[Clichés ciné] #3 : Le héros de fantasy pour ado

   Aller, un petite bulle « clichés » qui convient aussi bien aux films qu’aux livres (après tout, ce sont souvent les mêmes œuvres. Quoi, Hollywood manque de créativité, vraiment ?).

 

Le héros de fantasy pour ado

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  • L’héroïsme au masculin

 Le héros est (presque) toujours doté d’un organe sexuel masculin. Comprenez qu’il peut être un homme ou une femme, mais que dans tous les cas, il se verra doté d’une forte dose de virilité. La possibilité d’avoir un personnage caractériellement féminin est directement proportionnelle à la probabilité scénaristique de lui trouver un ami qui remplira sans problème le rôle du mâle dominant. Comme cela satisfait cependant bien moins l’ego du spectateur/lecteur uniquement masculin (bonjour le bon gros cliché), on préférera mettre « l’homme » en position de héros.

Note : Oui, la fantaisie urbaine est majoritairement dominée par les demoiselles en mal d’amour pur et sincère, non je ne considère pas que cela fasse partie du même genre cinématographique/littéraire (mais ça pourrait faire une nouvelle bulle clichés ciné 😉 ).

 

  • Un héros de la campagne

 Le héros est toujours un garçon de ferme/ serviteur/ berger dont la famille (le plus souvent adoptive) se fait tuer en début d’histoire. Ne cherchez pas à comprendre le pourquoi du comment, ni à savoir ce que ces pauvres paysans se brisant le dos sur leur bêche ont fait pour mériter une telle fin, c’est un fait, c’est tout. Aussi, avant d’adopter un bébé abandonné sur votre paillasson, pensez aux conséquences tragiques qu’un tel geste de bonté pourrait engendrer.

 

  • Des origines moins modestes

 Le héros se révèle presque toujours comme étant l’héritier du trône ou le fils caché du plus grand guerrier/ mage/ méchant de tous les temps. En ces temps troublés, les distensions règnent au palais et on décide de cacher aux yeux de tous la naissance de l’héritier. Ou bien on n’aura pas eu de cœur à tuer ce petit bébé né de l’union forcée entre une pauvre princesse et le vil méchant pas beau. Bref, le héros n’est pas comme tout le monde, il a des parents illustres pour un destin hors du commun. C’est comme ça et pas autrement.

 

  • L’élu de tous les temps

 Le héros est l’élu d’une prophétie énoncée il y a des siècles par on ne sait vraiment qui, parfois connue d’une seule communauté, voire d’une seule personne. Bien évidemment, cette prophétie affirme que lui seul parviendra à sauver le monde mis en péril par le plus terrible des méchants de la secte des Vils Serviteurs du Mal. Et nous, quand on voit l’ado malingre de 16 ans labourer son champ avec son bœuf à l’œil torve, on y croit dur comme fer.

 

  • Syndrome de Robin des Bois

 Le héros est toujours un chic type au cœur pur capable de défendre la veuve et l’orphelin (même si en vérité, il en croise rarement). Il sera d’ailleurs parfaitement enclin à voler aux riches (méchants, arrogants, despotiques…) pour redonner aux pauvres (gentils, soumis, bienveillants…). Et jamais, oh grand jamais, ne lui viendra à l’esprit de garder tout l’argent pour lui. Non mais, qu’en ferait-il ? D’ailleurs, s’il le pouvait, il donnerait même sa chemise (mais bon, il a de la pudeur, voyez-vous).

 

  • Handicapé intellectuel assisté

 Comment, vous dites-vous ? Comment ce fait-il qu’un être se découvrant soudain un destin hors du commun ne décide pas un minimum d’en profiter ? Et bien tout simplement parce que le héros ne sait rien faire d’autre qu’être profondément bon. Ce n’est pas une idéologie, c’est dans son sang. Aussi n’aura-t-il jamais besoin de réfléchir. Poussé par les vents du courage et de l’honneur, il ira au devant de tous les dangers, de la moindre altercation, sans rien demander en retour, sans contrepartie autre que le bien être d’individus ordinaires dont il n’a jamais croisé le chemin. Suicidaire comme attitude, certes, mais un héros est, de par son essence, un être qui a besoin d’être continuellement assisté. Aussi ne soyez pas surpris de toujours le retrouver avec une bande bien hétéroclite compensant tous ses défauts.

 

  • Physiquement atypique

 Le héros est toujours soit extrêmement beau (pour conquérir toutes les filles) soit extrêmement laid (pour conquérir toutes les filles prises de pitié à cause du manque d’amour qu’il a toujours connu). Un héros quelconque, ce n’est pas un héros.

 

  • Le tombeur de ces dames

 Le héros est un individu pour le moins singulier qui possède cette étrange faculté, une fois qu’il se met en action et quitte sa bourgade boueuse, d’attirer à lui tous les regards féminins. Ainsi, nous pouvons être certains de voir les simples paysannes soudainement lui sourire, les dames de la cour lui trouver un certain charme, la princesse lui tomber dans les bras, l’Impératrice du Mal ou la seconde du méchant vilain pas beau avoir l’irrésistible impulsion de le mettre dans son lit. Bref de quoi satisfaire le spectateur masculin s’identifiant à lui. Sauf que le héros est un homme bien sous tout reproche et qu’il ne profitera jamais de la situation.

 

  • Il attend le grand amour

 Oui, le héros est un être sensible, voire romantique, et ne se donnera certainement pas à la première venue. Non, lui il veut construire un avenir avec la femme de sa vie, se marier, avoir des enfants, en gros il rêve de vivre normalement. Du coup, il l’attend… Oui celle-là, la seule, l’unique qui fera battre son cœur. Au point qu’il devient insensible à toute autre approche (fort heureusement, il tombe sur sa dulcinée assez rapidement).

Note : Variante courante, si le héros est plus vieux et a atteint une maturité raisonnable (donc si le public visé commence à devenir adulte), il lui prendra d’aller d’une femme à une autre, préférentiellement pour une nuit sans lendemain. Mais au fond, il n’en aspire pas moins à trouver son âme sœur et finira bien entendu par la trouver au détour du couloir d’un palais.

 

  • La quête inutile

 Le but du héros sera toujours de trouver un moyen de vaincre le grand méchant. Cette quête sera bien évidemment extrêmement difficile à accomplir, riches en rebondissements et obstacles plus ou moins crédibles. Lorsque notre héros et sa bande de copains atteindront finalement leur but à la sueur de leur front (et après avoir obtenu une petite entaille à la joue, parce que ça fait badass), ils se feront doubler au dernier instant par les méchants qui avaient attendu bien sagement qu’on fasse tout le sale boulot à leur place (ils n’ont pas besoin de l’entaille, eux, pour être badass).

 

  • La loi du dernier recours

 Le héros hérite toujours de dons improbables qui se révèlent à lui au cours de l’aventure, mais qu’il sera bien incapable de maîtriser tout au long de l’histoire. Ce n’est qu’en se confrontant au grand méchant qu’il saisit enfin le mode de fonctionnement de ce fabuleux pouvoir afin de terrasser un ennemi qui a généralement le même genre de capacités, mais avec des siècles de pratique (oui, mais le héros… c’est le héros quoi).

Note : l’inverse est aussi vrai, à savoir que le héros maîtrise son don dès la première seconde, mais aura bizarrement un blocage lors de sa première rencontre avec le méchant. Blocage qui disparaîtra évidemment lors de la bataille finale.

 

  • La voix des foules opprimées

 Le héros a toujours une si impressionnante force de persuasion qu’il lui suffit de s’indigner publiquement contre une injustice (genre l’esclavage qui perdure depuis des siècles dans le royaume) pour que toute la population se soulève. Nul besoin de se souvenir du pouvoir mis en place pour maintenir la répression, non, ce jeune nigaud n’a qu’à ouvrir la bouche pour par la même ouvrir les yeux de tous sur l’évidence. Et alors… alors se met en place la révolution (rien que ça).

 

  • La théorie du lustre en cristal

 Ou comment se sortir d’une mauvaise situation. Rappelons que si le héros ne possède pas une intelligence particulièrement développée, il a cependant la bonne fortune constamment avec lui. Ainsi, en voyant qu’il n’arrivera pas à contenir l’assaut d’ennemis se ruant sur lui, n’aura-t-il par exemple qu’à trancher la corde se trouvant à coté de lui. Cette corde qui bien entendu servait à retenir le lustre se trouvant juste au dessus des ennemis.

 

  • Le pouvoir de l’amour

 Durant la lutte épique confrontant les deux antagonistes, viendra toujours un moment où le héros se trouvera à la merci du méchant. Mortellement blessé, à la limite de rejoindre ses parents adoptifs sauvagement assassinés, il sera soudain pris d’une subite impulsion connu des seuls êtres héroïques, à savoir le Pouvoir de l’Amour. Animé par un phénoménal sentiment de vie, d’amour et de paix, il parviendra à se remettre debout et à trancher dans un ultime effort la tête du méchant. Parce que c’est bien connu dans ces moments-là, ce n’est pas la colère qui nous habite, mais bien un sentiment de plénitude bienveillant.

 

  • L’auréole de la gloire

 Bien souvent, une fois le méchant vaincu, le héros et ses amis vont profiter du magnifique coucher de soleil en haut d’une colline. Parfois ses amis finissent par partir un à un, mais le héros, lui, reste jusqu’au bout (au bout de quoi d’ailleurs, on se le demande). Parce que bien sûr dans ces cas-là, il n’a rien de mieux à faire (genre… s’occuper de la demoiselle qu’il a eu tant de mal à récupérer des griffes du méchant).

A la prochaine pour une nouvelle bulle « clichés ciné » (d’ailleurs, n’hésitez pas à proposer des thèmes 😉 ).

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