun antagoniste… Les meilleurs agents de sécurité au monde sont idiots comme des manches à balai (mes excuses pour la communauté des outils ménagers), les gens autour des voleuses sont tous aveugles, les assureurs se fichent de savoir qui est responsable du vol… Je ne me souviens plus si c’était ainsi dans le film avec Georges Clooney, mais peu importe. A mes yeux, le film manque d’intérêt et ne défend pas les valeurs qu’on lui prête. Après, ça reste du divertissement rythmé avec des actrices connues et des guests en robes pailletées. A voir si vous aimez les films de voleurs sans prétention ou si vous appréciez les beaux casting.Bulle d'Eleyna Logo 2

 

Opération Beyrouth

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Thriller de Brad ANDERSON

Avec Jon Hamm, Rosamund Pike, Dean Norris

Beyrouth, 1972. Diplomate américain, Mason Skiles organise une réception, en présence de sa femme et de Karim, orphelin libanais de 13 ans que le couple espère adopter. Mais le cocktail est perturbé par l’arrivée du meilleur ami de Mason, l’agent de la CIA Cal Riley, porteur de nouvelles inquiétantes concernant Karim. Quelques secondes plus tard, des terroristes font irruption et ouvrent le feu sur les convives. Les conséquences sont terribles. Dix ans plus tard, Mason a sombré dans l’alcool. Vivant désormais à Boston, il intervient comme médiateur dans les conflits au sein de l’entreprise. Jusqu’au jour où il est abordé par un inconnu qui, à la demande d' »amis » communs, lui remet un passeport et un billet d’avion pour qu’il se rende le plus tôt possible à Beyrouth. D’abord réticent, il débarque dans une ville ravagée par la guerre qu’il ne reconnaît plus. Il comprend alors pourquoi on l’a fait venir : des terroristes ont kidnappé un agent de la CIA et il est censé négocier sa libération contre celle du djihadiste Abu Rajal, détenu par la police secrète israélienne. Avec l’aide de Sandy Crowder, elle-même membre de la CIA, Mason prend conscience que chaque force en présence : Tsahal, le gouvernement américain, l’OLP… cherche à servir ses propres intérêts. À qui peut-il encore faire confiance dans un monde où la vérité n’émerge que lorsqu’elle est rentable ?

Mon avis

   Un thriller géopolitique commun avec une morale américaine (malheureusement). Si les premières scènes dans les années 70 sont visuellement intéressantes, elles content un sous-texte qui ne fera que s’étayer au fil du récit. Le héros, négociateur américain, est le héraut parfait des valeurs universelles (il est juste alcoolique, mais lui, il a le droit, il a une bonne excuse), doublé d’un chanceux qui a le scénario avec lui. La demoiselle qui l’accompagne est la digne représentante de la maison blanche, avec juste ce qu’il faut de tension sexuelle pour plaire aux messieurs (quand même, c’est une femme). En opposition, les autres joueurs de cette partie d’échecs sont tous véreux, fourbes, cruels, terroristes, bref porte-étendards désignés des valeurs opposées à celles du héros. Certes, quelques membres du gouvernement américain ont leurs objectifs personnels, mais c’est bien tout le problème. Là où les autres groupes sont résumés à un seul détestable individu, les USA affirment que leurs moutons noirs sont des cas isolés, mais que la tête pensante et majoritaire, elle, a toujours été la plus morale et droite du jeu politique. Le final donne le dernier coup de massue à l’aide d’images d’archives et d’un discours clair sur la responsabilité des autres dans l’instabilité de la région. Mais les américains, eux, ce sont les gendarmes du monde, n’est-ce pas ? Bref, un énième film hollywoodien au discours manichéen qui se passe de montrer la réelle misère et le danger constant dans lesquels vit la population locale (de toute façon, on est juste là pour sauver un homme, donc…). A voir si vous aimez les thrillers d’espionnage à la morale bien tranchée.Bulle d'Eleyna Logo 2

 

Sans un bruit

6c5ff227040caf63108d7113415b8c12Science-Fiction de John Krasinski

Avec John Krasinski, Emily Blunt, Noah Jupe, Millicent Simmonds

Dans un monde post-apocalyptique, les rares survivants vivent sous la menace de créatures très sensibles aux sons. Ils doivent ainsi demeurer dans le silence. Une famille du Midwest va devoir lutter pour survivre, avec une mère sur le point d’accoucher.

Mon avis

   La volonté de faire un thriller survivaliste en usant du bruit comme du moteur essentiel à l’intrigue est une bonne idée. Nous sommes une espèce bruyante par nature, et j’étais curieuse de savoir comment certaines personnes auraient pu s’en sortir si des créatures sensibles au moindre son débarquaient sur Terre. Réponse : La solution ne vient pas de l’ingéniosité de l’humanité, mais de la conception des créatures. Nous avons de la chance, elles sont peu intelligentes (faciles à berner) et dotées de la capacité assez spéciale de percevoir tous les sons sur des kilomètres, mais sous certaines conditions qui servent le scénario. Je reviens sur deux détails souvent vus dans les critiques : la femme décide d’avoir un bébé dans ce monde où le moindre bruit est fatal, et la famille vit dans une maison qui grince dès qu’on y pose un pied. Deux choix qui feraient bondir les spectateurs rationnels et pragmatiques (moi la première), mais qui trouvent des justifications dans les croyances et le passif des personnages. Reste la réalisation du film, bonne malgré le peu de moyens. L’esthétisme visuel est juste, assez naturel, ce qui est toujours agréable lorsqu’on est envahi d’effets spéciaux à outrance. Mais le point fort reste selon moi l’usage du son. Ce film est avare en dialogue (les quelques dialogues présents sont même de trop pour moi), il se rattrape sur une façon différente de transmettre les émotions : la perception des bruits par les oreilles du protagoniste à l’écran. Or, il se trouve que l’une des enfants est sourde, je vous laisse imaginer ce que donne certaines scènes en sa présence. A voir si vous aimez les films avec peu de dialogues ou les films de survie à tendance horrifique.

 

A la prochaine pour un nouveau mois ciné. 😉

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6 réflexions sur “[Mois Ciné] Juin 2018

    • bulledeleyna dit :

      Sans un bruit porte une idée vraiment intéressante, mais il y a pour moi un manque de réflexions sur de nombreux aspects liés au bruit. Tiens, juste une remarque : comment contrôles-tu le bruit que tu fais durant ton sommeil ? Tu ne vas pas me faire croire que personne ne ronfle, ne gémit, ne bouge ou ne fait de cauchemar (les gamins ne doivent pas avoir des nuits bien folichonnes à mon avis). Et pourtant, ce n’est pas du tout pris en compte, la famille dort dans une maison où ils passent leur temps à éviter de faire grincer les lattes (pour dire à quel point le moindre bruit est dangereux)… alors qu’ils ont construit un lieu insonorisé dans leur cave (dormir là-bas ne serait pas plus logique ?). Certes, cela ne joue pas dans le scénario, puisque visiblement, ils ont survécu jusqu’ici de cette façon. Mais pour moi, ça manque de cohérence, ou de précision concernant la perception du bruit par les créatures. Bref, je m’étale, mais c’était pour dire que je trouve ça dommage, car on tenait une bonne idée d’intrigue.

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  1. Sébastien dit :

    Pas une bonne fournée visiblement…

    C’est toujours aussi triste de pourrir des films comme Jurassic Park ou Ocean’s Eleven. Surtout quand ils étalent la pâte à un tel niveau que ça dépasse l’insipide.

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  2. Symphonie dit :

    Je viens de voir Sans un Bruit : beaucoup aimé, même si les failles du scénario… Je me demande pourquoi la femme n’aurait pas pu être enceinte AVANT que les bestioles débarquent, par exemple, et les attaques desdites bestioles manquent parfois de logique. Parfois elles attaquent pour rien, d’autres fois elles font la sieste alors qu’il y a du bruit…

    J’ai vraiment beaucoup aimé l’introduction, toute la scène liée à l’accouchement (alors, par contre j’étais persuadée que le clou referait parler de lui, vu qu’il y a plusieurs plans dessus), et la toute dernière séquence. Un film d’horreur plus porté sur la tension que sur le gore, et ça, c’est cool^^

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    • bulledeleyna dit :

      Le principe est bon, mais c’est vrai que c’est toujours agaçant quand ce n’est pas exploité convenablement. On excuse plus facilement les erreurs qui ne sont pas liés au principe de base du film. Mais là franchement, les aliens qui n’entendent pas crier quand ils sont juste à côté, ou au contraire qui perçoivent un mouvement qui ne fait pas de bruit, juste parce qu’il faut qu’ils réagissent ainsi… C’est dommage. Mais ça reste un film de genre intéressant. 🙂

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      • Symphonie dit :

        Pour le coup, je viens de finir BirdBox, c’est un peu le même principe, mais avec la vue (en gros, si tu regardes les « choses » tu deviens fou et tu te suicides). Sympa dans le genre Survival, mais il n’y a pas réellement de tension.

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