[Clichés litté] La Science-Fiction

   Que diriez-vous de reprendre le principe des clichés ciné, mais pour la littérature ? Non ? Tant pis, je vous convie quand même pour cette nouvelle salve de bulles. Je vous préviens, elles seront un peu moins teintées d’humour, plus orientées sur la compréhension des genres et des œuvres (par contre, comme pour les clichés ciné, les réflexions emprunteront à mon vécu/point de vue. Pas de vérité absolue en perspective, pas de liste exhaustive, une façon simple de parler à tous des différents sujets 😉 ).

   Aujourd’hui, je vais donc vous parler d’un genre littéraire, la SCIENCE-FICTION (SF).

Pour plus d’informations sur ce que sont les différents genres de l’imaginaire, je vous renvoie à l’article de L’imaginaerum de SymphonieLes genres de l’imaginaire.

 

La science-fiction, c’est une histoire de robot ou de vaisseau spatial

Robot, Machine, Technologie, La Science

   Certes, il y a de ça. Mais pas que. Plus précisément, la SF est souvent une histoire s’appuyant sur l’évolution imaginaire, mais réaliste des sciences, techniques et civilisations actuelles. Ainsi, on peut tout aussi bien avoir des récits de sciences dures avec l’expansion de l’intelligence artificielle ou les progrès en termes d’aéronautiques (qu’on retrouve plus souvent en hard science-fiction), qu’une dégénérescence programmée ou inattendue de l’humanité (on y retrouve là beaucoup de dystopies).

   Un autre aspect possible de la SF, plus souvent oublié, est l’uchronie, le récit de ce qui pourrait se passer si un élément avait été différent dans notre Histoire (l’idée souvent revenue est celle de la Seconde Guerre Mondiale, par exemple, si Hitler n’était pas mort). On peut aussi y classer le space opera (si on considère que croiser des aliens ayant un aspect et un comportement humain est tout à fait possible), voire des récits de monstres (si on accepte les explications scientifiques qui expliquent leur présence sur terre), ou encore des histoires de zombies (là encore, tout dépend de votre proportion à accepter le réalisme des explications).

   Bref, selon la façon de percevoir ce qui est plausible dans un récit, on peut y mettre beaucoup d’œuvres, et pas juste celles qui parlent d’androïdes (oui, je donne plus d’importance à la perception de chacun qu’aux « critères académiques »).

 

La science-fiction, c’est pour les garçons

Robot, Planet, Lune, Espace, Avant

   C’est bien connu, les boulons et les flux énergétiques n’intéressent que les hommes. C’est comme dire que les sciences appliquées, et plus particulièrement la physique et la chimie, sont destinées à la gent masculine. Avouez que c’est plutôt sexiste.

   Cette image est véhiculée en partie par… les auteurs eux-mêmes. Il faut savoir que jusqu’à il y a peu encore, la SF était un domaine d’écriture que les hommes considéraient comme leur (ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les témoignages d’auteurs). Par conséquent, ils estimaient écrire uniquement pour un public masculin et donc devoir présenter un protagoniste masculin (blanc et hétérosexuel). Pas étonnant qu’après vérification, il s’avérait que la SF était plus lue par les hommes que les femmes. C’est comme vendre un nouveau shampoing à la rose en précisant bien que c’est pour les femmes avec dessus une image de femme. On parie que peu d’hommes vont vouloir l’essayer ?

   Donc non, la SF n’est pas que pour les garçons, tout comme la romance n’est pas que pour les filles. C’est une vision de l’esprit imposée par un système sexiste dont les dégâts perdurent encore, malheureusement, malgré toute notre bonne volonté. Si vous aimez la SF, n’écoutez que vous-mêmes et lisez-en (et si vous aimez les shampoings à la rose, lavez-vous avec).

 

La science-fiction regroupe tous les genres de l’imaginaire

Fantaisie, Lune, Composer, Atmosphérique

   Nous ne remercierons jamais assez certaines librairies et bibliothèques de mettre des petites cases partout, sauf pour la littérature de l’imaginaire (je sais, ça sent le vécu, mais des fois, c’est vraiment frustrant). Pour ceux qui prennent le temps de parcourir les rayons d’un havre de la littérature, sûrement avez-vous déjà remarqué que la classification pour la SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique) n’existe pas toujours. Pourquoi ? Peut-être par flemme, peut-être par méconnaissance, peut-être par peur des foudres d’un fan ?

   Pour aider malgré tout les lecteurs dans leur recherche, les gardiens de ces sanctuaires ont la gentillesse de mettre une pancarte « SCIENCE-FICTION ». Je veux bien croire que les petites cases ne plaisent pas à tous, ou qu’on ne veut pas de polémique sur une oeuvre qui peut se classer sous plusieurs genres, mais alors pourquoi ne pas mettre tout simplement « IMAGINAIRE » ou « SFFF » ? Parce quand on lit de la littérature de genre et qu’on voit cette pancarte, on peut passer des heures à chercher celles de fantasy, de fantastique ou d’horreur.

   J’ai déjà demandé, par curiosité et sans ironie, pourquoi c’était ainsi. On m’a répondu que science-fiction était le terme qui parlait le plus aux gens. Je comprends ce que le libraire a voulu dire, ça parle à la population globale, à ceux qui ne lisent pas de la littérature de genre. Malheureusement, pour se faire voir d’un potentiel lectorat, on en oublie le lectorat existant. Sans parler que l’on provoque malgré soi l’amalgame SF=le vaste monde de l’Imaginaire. Et je trouve cela bien dommage. Qu’on apprécie les cases ou non, on aime bien être compris lorsqu’on cherche un type de lecture particulier.

 

La science-fiction se veut moralisatrice

Machine, Mécanique, Œil, Bleu, Regarder

   C’est souvent vrai, mais pas toujours. Beaucoup d’œuvres exploitent le filon du « et si la Terre… » ou « que se passerait-il si… ». Elles permettent au lecteur de s’interroger sur ce qu’il vit, ce qu’il pense, ce qui l’entoure. Elles sont plus évidentes pour certains à appréhender, car elles ne s’éloignent pas totalement du vécu du lecteur (contrairement à la fantasy, par exemple, qui demande de s’adapter bien souvent à des codes plus éloignés de notre quotidien).

   Ces récits interrogent beaucoup sur la peur, plus rarement sur l’espoir. En effet, ils auront tendance à véhiculer une imagine sombre de l’avenir, écho de l’incertitude que l’on a à voir les machines évoluées, la terre se dégrader, les conflits humains se généraliser… La science-fiction est alors parfois vu comme la littérature des pessimistes, des opprimés, des gens mal dans leur peau ou qui ne trouvent pas le bonheur dans leur vie quotidienne. Un cliché un peu dérangeant qui laisse entendre, par extrapolation, que tous les lecteurs de romances sont en mal d’amour et tous les fans de polar des fétichistes de la mort. Mais si vous prenez le temps de lire des œuvres de différents genres, vous vous apercevrez que ce besoin de parler de la noirceur de l’humanité ou de l’avenir n’est pas spécifique à la SF. Je dirais plutôt qu’elle est spécifique à notre époque, et que cela se traduit dans toute la littérature contemporaine.

   De plus, la science-fiction n’est pas que cela. Elle est aussi divertissement, récit de vie, polar déjanté ou invitation à découvrir l’inconnu. Elle demeure multiple, comme tous les genres littéraires, et n’est pas que présente pour vous filer le cafard. En vérité, si vous prenez le temps de fouiner un peu, vous pouvez trouver une large variété de récits. Car si le pessimisme est un mal de notre époque, il existe heureusement beaucoup d’auteurs qui voient, par leur plume, l’occasion de parler d’optimisme, de beauté, de joie, d’acceptation de soi… Bref, de panser l’âme de leurs contemporains. Et oui, c’est aussi possible avec la SF. 😉

   En résumer, la science-fiction est un genre littéraire plus teinté de nuances que certains pourraient le croire. Et pour vous faire une idée, quelle meilleure façon que d’en lire quelques œuvres ? 😉

Séparateur 4

haut de page

12 réflexions sur “[Clichés litté] La Science-Fiction

  1. Nathalie Reynaud dit :

    mmmm, oui, la SF, je n’ai jamais plongé dedans, les boulons étant trop présents et trop froids pour un univers accueillant. Non, le seul souvenir de SF, c’est Laureline et Valérian en BD, eux savaient me faire rêver.

    Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      Et bien, tu cites justement une oeuvre de SF que je ne classe personnellement pas avec autant de facilité dans ce genre. Pour moi le cas des spaces operas est vraiment particulier, car ils présentent presque tous des civilisations extraterrestres possédant bien souvent pour unique différence avec les êtres humains, leur physique (voire un trait humain absent ou en excès).
      Pour moi, il n’est pas plausible que des vies étrangères à la Terre possèdent une pensée, une culture, un régime politique, une langue orale et écrite, une façon de sustenter ou de procréer, de se mouvoir, d’aimer… bref toutes les caractéristiques similaires à l’être humain. Encore moins qu’ils soient formés au niveau moléculaire et morphologique de la même façon, qu’ils aient les mêmes besoins pour survivre (respiration, nutrition, pression, température, humidité…)… Que tout le monde se comprennent, partagent les mêmes connaissances, les mêmes codes sociaux, utilisent les mêmes objets…
      Bref, les récits spatiaux sur l’expansion humaine, SF ; les rencontres avec des aliens vraiment différents, SF ; les cités cosmopolites où toutes les espèces de l’univers se côtoient selon des codes parfaitement humains, pour moi c’est de la space fantasy (ou fantasy dans l’espace) car non plausible dans notre réalité. En gros, c’est pour moi à la limite des deux genres. Mais ce n’est que mon avis/ma sensibilité sur le sujet. 😉

      Aimé par 2 personnes

  2. symphoniedescieux dit :

    J’avoue que je suis plus attirée par la fantasy (et dans une moindre mesure, par le fantastique, pour son affiliation avec l’épouvante), mais c’est surtout que je ne saurais par quel livre commencer… Quand on connaît peu/mal un genre, pas évident de se retrouver dans tous les titres qui existent^^

    Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      J’avoue. Après, les goûts et les couleurs… Je crois que c’est pour ça que j’aime bien lire des nouvelles dans les genres que je connais moins. Cela permet notamment de se faire une idée sur ses différentes facettes, pour ensuite se faire une sélection des textes qui peuvent nous plaire. Et encore, je suis plutôt du genre à y aller à l’instinct. ^^

      Aimé par 1 personne

  3. giovanniportelliauteur dit :

    Bonsoir, post vraiment intelligent et joli plaidoyer pour les littératures de l’imaginaire. Barjavel a été un auteur qui écrivait à la fois de la SF et de la romance et croisait les genres à merveille. cet auteur m’a beaucoup inspiré et je vois beaucoup de lecteurs comme des lectrices plébisciter la Nuit des Temps ou l’Enchanteur 🙂

    Aimé par 2 personnes

  4. Lionne BLANCHE dit :

    Mon père a une bibliothèque rempli de science fiction. En mal de lecture, j’ai régulièrement piqués quelques livres dans ma jeunesse et effectivement, c’était plutôt masculin, mais j’ai quand meme passé quelques bons moments.

    Aimé par 2 personnes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s