[Chronique Littéraire] Merveilles du Monde Hurlant – T1 : La Ville des Mystères, Julien Hirt

   Nouvelle [Chronique Littéraire] pour le Printemps de l’Imaginaire Francophone, cette fois-ci portant sur le premier tome de la série steampunk de Julien Hirt, La Ville des Mystères.

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FICHE TECHNIQUE

 

  • Titre : Merveilles du Monde Hurlant – Tome 1 : La Ville des MystèresCouverture la ville des mystères
  • Auteur/Autrice : Julien Hirt
  • Illustrateur/Illustratrice : Elodie Dumoulin
  • Édition : Héron d’Argent
  • Collection : Imaginaire
  • Genre : Fantasy, Steampunk
  • Public : Adolescent, Jeune Adulte, Adulte
  • Cycle : Diptyque (1/2)
  • Pages : 336
  • Parution : 17 novembre 2016
  • Langue : Français
  • Format : Numérique – Papier
  • Prix :  5,99 euros – 20 euros
  • ISBN : 979-1094173336
  • Lien : Héron d’Argent : La ville des Mystères

Résumé : Un petit conseil : même si vous en voulez à la terre entière, si un gros poisson rouge flotte peinard dans votre rue, ne le suivez surtout pas !

Moi, Tim Keller, seize ans et un peu paumée, ça a été la pire erreur de ma vie.

Résultat, je me retrouve piégée dans un monde rempli de magiciens, de filles-plantes incroyablement agaçantes et de chevaliers Luminars. Ici, à Entremer, tout le monde me prend pour une dangereuse révolutionnaire. Pourtant, tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi !

Mais avant, je dois retrouver la trace de Voland, le mec qui m’a tapé dans l’œil : même si tout le monde me dit qu’il pourrait causer la destruction de l’univers…

Plongez dans une fantasy steampunk hallucinée, à la découverte des Merveilles du Monde Hurlant !

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MON AVIS

Bulle d'Eleyna Logo 2

 

Couverture et Accroche

   Je dois dire que la couverture de l’illustratrice Elodie Dumoulin est très belle. Teintes ambrées typiques du mouvement steampunk, mise en avant de l’héroïne et du fameux poisson rouge sur toile de fond laissant deviner l’univers, le tout dans un cadre stylisé qui encadre joliment le titre. C’est certain, ça attire l’œil.

   J’avoue cependant que le résumé lui, m’attire moins. La jeunesse mise en avant de l’héroïne et la mention d’un coup de foudre improbable ont été mis en balance avec l’aspect déjanté de l’univers. C’est finalement celui-ci qui l’a emporté dans mon choix de lire ce roman. Après lecture, je dois dire que si le résumé correspond bien à l’histoire, le mot « halluciné », ne répond pas à ma vision personnelle de l’oeuvre, sans que cette remarque soit péjorative. Mais vous allez comprendre pourquoi.

 

Prose et Structure

   Je ne vais pas mentir, les récits à la première personne en focal sur les impressions d’une jeune héroïne mal dans sa peau, ce n’est a priori pas ce qui m’attire. Tout simplement parce que je n’ai plus cet âge, et que les priorités et les états d’esprit d’adolescent me parlent moins. J’ai ainsi perçu une certaine indifférence lors des deux premiers chapitres d’exposition dont le langage, les attentes et le déroulement glissaient sur moi sans parvenir à m’accrocher. J’ai néanmoins fini par adhérer en passant de l’autre côté du miroir, bien plus attrayant pour mon esprit et mon envie de découverte. Cependant, à n’en pas douter, cela devrait parler aux adolescents et aux personnes sensibles à ce type de récit dès les premiers mots. 😉

   Concernant la prose dans son ensemble, il s’agit d’un langage courant, parfois un peu familier, correspondant à l’âge de l’adolescente. En cela c’est bien joué, même si elle fait parfois preuve d’un raisonnement plus mature, particulièrement dans l’usage de certaines comparaisons et autres figures de style qui m’ont paru étonnante de précocité (mais ça peut s’expliquer par ses activités artistiques). J’ai cependant intégré ce langage assez facilement, si ce n’est quelques oublis de correction qui devenaient plus récurrents vers la fin (alors qu’habituellement, je repère les fautes plus aisément au début).

   Pour ce qui est de la structure du récit, celui-ci est découpé en une quinzaine de chapitres suivant le point de vue de l’héroïne, entrecoupés de quelques interludes à la troisième personne où l’on suit divers personnages qui ne côtoient pas directement l’héroïne. Un principe intéressant, d’autant que cela nous apprend les motivations des antagonistes et mieux, explore les thématiques secondaires qui sont celles que j’ai préféré. Bref, rien à dire sur la structure, si ce n’est cet effet récurrent en début de chapitre d’entamer sur une période avant de revenir en arrière pour dévoiler comment l’héroïne en est arrivée là. Un effet qui a fini par légèrement m’agacer, mais qui plaira certainement à d’autres.

 

Personnages et Figurants

   Un récit aussi détaillé implique un certain nombre de personnages et ceux-ci sont d’autant plus varier que le Monde Hurlant est riche en peuplade en tout genre.

   L’histoire commence avec Timea Keller, la narratrice, une jeune fille de 16 ans mal dans sa peau qui décide d’entrer dans sa période rebelle en se teignant les cheveux en rouge. Pratiquant l’art de l’acrobatie et du théâtre, on apprend rapidement qu’elle sait aussi écrire et possède une verve digne des plus grands orateurs. A dire vrai, j’ai trouvé qu’elle endossait facilement son identité rebelle, si bien que je ne sais pas vraiment ce qu’elle se reprochait avant, lorsqu’elle était encore blonde. Néanmoins, si j’exclue ce questionnement, et que je la prends telle que présentée tout le long du livre, elle reste une héroïne de caractère, impulsive, mais plutôt mature (si ce n’est au point de vue émotionnel, mais ça…), capable de grandes choses, comme on les aime dans ce type de récit.

   Tim se retrouve rapidement entourée d’un groupe de compagnons disparates mais complémentaires. Elle rencontre en premier, S, une jeune fille dévote et taciturne issue d’un ordre religieux de chevalerie qu’elle a fui et dont elle ne veut pas parler. Bien que peu bavarde et un peu brusque, elle devient rapidement une amie pour Tim en lui enseignant notamment l’escrime. C’est un personnage que j’ai appris à apprécier surtout vers la fin du tome alors qu’on en apprend un peu plus sur elle.

  Second compagnon, Armaga, un colosse de pierre de la race des Lithiques, incroyablement bavards et qui adore les histoires. C’est aussi un savant capable d’inventer des explosifs et s’il n’est pas du tout à l’aise en combat, il sait néanmoins se rendre utile. Plutôt de bonne compagnie, il permet à Tim de découvrir le Monde Hurlant en lui expliquant de façon professorale les différents aspects de cet univers. Un personnage que j’ai trouvé plutôt attachant.

    Drendel Squinn est un jeune homme issu d’une région forestière. Il a appris de sa famille le maniement de l’arc, ce qui sera bien utile lors de certaines rencontres. Il est renfermé et taciturne, pour ne pas dire mélancolique, fuyant la plupart du temps le regard des autres, comportement qui s’explique par son vécu assez sombre. S’il est peu causant, il est cependant d’une loyauté sans faille envers ses amis, une valeur qu’il défend avec fermeté. Le ténébreux du groupe, donc, qui devrait bien plaire aussi.

   Clil Courdou est une jeune fille d’une race végétale dite farandrienne. Femme fleur d’une troublante beauté à la peau rose et aux cheveux mauves, elle charme tous les hommes et s’en amuse ouvertement. De part ses origines, elle est un peu prétentieuse, d’autant qu’elle est aussi une magicienne, et plus précisément, une Mélodiarque qui utilise sa voix pour tisser des sortilèges. Elle devient plus facile à vivre au fil des pages, ce qui permet d’atténuer les tensions adolescentes récurrentes du récit.

   Enfin, Voland, l’homme dont Tim est tombée amoureuse au premier regard, est le grand absent du récit. Moteur de l’histoire, il est la plupart du temps simplement mentionné suite à sa disparition soudaine sous les yeux de sa bien-aimée. Un principe que je trouve sympathique, mais qui pour le coup, ne m’a pas vraiment parlé. En effet, il est le personnage le moins intéressant de mon point de vue, comme j’ai su dès le début à quoi m’attendre de sa part. Mais soit, de toute façon, j’ai préféré le cheminement au but. 😉

    Concernant les antagonistes, je vous laisse les découvrir par vous-mêmes, d’autant qu’il y a là aussi des personnages haut en couleur.

 

Univers et Peintures

   L’univers est le gros point fort du récit. Mais contrairement à ce que dit le résumé, je trouve que le côté steampunk est très léger, et je n’ai pas perçu de côté « halluciné » puisque l’univers dépeint est cohérent avec lui-même et pas vraiment dépeint avec la notion de folie qu’on attend d’un tel mot (et puis, il tient la comparaison avec le livre de la semaine dernière (Le Souffle des Muses), bien plus fourni en terme de contenu un peu foufou). Je n’ai pas été déçue pour autant, mais il n’y a pas, pour moi, l’aspect délirant qui ressort d’un tel terme.

   En effet, l’univers du Monde Hurlant est riche, vaste et emprunte à des références de récits assez similaires. Le principe de base est que, contrairement à notre monde nommé le Monde Muet, tout là-bas est vivant. De là résulte une multitude d’espèces non seulement animales, mais aussi végétales et minérales. Rien d’hallucinant, il s’agit juste d’évidences, car cela utilise cette notion du « tout vivant » (et puis, lisez du space opera, c’est tout autant fourni en terme d’espèces improbables). On accepte facilement que se côtoient des Ogres, des Roseflore et des Lithiques, ainsi que des Miaules qui devraient ravir les fans de personnages à oreilles de chat. De même que l’environnement lui-même change et vit au rythme du souffle de chacun, si bien que les pierres croissent autant que les fleurs. C’est superbe, c’est esthétique, et c’est logique.

    Ce n’est pas la seule explication à cette diversité qui peut teinter le récit d’un semblant de douce folie. En effet, sûrement les trois Prodiges y sont pour beaucoup. Science, Magie et Foi se côtoient et s’annulent selon un cercle vertueux, accordant à leurs utilisateurs des dons à la hauteur de leur compétence (autrement dit, ça peut aller très loin). Mais tout don possède un prix à payer, il y a donc une contre-mesure à ces Prodiges et on en fait plusieurs fois l’expérience (ma préférence allant au Brumissaire dont le prix est vraiment à la hauteur du don).

 

Intrigues et Rouages

    L’intrigue suit la quête de Tim pour retrouver son amour perdu dans un monde qu’elle ne connait pas et régit par des règles nouvelles, voire révoltantes pour une jeune fille de notre monde. Atterrissant dans un camp de travaux forcés pour adolescents, elle entraîne malgré elle révolte sur révolte, quand son but est surtout de trouver le chemin qui la mènera vers son bien-aimé. Si elle semble plutôt mature et qu’elle sait parler au cœur des gens, elle sait aussi convaincre tout son auditoire de la nécessité de son but, ce qui me paraît quelque peu excessif. J’ai eu un peu de mal à la suivre pour ce seul prétexte, et j’avoue ne pas avoir ressenti grande émotion à la révélation finale, qui de toute façon, était déjà ancrée en moi dès le début. Mais j’imagine que c’est parce que je n’ai plus son âge. 😉

    Reste que toute sa quête a entraîné des effets secondaires bien plus intéressants que sa quête initiale, et c’est bien sur ces détails que j’ai pris plaisir à m’attarder. La lutte des classes autant que celle entre la jeunesse et le monde adulte sont des thématiques d’importance qui prennent de l’ampleur à mesure que les citoyens du Monde Hurlant s’y trouvent confrontés de plein fouet. Je m’attriste de ne pas voir Tim y accorder plus d’intérêt, mais je me réjouis de voir que ceux qu’elle a côtoyé cherchent, eux, à trouver des solutions. A dire vrai, la narratrice bénéficie d’une réputation qu’elle ne mérite pas totalement (parce qu’elle n’a jamais été seule dans son combat), et j’espère que par la suite, chacun aura le droit à sa part de gloire amplement méritée.

    Dernier point sur lequel je m’attarderai, la psyché adolescente un peu trop orientée sur le sentiment amoureux. Nous avons cinq adolescents ensemble, chacun ayant des considérations à ce sujet éparpillées tout au long de l’histoire (quand ce n’est pas l’un, c’est l’autre). Pour ma part, ça a fini par me lasser. C’est bien dommage, car finalement, à côté de cela, on en apprend peu sur le reste de leur personnalité qui demeure principalement sous-entendue (le caractère résultant des origines des uns et des autres, notamment). Si je comprends parfaitement que ce choix puisse plaire à certains lecteurs, il ne me semble pas inutile de rappeler que les adolescents ne sont pas que des paquets d’hormones. 😉

 

Conclusion et Avis Général

    Il s’agit d’une quête adolescente dans un univers riche doté de règles nouvelles, parfaites pour définir de nouveaux environnements, de nouveaux peuples, de nouvelles magies. Si vous n’êtes, comme moi, pas vraiment sensibles aux aventures de jeunes gens en pleine découverte de leurs émotions, reste que l’intrigue ouvre de larges perspectives sur des sujets variés, comme l’esclavage, la jeunesse au sein de la société ou encore la liberté de la presse. Personnellement, rien que pour en apprendre plus sur l’univers et l’évolution des intrigues secondaires, j’ai envie de lire le tome 2.

 

Qui veut suivre le poisson rouge ? 🙂

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Un aperçu d’ailleurs sur

Merveilles du Monde Hurlant – T1 : La ville des Mystères ?

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N’hésitez pas à faire un tour sur les autres blogs de critiques littéraires pour vous faire un meilleur avis sur le sujet. 😉

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18 réflexions sur “[Chronique Littéraire] Merveilles du Monde Hurlant – T1 : La Ville des Mystères, Julien Hirt

  1. symphoniedescieux dit :

    « ainsi que des Miaules qui devraient ravir les fans de personnages à oreilles de chat. » Pourquoi je me sens visée… ? :p
    J’avoue qu’il y a des éléments qui ne m’attirent pas des masses, à commencer par le perso principal, le style et l’aspect romance. Je verrai quand même si un jour j’ai l’occasion, j’ai parfois été surprise par des romans dont je n’étais pas une lectrice cible^^

    Aimé par 2 personnes

    • bulledeleyna dit :

      Je crois que les oreilles de chats attirent beaucoup de monde, si j’en crois la récurrence de cet élément, que ce soit en fantasy ou en space opera. Mais je n’ai pas dit que je n’aime pas. ^^

      Je ne sais pas vraiment si au final on peut dire qu’il s’agit de romance. J’aurais plutôt tendance à dire que les personnages adolescents découvrent cet aspect de la vie qu’est l’éveil des sentiments (tu vois la différence ? ^^). Après, comme je le disais, il y a suffisamment d’éléments secondaires pour passer outre cet aspect si ce n’est pas ce qui nous parle le plus. C’est l’avantage avec ce type de récit, on peut y trouver plusieurs niveaux de lecture, et en cela, le livre fonctionne très bien. 🙂

      Mais c’est vrai qu’on est parfois surpris par des lectures qui, a priori, ne nous étaient pas destinées. D’où l’intérêt de se laisser tenter de temps à autres par des choses nouvelles. 😉

      Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      Je n’avais pas pensé à cette éventualité pour l’explication du côté déjanté. Si certains lecteurs le perçoivent ainsi, pourquoi pas. Reste que de mon point de vue, le mot me laissait attendre autre chose. ^^
      Au final, l’histoire se suit bien et l’univers donne envie de se plonger dans le second tome pour en découvrir davantage. C’est l’essentiel. 🙂

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  2. Dévolivre dit :

    Je suis actuellement en train de lire ce livre, et, comme toi, le côté fantastique et la couverture magnifique m’ont décidé à l’acheter. Malheureusement après 50 pages de lues, j’en viens à espérer que la romance ne sera pas trop présente dans l’histoire!

    Aimé par 1 personne

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