[Chronique Littéraire] AOC n°47, Présences d’Esprits

   Aujourd’hui, une petite bulle littéraire qui change des habitudes, mais qui rentre malgré tout dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone, puisque celle-ci va vous présenter un numéro du recueil de nouvelles nommé AOC et proposé par le club Présences d’Esprits. C’est donc parti pour un détour par le numéro 47 d’AOC.

   Puisqu’il s’agit d’un recueil de nouvelles d’auteurs distincts, le découpage de mon avis sera quelque peu différent de mes habitudes. Comme cela se rapproche davantage de mes chroniques [Mois Cinés], l’avis présenté sera un peu plus subjectif que dans une chronique littéraire où je m’efforce de donner des points positifs et négatifs.

Séparateur 4

FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : AOC n°47 (Hiver 2018)AOC47_cover-red-1.jpg
  • Auteur/Autrice : Amria Jeanneret, Elric Elbaze, Le Barde dans la machine, Audrey Singh, Bénédicte Coudière et Betty Piccioli.
  • Illustrateur/Illustratrice : Sandara, Erice Faure-Brac, 570, Olivier Bourdy
  • Édition : Présences d’Esprits
  • Collection : AOC
  • Genre : SFFF
  • Public : Adulte
  • Cycle : Numéro trimestriel
  • Pages : 86
  • Parution : 11 mars 2018
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix : 1,50 euros – 3,50 euros
  • ISBN : /
  • Lien : Présences d’Esprits : AOC n°47 

Résumé : 

Fleur de Jade et le Chasseur-Fantôme d’Amria Jeanneret

Fleur de Jade est une jeune sorcière alliant la plus pure tradition japonaise et la modernité propre à son époque. Elle et sa servante Hanako reçoivent la visite du Chasseur-Fantôme, l’émissaire du dieu Vent, qui la charge de la réalisation d’un sort de haut niveau. C’est un grand honneur fait à la jeune sorcière, mais se cacherait-il derrière un autre dessein ?

Je… je suis le sable d’Elric Elbaze

Un an plus tôt, la mère du jeune Boubi amène celui-ci au Docteur Chauvin. Le garçon semble perdu dans son monde, mais possède des facultés qui fascinent le docteur. Aujourd’hui l’homme de science a été réquisitionné dans le plus grand secret par les autorités militaires pour s’occuper du jeune garçon. En effet, les dessins de celui-ci sont étrangement prémonitoires et, tout pousse à croire qu’il est au courant de l’imminence d’une invasion extraterrestre…

Speed Club de le Barde dans la machine

Le Speed Club, c’est un repaire de drogués, de junkies, tous amoureux fous de vitesse, perdu au milieu de nulle part. Un lieu où l’amitié et l’honneur n’ont pas de sens pour grand-monde, mais ils en ont pour moi. Et quand mon meilleur pote cane en pleine course sur un coup en traître, faut pas s’attendre à ce que je laisse passer sans rien dire.

Les textes vainqueurs du match des Imaginales 2017

des nouvelles signées Audrey Singh, Bénédicte Coudière et Betty Piccioli.

Séparateur 4

 

MON AVIS
Bulle d'Eleyna Logo 2

 

Couverture et Accroche

   La couverture de Sandara est l’une des plus attrayantes parmi les numéros d’AOC que j’ai en ma possession. Le dessin est très doux, le contraste des couleurs donne beaucoup de relief à l’illustration et son aspect un peu asiatique dans le choix des créatures tout en longueur rappelant des dragons célestes me semble correspondre avec la première nouvelle présentée.

   Comme dans chaque numéro, des illustrations internes viennent compléter chaque nouvelle proposée, chacune par un illustrateur différent et racontant à sa façon le récit associé. Ici donc, un dessin d’Eric Faure-Brac avec un trait marqué, une seconde de 570 au grain plus hachuré et la dernière d’Olivier Bourdy plus floutée dans les contours. Trois façons d’illustrer, une façon de montrer que l’imaginaire est aussi diversifiée dans ce domaine qu’en littérature.

   Les résumés correspondent bien aux récits, tant sur le fond que la forme. Aucune surprise donc de ce côté, si ce n’est pour les trois micro-nouvelles que l’on découvre directement, ce qui n’est pas plus mal, tant elles sont courtes. A noter que je n’ai de coup de cœur pour aucun des titres choisis, qui sont évocateurs mais pas particulièrement originaux (J’en parle parce que bizarrement, cela à plus d’importance pour moi lorsqu’il s’agit d’une nouvelle).

 

Fleur de Jade et le Chasseur-Fantôme

   Récit qui annonce, dans son résumé, mêler la tradition à la modernité dans un environnement de légendes japonaises. En vérité, ce second point est quasiment inexistant et se traduit principalement par l’usage à un instant donné d’un téléphone portable (qu’on ne reverra plus). Pour moi, il aurait été tout aussi bien d’ôter cette partie du récit, qui ne sert pas, si ce n’est donné au lecteur une vague idée de l’époque. Or, cela vient contredire l’idée que je me fais d’un conte ou d’une légende, qui a un aspect plus intemporel. D’autant que finalement, c’est bien la tradition que le récit dépeint jusqu’à son dernier point. Au-delà de ça, l’histoire elle-même suit une structure de mythe assez convenue, le format « nouvelle » réduit au maximum les laps de temps nécessaires à l’apprivoisement entre les personnages. L’intrigue évolue d’une confrontation à une accoutumance qui formeront les éléments d’une nouvelle légende. Une jolie histoire, où il manque un je ne sais quoi qui ferait toute la différence.

 

Je… je suis le sable

    Le récit alterne entre deux points de vue : l’un à la troisième personne suit Boubi, le petit garçon aux capacités prémonitoires, alors que l’autre à la première personne suit le Docteur Chauvin. Cette volonté de rupture entre les deux points de vue s’explique par plusieurs aspects, ce qui est plutôt bien venu. D’une part, le point de vue à la troisième personne conte la réalité d’un autre segment temporel, nous éloignant de l’instant présent du récit, celui du Docteur Chauvin qui, par son « je », nous inscrit dans un perception plus immédiate. De plus, le « il » de Boubi nous éloigne de sa personnalité, nous la rendant plus insaisissable, comme l’enfant autiste perçu par son entourage. La structure est donc particulièrement travaillée dans cette histoire, bien qu’elle ne m’ait pas surprise par ses ficelles. La conclusion était peut-être un peu facile concernant la menace extraterrestre, même si j’ai bien aimé l’aboutissement pour ce qui est de la capacité de l’enfant. L’histoire qui m’a le plus intriguée de ce numéro.

 

Speed Club

    La plume du récit use d’un langage familier propre au protagoniste, dont nous suivons le point de vue à la première personne. C’est un parti pris logique, donc, mais qui peut ne pas plaire à tout le monde, notamment aux amoureux d’un style plus littéraire. Nous suivons un anti-héros dans son idée de vengeance, au sein d’un univers sombre où la loi du plus fort côtoie celle de l’argent. Pas de réelles surprises, les gens sont tous des salauds, on nous en explique la raison sur la fin, le point qui m’a d’ailleurs le plus intéressée. Pas de quoi m’émouvoir ou créer une quelconque émotion (peut-être pour les autochtones et encore, ils sont trop distants du récit), ce n’est pas le genre d’histoire qui m’accroche, d’autant qu’elle me semble familière dans son procédé. Elle m’a laissé indifférente, mais elle plaira néanmoins, j’en suis certaine, aux amoureux du genre.

 

Les trois nouvelles des Imaginales

   Avant d’émettre un avis, il faut rappeler que contrairement aux autres nouvelles, celles-ci ont subi les limites d’un match d’écriture, soit environ 2h sur un thème et 2 contraintes. Aussi, la taille, le choix des mots ou encore la structure du récit va fluctuer en fonction de cela, mais il serait idiot en réalité d’en faire la comparaison. Toute proportion gardée, les textes ont les mêmes qualités ou défauts.

    Un sac de bile est un récit d’un quotidien malheureux d’ouvriers exploités pour satisfaire les besoins démesurés de la famille régente. Ainsi se voient-ils pomper depuis des semaines pour la lubie du prince, en sus de leur travail habituel. Pas d’excuse, pas de passe-droit, chacun doit aller se tuer à la tâche. Une vision sombre d’un monde évoquant la souffrance des employés qui se sentent exploités par la société, qui ne peuvent plus vivre leurs rêves, ou mêmes seulement se reposer. Et la fin ne nous fait que mesurer l’étendue de ce mal.

    Une passion dévorante conte l’histoire de Dimitri, un scientifique obsédé par la possibilité de créer un hybride humain-plante. Lorsqu’une foire aux monstres passe près de son travail avec comme nouveauté l’une de ces créatures, il décide de s’y rendre. La fin arrive vite, le texte est très court, et laisse finalement peu de temps à l’attachement (malgré ma prise en compte personnelle de la contrainte de temps). Il me manque quelques éléments pour que le sort de Dimitri ou de la créature m’importe. Je n’ai personnellement pas été emballée par le récit, ma vision en est assez neutre.

   Pour un bocal de souvenirs suit Céline lors de l’une de ses visites chez son grand-père et plus proche parent encore en vie. Il est atteint d’Alzheimer et ne la reconnait plus, pourtant un éclair de lucidité enjoint la jeune femme à aller fouiller derrière l’armoire. Là où se cachent des souvenirs. Le principe de l’intrigue m’a bien plu, l’histoire elle, un peu moins. Je n’ai pas été sensible à la détresse de Céline, particulièrement lorsqu’elle s’est aperçue que ses actes condamnaient les souvenirs sans la freiner une seule seconde dans sa boulimie. Ici, le personnage me semble suffisamment décrit pour le rendre attachant, mais il y a une incompatibilité avec ma vision personnelle dans l’usage des souvenirs. C’est ainsi, même si le récit dans sa globalité se suit.

 

Conclusion et Avis Général

   Ce n’est pas le numéro d’AOC qui m’a le plus parlée. Aucun coup de cœur, aucune déception particulière, la plume de chacun remplit son travail, les intrigues sont bonnes, les personnages aussi, mais rien que je retiendrai sur le long terme, si ce n’est peut-être la première par son exotisme et la seconde pour sa structure. Après, chacun ses goûts. 😉

 

Tentés par ce numéro d’AOC ?

Séparateur 4

Publicités

4 réflexions sur “[Chronique Littéraire] AOC n°47, Présences d’Esprits

  1. Olivier Bourdy dit :

    Je suis un peu d’accord, ce numéro s’il est intéressant n’est pas le meilleur AOC qui soit sorti récemment. En tout cas merci beaucoup de cette critique argumentée et complète!

    Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      Les illustrations d’AOC sont généralement très intéressantes à regarder, surtout en rapport avec les nouvelles associées (je ne dirais pas à analyser, je n’ai pas les connaissances pour ^^). Elles ont souvent beaucoup de cachet. 😉

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s