[Chronique Littéraire] Légendes Faës – T1 : La Chienne de l’Ombre, Manon Elisabeth d’Ombremont

   Nouvelle chronique entrant dans le cadre du challenge du Printemps de l’Imaginaire Francophone, sur le volume 1 des Légendes Faës, La Chienne de l’Ombre, de Manon Elisabeth d’Ombremont.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Légendes Faës – V1 : La Chienne de l’OmbreCouverture la chienne de l'ombre
  • Auteur/Autrice : Manon Elisabeth d’Ombermont
  • Illustrateur/Illustratrice : Antera
  • Édition : L’Ivre-Book
  • Collection : Imaginarium
  • Genre : Fantasy, Dark Fantasy
  • Public : Adulte, Public Averti
  • Cycle : Trilogie (1/3)
  • Pages : 228
  • Parution : 23 septembre 2017
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix :  3,99 euros – 9 euros
  • ISBN : 9782368924976
  • Lien : L’Ivre-Book : La Chienne de l’Ombre

Résumé : Faëry, sous le règne de l’Empereur Fenrír.
Melyan est une bâtarde. Mi-fomoire mi-fée, elle a pour unique ambition de devenir une grande guerrière, digne de son héritage.
Elyalë est une banshee. Magicienne aux pouvoirs terrifiants, elle est aussi la martyre de l’Empereur.
Tout les oppose, et elles se connaissent à peine, pourtant, elles sont demi-sœurs.
Un coup du sort les rapprochera, mêlé à un même désir : celui de survivre dans les ténèbres, et de ne surtout pas succomber aux promesses du dieu-dragon Déchu.

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

   Service Presse : Merci à Manon Elisabeth d’Ombremont de m’avoir proposé le premier volume de son cycle. 🙂

 

Couverture et Accroche

    La couverture est plutôt belle dans ses teintes froides qui mettent en avant la peau pâle du personnage, caractéristique particulière de celle que l’on surnomme la Chienne de l’Ombre. Elle a un physique qui n’est pas sans me rappeler certains univers virtuels, mais j’apprécie. A la lecture du récit, peut-être me serais-je attendue à quelque chose d’autre concernant les ailes, mais c’est un détail purement subjectif. Le rappel des yeux rouges est là aussi un bonne idée, une menace latente qui attend son heure. Bref, on sait vers quel type d’univers la lecture va nous happer.

   Le résumé est intéressant et met en avant les trois personnages essentiels du récit, dans des descriptions qui suffisent à éclairer sur l’influence d’un folklore celtique bien présent. Suite à ma lecture, je le trouve d’autant plus intéressant qu’il prend la forme d’un début de chapitre en précisant la localisation de l’événement. Seul bémol pour moi, une partie de la dernière phrase, mais il serait difficile de vous en parler sans spoiler (rien de bien méchant, rassurez-vous 😉 ).

 

Prose et Structure

    La plume de l’autrice est efficace et adaptée à son univers, sans user d’un vocabulaire trop dur ou cru souvent présent dans les récits de dark fantasy. Je ne sais pas si c’est voulu, pour ma part, je trouve que cela représente un bon dosage. La violence de la culture unseelie est très prégnante dans le récit, il n’y a pas besoin d’en rajouter pour comprendre à quel point la vie quotidienne est difficile, et en même temps désirée, par l’ensemble de ce peuple cruel. Pour moi, la prose convient à mon voyage, mais si vous êtes adepte de la dark bien dark et bien gore, probablement serez vous un peu déçus.

    L’univers s’inspirant en grande partie du folklore celtique, le vocabulaire qui en découle pourra plaire aux connaisseurs, autant que déboussolés ceux qui ne s’y connaissent guère. En effet, bien qu’un lexique adapté à l’histoire existe en début de livre, certains termes, notamment des noms de créatures, ne laissent qu’une vague idée sur ce dont il est question. Peut-être aurait-il fallu prendre un peu plus de temps pour décrire et mettre en situation certaines d’entre elles. Après, ce peut aussi être une invitation à imaginer ses propres monstres. 😉

   Concernant la structure du récit, celui-ci est découpé en chapitres marqués par la date et la localisation de l’événement dont il est question. Ils sont d’ailleurs plutôt courts, ce qui permet de rythmer le récit, d’autant que celui-ci se concentre au début sur l’apprentissage d’une protagoniste (et un apprentissage, ça reste répétitif par certains aspects, même si ici c’est plutôt bien amené). Rien de très inhabituel donc, si ce n’est l’intervention d’un narrateur qui parlera plusieurs fois au lecteur et le mettra au défi de découvrir son identité. 😉

 

Personnages et Figurants

   Le texte présente quelques figures intéressantes, mais il met surtout en avant deux demi-soeurs, les deux filles de l’Empereur de la cour unseelie.

   Melyan est la première des deux sœurs, la plus exposée dans le récit. D’ascendance mi-fée, mi-fomoire, elle est vue comme une aberration, même au milieu de la cour monstrueuse des unseelies. C’est pour se prouver et prouver aux autres qu’elle est un guerrière de haut rang qu’elle se lance dans un apprentissage ardu et cruel, mais nécessaire à l’endurcissement des soldats d’élite. Elle va beaucoup subir, mais pour mieux se relever, d’autant qu’elle est dotée du caractère arrogant et de l’amour de la violence de sa race. Les événements ne lui feront pas le moindre cadeau, mais on n’en attend pas moins en dark fantasy. Elle est probablement le personnage avec lequel on tisse le plus de liens d’empathie, même si elle reste une unseelie.

   Elyalë est à la fois banshee et fomoire. Cette ascendance la rend plus frêle aux yeux des autres unseelies, eux qui s’expriment essentiellement par la domination physique. Pourtant, à mesure qu’elle grandit, ses capacités aussi. Comme toute banshee, elle est une grande manipulatrice de mana, de quoi la doter de redoutables pouvoirs qui sauront l’aider à mener à bien ses projets. Elle est moins présente durant le récit, mais on apprend vite qu’elle cache de nombreux secrets et qu’il ne faut pas la sous-estimer. Elle manque un peu d’exposition pour qu’on puisse s’attacher à elle pour l’instant, cela changera probablement dans le volume suivant. 🙂

   Elcmar est un dragon déchu, une ancienne divinité condamnée par ses frères et sa sœur pour d’obscures raisons. Prisonnier sous une montagne, privé de ses pouvoirs, il n’en est pas moins très présent dans le récit. Car on ne contrôle pas la volonté d’un dieu comme celui-ci, surtout lorsqu’il fomente le projet de s’évader. J’ai été un peu mitigée à son sujet, principalement sur ce qu’on pense de son esprit tactique et ce que j’en ai réellement perçu par ma lecture. Un petit décalage donc, mais qui ne m’a pas empêchée d’apprécier sa puissance et sa cruauté. 😉

   La plupart des autres personnages sont des unseelies, dotés du caractère violent et du déficit de sentiments de leur race. C’est peut-être pour cette raison que le peu de fois où l’on suit des seelies, des individus de la cour de lumière, ceux-ci paraissent un peu plus lisses. En tous les cas, la cour de cauchemar, elle, mérite toute votre attention.

 

Univers et Peintures

    L’univers du récit expose un principe de dimensions plus ou moins proches et plus ou moins capables d’interférer. Rassurez-vous, cela joue peu dans ce premier tome, puisqu’il se déroule dans le seul plan de Faëry, le monde des faës. Celui-ci n’est pas beaucoup détaillé, du moins pas assez à mon goût. On sait qu’il existe deux Cours, celle des seelies et celle des unseelies, qui se haïssent et se font la guerre depuis des temps immémoriaux. On imagine donc que le monde est réparti entre ces deux camps, même si certains passages suggèrent quelques zones plus neutres résultant de la chute passée d’Elcmar. J’avoue espérer découvrir davantage le monde dans les volumes suivants, car c’est là un aspect du récit qui m’intéresse vraiment. 🙂

   L’histoire se déroule principalement à la capitale unseelie, qui s’étend sous une montagne. En effet, les unseelies n’apprécient guère la lumière, voire sont plus vulnérables en présence de trop clarté. Dans cette capitale, on découvre des lieux particuliers, mais ce volume étant assez court, encore une fois, on n’en fera qu’explorer le potentiel, qui semble dissimuler un plus gros travail de conception. Tout comme les zones hors de la capitale qu’on ne peut pour la plupart qu’imaginer et qui pourtant doivent avoir leurs lots de singularités. De petites digressions n’auraient donc pas été malvenues pour ma part (bon, j’avoue, j’aurais pu me perdre des pages durant dans les rues de la capitale ^^), mais probablement un récit plus recentré sur la narration plaira-t-elle aux lecteurs avides d’actions.  😉

 

Intrigues et Rouages

   Melyan est la fille bâtarde de l’Empereur des unseelies et d’une fée prisonnière. Malheureusement, elle a beaucoup hérité de sa mère, ce qui lui vaut les moqueries de tous, et la cruauté sadique de son père. Elle décide de suivre l’entrainement des fomoires pour devenir une guerrière d’exception, mais ce n’est pas sans conséquences. En parallèle, la princesse Elyalë subit seule le traitement violent de son père depuis que Melyan a déserté. Fille de la reine des banshees, elle est de faible constitution, mais apprend peu à peu à utiliser ses pouvoirs, tout en surveillant sa sœur à travers son miroir. Bientôt, les circonstances vont les lier l’une à l’autre, et pas que pour le meilleur.

    L’histoire déroule donc une première partie sur l’apprentissage de Melyan et la vie au palais d’Elyalë ; une partie intéressante pour comprendre le fonctionnement de la cour des unseelies et appréhender les deux personnages principaux dans ce contexte particulier. Un temps d’acclimatation nécessaire avant que les événements prennent de l’ampleur. Les péripéties s’enchaînent vite, parfois peut-être un peu trop (un rêve particulier m’a un peu prise au dépourvu), mais globalement le rythme ne laisse pas le temps au lecteur de s’ennuyer. Beaucoup de détails tiennent dans les silences de certains personnages, et on s’aperçoit que les plus puissants ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

   Pour ceux qui aiment, les combats sont nombreux, présence de soldats d’élite avides de violence oblige. Ils sont suffisamment différents pour ne pas s’en lasser, même si j’avoue qu’il n’aurait pas fallu que l’apprentissage de Melyan dure plus longtemps. C’est à mon goût juste ce qu’il faut. En cela, je pense que l’autrice a su bien doser la mise en place de son univers et placer au bon moment l’élément déclencheur de l’intrigue sans pour autant rogner sur les scènes d’action. J’ai néanmoins une petite appréhension sur la puissance de certains personnages. En effet, je trouve toujours difficile d’en juger lorsque cela concerne des créatures mythiques qui n’ont pas encore rencontrer d’adversaires à leur mesure. Mais je pense que la suite permettra de se faire une meilleure idée à ce propos. 😉

   Edit : Petit ajout par qu’on m’en a fait la remarque à juste titre (merci John Evasion 😉 ), et parce qu’une personne que je sais sensible m’a demandée si elle pouvait lire ce livre. Le récit comporte des scènes assez violentes à différents niveaux, et notamment psychologiques (spoiler : des scènes de viol ou de torture peuvent être assez difficiles à lire). Ce roman n’est donc clairement pas à mettre entre les mains de tout le monde, et notamment des plus jeunes ou des plus sensibles.

 

Conclusion et Avis général

   Un récit de dark fantasy inspiré du folklore celtique appréciable dans sa volonté d’évoquer la violence et la déchéance de son univers sans en faire trop. Un aspect qui pourra déplaire aux connaisseurs s’attendant à une narration plus crue, mais qui pourrait permettre à un nouveau lectorat de s’initier au genre (Edit : attention néanmoins, cela reste de la dark fantasy, certaines scènes assez violentes peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs). Ce tome est pour moi un peu trop court pour apprécier à leur juste valeur tous les personnages, mais l’histoire se poursuit dans le volume suivant, à voir donc comme elle évolue. En tout cas, pour ceux qui aiment les univers assez sombres et le folklore celtique, je pense que ça vaut le détour. 😉

 

Et vous, envie de découvrir la sombre réalité qui menace la Faëry ? 🙂

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7 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Légendes Faës – T1 : La Chienne de l’Ombre, Manon Elisabeth d’Ombremont

  1. John Évasion dit :

    Ouah, superbe critique, encore plus complète et détaillée que la mienne ^^ Très bien séquencée mais je dirai peut-être que, même si ce livre n’est peut-être pas pour les lecteurs de Dark Fantasy aguerris (encore que), il est bon de rappeler que certaines scènes ne sont pas à mettre entre toutes les mains ^^

    Aimé par 2 personnes

    • bulledeleyna dit :

      Merci. 🙂 Après, je pense qu’on ne s’attarde pas toujours sur les mêmes points, ce qui n’est pas plus mal, ça rend l’ensemble des chroniques complémentaires (et ça appuie bien l’idée qu’on a tous des goûts différents). 😉
      Effectivement, j’aurais du insister sur ce point. Je suis partie bille en tête que c’est de la dark, donc dans mon imaginaire, c’est normal de s’attendre à certains types de scènes. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde et certaines personnes sont effectivement très sensibles à cela. :/

      Aimé par 2 personnes

      • John Évasion dit :

        Tout à fait ^^ Imagine si nous les chroniqueurs nous avions tous les mêmes avis -_- »
        Oui je pense que c’est important. Dans mon interview de Manon, elle exprime justement un problème qu’il y a eu avec une personne qui ne s’attendait pas à voir certaines scènes dans le livre (tu peux relire l’interview pour lire l’exemple). Je pense que c’est important d’avertir le public, un peu comme dans les salles de ciné ou les jackets de dvd (-12, -16,…), peut-être pas faire pareil, mais mentionner quand certaines scènes peuvent choquer. Mais ce n’est que mon avis ^^

        Aimé par 1 personne

      • bulledeleyna dit :

        Je ne veux pas dire que parfois, dans certaines circonstances, on pourrait le croire, mais… ^^

        Le pire, c’est que je l’ai lu cette interview. Je suis impardonnable pour le coup. Je suis d’accord avec toi en plus. J’ai lu récemment un livre où un personnage « négatif » m’a rappelé une mauvaise expérience. Bon, je suis du genre à savoir me distancier de mes lectures, mais ce n’est pas forcément évident pour tout le monde, selon le réalisme de la scène, l’implication émotionnelle, l »état d’esprit lors de la lecture… bref, tu as raison, c’est important de prévenir le lectorat.

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