[Chronique Littéraire] Wake the dead, Frédéric Czilinder

   Nouvelle chronique dans le cadre du désormais terminé Printemps de l’Imaginaire Francophone, avec un livre acheté en salon, Wake the dead, de Frédéric Czilinder.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • wake-the-deadTitre : Wake the dead
  • Auteur/Autrice : Frédéric Czilinder
  • Illustrateur/Illustratrice :  Michel Borderie
  • Édition : Armada
  • Collection : /
  • Genre : Horreur
  • Public : Adulte, Public averti
  • Cycle : Oui (1/?)
  • Pages : 312
  • Parution : 6 février 2016
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix :  5,99 euros – 16 euros
  • ISBN : 979-1090931688
  • Lien : Armada : Wake the dead

Résumé : Deep Harbor, charmante petite bourgade du Massachusetts : son port de pêche, sa conserverie, son unique hôtel, son lycée et ses hautes falaises battues par les embruns.

Un havre de paix jadis fondé par des colons anglais sur les terres ancestrales des indiens Wampanoag.

Deep Harbor : ses bois, ses marais, son cimetière, ses secrets…

Deep Harbor : 12.347 habitants. Et encore plus de macchabées.

Beaucoup plus.

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

   Merci à Anne-Sophie Kindraich, qui a défendu avec un amour retentissant le livre de son collègue absent lors de notre rencontre sur le stand des éditions Armada. Un tel échange est toujours un réel plaisir pour un lecteur. 🙂

 

Couverture et Accroche

   La couverture de Michel Borderie est pour moi vraiment pertinente, d’autant qu’elle représente en partie une photographie décrite dans le récit. Reprenant donc une situation de l’intrigue, elle met en avant un décor connu de tous, une fête foraine avec ses manèges et ses lumières qui contrastent avec le ciel nocturne et la charmante créature au second plan (le premier étant offert avec malice à cette pomme d’amour à moitié dévorée). L’image est digne des teen movies horrifiques dont s’inspirent l’histoire. Elle met directement dans l’ambiance, avant même de plonger dans votre lecture, vous savez à quoi vous attendre. Juste un bémol pour moi, que le mot « Train Fantôme » soit écrit en français alors que ça se passe aux USA. 😉

    Le résumé m’a aussi beaucoup plus. Le point mis en avant n’est pas un personnage, mais la ville, dont le nom est répété inlassablement comme on chercherait à nous convaincre de faire un voyage touristique dans un lieu pittoresque. Les divers rappels en apparence banals n’en mettent pas moins la puce à l’oreille tant ils tournent autour de certains évidences liées au cinéma horrifique. Guère besoin de plus pour comprendre que l’histoire est celle singulière et funeste d’une ville de la campagne américaine (chez eux, 12 000 habitants, c’est l’équivalent de nos hameaux 😉 ).

 

Prose et Structure

   La prose simple et efficace est parfaitement adaptée selon moi au genre du récit. Contée à la troisième personne et au passé, l’histoire suit le point de vue d’une foule de personnages qui, vous vous en doutez, aura tendance à s’amenuiser au fil des pages. Le prose varie plus ou moins d’un personnage à l’autre, mais globalement la plume reste assez semblable au fil du récit. Certains auront peut-être un langage plus familier, mais sans plus. Ce n’est pas un problème à mon sens, puisque chaque personnage, volontairement archétypal, aura une narration fondée à ses propres croyances et sa propre appréhension des événements (on les différencie donc plus sur le fond que la forme).

   Concernant la structure, on retrouve un véritable découpage comme on peut voir dans un film horrifique. Décompte heure par heure des événements, passages d’un personnage à l’autre aux quatre coins de la ville contant chacun leur quotidien, on progresse lentement mais sûrement dans l’angoisse à mesure que les détails suspects prolifèrent. Jusqu’à totalement basculer avec un un plaisir coupable dans l’horreur de la tant attendue nuit d’Halloween. Je ne vais pas vous mentir, la plupart des scènes sont prévisibles, mais c’est précisément ce que l’on vient chercher dans ce type de récit. Suivre une histoire dont on connait les mécanismes et qui ne manque jamais de nous faire sourire ou frissonner. Toi mon grand, je savais que tu allais faire une bêtise ! 😉

 

Personnages et Figurants

    Histoire de village oblige, le récit est riche en personnages qui se côtoient plus ou moins directement et dont les actes et réactions auront souvent des conséquences pour les autres, même à l’autre bout de la ville. Néanmoins, certains sont davantage mis en avant. A noter que tous répondent plus ou moins à des modèles archétypaux, une démarche volontaire pour faire écho aux fameux teen movies. Et c’est ce qui fait tout le sel de l’histoire.

   Jake Longwood est un adolescent et le guitariste d’un groupe de rock qui a décidé de donner sa première représentation le soir d’Halloween durant la fête foraine. Du genre plutôt mutique et en retrait, il se retrouvera à devoir faire des choix et agir rapidement pour assurer sa survie et celle des personnes qui croiseront sa route. Le genre de héros à se révéler durant les coups durs.

   Kate Summer est une citadine ayant déménagée avec sa mère pour échapper à une sombre histoire qui la suit depuis Chicago. Ayant revêtue une apparence gothique afin de se donner l’illusion de refaire sa vie, elle est plutôt mal vue au sein de son lycée, mais reconnait elle-même ne faire aucun effort pour s’intégrer. Grâce à son passif, elle fera preuve d’un bon sang-froid durant les événements.

   Joshua Riley est le shérif de la ville, sérieux et intègre, amoureux de la mère de Kate et en mauvais termes avec le maire. Habitué à ce qu’il ne se passe jamais rien dans la bourgade, il va vite se retrouver confronté à divers événements pour le moins inexplicables. Malheureusement, il est loin d’en connaître l’ampleur et même toute sa bonne volonté ne saura enrayer la menace.

   Abigaïl Smith est une enseignante retraitée vivant dans une petite maison isolée et qui garde dans un coin le vieux fusil de son mari défunt. Octogénaire, elle ne conserve pas moins une force de caractère et une force physique qui la verront s’activer efficacement durant les événements.

   Teddy et Amber, respectivement quarterback et capitaine des cheerleaders, forme l’inséparable et horripilant couple star du lycée. Lui est un fils à papa et un ours mal dégrossi, elle la jolie fille caractérielle mais romantique. Les indispensables pour ce genre d’histoire. 😉

   On retrouve une foule d’autres individus, les adjoints du shérif, le maire, l’alcoolique du coin, les filles un peu candides, les couples en pleine galoche, les familles puritaines… Bref, tout un beau petit monde pour mener avec efficacité l’histoire sur le droit chemin de l’horreur. Un vrai régal. 😉

 

Univers et Peintures

   L’histoire se déroule donc à Deep Harbor, une ville campagnarde du Massachusetts décrite comme une bourgade tranquille où il ne se passe absolument jamais rien. Sa description est commune à celle que l’on retrouve dans ce type de récit, avec ses points vitaux, tels que le lycée, le poste de police, le bar ou encore la vieille quincaillerie qui lutte contre la main-mise des centres commerciaux. De plus, Deep Harbor est une ville côtière, elle possède donc son port, mais aussi sa conserverie récemment fermée, tout comme son hôtel, la faute à une gestion désastreuse du maire qui est décrit comme des plus pingres. Une côte escarpée donc, mais aussi des marais, des forêts et surtout, surtout, un énorme passif.

   Je ne vais pas entrer dans le détail, car il s’agit là d’un des intérêts du livre, mais puisqu’il y est fait mention dans le résumé, vous vous doutez bien que le fait qu’un tel endroit ai été une terre indienne colonisée par des anglais jouera en partie dans les événements. Et encore, ceci n’est qu’une minuscule partie de l’iceberg que je vous laisse découvrir dans son entièreté. Ce que je peux dire, c’est que les habitants de Deep Harbor ne pouvaient pas être plus mal tombés. 😉

 

Intrigues et Rouages

   Tout commence la veille d’Halloween lorsque plusieurs événements plutôt bénins surviennent dans la ville de Deep Harbor. Si ça n’avait été que l’alcoolique du coin à mettre en cellule de dégrisement, tout aurait pu paraître banal dans cette ville paisible et sans histoire. Mais voilà, il y a aussi Abigaïl Smith qui se plaint de la visite d’un étrange vagabond qui tente d’entrer chez elle, la disparition d’un corps chez le thanatopracteur, ou encore de mystérieux trous creusés dans le champ d’un paysan un brin agaçant. Qu’importe, ce soir, c’est Halloween, et il faut vérifier l’état de la fête foraine. Car un événement comme celui-ci, il ne faudrait pas le rater, n’est-ce pas ? ^^

   L’intrigue commence donc gentiment, en alternant les points de vue des multiples personnages d’un bout à l’autre de la ville. Ceux-ci se recoupent par des liens personnels ou situationnels, notamment grâce au shérif qui court d’une enquête à l’autre, ou encore les lycéens qui se fréquentent dans un même établissement. Les événements prennent peu à peu de l’ampleur avec ce plaisir certain de connaître les voies sur lesquelles ils nous entraînent. Le lecteur connait bien entendu certains détails avant les personnages, comme dans un film où on laisse d’un plan à l’autre un individu en mauvaise posture. Le rythme est graduel et prenant, on n’a guère le temps de s’ennuyer et j’avoue m’être bien amusée à tourner les pages pour arriver à sa conclusion. Car oui, c’est de l’horreur, oui c’est terrible, mais c’est tellement visuel qu’on se retrouve à imaginer ce film aux codes issus de nos propres visionnages. Un plaisir coupable disais-je, une très bonne lecture. 🙂

 

Conclusion et Avis général

    Ce livre est un réel hommage aux teen movies horrifiques. On y retrouve une volonté de défendre les codes avec application, une volonté qui met en exergue des archétypes et des motifs que l’on prend malin plaisir à identifier et à anticiper, jusque dans le dénouement cruel, mais parfaitement adapté. Si vous avez été bercés dans cette culture horrifique américaine, si vous aimez retrouver des codes de genre sur d’autres supports que ceux qui les ont longtemps exploités, n’hésitez pas, foncez. Vous allez adoré.

 

Alors, envie de faire du tourisme à Deep Harbor un soir d’Halloween ? 🙂

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Un aperçu d’ailleurs sur

Wake the dead ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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8 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Wake the dead, Frédéric Czilinder

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