[Ecriture] La bêta-lecture en quelques clichés #3 : Le fond

   Et nous voici pour la dernière bulle de cette mini-série sur la bêta-lecture. Pour les parties précédentes, c’est par ici #1 : Les bêta-lecteurs et là #2 : La forme. Dans celle-ci, nous parlerons plus précisément d’anecdotes de bêta-lecture spécifiques à ce que l’on nomme le fond de l’histoire, à savoir les personnages, l’univers, l’intrigue…

   Il arrive que certains bêta-lecteurs aient des difficultés à faire la différence entre une incohérence interne (c’est à dire, propre à l’histoire) et une comparaison inappropriée avec la réalité (notre monde, d’autres œuvres…). Ce n’est pas un drame lorsqu’on peut s’expliquer et remettre en perspective le point qui pose problème. Mais parfois, de rares lecteurs considèrent leur vision de certains aspects comme une vérité. D’où des échanges pouvant devenir houleux ou totalement vains.

 

Sur les personnages

Tête, Aquarelle, Arrière Plan, Couleur

 

  • Trois, le chiffre sacré

   Trois est le nombre maximal de protagonistes, ou personnages principaux, d’un roman. Jamais plus. Si vous projetez d’écrire une histoire, vous serez invités à avoir un, voire deux personnages principaux (dans les deux cas, le garçon finit avec la fille, vous voyez ce que je veux dire ?). Je ne parle même pas des nouvelles, un seul est la stricte limite, bien évidemment. Trois protagonistes s’envisagent si vous désirez mettre en scène un triangle amoureux, ou avoir un mentor pour les deux premiers (sachant que bien souvent, il reste un personnage secondaire). Mais quatre, ou pire, plus ? Fichtre, que voulez-vous faire avec cela ? C’est insensé ! Qui parviendrait à suivre une histoire avec tant de personnages (comment s’appelle-t-elle déjà, cette série de fantasy qui cartonne aussi bien en livres qu’en épisodes télévisés ?) ? Non, tuez le surplus, avant même la première ligne.

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’il serait bien de faire : Reconnaître qu’il peut y avoir plus de trois personnages principaux sans que cela nuise à la compréhension du récit. Attention, je ne dis pas que c’est accessible à tous (que ce soit en terme d’écriture ou de lecture). Mais des histoires avec beaucoup de personnages principaux, ça existe, et elles sont souvent plébiscitées par les fans du genre. Si ce n’est vraiment pas votre tasse de thé et que vous n’êtes pas capables de passer cette « contrainte » pour juger de l’efficacité de chacun des personnages, peut-être devriez-vous simplement dire à l’auteur de trouver un autre bêta-lecteur plus apte à l’aider.

 

  • Sois torturé et tais-toi

  Il fut un temps où la mode était la perfection absolue, ce que, dans le jargon littéraire, on a fini par appeler une Mary-Sue pour un personnage féminin, ou un Gary-Stu pour son homologue masculin. Ces indignes créatures de la littérature avaient la fâcheuse tendance à être parfaites. Elles étaient dotées d’un physique irréprochable, d’une intelligence hors norme, de capacités spéciales, d’un sens inné de l’amour et de l’abnégation, d’une affection pour les petites créatures mignonnes et de l’assurance éternelle de survoler tous les obstacles. Toutes ces caractéristiques leurs valaient bien évidemment l’admiration, pour ne pas dire l’idolâtrie de presque tous les personnages du bouquin, ce qui, comme vous vous en doutez, a fini par en agacer certains. Ainsi, il a été décrété que tout personnage qui ressemblerait de près ou de loin à cette description serait immédiatement châtié afin de ne pas avilir le texte. C’est ainsi qu’est né le cliché de l’anti-héros (Et oui ! A ne plus faire preuve de discernement, nous oublions que nous créons nous-mêmes nos créatures infernales.). Si bien que désormais, certains bêta-lecteurs ne pourront s’empêcher de hurler au scandale si votre héros n’est pas cynique, mal dans sa peau, misanthrope, désagréable, sexiste, mutique, irascible, colérique, ivrogne, mais surtout, avec une véritable blessure qui doit réveiller dans le petit cœur du lecteur, tout son amour maternel/paternel/passionnel (oui, sinon, il devient juste antipathique).

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’il serait bien de faire : Voir la vie en nuance de gris. C’est facile à dire et vous pensez peut-être que ce conseil s’appliquerait davantage à la Mary-Sue qu’au anti-héros. Pourtant, les deux se rejoignent dans les excès. Nous ne sommes certes pas parfaits, mais nous sommes rarement tous à la limite de l’antipathie avec pour seule excuse concernant notre comportement, une mère tuée durant notre enfance, une petite sœur kidnappée et un père tueur à gage. Les gens qui donnent de leur personne sans avoir eu d’enfance malheureuse existent. Et ces gens ont aussi le droit d’être représentés en littérature comme des héros, donc ne les chassez pas systématiquement. Ils ne sont peut-être pas aussi sombres que vous l’espériez, mais ils ne sont pas pour autant exempt de défauts du quotidien.

 

  • Miroir, mon beau miroir

   Un protagoniste, qu’il soit Mary-Sue ou anti-héros, peut rarement se plaindre de son apparence. Certes, on peut lui trouver une cicatrice très esthétique, ou bien un handicap physique invisible au premier abord (les poumons encrassés de fumeur, le cœur malade, une brûlure cachée sous la chemise…). Mais un héros est rarement, si ce n’est pour les besoins de l’histoire, une personne au physique désavantageux (expression qui, bien entendu, implique la subjectivité du monde dans lequel il évolue). Au pire vous dit-on qu’il est quelconque (avant qu’au détour d’une page, un autre personnage en fasse une description élogieuse). Dans tous les cas, vous aurez eu la liste exhaustive de ses caractéristiques physiques, et bien souvent toutes en même temps. L’usage du miroir ou tout autre surface réfléchissante est devenu une norme dans ce domaine, quand ce n’est pas simplement la description du point de vue d’un autre personnage. Et si vous osez déjouer cette règle, si vous désirez ne pas vous attarder sur TOUS les détails parce que vous préférez laisser le soin au lecteur de les imaginer ou vous concentrer sur la psyché, certains bêta-lecteurs vous rappellent à l’ordre. Il faut tout savoir du héros, tout de suite, maintenant (physiquement, bien entendu, la notion de jolie coquille vide passe toujours mieux que celle de personnalité complexe sans enveloppe charnelle). Et avec une caractéristique exceptionnelle qui se repère au premier coup d’œil, bien évidemment (comment ça, la couleur d’iris est toujours incroyablement innovante ?).

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’il serait bien de faire : Faire travailler son imagination. Une description physique exhaustive d’un personnage n’est pas une obligation. Selon le type d’histoire vous n’avez pas forcément besoin de savoir s’il est roux ou s’il a les yeux verts pour apprécier l’intrigue. Avouez que savoir si Hermione Granger est blanche ou noire ne change rien à ses capacités ou à son vécu. Mais l’absence de précision quant à sa couleur de peau permet à bien plus d’individus de s’identifier à elle. De plus, il faut cesser de croire en l’apologie de la beauté. La beauté, plus que toute autre notion de notre société, est une caractéristique subjective. Il n’existe aucune règle scientifique pour la définir. Mais faire que son héros soit « beau » selon nos critères terrestres afin de plaire au lectorat, c’est avouer à demi-mot notre incapacité à se défaire des diktats de notre propre société. Et reconnaissez que c’est gênant quand on écrit des textes imaginaires.

 

  • Réaction inappropriée, le grand mystère

   Qu’y a-t-il de plus agaçant qu’un individu qui vous dit « moi, je ne ferais pas comme ça » ? Un bêta-lecteur qui dit « moi, je ne ferais pas comme ça », mais qui vous le dit de façon à en faire une vérité universelle. Ainsi, sous prétexte que le bêta-lecteur n’agit pas comme le fait votre héros, il vous indique fièrement qu’il a mis le doigt sur une incohérence. Mais à quelle moment une réaction est-elle réellement inappropriée ? Quand elle ne correspond pas à celle du lecteur ou à celle du personnage ? Et si cette réaction incohérente avait une explication un peu plus loin (Machin n’a pas réagi car il était menacé, Truc a hurlé comme un enragé parce qu’il était ivre…) ? Fichtre non, impossible, un personnage réagit toujours dans la droite ligne attendue du bêta-lecteur. Si ce n’est pas le cas, c’est juste qu’il est affreusement mal écrit.

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’il serait bien de faire : Ne pas faire de son cas une généralité. Je pense que nous avons tous eu assez de contacts avec d’autres membres de l’espèce humaine pour savoir que nous ne réagissons pas tous de la même façon. Nos pensées, nos expériences, nos réflexes, notre éducation, nos croyances, nos forces, nos faiblesses… tant de choses nous façonnent, si bien qu’une réaction résulte d’un assemblage complexe de variables. Non, il n’est pas idiot qu’un personnage qui a une grande gueule se taise s’il est impressionné ; non, nous n’irons pas tous sauver la demoiselle en détresse ; non, une créature anthropomorphe n’a pas l’obligation de réagir comme un humain. Tout dépend des explications du texte. Laissez-vous porter par ce que l’auteur a voulu transmettre plutôt que par votre égocentrisme et aidez-le à façonner ses personnages, non les vôtres.

 

Sur l’univers

Trou De Ver, Voyage Dans Le Temps

 

  • Les clichés sont ténèbres (et les contre-clichés sont lumière)

   Vils créatures des sombres temps, vous voici traquées par l’inquisition du saint culte de l’originalité ! Vous ne passerez pas ces lignes ! Vous ne pervertirez pas ce texte ! Tremblez devant la toute puissance de notre Dieu Inédit ! Quittez ces terres du renouveau et demeurez à jamais dans l’ombre du conformisme !  

   Voilà globalement à quoi ressemblerait le discours de certains bêta-lecteurs concernant les clichés. Car un cliché, c’est mal ! A tel point que nous n’avons même plus le droit de les apprécier, de nous en amuser, de les lister non pour leur donner la chasse, mais pour en discuter autour de valeurs communes (s’ils venaient par ici, je me ferais lyncher, je le crains ^^). A l’image de la Mary-Sue qui a vu émerger son pendant, l’antihéros, les clichés littéraires sont devenus les cousins maudits d’une nouvelle espèce, les anti-clichés. Autrement dit, si en tant qu’auteur vous désirez employer l’un de ces fameux archétypes si souvent usés jusqu’à la moelle, vous aurez l’obligation de le détourner au point d’en faire le strict opposé. Les elfes sont beaux et gentils, faîtes-les moches et méchants, les vampires boivent du sang, maintenant ils sont végétariens. Les anti-clichés sont la lumière divine de notre Seigneur Inédit, peu importe si nous écrivons tous la même chose pour le satisfaire.

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’il serait bien de faire : Arrêter de suivre bêtement la mode. Être outré pour tout et rien est devenu une tel sport national qu’on se demande à quoi les gens consacraient leur vie avant. Un archétype en tant que tel n’est pas une mauvaise chose. Même un cliché ne l’est pas. Les valeurs connues et communes sont des bases rassurantes pour bon nombre de personnes et si nous en revenons souvent à des déclinaisons d’un même aspect, ce n’est pas par seule paresse (même s’il y a un peu de ça). Aussi n’est-il pas dramatique si certains personnages, peuples, intrigues, ressorts émotionnels ou autre sont réutilisés dans un texte. Faîtes la différence entre la chasse aux sorcières et la chasse à une trop grande paresse.

 

  • Les sorciers envoient des boules de feu (et les elfes ont des oreilles pointues)

   Curieusement, malgré la chasse aux sorcières menée par certains bêta-lecteurs, il arrive que des événements surprenants surviennent. Ces événements, ce sont des réflexes viscéraux, l’incapacité à modifier son regard sur un point, la défense fanatique d’une croyance bien ancrée. Bref, soudain, il se trouve qu’un « cliché » se doit de le demeurer. La même personne qui juste avant vous a tancé pour vos « clichés », va subitement vous incendier d’avoir dénaturé certains mythes, codes, aspects d’un genre. Il n’y a rien de plus vil que de s’en prendre à ces pauvres créatures incomprises : un sorcier est un sorcier, il lance des boules de feu et soigne par apposition des mains ; un elfe est un elfe, il a des oreilles pointues et vit dans la forêt. Mais pourquoi ? Pourquoi ces archétypes-là ne sont pas vus comme des clichés alors qu’un équivalent se verra démolir à peine mis un pied dans votre texte ?

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’ils serait bien de faire : Expliquer pourquoi un archétype est à bannir et pas un autre. Parce qu’à part embrouiller l’auteur, je ne vois pas l’utilité de s’acharner à chasser un cliché d’une part et à en défendre un à la page suivante. Votre logique n’est pas remise en question, mais comprenez bien qu’elle n’est pas forcément accessible pour tout le monde. D’autant plus lorsque vous vous montrez agressifs dans vos arguments. Soyez ouverts dans votre échange avec l’auteur et acceptez que la vision d’un archétype, même si elle reste similaire dans ses grandes lignes, diffère malgré tout d’un individu à l’autre.

 

  • Le sacro-saint monde médiéval (et ses sacro-saints chevaliers)

   Ce point, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne va pas parler du Moyen-Âge. Pas uniquement. Il va vous parler de la réalité, notre réalité. La seule dont nous devons nous soucier. Celle qui se doit d’être l’unique référence, sur laquelle toute histoire doit se baser. Bref, le socle historique, culturel, économique, écologique de tout nouveau monde qui se respecte. Ainsi, si vous envisagez d’écrire une histoire dans un monde qui se rapproche de notre Moyen-Âge (vous savez que cette époque est très longue, et par conséquence, découpée en plusieurs périodes avec des caractéristiques distinctes, n’est-ce pas ?), vous avez la stricte obligation d’en suivre la moindre loi, la moindre règle, la moindre anecdote. Il vous faudra obligatoirement avoir des Chevaliers qui obéissent à des Seigneurs, eux-mêmes organisés en bans, avec des rivalités de maisons nobles, des mariages forcés avec des jeunes gens à peine mûrs, des rançons pour le dauphin prisonnier du souverain ennemi et des changements de camps inopinés de la haute noblesse. Les femmes seront exclues de toute activité jugée masculine, elles se devront de porter les atours de l’époque et de ne surtout pas ouvrir la bouche devant un homme. L’usage des matériaux, les références au culte, la gestion politique et économique, tout devra absolument correspondre à l’époque que vous avez choisi de prendre en référence. On vous le dit et le répète, TOUT doit absolument être identique.

Vérifier, Mark, Bien, Fait, Corriger

Ce qu’il serait bien de faire : Se rappeler qu’il s’agit d’œuvres imaginaires. A moins qu’il ne soit clairement spécifié qu’il s’agit d’un ouvrage historique (je sais que beaucoup d’œuvres publiées se passent dans notre monde, mais pas toutes), il n’y a aucune raison de tancer l’auteur sur le fait que ses Chevaliers se pavanent en robes ou qu’une femme chevauche en pantalon. L’incohérence ne se trouve pas par rapport au mode de vie connu chez nous, mais bien à celui de l’univers que vous commentez. Que l’on se réfère à notre monde n’empêche pas d’imaginer qu’un autre ai pu évolué différemment sur certains points (beaucoup de choses dépendant après tout d’un concours de circonstance).

 

  • L’explication immédiatement tu donneras (sinon un coup sur la tête tu recevras)

   L’une des réflexions récurrentes de bêta-lecture est de demander l’explication, d’un mot, d’un lieu, d’une situation, d’une personnage IMMÉDIATEMENT suite à son apparition dans le texte. Imaginez-vous seulement ce que cela donnerait au quotidien (Bonjour, je vous présente Machin, le supérieur de Truc, le mari de Bidule, la mère du garçon perdu, on dit qu’il est perdu parce qu’il a fugué deux ans dans le désert du Nawac, le Nawac, c’est le pays qui apparaît à la lisière de votre conscience quand votre cerveau commence à saturer… ) ? Mais peu importe, vous n’êtes pas dans la vie réelle, vous êtes dans un livre et le lecteur paresseux ne veut pas avoir à réfléchir plus de deux secondes. Or deux secondes, c’est le temps pour arriver à la phrase suivante. Vous devez donc absolument, par tous les moyens, quitte à couper l’action, expliquer le mot inconnu que vous venez tout juste de placer. MAINTENANT, on vous dit !

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’il serait bien de faire : Entretenir sa mémoire. Et si possible reconnaître que vous avez largement la capacité de retenir plusieurs mots inconnus sur plusieurs pages avant que l’explication intervienne avec pertinence. Vous pouvez signaler que tel mot spécifique à l’univers de l’auteur mériterait une explication, mais celle-ci n’a pas pour autant le besoin urgent d’être placée juste après. Surtout s’il se trouve en pleine action.

 

Sur l’intrigue

Flèches, Répertoire, Décisions, Droit

 

  • Plan de carrière : tuer le méchant et sauver la princesse

   Si j’avais été vous, j’aurais fait en sorte que mon héros se montre moins passif. Je l’aurais poussé à se rebeller contre le système en place, à prendre l’épée, à monter dans la tour du grand méchant dictateur et à libérer cette jolie princesse qui lui faisait les yeux doux depuis sa chambre. Comment ça, c’est du déjà-vu ? Dans ce cas, je vous propose de prendre un jeune homme mal dans sa peau, de lui faire vomir la société actuelle, de le mettre dans un situation difficile de laquelle il ne voudra pas se sortir, de faire intervenir la mort pour qu’il se bouge les fesses, de l’emmener en grognant au bout du complexe scientifique duquel dépend sa survie, de le faire appuyer sur un bouton et de lancer le renouveau sur Terre. Comme ça, ça suit trop la mode pessimiste des dernières années ? Dans ce cas, je vous conseille de…

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’il serait bien de faire : Brider son imagination. L’auteur ne vous a pas demander d’écrire à sa place et s’il peut être embêtant d’être repris sur certains points de l’univers, cela peut-être encore plus gênant concernant l’intrigue (parce que ça sous-entend souvent que le texte est « mauvais » selon le bêta-lecteur). Relever les incohérences dans l’intrigue (untel intervient alors qu’il se trouvait à l’autre bout du pays…), soit. Envisager de réécrire entièrement le chapitre parce que vous préféreriez que le héros fasse telle action au lieu de celle envisagée par l’auteur, non.

 

  • Plan sur la comète : le fil rose passion avant le fil rouge sang

   Il se peut que parfois, lorsque vous avez un projet riche en sous-intrigues, on vous parle de certains points en particulier. De certains points qu’il serait bon de mettre en avant. Des points qui, bien souvent, impliquent un homme et une femme. Et qu’on vous invite expressément à développer davantage. Comment cela, ce n’était pas prévu ? Comment cela, vous n’aviez pas du tout envisagé de les mettre ensemble ? Comment ça, leur complicité n’est rien de plus que de l’amitié ? Comment ça, il n’y a aucune romance prévue dans ce bouquin ! Mais c’est un scandale ! Une véritable honte ! Changez-moi ça tout de suite !

Vérifier, Mark, Bien, Fait, CorrigerCe qu’il serait bien de faire : Calmer ses ardeurs. Et comprendre qu’il n’y a pas besoin d’une romance systématique pour faire un bon roman. Et qu’il n’y a aucune obligation lorsqu’il existe deux protagonistes de sexe opposé qu’ils finissent ensemble. Curieusement, lorsque les deux personnages sont de même sexe, le bêta-lecteur se pose rarement la question, voire trouve dérangeant si des actes affectueux (sans être sexuels) sont évoqués. Par peur de l’ambiguïté certainement. Mais l’ambiguïté, n’est-ce pas aussi ce qui permet à un plus large lectorat d’y percevoir ce qui lui plait ? Bref, la romance n’est pas obligatoire, elle n’a pas à être explicite et détaillée, et elle peut impliquer d’autres couples qu’un homme et une femme.

 

Quoi dire sur le fond ?

Papier, Romance, Symbole, Saint Valentin

   Tout. Mais avec du recul. Car plus encore que sur la forme, nous laissons souvent parler nos envies, nos convictions, nos émotions concernant le fond d’une histoire. Or, si un auteur fait appel à vous en tant que bêta-lecteur, c’est bien entendu pour avoir votre avis émotionnel de lecteur, mais aussi votre œil avisé de conseiller. Aussi, il est bien de reconnaître que ce n’est pas parce que vous n’aimez pas certains aspects de l’histoire qu’ils sont mauvais. Vous n’aimez pas la romance en général, mais reconnaissez que celle-ci est bien amenée. Vous n’appréciez pas tel type de personnage, vous savez qu’il plaira à vos proches. Bref, sachez voir au-delà de vos goûts personnels afin de déceler les véritables problèmes de fond.

   Une oeuvre n’est pas vouée à ne plaire qu’à vous. Elle ne sera jamais totalement saisissable, pas même par l’auteur. C’est toute la beauté d’une histoire, car elle ouvre sur une multitude de possibilités et autant de visions que de lecteurs. 😉

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20 réflexions sur “[Ecriture] La bêta-lecture en quelques clichés #3 : Le fond

  1. symphoniedescieux dit :

    Je te rejoins complètement, j’en ai d’ailleurs rencontré quelques unes, de ces réflexions (non ! les sorciers ne guérissent pas forcément par apposition des mains ! Je fais ce que je veux avec mes sorciers, scrognegneu !!). De toute façon, mieux vaut éviter les excès, et les commentaires devraient se faire dans le référentiel (ah, souvenirs de cours de physique^^) du bouquin, et pas dans le référentiel de ce que le béta-lecture écrit/a lu. Une incohérence n’en est pas une si, dans ce monde là, ça se passe comme ça.

    Je reviendrai juste sur les « incohérences » concernant les réactions des personnages, car c’est quelque chose qui tend à m’amuser… Depuis quand nos réactions sont toujours cohérentes dans le monde réel ? N’agit-on pas quelquefois de façon stupide et incohérente ? Il ne faut pas oublier l’importance des émotions, du caractère et du contexte. Tout le monde n’agit pas de la même façon, et une même personne ne va pas forcément agir de la même façon selon le contexte. (Le Fossoyeur de films l’expliquait très bien d’ailleurs dans sa vidéo sur le film ça ).

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    • bulledeleyna dit :

      Exactement. Après, expliqué son ressenti, c’est très bien, ça aide aussi l’auteur à savoir l’effet induit par son récit (et donc corriger le tir s’il le juge trop éloigné de ce qu’il avait prévu). Mais il ne faut pas le voir comme une vérité absolue, et certainement pas comme l’unique façon de concevoir un personnage ou une intrigue.

      C’est bien pour cela que je n’aime pas trop les réflexions qui commencent par « mais moi si j’étais à sa place ». Alors d’une, tu n’y es pas (c’est bien pour cela que je rappelle que nous n’irons pas tous sauver la demoiselle en détresse, on s’imagine toujours plus courageux et vaillant que ce qu’on est réellement, mais il n’y a qu’à voir la réalité quotidienne et l’indifférence générale lors des agressions pour se rendre compte que ce n’est pas du tout représentatif de la population actuelle). De deux, ce n’est pas parce que toi, lecteur, tu ne ferais pas comme ça, que c’est incohérent (on se marre bien devant les films de genre, mais fuir à l’étage quand il y a un individu suspect dans la maison est un réflexe de beaucoup de gens, car une pièce close est perçue plus facilement comme un refuge qu’une rue déserte avec la grande probabilité qu’aucun voisin n’ouvre si vous allez sonner à minuit passé. Et oui, oui, je défends les clichés quand ils ont du sens ^^).

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      • symphoniedescieux dit :

        Les clichés ne sont pas forcément une mauvaise chose, tout dépend de leur intérêt et de leur utilisation. (Pour en revenir sur les réactions, c’est un peu comme les vidéos ou les articles parlant d’une personne qui se fait agresser dans un lieu public, et que personne ne vient aider. A les croire, il y aurait pourtant eu des centaines de personnes qui auraient réagi si elles en avaient été témoin… Pareil pour les « Tu aurais dû » qu’on assène aux victimes). Mais je m’égare un peu, là^^

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  2. Alhiyanna dit :

    On m’a offert un livre qui m’avait agréablement surpris au départ parce que l’héroïne, une princesse, était hors de la norme des filles minces, belles, parfaites. Elle était décrite comme ronde, chose courant pour le personnage principal, éventuellement le secondaire, souvent l’acolyte. Seulement… le point noir, c’est que son poids était lié au fait qu’elle mange (« donc c’est sa faute voyons ») et il a fallu qu’au cours du premier tome, elle maigrisse (je dis pas que c’est mal de maigrir ou de grossir attention, rien à voir avec un quelconque jugement). En tout cas, on en est revenu à un personnage classique. C’est dommage. Pour le reste de mes lectures, j’ai rarement vu un personnage boutonneux, autre que dans les romans « humour », ni de borgne en personnage autre que secondaire, ou brûlé… Tout au plus, on aura droit à une cicatrice en forme d’éclair…

    Les clichés, il en existent pour TOUS les personnages existant désormais alors honnêtement quoi que tu inventes comme personnage on lui trouvera une ligne directionnelle qui le rapproche de tel type de personnage ou alors on tentera de le faire entrer dans une case bien précise (comme dans la société actuelle en fait). On a souvent ce problème dans l’écriture participative où les gens sont perdus entre les Mary-Sue / Gary-Stu et les anti-héros. Le pire est encore dans l’histoire de base des personnages. Soit on entre dans le drama (un grand classique) alors que tout le monde prône un peu d’originalité parmi la diversité des membres. Soit on entre dans une histoire moins « victime » mais alors on est dédaigné, trop peu sombre pour intéresser les autres et donc « jouer » avec eux. C’est vicieux et anti-créatif (heureusement qu’il existe des perles rares).

    Savoir tout tout de suite … pourquoi ? C’est fou, ça me rappelle les gens qui me questionnent pendant un film. « Pourquoi il a fait ça ? Pourquoi il dit ça ? » Le but d’une intrigue, c’est de faire des suppositions, de suivre l’avancée avec les nouveaux indices et au final, on aura une réponse plus tard. C’est ce qui donne envie de voir la suite ou en littérature, de lire le reste. Sinon, c’est purement et simplement du spoiler et personnellement, ça me coupe toute envie de regarder le déroulement.

    C’est tellement triste de vouloir toujours caser des romances à tout-va. Elles ne sont pas forcément nécessaire au bon développement de toute histoire. Elles n’apportent pas toujours une profondeur. Ce qui me dérange encore plus (et tu soulèves le sujet), c’est d’insinuer qu’il « faudrait » parce qu’il y a une fille et un gars. « Bah une femme et un homme amis sans relation amoureuse, c’est pas… normal. » D’ailleurs, ce serait sympa d’avoir un triangle amoureux autre qu’une fille amoureuse de deux gars. Pourquoi pas un gars amoureux d’une fille et d’un autre gars ou d’une fille qui aime un gars et une autre fille…

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    • bulledeleyna dit :

      Ce qui est curieux, c’est que peu importe l’apparence d’un protagoniste au début de l’histoire, elle évolue presque toujours de façon à correspondre aux critères de beauté de notre monde actuel. Je ne dis pas que je ne le fais pas, quoique personnellement, j’évite d’émettre un jugement de valeur sur l’apparence de mes personnages. Je préfère demeurer objective autant que possible, et ne laisser entrevoir une notion de beauté que par le regard de celui qui perçoit ces caractéristiques ainsi. Quant à savoir si je le fais avec pertinence, c’est au lecteur d’en juger. 😉

      Je suis bien d’accord pour les clichés. L’être humain aime les cases, d’autant plus lorsqu’elles sont hermétiques. Mettre des gens dans des cases pour simplifier leur identification, c’est les réduire à quelques traits, en donc à en faire des clichés. Je ne dis pas que c’est mal, bien au contraire, c’est naturel pour beaucoup de gens de réfléchir ainsi, seulement il faut reconnaître justement que si nous résumons les gens à quelques critères dans la vie de tous les jours (le méchant patron, la gentille fille timide, le tonton bourré…), il n’est pas anormal de retrouver cela dans une oeuvre.

      Je trouve que l’on fonctionne beaucoup par « mode » dans l’univers créatif. Ce qui est étrange quand on y pense. J’ai l’impression que les gens ne s’aperçoivent pas qu’ils créent eux-mêmes leurs « détestables clichés » à trop vouloir suivre une idée jugée excellente. C’est un peu du tout ou rien, on aime passionnément les vampires (c’est une vraie folie, si tu n’aimes pas, c’est que tu n’y connais rien), on les exploitent à outrance, et bam ! On se doit alors de détester frénétiquement ces mêmes vampires (et surtout, surtout, ne pas les réutiliser d’une façon ou d’une autre). Pourtant, ça fait un moment qu’on entend parler de nuances de gris, mais je crois que l’humain adore l’excès… ^^

      Oui, la beauté d’une oeuvre, c’est aussi apprendre à la découvrir. C’est comme une peinture, une sculpture, si tu perçois tout, tout de suite, elle perd de son intérêt. Le cheminement intellectuel en lui même est aussi intéressant, si ce n’est plus, que le but. Et puis, n’est-ce pas aussi important de garder un part de mystère, de laisser à celui qui contemple l’oeuvre la possibilité de se faire sa propre histoire, d’user de son propre imaginaire ? Je pense que cela doit te parler, dans un jeu de rôle, on laisse souvent aux autres la possibilité de s’approprier une partie de son oeuvre, on doit donc accepter sa vision de ce que l’on a écrit. 🙂

      Un tel triangle amoureux pourrait être intéressant, effectivement. Je ne sais si beaucoup d’auteurs se risqueraient à cela, sans être directement classés dans une collection spécifique aux romances LGBTQ+. Comme si une oeuvre devait avoir son importance dans les seuls rapports romantiques/sexuels qui s’y trouvent. Ne peut-on avoir des héros de tout bord, de toute sexualité, sans que cela soit le point essentiel de l’histoire ? Je ne suis pas une très grande romantique, je ne lis pas de romances, et je crains par ce système de classification, me détourner de certaines œuvres uniquement parce qu’elles sont classées dans des collections qui mettent en avant l’aspect romantique (alors que l’intrigue en elle-même peut être intéressante). Après, je comprends malgré tout cette classification, il n’y a qu’à voir les plateformes d’écriture pour voir que ce sont les histoires à romance qui apparaissent le plus souvent. L’humain demeure un grand romantique, il faut croire. 😉

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  3. Antios dit :

    Bon, j’arrive un peu après la guerre mais bon… ^^

    Très intéressant ton article et bien fourni ! Je suis 100 % d’accord avec toi.

    Pour les clichés, c’est vrai que les sorciers qui lancent des boules de feu, soignent, se téléportent, se changent en corbeau et prédisent l’avenir, ont tendance à nous énerver. Enfin, ce qui est énervant c’est surtout la magie « illimitée » qu’on trouve parfois dans des oeuvres (surtout de la fantasy « classique »). La magie peut ou pas être présente dans un univers et elle peut prendre n’importe quelle forme.

    Pour ce qui est du contexte calqué sur le Moyen Age, je suis bien d’accord avec toi. On peut s’inspirer d’aspects historiques (de toute façon, on s’inspire forcément d’aspects historiques, sociaux, économiques de notre monde, que cela soit dans son passé ou d’aujourd’hui) sans pour autant respecter à la lettre une époque précise, comme on peut le faire si l’on en a envie. Donc pourquoi pas avoir des armes à feu dans un univers basé sur le Moyen Age, pourquoi pas avoir des femmes qui dirigent les sociétés (tient, ça serait bien dans la mode de notre époque… hum ^^), mais, par contre, il faut que ces choix apparaissent dans l’univers. Je veux dire du coup que ces changements dans un Moyen Age pris pour référence, entraînent des changements sociétaux, économiques et j’en passe.

    Après, franchement, la vision dont beaucoup voient le Moyen Age est déjà un cliché en fait ^^. Les femmes ne sont pas aussi privées de liberté qu’on l’a longtemps cru, elles disposent de certaines responsabilités. Et encore, on découvrira d’autres éléments grâce aux recherches futures. Par exemple, les chevaliers, c’est déjà un cliché en soit pour le Moyen Age. La chevalerie telle qu’on se la représente est absente pendant une très grande part de la période médiévale.

    Et puis, franchement, pourquoi devrait-on se limiter dans un genre qui, justement, permet tous les possibles (sous condition, toujours, que cela soit justifié et « cohérent ») !

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    • bulledeleyna dit :

      Justement, cet aspect du sorcier a tendance à te lasser, toi, quand il convient à d’autres. La notion de cliché est alors subjective (je crois que je vais faire une bulle sur le sujet, à force d’employer le mot partout sans dire ce que j’en pense ^^). Ce qui n’a pas de sens, c’est d’incendier un auteur parce qu’il parle d’un héros orphelin destiné à devenir roi, et dans un même temps lui en vouloir quand il refuse que son sorcier possède certaines caractéristiques que l’on retrouve habituellement dans le genre concerné. Pourquoi d’un côté être pour le maintien de traits stéréotypés, et totalement contre de l’autre ? En quoi en vouloir méchamment à l’auteur se justifie-t-il à ce niveau (non, parce qu’il y en a qui ont la dent dure) ?

      Je prenais l’exemple du Moyen-Âge parce que c’est l’époque de référence la plus utilisée en high ou heroïc fantasy, mais j’aurais pu parler de l’époque victorienne, période de référence du steampunk, par exemple. Le problème reste néanmoins le même à mon sens. Si l’auteur veut se passer des corsets et des redingotes pour son histoire steampunk, on lui tapera aussitôt sur les doigts. Parce qu’il faut respecter l’époque victorienne. Or, dans le cas où l’univers inventé n’est pas un double de notre monde, pourquoi la mode ne pourrait-elle pas avoir évolué différemment sans impacter tout le reste à grande échelle (comme tu sembles le sous-entendre) ? Après tout, la mode est souvent faite par les gens influents. Si l’un d’eux avait décidé de ne porter que des pantalons bouffants, si une reine avait choisi de s’habiller en homme, si un empereur avait interdit la moustache ? La mode aurait changé, cela aurait-il pour autant modifié radicalement le mode de vie de tous ? Peut-être, peut-être pas. Il y a bien trop de facteurs pour dire qu’il n’y aurait qu’un résultat possible (et d’envergure) à ce changement. Il y en a probablement des milliers. Alors, ne peut-on laisser les auteurs exploiter ces possibilités, tant qu’ils le font avec application ? 😉

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  4. Antios dit :

    Oui, je me suis peut-être mal exprimé sur les sorciers. Cela concernait mon avis, bien sûr. Mais il y en a qui aime. Donc, évidemment, l’auteur peut faire ce qu’il a envie de faire. C’est comme pour tout, il y en aura qui aimeront et d’autre non. Les premiers liront, les autres passeront leur chemin, c’est aussi simple que ça 🙂

    Pour la mode, oui, pas de souci, mais pour les aspects sociaux, économiques (ou autres), il y aura des changements. Parce que l’homme reste l’homme et que certains comportements se retrouvent dans n’importe quelle société, même si leurs cultures divergent. Après, ils ont aussi beaucoup d’éléments qui les différencient. Une reine qui s’habille en homme suscitera de nombreux commentaires et de critiques dans notre monde (enfin je parle de façon historique), mais cela ne serait pas le cas si dès les débuts de la royauté les reines s’habillaient déjà à la façon des hommes (et dans ce cas-là, le terme même de vêtement « masculin » n’existerait sans doute pas). En tout cas, bien sûr, il y a une infinie de possibilités et la société/l’individu et les mentalités se construisent sur des siècles, des millénaires.

    On a aussi parfois des idées préconçues. Je prend un exemple : il n’y a pas si longtemps que ça, jusqu’au milieu du XXe siècle voire plus, on pensait qu’une société sans Etat au sommet de la pyramide était forcément une société anarchique, où régnerait le chaos et où la justice serait inexistante, remplacée par la justice des hommes (en gros, tu me fais une crasse, je te tue ^^). Avec les travaux des anthropologues (notamment sur les sociétés sans Etat, donc plutôt les tribus africaines/sud-américaines), on s’est aperçu qu’en fait une société sans Etat, sans un chef avec autant de pouvoir qu’un roi, était parfaitement organisée, tant sur le plan de l’organisation sociétale, que de la justice, des relations quotidiennes etc… Je sais pas si je suis hors sujet, mais c’était juste pour illustrer le fait qu’on a parfois des préjugés sur les manières dont les hommes se comporteraient dans une société qui serait différente de la nôtre.

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    • symphoniedescieux dit :

      En fait, tout le truc tient dans la différence entre (in)cohérence interne et correspondance par rapport à notre monde. L’imaginaire n’a pas a être un reflet exact de notre réalité, même si l’univers imaginé s’inspire de certains éléments de notre monde (ce qui ne l’empêche pas de traiter de sujets « réels » justement, y compris par comparaison).

      A partir du moment où c’est justifié et cohérent dans le récit, tout est imaginable, justement^^ C’est dommage de restreindre notre imaginaire juste parce que « ben non, chez nous au Moyen-Age ça se passait pas comme ça, donc dans mon histoire qui se passe sur la planète Tenzalor, je peux pas le faire non plus ». (A moins d’écrire de l’historique, of course).

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      • Antios dit :

        On est exactement d’accord, enfin je pense ^^

        Ce que je veux dire, c’est qu’étudier ou juste s’intéresser la sociologie, la psychologie humaine, aux façons d’agir des personnes (dans l’histoire ou de manière générale) est assez intéressant aussi en tant qu’auteur, même si c’est de l’imaginaire.

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    • bulledeleyna dit :

      Ce qui est étrange, c’est que d’un côté, tu parles des préjugés que l’on pourrait avoir sur un société et qui sont démentis par des études approfondies, et de l’autre tu donnes l’exemple de la reine qui se ferait forcément critiquer si elle portait une tenue d’homme. Donc, cette information-là est un acquis certain ? On est sûr que peu importe la manière, l’époque, les circonstances, une reine n’aurait jamais pu faire accepter qu’elle porte des vêtements d’hommes ? ^^

      Pour aller plus loin dans mon idée d’un monde qui n’est pas nôtre : l’homme est forcément homme (sous-entendu, réagit comme on doit s’y attendre)… dans notre monde. Soit, mais un homme dans un monde où la magie existe ? Où d’autres créatures d’intelligence égale existent ? Où les divinités et les esprits marchent à ses côtés ? Où la royauté n’a jamais existé ? Est-on sûr qu’il se comporterait exactement pareil ? Que tel changement entraînerait les mêmes réactions que dans notre monde ? Peut-être que les possibilités vont au-delà des considérations de notre propre réalité. D’ailleurs, pourquoi est-ce plus facile d’accepter en SF que l’homme change de mentalité (arrête de faire la guerre, transcende la relation au savoir, se passe d’émotion…)?

      Je ne dis pas que ce que tu dis n’est pas correct. La majeure partie des auteurs se basent sur ce qui existe et ne s’en éloignent guère. C’est compréhensible, naturel même, je ne juge pas cela (d’ailleurs, je fais comme tout le monde). Ce que je veux dire là, c’est qu’il ne me semble pas improbable d’imaginer un monde où un événement n’implique pas forcément les réactions que nous sommes censés attendre. Tout dépend de l’univers de base, des explications données. Certes, de tels mondes doivent être difficiles à mettre en place, ou même à faire accepter au public, mais il faut laisser la possibilité aux auteurs de le faire. Tout comme il faut leur laisser la possibilité de suivre scrupuleusement, un peu, beaucoup, passionnément, les références d’un époque ou d’une culture. Je ne dis rien de plus. 🙂

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      • symphoniedescieux dit :

        C’est effectivement intéressant de comprendre comment ça fonctionne dans notre monde, et pourquoi. Pour mieux tout changer ensuite en partant d’un postulat différent :p (les fameux « Et si… ? » )

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      • Antios dit :

        Pour la reine, tout dépend si les hommes se sont emparés d’un vêtement distinctif, sexué. Cela dépend des mentalités, coutumes. Donc un auteur peut très bien faire qu’une femme porte des vêtements d’homme, mais si cela change de la « norme », il faut quand même qu’il y ait des conséquences, positives ou négatives, voire neutres. Ce qui sort de l’ordinaire laisse rarement indifférent.

        Pour ce qui est de la magie et de tout ce que l’auteur peut créer, il est certain que cela peut déboucher sur des situations inédites, imprévisibles pour nous dans notre monde. Donc tout me semble possible !

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      • bulledeleyna dit :

        Je ne crois pas avoir parlé d’indifférence, mais tu confirmes mon propos en reconnaissant que cette fameuse reine ne se fera pas forcément critiquer. ^^

        En tout cas, c’est intéressant d’échanger nos points de vue sur le sujet. Comme quoi, nous n’avons pas tous le même avis. 😉

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    • symphoniedescieux dit :

      Cela changerait de la norme… par rapport à notre société. Mais tout dépend du référentiel que tu utilises… Dans un autre monde, on peut très bien imaginer que le vêtement normal serait le pantalon, et que la robe serait réservée à des prêtres. Dans ce cas, qu’une reine porte un pantalon serait tout à fait ordinaire…

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  5. BOSI dit :

    Je viens de lire les trois articles sur la bêta-lecture, ils sont vraiment bons. Et j’avoue ne pas avoir grand chose à ajouter à ça. J’ai vraiment beaucoup apprécier lire cette série d’articles !

    Ha si, une chose !

    « Bonjour, je vous présente Machin, le supérieur de Truc, le mari de Bidule, la mère du garçon perdu, on dit qu’il est perdu parce qu’il a fugué deux ans dans le désert du Nawac, le Nawac, c’est le pays qui apparaît à la lisière de votre conscience quand votre cerveau commence à saturer…  »
    Je trouve qu’une histoire (même courte), rédigée dans ce style serait formidable et pourrait être extrêmement drôle :’D

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    • bulledeleyna dit :

      Merci beaucoup. 🙂

      Disons que je suis parfois un peu agacée par le côté rigide de certains articles de conseils. Or, comme le nom l’indique, il s’agit de donner des conseils, non des instructions, j’apprécie l’idée qu’on puisse adapter sa façon de faire au cas par cas. Pas seulement en bêta-lecture, même en écriture au final ; d’un texte à l’autre, on peut appliquer des règles différentes selon les objectifs fixés. D’où mon envie de pousser les gens à la réflexion (sur eux et sur les autres) plutôt que de leur « imposer » une technique qui ne leur conviendra pas forcément. 🙂

      Ah… Et bien, je laisse qui le voudra se lancer dans l’écriture de cette histoire, je ne pense pas savoir faire un texte humoristique. ^^

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