[Ecriture] La chasse aux clichés

   Une fois n’est pas coutume, j’ai l’intention de parler d’un type d’articles que l’on retrouve souvent sur la toile : la liste de clichés littéraires. Ou plus exactement la chasse aux clichés afin de tous les bannir définitivement de notre monde pour les renvoyer dans leur dimension satanique. Vous l’aurez compris, cette bulle sera un espace de survie pour ces pauvres clichés malmenés. 😉

   Depuis le temps que le mot « cliché » pointe le bout de son nez un peu partout sur ce blog jusqu’à en faire ma touche personnelle pour parler d’écriture, il fallait bien que je fasse un article pour les défendre. Bien évidemment, ceci est un avis totalement subjectif sur la question, je ne prétends à aucune vérité. 😉

 

Qu’est-ce qu’un cliché ?

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Pour commencer, faisons le point sur trois termes : archétype, stéréotype et cliché.

frame-2790558__340   Un archétype est une idée, un personnage, un symbole commun à toutes les cultures. Par exemple, le héros combat le mal. Un archétype est communément admis dans la littérature, car on considère qu’il sera compris de tous à travers le monde et les époques.

frame-2790558__340   Un stéréotype est une idée, un personnage, une situation commune à un courant de pensée qui en généralise les traits et les spécificités. Par exemple, le héros qui combat le mal doit être beau, honnête, loyal. A la différence de l’archétype, on considère que le stéréotype est typique d’une culture et d’une époque. Ainsi le héros d’aujourd’hui ne sera pas celui de demain.

frame-2790558__340   Un cliché est une dénomination habituellement péjorative pour parler d’un stéréotype aux caractéristiques très codifiées. Par exemple, le beau et honnête héros qui combat le mal doit être un orphelin qui se découvre une ascendance royale. Contrairement au stéréotype, le cliché n’est pas considéré comme un canon d’une culture et d’une époque, mais comme une utilisation excessive et paresseuse des mêmes ficelles. C’est pourquoi le simple fait qu’un héros soit beau et honnête peut constitué un cliché selon qui le juge (car oui, la différence entre stéréotype et cliché peut être affaire d’appréciation personnelle).

   Je vais être honnête, si je regarde ces définitions, je dirais que j’englobe aussi bien stéréotype que cliché quand j’utilise ce dernier terme. Car le mot « péjoratif », qui donne une appréciation non neutre d’une idée, ne correspond pas à mes propres perceptions du cliché (reconnaître un motif répété ne veut pas dire qu’on le déprécie, encore moins tout au long de sa vie). Mais dans le cadre de cette bulle, je garderai donc cette définition teintée de détestation profonde.

   Personnellement, j’adore chasser les stéréotypes/clichés dans les œuvres, non comme je mènerais une traque mortelle, mais plutôt comme je me plongerais dans une chasse aux trésors. Les repérer, les retrouver, les recenser. Puis sourire, râler, m’en amuser, seule ou à plusieurs, parce que c’est cela aussi leur utilité, être compris de tous. Mais je ne les déteste pas (je dirais même que j’adore m’en insurger, cela devient finalement plutôt affectueux) et je ne pense pas qu’ils doivent cesser d’exister. Malheureusement, la vraie chasse qu’on leur donne un peu partout ne ressemble pas à cela.

 

Pourquoi les chasse-t-on ?

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   Parce qu’ils sont la marque tangible du démon ! Le démon de la paresse, bien sûr. On considère souvent qu’un cliché est la preuve du manque d’audace ou d’implication d’un auteur. Que l’on tombe sur un seul cliché et l’auteur se voit directement relégué au rang des parias, des petits, des fourbes qui tentent de s’adresser à votre cerveau paresseux, celui qui n’aura pas besoin de fonctionner à plein régime pour comprendre toutes les subtilités d’une oeuvre originale. Parce qu’un véritable auteur, c’est un artiste qui ne façonne que du neuf, de l’inconnu, du sensationnel. Un artiste ne peut pas être quelqu’un qui a simplement du cœur, il faut surtout qu’il ait un esprit révolutionnaire.

   Mais qu’est-ce qu’une oeuvre originale ? C’est bien entendu une oeuvre qui ne contient pas le moindre cliché. N’est-ce pas ? Mais alors, pourquoi tant d’auteurs se vantent d’écrire des textes originaux dont si peu sont exempts de tout cliché ? Ah…. L’éternelle question. Ou plus simplement, pourquoi considère-t-on que ce que l’on fait est original, mais pas ce que fait notre voisin ? Est-ce que la chasse aux clichés est une forme d’aveu de notre impossibilité à nous en passer ? Puisque nous les retrouvons immanquablement dans notre propre créativité ? Je laisse les philosophes dans l’âme répondre, mais je crois bien que traquer un cliché, c’est autant une mode littéraire/sociétale, qu’une façon de critiquer autrui pour ne pas regarder en soi.

   Soyons honnête, le petit orphelin qui devient un héros, c’est nous idéalisé. La romance avec une personne formidable, c’est ce que beaucoup espère dans la vie. Le sacrifice pour sauver le monde, c’est ce qu’on aimerait être capable d’accomplir. L’incroyable, le bouleversant, l’extraordinaire, c’est ce qui manque à nos vies (oui, je fais des généralités, je sais parfaitement que ce n’est pas le cas pour tout le monde). Et l’anti-cliché ressemble bien souvent à une fausse rébellion, comme lorsqu’on quitte le troupeau pour en suivre un autre. Nous ne faisons rien d’original à chercher l’original. Nous ne faisons que répondre à notre besoin inassouvi de vivre une autre expérience.

   Nous aimons vivre par procuration, et parfois nous taraude une envie que nous aimons à retrouver aventure après aventure. Nous allons alors chercher des « équivalents » à notre première expérience, nous pourchassons le stéréotype aimé. Seulement, il arrive un moment où nous nous lassons de ce type d’excursions. C’est cela, selon moi, l’émergence d’un cliché dans sa définition de détestation. Lorsque notre esprit sature d’une idée, pas parce qu’elle est trop exploitée par la communauté, mais parce que nous-même n’avons plus d’intérêt à la ressasser. Cela explique entre autre pourquoi la notion de cliché perdure malgré les brigades qui leur donnent la chasse sur tous les supports créatifs. Parce que nous n’avons pas tous la même rapidité à saturer, à aller du stéréotype au cliché. Certains apprécient une même idée au-delà de nos propres limites.

 

Comment les chasse-t-on ?

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   Les auteurs de fantasy connaissent peut-être ces fameux tests auxquels tous s’empressent de répondre pour s’assurer de ne pas écrire un roman bourré de clichés. Le but est alors, non pas d’être honnête avec soi-même, mais de montrer à tous qu’en répondant NON à toutes les questions, nous sommes bien des écrivains originaux. Je l’ai fait, comme beaucoup. Je me suis efforcée d’avoir des NON partout. En répondant bêtement aux questions. Oui, ce raisonnement est à mon sens binaire, et je vais vous dire pourquoi.

   A la question « votre héros est-il orphelin ? », nous nous empressons de répondre NON (fichtre, qui oserait de nos jours reprendre ce détestable cliché ! Au bûcher !). Pour moi, nous ne répondons pas au bon cadre de lecture. Nous nous efforçons de voir le plus simple, le plus facile à contourner, le mot « orphelin ». Or, il existe dans cette question un sens plus profond : « votre protagoniste a-t-il eu une enfance misérable/difficile/sans ami/avec un beau-père violent/un problème physique qui lui a apporté son lot d’ennuis/d’insultes… » Bref, a-t-il été impacté durablement et est-il devenu suffisamment misérable pour qu’on le prenne en pitié (tout de suite, on a plus de difficulté à répondre NON). Le véritable trait stéréotypé qui peut virer au cliché n’est alors, pour moi, pas le héros ORPHELIN, mais le héros MISÉRABLE (Parce qu’un orphelin élevé par de bons parents adoptifs est aussi heureux qu’un enfant avec ses gentils parents biologiques). Donc, quitte à chasser des clichés, ayons l’honnêteté intellectuelle de le faire correctement. Et ne répondons pas bêtement NON aux questions pour le simple plaisir de finir avec un score proche de zéro.

 

Pourquoi les lit-on/écrit-on malgré tout ?

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   Pour l’argent, pardi ! Nous surfons sur la vague, c’est une évidence ! Jamais personne ne lit ou n’écrit qu’avec ses tripes, tout est uniquement question de business et de bourrage de crâne !

   Sinon, il me venait l’idée (absurde, hein, qui oserait remettre en doute l’esprit profiteur de l’humanité ?) qu’il s’agit d’une preuve que nous ne sommes pas rassasiés. J’ai parlé plus haut de la notion de lassitude, de saturation. Ecrire sur un stéréotype (on écrit rarement sur ce qu’on pense être un cliché, là est toute la différence), c’est selon moi vouloir combler un vide, ajouter sa propre conception à ce fameux trait si décrié. La plupart des auteurs qui le font sans arrière-pensée n’écrivent pas des clichés par paresse pure, mais parce qu’ils veulent parler d’une idée selon leur point de vue. Ce qu’ils on vu ou lu sur le sujet ne leur convenait pas tout à fait, ne répondait pas à leur représentation idéale du stéréotype. Ils ont besoin de le réinventer (avec plus ou moins d’adresse, là n’est pas la question). Cela peut n’être que changements mineurs autant que totale réinterprétation. La seule différence, c’est à quel niveau de saturation vous êtes rendus. Là où vous voyez un stéréotype, un autre voit un cliché. Car oui, vous avez beau le vouloir de toutes vos forces, détourner les codes, viendra toujours un individu qui vous dira que ce que vous écrivez est cliché (c’est comme ça, vous n’y pouvez rien, faîtes vous une raison).

 

Pourquoi cette chasse m’agace ?

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   La plupart de ceux qui critiquent en tant qu’auteurs sont les premiers à en utiliser (bien sûr que si, pour moi, votre personnage ténébreux est un cliché, votre aventurier mal dans sa peau est un cliché, votre volonté à avoir un style ampoulé est un cliché et votre race écolo qui n’est pas elfe est aussi un cliché… et ça ne veut pas dire que je déteste !). Et c’est aussi frustrant qu’un individu qui vous fait remarquer que vous roulez à 91km/h alors que lui-même est le roi de la conduite sportive.

   Mêmes les auteurs connus le font. Auréolés de leur réussite commerciale, certains vont parfois pratiquer le très connu principe du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Ils reconnaissent utilisés des clichés (parce qu’ils savent bien les détourner, eux) tout en déconseillant formellement aux autres de le faire. De là peut découler une impression de prétention, comme si les auteurs célèbres étaient seuls en mesure de pouvoir les utiliser correctement (j’imagine, j’espère, que cela vient de la façon d’aborder le problème, non d’une réelle croyance en des capacités supérieures). Pourquoi ? Parce qu’ils ont été publiés et que les autres à qui ils s’adressent, non ? Pourquoi le fameux fan de vampire  (je le cite lui parce que c’était de lui dont on parlait sur un article) ne saurait-il pas écrire une histoire passionnante, cohérente et originale sur un vampire ? Pourquoi pour ce seul terme (le mot « vampire » n’est pas un cliché à ce que je sache), faudrait-il renoncer à écrire et trouver une toute autre créature à dépeindre ? Est-ce cela le cœur d’un artiste ? Renoncer à ce qu’il aime par peur de ressembler à d’autres ? Chercher l’originalité au prix de sa passion ?

    Pourtant, me semble-t-il, tout est cliché selon qui le regarde. Ne sourcillez pas, vous êtes un cliché ! Pourquoi croyez-vous qu’on parle de vous sous les termes du tonton toujours bourré ou de la petite blondinette un peu timide ? Parce qu’on vous résume à quelques traits, que ces quelques traits deviennent des stéréotypes et que ces stéréotypes sont inévitablement repris jusqu’à saturation pour être compris par le plus grand nombre. Et cela devient quoi ? Un cliché. Vous êtes un cliché aux yeux des autres (évidemment c’est plus complexe que cela, mais un cliché littéraire aussi).

   Je vais prendre un autre exemple. Les elfes. Il paraîtrait que les elfes sont des clichés. Et qu’il nous faut donc les chasser définitivement de nos terres de création. Oui, mais seulement les elfes de Tolkien, me dira-t-on (parce que bien entendu, monsieur Tolkien a fait breveter ses elfes, pauvres créatures…). Mais qu’est-ce qui défini un elfe de Tolkien ? Ses oreilles pointues ? Son incroyable beauté ? Son immortalité ? Sa grande sagesse ? Son habitat dans les forêts ? Un peu tout cela, vous me répondrez sûrement. Ah ! Donc si j’enlève un ou deux points, c’est bon ? Ridicule, me répondront la plupart. Et bien, sachez que c’est ainsi que certains contournent les clichés pour revenir au simple stéréotype plus acceptable. Ce qui signifie que, pour eux, dès lors qu’il manque un élément à cette liste, ce n’est plus un cliché. Et ils n’ont pas forcément tort. En soit, l’idée ressassée a changé. Ceci explique ainsi pourquoi il est si facile de dire des autres qu’ils écrivent des clichés et pourquoi nous-mêmes les avons transcendés. Tout simplement, parce que nous n’avons pas la même vision d’un cliché et de comment l’améliorer.

 

Pourquoi doit-elle continuer, dans une certaine mesure ?

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   Je ne dis pas qu’il n’y a pas abondance de certains clichés à certaines périodes, dans certains genres littéraires. Ni que certains ne profitent pas d’une vague pour se faire de l’argent. C’est une réalité et elle est amplifiée par l’ère du numérique. Désormais, n’importe qui peut proposer sa version du dernier best-seller, de quoi rapidement saturer les esprits de chacun et en venir à sauter aussitôt du stéréotype au cliché. D’autant que, je le reconnais, la paresse de l’écrivain existe bien, en particulier sur les plateformes dédiées. Lorsque les œuvres semblent autant de copies trait pour trait d’un prototype (le précurseur, celui qui a eu l’idée), on peut se poser la question de la sincérité du processus créatif de ces auteurs. Utiliser des clichés n’est pas un mal, puisque, de mon point de vue, il s’agit de notre jauge personnelle de saturation. Mais réutiliser TOUTE la trame stéréotypée d’un succès littéraire, non désolée, c’est juste pas possible. Et alors là, oui, il est vraiment temps de donner la chasse. Parce que ce sont ces ersatz jetés à outrance à la figure du lecteur qui provoquent la détestation profonde d’un stéréotype. Et c’est vraiment bien dommage.

 

   Alors dites-moi, chasseurs de clichés, désormais que vous connaissez mon point de vue sur la question, êtes-vous toujours prêt à bannir tout ce qui vous entoure dans une autre dimension ? Ou préférez-vous, comme moi, les recenser pour vous en amuser et user de bienveillance à l’égard de ces stéréotypes appréciés par d’autres ? 😉

(Sinon, qui a le courage de compter le nombre de fois où le mot « cliché » apparaît dans cette bulle ? 😛 )

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23 réflexions sur “[Ecriture] La chasse aux clichés

  1. Sarah Boëgler-Videlo dit :

    Forcément, j’ai été obligé de compter… Cela fait donc 51 « clichés »,en comptant celui utilisé pour le petit défi ^^.
    Je ne suis pas contre les clichés, je crois même que je m’amuse un peu avec ^^ je les crées, les détruits et finalement ? Oui ou bien non ? À vous de voir dans la plupart des cas ^^ En tout cas, en tant que lectrice, il est clair qu’un cliché ou deux ne me détournera pas d’une histoire si elle m’intéresse. Je dois être du genre à saturer tardivement ^^

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    • bulledeleyna dit :

      Mince, je ne pensais pas que quelqu’un le ferait… ^^

      Je trouve ça bien que tu sois du genre à ne pas saturer trop rapidement. Cela évite de prendre de façon plus négative que nécessaire le réemploi d’un stéréotype. Car des fois, on s’agace alors qu’il y a quand même de l’originalité dans la façon de l’utiliser. Mais quand on arrive à saturation, on devient rarement objectif sur la question (comme à l’inverse, quand on adore un stéréotype au point de ne plus savoir différencier une bonne utilisation d’un énième ersatz du genre).

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  2. Nathalie dit :

    Le cliché existait-il avant l’avènement de l’appareil photo ? Le 50 et unième état, euh non cliché ! En tant que non lectrice, je ne suis que peu perturbée par les clichés, je pense qu’autant qu’auteure, je dois en écrire pas mal, et pour la plupart, sûrement de manière inconsciente. Damned ! J’espère ne pas me faire bannir par mes futurs lecteurs pour cela^^

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    • bulledeleyna dit :

      Il me semble que ça vient plutôt de l’imprimerie, à savoir recopier à l’identique une page. ^^

      Lol, merci d’avoir joué. 😉

      Il est certain que si on n’est pas grand lecteur, on peut ne pas connaître tout les codes ou les stéréotypes d’un genre. Les reproduire prouve d’une certaine façon que notre créativité reste façonner par notre environnement. Reprendre inconsciemment des éléments répond certainement à des besoins issus de la société notamment (je pense à certaines vagues littéraires, notamment en SF, qui aiment exploiter la noirceur de l’humanité et de son avenir technologique). Quoi qu’il en soit, se prétendre orignal peut être en soit un cliché actuel (les gens adorent dire qu’ils sont originaux, c’est même marqué sur les 4e de couverture), donc, autant respecter ses propres intentions et son honnêteté intellectuelle. Faire original juste pour se valoriser par rapport à un courant littéraire ou ses collègues, ce n’est finalement pas vraiment être honnête avec ses lecteurs, à mon sens.

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  3. Lily dit :

    Ahah moi je n’ai pas eu le courage de les compter…
    Pour être tout à fait honnête, ça dépend : je n’ai rien contre ces constructions typiques qu’on retrouve dans plusieurs romans. Pour moi, les elfes, nains et autres sont surtout des créatures basiques des cultures comme peuvent l’être tout ce qui est tiré de « monstres » venant de différentes légendes, de religions ou autres donc il me semble normal qu’elles gardent des similarités voire sont complètement semblables à travers les œuvres. Les seules fois où cela peut me déranger c’est quand ces clichés s’enchaînent et nuisent au récit s’ils sont trop flagrants, qu’ils ne sont rien de plus que clichés.

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    • bulledeleyna dit :

      Je suis d’accord pour rappeler que la plupart des créatures utilisées en littérature sont issues de folklore ou de mythologie, et que mêmes celles inventées en découlent la plupart du temps (donc à quel niveau placer l’originalité, là est la question ^^).

      Je suis assez d’accord que l’accumulation de clichés d’un genre, particulièrement lorsque cette accumulation est elle-même récurrente, devient vite assez nuisible, y compris pour l’ensemble d’un genre. Je pense à la Bit-lit notamment, qui a connu quand même une déclinaison assez importante d’un même schéma avec des personnages similaires et des univers forts semblables. Bien entendu, si je reprends mon explication, il s’agit pour moins d’une accumulation de clichés, là où d’autres ne verront que des stéréotypes avec la possibilité de faire varier certains aspects pour répondre à leurs besoins. N’empêche que dans ces cas-là, on peut effectivement se demander si certains ne profitent pas de la vague. :/

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  4. symphoniedescieux dit :

    Certains de mes romans préférés ont des stéréotypes en veux-tu en voilà, donc dans l’absolu, je n’ai rien contre eux. Là où ça commence à m’agacer, c’est quand 1/un même roman est rempli de clichés, sans aucune originalité, pas pour s’en amuser mais parce que c’est la mode ; 2/quand les clichés étouffent l’originalité. C’est peut-être paradoxal, mais je veux continuer à lire des histoires d’elfes et de dragons, mais je veux aussi des histoires de razboizoc à trois pattes 😉 (en bref, un équilibre entre les stéréotypes/clichés et la nouveauté).

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    • bulledeleyna dit :

      C’est même plutôt normal d’avoir des stéréotypes dans nos lectures préférées, je pense. Cela nous renseigne sur ce que nous sommes, d’une certaine façon. D’ailleurs, un livre que l’on apprécie à un instant précis peut nous déplaire quelques années plus tard, parce que nous avons changé, que nos lectures ont évolué et que nous avons exploré d’autres horizons. 🙂

      Je suis d’accord que ceux qui écrivent uniquement pour suivre une vague littéraire ne font qu’appauvrir le genre. Et c’est vraiment dommage, car ils éloignent plus rapidement le potentiel lectorat en forçant la saturation.

      Pour ton point 2, tu l’entends dans quel sens ? Qu’il y ait à la fois des stéréotypes et de l’originalité dans un même ouvrage ? Si c’est cela, je comprends parfaitement, et je pense qu’il s’agit du plus gros de la littérature actuelle (à des degrés divers, bien entendu). Même si personnellement, je peux lire une histoire juste avec des dragons par exemple. Il arrive qu’un univers stéréotypé offre d’excellentes histoires ou se pare d’une belle plume. Tout dépend bien entendu ce que l’on privilégie. 😉

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  5. John Évasion dit :

    Coucou, c’est la 1ère fois que je commente sur ton Blog que je trouve vraiment beau !
    Ton article est vraiment cool, bien segmenté avec une analyse intéressante sur la chose. Je retiens surtout quand tu parles que les clichés c’est selon les lecteurs. L’exemple des Elfes de Tolkien est frappant et je lis souvent les critiques des œuvres de Fantasy des lecteurs qui écrivent « encore des Elfes des forêts et des Nains des montagnes ». Après, ce qu’il se passe doucement, ce sont des auteurs qui justement écrivent des récits qui sont remplis de clichés (et ils ne s’en cachent pas) et vont tellement à fond dans cette idée que ça rend presque la chose originale.
    Très belle article. en tout cas 🙂

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    • bulledeleyna dit :

      Merci, c’est gentil de passer par là (et merci pour le blog et l’article). 😀

      Oui, pour moi, un cliché au sens péjoratif du terme, c’est surtout du point de vue du lecteur, parce que je doute qu’un auteur utilise volontairement ce qu’il considère comme étant un cliché, sauf dans le cas de la parodie, bien entendu (mais c’est déjà une façon de le détourner). J’avoue moi aussi être agacée des réflexions sur les elfes, les nains et les dragons, ou même les vampires, les loups-garous et les démons, simplement parce qu’ils font partis de vagues littéraires de l’imaginaire (c’est drôle, on s’indigne quand même rarement du flic veuf et alcoolique dans les thrillers par exemple). Je pense aussi que certains associent des stéréotypes de personnages à des motifs récurrents dans une intrigue (voire à un style particulier ou un univers codifié). C’est l’effet d’accumulation qui accroît la saturation, je pense, même si en vérité, ces personnes ne vérifient pas toujours si tous ces aspects sont bien présents dans l’ouvrage qu’elles décrient. Parfois, juste dire qu’il y a des elfes ou des nains, ça suffit à façonner tout un schéma dans l’esprit du lecteur.

      Je trouve ça bien que des auteurs respectent leur engagement personnel et aillent au fond des choses pour défendre les stéréotypes qu’ils apprécient. Et puis finalement, comment définir l’originalité ? C’est une question que je me pose souvent. ^^

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  6. Celia May dit :

    Salut, j’ai beaucoup aimé ton article, je trouve ta réflexion très intéressante. C’est vrai qu’on a tendance à présenter les clichés comme le mal absolu, alors que la réalité est plus nuancée.

    En anglais on peut faire la différence entre un « trope » (= motif récurrent) et un cliché (= motif récurrent tellement utilisé qu’il a perdu son effet car trop prévisible). Toutes les histoires sont composées de motifs, donc forcément si on les observe à la loupe, on va trouver des choses qui se ressemblent.

    Bon après, pour savoir à partir de quand un motif devient un cliché, ça dépend de la sensibilité de chacun comme tu dis. Pour moi, c’est plus une question d’exécution, tant que c’est amené de façon originale et que ça marche au sein de l’histoire, il n’y a pas de problème. Les clichés sont aussi un bon moyen de jouer avec les attentes du lecteur. ^^

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    • bulledeleyna dit :

      Merci. Je n’ai pas encore eu le temps de faire un tour sur ton blog, mais tes articles ont l’air intéressants. 😀

      Ah oui, merci, j’avais oublié ce terme de « trope ». Je suis d’accord, on retrouvera forcément des motifs similaires, notamment au sein d’un genre littéraire. Autant les accepter et chercher l’originalité ailleurs, dans l’exécution comme tu dis. 🙂

      J’aime beaucoup ta réflexion sur le fait de jouer avec les attentes du lecteur. J’avoue être de moins en moins surprise dans mes lectures (et je ne parle pas des films qui sortent au cinéma), du coup, un récit qui me persuade d’un motif pour habilement le renverser sans susciter mon aigreur (pas fan de la fin du type « ceci n’était qu’un rêve », par exemple), c’est toujours un plaisir à lire. Cela rend aussi le texte plus marquant, je pense qu’on s’en souvient plus longtemps. ^^

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      • Celia May dit :

        Merci beaucoup ^^
        C’est vrai que c’est tellement frustrant de lire un roman ou regarder un film et déjà savoir comment ça va se finir à peine arrivé à la moitié… (Pour moi la fin en « c’était juste un rêve / test », c’est un cliché aussi !) Du coup, quand l’auteur joue avec les clichés, ça montre qu’il savait ce qu’il faisait, plutôt que de se laisser porter par les histoires à la mode ^^

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  7. Antios dit :

    Hey ! Petite affluence dans la bulle ^^

    Tout à fait d’accord avec ce que tu as écrit ! La chasse aux clichés apparaît absurde. Je vais dire une phrase bateau, mais comme toujours c’est dans l’extrême, tant dans l’utilisation des clichés que dans leur chasse, que se trouve le danger. Le cliché est normal et même nécessaire à une histoire. Il a toujours existé !

    En tant qu’auteur, il faut juste faire attention à notre façon d’écrire et d’imaginer nos histoires, surtout dans les premières années où on commence dans l’écriture où l’on a tendance à calquer notre style et notre univers sur quelques oeuvres et quelques auteurs qui nous ont marqué. Des références en gros. Bon, en même temps, ce processus paraît tout naturel dans le développement d’un style, d’une intrigue et d’un univers qui nous seraient plus personnels.

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    • bulledeleyna dit :

      Je suis d’accord, il faut faire attention avec les extrêmes, quelle que soit l’idée, parce que ça dérive bien souvent vers une impossibilité à comprendre les idées des autres (comprendre ne signifiant pas pour autant les accepter ou les faire siennes). Enfin ça, c’est un vaste débat.

      Effectivement, le mimétisme est plutôt normal, puisque c’est ainsi qu’on apprend durant l’enfance, avant de suivre son propre chemin en grandissant. D’ailleurs, ça peut être un parallèle avec l’écriture. Certains ne sortent jamais vraiment du cadre dans lequel ils ont grandi, ils sont satisfaits de répéter ce qu’ils ont appris, en y ajoutant leur touche personnelle. Et même si nous partons vers de nouveaux horizons, nous avons généralement un attachement particulier à nos racines. En écriture, c’est un peu la même chose. Nous avons tous en mémoire certaines lectures qui nous inspirent, certains y sont si attachés qu’ils cherchent à les reproduire à leur façon, d’autres s’en détachent mais conservent malgré tout une affection particulière qui les voit reprendre motifs et stéréotypes (on appelle un hommage, suivant si c’est ou non bien perçu ^^).

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  8. Marco dit :

    Super article, Eleyna, solide comme un nain de montagne et subtil comme un elfe des forêts. Blague à part, c’est une réflexion vraiment intéressante, je suis tout à fait d’accord avec tes distinctions et tes réticences vis à vis des chasseurs intraitables. La ligne de démarcation la plus pertinente, à mon sens, en termes d’exigence d’écriture, est l’axe paresse intellectuelle/implication émotionnelle: un auteur peut trouver une idée complètement « originale » mais artificielle, juste histoire de faire du nouveau; et à l’inverse il peut ré-investir un vieux « cliché » avec un ressenti réellement profond.

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  9. Ocm dit :

    Décidément on trouve de très bons articles ici ^^
    J’avoue que la chasse aux clichés m’ennuie un peu aussi. J’ai une expérience de lecture où… hem ça se voit que tu essaie de contourner le cliché ma cocotte… et malheureusement c’était d’un décevant. Je pense sincèrement qu’à force d’essayer d’éviter un trou, on tombe fatalement dans un autre 😉 Et tu as totalement raison : un cliché sur l’ensemble d’un livre est-ce si grave ? Pas pour moi, surtout pas si de toute façon, l’histoire s’y dirigeait ! C’est le genre de clichés que j’apprécie personnellement ; ce moment où te dis « Ah oui… c’est un cliché… mais on même temps je ne voyais pas le personnage faire autre chose ». Je pense que dans ce sens là, c’est mieux plutôt que « Ah, oui il a évité le cliché… mais c’est pas logique ! »
    Bref, la chasse est sans doute un peu abusée effectivement 😉 et comme on dit, l’originalité ne fait le bouquin, il faut une vraie envie de l’auteur derrière.

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    • bulledeleyna dit :

      Merci Ocm. 😉

      Ah oui, ceux qui cherchent à contourner les clichés uniquement pour être originaux… C’est assez terrible quand il n’y a pas la passion derrière.

      C’est drôle, je suis retombée récemment sur des articles du type « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Je trouve ça assez fascinant de voir que des gens sont persuadés que « eux », ils peuvent se permettre ce qu’ils déconseillent aux autres. Que « eux », ils ont le droit d’avoir des elfes, des vampires ou des déserts de l’oubli dans leur texte. Parce que « eux », ils savent faire, ils savent bien contourner les codes pour faire du neuf. Et pourtant… rien que ce comportement-là, pour moi, c’est devenu un cliché. Je sature à l’idée de croiser des gens persuadés que leurs elfes sont innovants contrairement aux elfes du voisin.
      Alors qu’il me semblerait plus intéressant de conseiller, non pas de bannir les elfes, mais d’avoir une réflexion poussée sur leur utilité et leurs caractéristiques au sein du récit. Parce que parfois, on peut s’apercevoir que finalement, non, on n’a pas besoin de ces elfes pour parfaire notre texte. Bref, je pense qu’il faut encourager davantage un travail de réflexion qu’une chasse aux clichés.

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