[Réagir] Comprendre le quotidien des auteurs et autrices

   Par cette bulle, je voulais surtout m’adresser à celles et ceux qui ne connaissent pas vraiment le quotidien des auteurs et autrices, et qui, peut-être, s’accrochent encore à quelques clichés sur cette profession au statut pourtant précaire.

 

Combattre les clichés

Connaissances, Livre, La Bibliothèque

   Oui, être auteur ou autrice, c’est un métier. Un vrai métier. Certes, pour beaucoup, il s’agit d’une passion/ d’un loisirs et nous sommes nombreux à avoir usé des mines (ou des touches de clavier) pour notre seul plaisir à un moment de notre vie. Mais pour certaines personnes, il s’agit de leur quotidien. Ils se lèvent pour cela, sacrifient leurs weekends et leurs vacances pour cela, se déplacent dans des salons ou des conférences pour cela. C’est leur METIER, comme les acteurs et les footballeurs (pour eux aussi, on parle de passion, non ?).

   Par conséquent, non, un auteur ou une autrice ne vit pas d’amour et d’eau fraîche. Encore une fois, bien sûr, il s’agit d’une passion (on a bien compris le point de vue français sur le sujet). Bien sûr ces gens aiment ce qu’ils font, mais chaque oeuvre produite mérite salaire, tout comme vous acceptez de fournir à la communauté un bien ou un service en échange d’une certaine somme. Pour celui qui participe à l’enrichissement culturel, c’est pareil. Il est donc normal de le rémunérer à la hauteur de son travail.

   Non, l’auteur n’est pas non plus un de ces artistes gagnant des millions par an. Ceux dont on cite la fulgurante ascension vers les hauteurs dorées du mont millionnaire ne sont pas légions, très loin de là. En France, la plupart des auteurs ne gagnent pas suffisamment pour vivre (enfin, pour vivre… paraît-il qu’on peut vivre avec 8000 euros par an). Une très grande majorité a donc un travail alimentaire à côté.

   Oui, nous sommes tous capables d’imaginer des histoires ; non, nous ne sommes pas tous en mesure de les conter (pas sans travail). Sous prétexte que nous savons tous « écrire » au sens premier du terme, il faudrait minorer le travail des auteurs ? Mais dans ce cas, nous savons tous compter, porter des objets, faire à manger, suivre des ordres, prendre des initiatives, bref nous avons tous la « possibilité » de faire le travail des autres. Et pourtant, nous reconnaissons que nous ne saurions pas faire le travail d’un comptable, d’un cuisinier ou d’un manager. Parce qu’ils ont travaillé pour cela. C’est pareil pour un artiste. La créativité à l’échelle professionnelle n’est pas qu’un éclair d’évidence, une visite de notre muse ou un rêve à exploiter, il s’agit d’essais et d’échecs, de réflexion et de correction, d’apprentissage de règles, de soi et des autres… Etre auteur, ça s’apprend.

   Les artistes sont des professionnels comme les autres, ils méritent les mêmes droits et la même reconnaissance.

 

Savoir se renseigner

L'Éducation, Instruction, L'École

   Pour vous aider à mieux comprendre, je vous ai sélectionné quelques supports explicatifs et accessibles à tous.

  • Tout d’abord, un article du Monde qui résume la situation actuelle des autrices et des auteurs.

Le Monde : Les auteurs bien en peine de vivre de leur seule plume

  • Une lettre ouverte aux éditeurs de l’imaginaire pour revendiquer des droits fondamentaux (merci Symphonie pour le lien 😉 ).

ActuaLitté : Pas de littérature sans auteur

  • Pour celles et ceux qui préfèrent les vidéos, l’autrice Samantha Bailly et l’illustratrice Cyrielle Evrard vous racontent leur expérience en tant que professionnelles au quotidien précaire.

Samantha Bailly et Cyrielle Evrard : La précarité des auteurs et illustrateurs

  • Et pour les fans de BD et de mangas, une illustration de Maliki (citée dans la vidéo ci-dessus).

Maliki : A la croisée des chemins

 

   Il est temps que les mentalités changent en France : oui, nous avons tous le droit de vivre de notre passion. Travailler ne devrait pas signifier « détester ce que nous faisons » et nous ne devrions pas avoir à envier ceux qui parviennent à vivre de ce qu’ils aiment produire. Donnons à chacun d’entre nous la possibilité de vivre heureux et décemment. 🙂

Séparateur 4

haut de page

Publicités

6 réflexions sur “[Réagir] Comprendre le quotidien des auteurs et autrices

  1. symphoniedescieux dit :

    C’est un peu le même problème que connaissent les illustrateurs, les photographes, les correcteurs… De plus en plus, on trouve des gens sur les réseaux sociaux qui demandent GRATUITEMENT à ce qu’on écrive le récit de leur vie, que l’on corrige leurs textes ou qu’on leur fournisse une illustration de couverture. Or, comme tu le dis si bien, ce sont des métiers (ou au moins des passions qui prennent du temps et de l’énergie), cela ne s’improvise pas.
    Merci pour les différents liens, on va aller z’yeuter tout ça^^

    Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      Je dirais même que c’est un raisonnement que l’on retrouve pour beaucoup de choses essentielles au fonctionnement de notre société. Aujourd’hui, on demande du bénévolat pour tout, absolument tout.

      Oh, je pense que tu les connais pour la plupart. ^^

      Aimé par 1 personne

  2. antios dit :

    Certaines personnes aimeraient avoir tout gratuitement surtout… Le genre du « je paye des impôts, faudrait que cela soit gratuit » (bon, ce n’est pas le même sujet surtout).

    Et puis non, c’est totalement vrai, tout le monde ne peut pas être auteur, bien au contraire. Déjà, rien que le seul fait de savoir la patience qu’il faut pour « terminer » un roman et donc la détermination et la rigueur, très peu de personnes le peuvent dans une société où l’on veut souvent tout dans la seconde.

    Aimé par 1 personne

    • bulledeleyna dit :

      Il n’y a pas que la gratuité, il y a aussi la passivité générale de la communauté (tu peux aider un auteur autrement qu’en lui donnant de l’argent par l’achat de son livre ; en parlant de lui autour de toi par exemple, en laissant un commentaire sur son ouvrage, en allant le voir dans des salons, en s’abonnant à sa page, en lui donnant un coup de pouce à la hauteur de tes compétences…). Mais c’est un autre débat.

      Je dirais plutôt que tout le monde ne peut pas se prétendre auteur sans avoir fourni l’effort nécessaire pour le devenir (effort qui sera plus ou moins important selon la personne). Comme pour toute activité. Donc, que prétexter que l’auteur n’a aucun mérite car tout le monde sait écrire n’a pas plus de sens que de faire la réflexion pour tout autre métier. Après, comme partout, il y a de bons et de moins bons auteurs. La différence avec les autres métiers, c’est que cette notion est beaucoup plus subjective, comme tout ce qui touche à l’art.

      Aimé par 1 personne

  3. Nox dit :

    Tout à fait d’accord ! J’ai suivi les débats et le #PayeTonAuteur grâce à Samantha Bailly et à son énergie pour faire connaître les coulisses du monde de l’édition en France…. Quel choc ! Je faisais naïvement partie de ceux qui croient que les auteurs « gagnaient de l’argent » si leurs livres se vendaient…. je sais maintenant que ce n’est pas le cas.
    En France, nous avons un rapport au travail (donc aux passions) et à l’argent (aux manières d’en gagner) qui est complexe et parfois assez étriqué…
    Pour autant je ne suis pas sûre que ce soit forcément mieux (pour les auteurs je veux dire) partout à l’étranger, ça vaudrait le coup de creuser la question.
    En tout cas c’est un combat sans fin j’en ai peur.
    L’auto-édition permet-elle de mieux s’en sortir ?
    Mais la question du statut social reste entière.

    Aimé par 1 personne

    • Eleyna dit :

      Les médias ont un grand impact sur les idées reçues du public, comme on a pu le voir ces derniers temps sur des sujets plus ou moins politisés. A n’inviter que des auteurs célèbres, à ne parler que des succès littéraires, ils biaisent le regard des gens sur les métiers artistiques. Sans parler que si la société évolue rapidement les mentalités, elles, tardent à suivre et qu’on a souvent en tête des références d’une autre époque (voire d’une autre culture, comme la culture anglophone qui ne fonctionne pas toujours de la même façon). Bref, comme pour beaucoup de sujets, il faut savoir s’informer pour comprendre, mais ce n’est pas toujours évident de savoir où chercher (et je comprends aussi qu’on ne le veuille pas forcément, après tout, on est un peu sollicité sur tout et n’importe quoi de nos jours).
      Je pense aussi que tant qu’on aura pas évolué sur notre rapport à l’argent (mais je ne pense pas que ce soit spécifique à la France), il sera difficile de défendre les droits de chacun, dont ceux des auteurs. Il y a sûrement des solutions, j’avoue ne pas tout suivre des débats sur la question.

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s